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18 octobre 2014 6 18 /10 /octobre /2014 11:12

 

 

Bande de filles - Photo de l'affiche du film de Céline Sci

 

Dans les très heureuses surprises choppées par hasard à la radio, l’entretien que donne Céline Sciamma dans « On aura tout vu » sur Inter, à propos de son dernier film : « Bande de filles ». L’incroyable force de l’intelligence sensible !

 

« Ces filles, vous vouliez qu’on les regarde différemment ?

— Non, juste qu’on les regarde.

 

« On aurait tellement voulu les voir, ces filles noire, sur le tapis rouge, à Cannes… Pourquoi ?  

 

— Parce que c’est une image qui nous manque. 

29 mars 2014 6 29 /03 /mars /2014 08:43

 

 

Battle-Los-Angeles---Le-carnet-de-Jimidi---Photo-02.jpg

 

 

Le jeudi est télévisuellement sinistré depuis le remplacement de « Bones » par l’insupportable « Qu’est ce que je sais vraiment ? » On s’est donc rabattu avant-hier sur le très improbable « World Invasion : Battle Los Angeles » qui, sur le papier, promettait d’être un nanard exaspérant :

 

Synopsis : Au camp de Pendleton, une base militaire près de Los Angeles, le sergent-chef Michael Nantz a perdu tous ses hommes lors de sa dernière mission et n'aspire qu'à une chose : retourner à la vie civile. Mais l'arrivée imminente d'une pluie de météorite mobilise les militaires et le sergent-chef doit chaperonner un sous-lieutenant inexpérimenté, William Martinez, dans sa première opération sur le terrain. Michael Nantz ne sait pas du tout contre qui lui et ses hommes sont censés se battre. Ce qui est certain, c'est que ce mystérieux ennemi semble vouloir tout détruire sur son passage. Très vite, les météorites annoncées s'avèrent être des extraterrestres...

 

Forcément, quand on lit ça, ordinairement, on a plutôt envie de fuir. Mais toute retraite ayant été coupée, le programme des autre chaînes promettant un désert d’au moins deux heures dans toutes les directions, en route pour Los Angeles.

 

C’était très bien.

 

Bien sûr, posteriori, on se dit que Aaron Eckhart était déjà très bien dans Batman - The dark nigth » où il jouait « Double face », que Michelle Rodriguez était également très bien en soldate dans « Avatar » et Bridget Moynahan déjà impeccable en Susan Calvin dans « I, robot ». Mais on sait également, pour l’avoir vérifié dans « Cowboys & Aliens » avec Harrison Ford et Daniel Craig, que les acteurs ne sauvent pas tout quand le scénario prend l’eau.

 

Dans « Battle Los Angeles » (c’est le titre original), comme on l’aura compris, le film ne tient pas grâce à son prétexte : une énième attaque d’extraterrestres hostiles. Ceci dit, le genre à donné le très bon « Independence day » (et le désastreux « Independence daysaster », dont même le titre est mauvais.) Non, ce qui tient le film, c’est son parti pris de suivre un petite unité de marines, pas du tout partis pour sauver le monde, juste une poignée de civils coincés dans un commissariat. Ils vont en baver, en prendre plein la gueule et nous avec vu qu’on les suit de très très près. C’est l’angle choisi par le réalisateur : le quasi documentaire. Très efficace. Oui, bon d’accord, ils finiront quand même par sauver le monde et heureusement, sinon je ne serais pas en train de te raconter ma vie télévisuelle.

 

 

Donc à l’ocaz, si ce film repasse - ça ne m’étonnerait pas, la TNT, ici, c’est les vases communicants -  et si les films de guerre mâtinées de SF ne te rebutent pas, « Battle Los Angeles » peut te faire passer un bon moment.  

 

Battle-Los-Angeles---Le-carnet-de-Jimidi.jpg

 

 


28 janvier 2014 2 28 /01 /janvier /2014 00:00

 

 

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Il était une fois dans l'Ouest - Photo 06

 

 

Le film s’ouvre sur une scène montrant trois malfrats venus en gare donner une tournure très personnelle à l’expression « descendre du train ». Pendant dix bonnes minutes, il ne se passe rien. On en profite pour dérouler le générique et s’intéresser à ces micro événements qui meublent l’attente : la goutte d’eau tombant du réservoir sur le stetson de l’un, une mouche harcelant l’autre. Il fini par la coincer dans le canon de son révolver.

 

Il était une fois dans l'Ouest - Photo 07

 

Malgré l’avertissement inscrit sur la portière, l’homme à l’harmonica sort de la rame côté voie. Il attendait Franck, désavantageusement remplacé par trois de ses hommes de main. On remarquera au passage que, contrairement à ce qui sera affirmé plus tard, les trois pardessus ne sont que deux. En revanche, oui, dans les trois hommes, il y aura bien trois balles.

 

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L’homme à l’harmonica, cache son dépit en jouant ce petit air crispant, qui semble avoir le don d’énerver son entourage.

 

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On comprend que le train est une invention récente. Les gens n’ont pas encore l’habitude d’aller chercher les voyageurs à la gare. La même mésaventure arrive à la pimpante Mme McBain : personne ne vient la chercher. Il faut dire que sa famille a eu un léger contretemps. Tous se sont fait massacrer.

 

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Tout le monde ou presque se retrouve au bistro, qui fait aussi écurie. L’homme à l’harmonica en profite pour rejouer ce qu’il faut bien appeler une scie musicale, dont la parenté avec la scie circulaire devient très évidente. On fait connaissance avec « Le Cheyenne » (Jason Robards ; magnifique !), un méchant, mais gentil. Sa malheureuse habitude de vêtir des sbires de pardessus va entraîner de regrettables malentendus.

 

Il était une fois dans l'Ouest - Photo 13


Plus tard, ses propres hommes ayant été payés pour le descendre, Franck est aidé par l’homme à l’harmonica, non par altruisme, mais juste parce qu’il veut le descendre lui-même.

 

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Après moult péripéties donnant toutes lieu à des gros plans sur des regards perdus dans les lointains de destinées tragiques, le très méchant Franck se retrouve enfin face à l’homme à l’harmonica, chacun ayant très clairement le projet de buter l’autre.


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Un ultime très très gros plan nous fait rentrer directement dans les souvenirs de l’homme à l’harmonica. On comprend qu’en fait, l’instrument était celui de Franck et qu’il s’agissait de lui rendre.

 

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Le film s’arrête juste avant que tout le monde soit mort. Super film, vraiment. C’est peut-être le meilleur rôle de Charles Bronson, dans la mesure où, pour une fois, son absence totale d’expressivité est au service du personnage. Henry Fonda en méchant fait froid dans le dos, d’autant que, contrairement à cette convention moderne exigeant que nos méchants affichent des circonstances atténuantes et bref, des côtés attachants, lui, rien. Juste, dans le regard de ses yeux bleu, on voit l’enfer. Mention toute spéciale à Jason Robards qui donne à son personnage de hors-la-loi une densité qui force l’admiration.

 

Il était une fois dans l'Ouest - Photo 30

 

 

Oui, bon, Claudia Cardinal s’en sort bien, mais avec un tel physique, le contraire étonnerait. Elle est également servie par un personnage complexe autour duquel, à bien y réfléchir, tourne toute cette histoire, dont elle se sort « par le haut », elle. Tout le reste est magnifique, les décors, même si on a un peu chargé la mule : « Dans ce film, Claudia Cardinale et Paolo Stoppa font la plus longue randonnée de buggy de l'histoire du cinéma. Elle commence en Espagne, passe par Monument Valley en Utah et se termine à la ferme des McBain en Espagne. »(W) et la musique d’ Ennio Morricone, mille fois entendue, mais redoutablement efficace.


 

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À sa grande surprise, Franck vient de prendre une balle et ne va pas tarder à découvrir...

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... que l’harmonica est un plat qui se mange froid. 

 

 


 

 

 

4 mai 2013 6 04 /05 /mai /2013 07:12

Christina Zenato - De l'art d'être requin - Le ca-copie-1

 

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’est vrai qu’en ce moment, je passe pas mal de temps sur Arte, disons qu’entre mon retour du travail et le dîner, cette chaîne me sert d’aquarium. C’était particulièrement vrai hier soir à l’occasion de la diffusion du documentaire : « De l’art d’être requin » dans lequel, à la minute 35:00, on fait connaissance avec Christina Zenato, plongeuse pro, spécialisée squale et qui semble en faire à peu près ce qu’elle veut. 

 

Christina Zenato - De l'art d'être requin - Le carnet de J

 

 


30 avril 2013 2 30 /04 /avril /2013 09:54

 

 

(Comme promis, j'actualise cette liste non exaustive de tartes à la crême au fur et à mesure qu'elles m'arrivent dans la figure.) Tu l’as sûrement remarqué également, mais dans les séries et films américains, on retrouve des figures imposées, indépendantes du genre et des réalisateurs. J’en évoque ici un certain nombre, mais il y en a certainement plein d’autres.

 

  • Alors même qu'ils viennent d'user en vain l'un contre l'autre pendant trois quarts d'heure d'armes de destruction massive, toutes suceptibles de leur faire la peau (pourquoi les utiliser sinon ?) le gentil et le méchant se retrouvent au corps à corps à se latter la gueule. Dans un premier temps, le gentil en prend alors plein la tronche, jusqu'à trouver d'ultimes ressources héroïques pour reprendre le dessus. Cette impulsion s'origine souvent dans une réplique vacharde du méchant. Car c'est un trait de caractère assez universellement partagés par les méchants, surtout quand ils ont la sitution bien en main et le flingue dans l'autre, si possible appuyé sur la tempe du gentil : ils bavardent.

 

  • Toute conquête du monde (digne de ce nom) commence par les USA et donc par New York et donc par Mahattan avec deux objectifs de choix : la Statue de la Liberté et/ou le Chrysler building. Dans ce registre, on pourra noter la remarquable persévérance de Godzilla qui, dans sa version 1998 naît en Polynésie français, rejoint Panama qu'il traverse à pied et suit fidèlement sa feuille de route jusqu'à New York, bien connu pour ses promotions exceptionnelles sur le poisson. 
  • Combien de voitures allons-nous pouvoir bouziller ? C'est peu dire que les voitures apparaissent dans les films d'action comme des produits jetables. Je dis "jetables", mais on pourrait dire aussi écrabouillables et compressibles, ratatinables etc.
  • Quand il quitte un bureau, une salle, une pièce où il n’était pas seul, arrivé à la porte, notre héros se retournent immanquablement pour dire encore un truc.

 

  • Quand notre héros arrive en voiture, et qu’il ouvre la portière, la caméra filme son pied se posant au sol.

 

  • La ligne de front du conflit entre elle et lui passe inexplicablement par la lunette des toilettes. Laissée ouverte : les hostilités sont déclarées.

 

  • S’il a promis, juré, d’assister au spectacle de fin d’année de sa fille ou au match de baseball de son fils, on est sûr qu’un imprévu - genre : sauver la Terre - va empêcher notre héros d’y aller.

 

  • La question de savoir QUI va prendre le volant, prime sur toutes les autres. 

 

  • Michel Henric-Coll a commenté votre lien.Michel a écrit :« Dans les westerns, les méchants ont immanquablement le cheval le plus lent. (Normal, ils avaient séchés les cours sur l'élevage des bourrins). Les deux super-flics qui vont sauver la ville / pays grâce à leur indestructible amitié commencent toujours par un combat de coqs entre eux. Variante : le premier envoie un marron dans la gueule du second (qui ne peut pas le rendre car le Captain arrive), et le lui rendra à la fin du film (maintenant on est quitte) avant de se fondre dans une virile accolade. Si y a une nana qu'a l'air idiote, deux cas se présentent : ou c'est de loin la seule maline du groupe, ou elle est.... vraiment très idiote. (la couleur des cheveux peut donner une piste). »

 

 

27 avril 2013 6 27 /04 /avril /2013 09:29

 

 

Zi Avengers - Le carnet de Jimidi

 

 

Lettrine--P-avengers----Le-carnet-de-Jimidi.jpg

 

 

 

armi l’interminable litanie des billets improbables, celui-là pourrait bien figurer en bonne place puisque je m’apprête à dire du bien d'Avengers un gros film commercial US. Je suis plutôt bon public pour les gros films commerciaux US et d’ailleurs, je suis bon public pour tout un tas de choses, ce qui me permets, par exemple, de comparer Avengers avec Iron Man un et deux, Hulk et Thor, que j’ai également vus. Je ne cite pas ces trois là au hasard puisque Avengers réunit ces trois personnages, plus Capt’ain América, La Veuve Noire et Œil de Faucon pour faire bonne mesure.

 

Du coup, sur le papier, ce film parait jouer la surenchère bouffie. L’histoire elle-même repose sur une tarte à la crème à rajouter à la liste des figures imposées du cinéma US : sauver le monde. D’ailleurs tiens ? Une autre figure découle de celle-ci, le film ne l’évite pas : quand les méchants veulent conquérir ou annihiler la Terre, ils commencent par Manhattan. Les terroristes du 11 septembre n’ont fait que suivre cette tradition. Les effets spéciaux ? Superbes, mais comme dans n’importe quel film à 250 millions de dollars. Alors ?

 

C’est les dialogues. Ils sont d’une intelligence et d’une drôlerie telles que le réalisateur a manifestement organisé son film pour les mettre en valeur. Ils ont même résisté à la traduction en français, c’est dire ! Du coup, on est très loin de la grandiloquence et du pathos coutumières du genre et plus proche de ce qui fait l’intérêt de Friends, par exemple.

 

On ne sera donc pas obligé de laisser son cerveau ni son sens de l’humour à la maison pour apprécier Avengers et comme en plus ça bastonne grave… 

 


27 mars 2013 3 27 /03 /mars /2013 13:20

 

 

Into-the-wild---photo-1---Le-carnet-de-Jimidi.jpg

 

Lettrine (A Cèdre)

 

 

près tout, peut-être suffirait-il de dire qu’« Into the wild » est un très bon film, à ranger aux côté de ceux dont on sort enrichi. Je ne dirais pas « satisfait » puisque il présente cette complexité et cette irréductible part mystérieuse des vraies oeuvres. On gardera donc des questions, mais dont on sent bien qu'elles s'adressent à nous-même et qu'il nous appartient d'y apporter nos propres réponses, genre : Finalement, qu'est-ce que le bonheur ? On balance également entre plusieurs sentiments vis à vis de l'itinéraire d'Alex, ce très jeune homme, mais cette hésitation est également un signe de réussite. Après tout, nous ne sommes pas des personnages de fiction. Nos vies débordent des histoires qu'on veut bien se raconter. Chacun est tiraillé par des forces pas toujours convergentes avec lesquelles nous composons et c'est – ô combien – ce qui nous est montré de la vie du personnage principal, mais également de ceux qu'ils croisent, auprès de qui il reste parfois quelques temps, auxquels il s'attache et qui s'attachent également à lui.

 

On aura donc souvent la tentation de lui dire, putain, mais reste où tu es, auprès de ces gens qui t'aiment, qu'espères-tu trouver de plus ailleurs ? Mais ça ne marche pas comme ça, en tout cas pas lui. Cette fuite en avant doit-elle être comprise comme une démarche un peu christique, Alex se chargeant d'expier les fautes de son histoire familiale, jusqu'au sacrifice, mais en distillant de la rédemption sur son passage ? S'agit-il plutôt pour lui d'aller au bout du dépouillement, de la solitude, pour ensuite reconstruire quelque chose sur des bases plus essentielles et donc – c'est l'espoir – plus solides ? Sans doute un peu des deux, et beaucoup d'autre choses. Je ne prétends pas épuiser ici les hypothèses puisque qu'encore une fois « Into the wild » offre en collant de façon très convaincante aux propres incertitudes et à l'itinéraire un peu erratique de son personnage principal, des espaces largement ouverts pour que chacun puisse y aller de sa propre lecture,

 

Mais tout ça est mis en oeuvre d'une manière que j'ai trouvé infiniment respectueuse de l'histoire vraie et infiniment respectueuse du spectateur. En plus, c'est beau, mais contrairement à ce que j'ai pu lire ça et là, je n'ai trouvé aucune complaisance dans les prises de vue des paysages traversés. On n'est pas dans la carte postale, pas dans le docu touristique déguisé, mais pas non plus dans le contre-pied d’une nature martyrisée. Dans « Into the wild », la pleine nature est belle et ne s'embarrasse d'aucune pitié. D'ailleurs, ce n'est pas elle qui sert le plus de décor : les personnages que croise Alex et auprès de qui il reste quelques temps, pour hippies, agriculteurs, retraités qu'ils soient n'ont rien d'ermites et du coup, s'ouvre peut-être l'ultime porte, avec cette ultime clé – elle apparaît à la toute fin sous la forme d'une citation de Tolstoï : « Le bonheur n'est réel que s'il est partagé. »

 

Dès lors, peut-être la pleine nature, wild de chez wild est-elle un mythe à ranger aux côté du paradis perdu et peut-être notre nature est-elle moins à chercher au bout du bout d'un coin d'environnement resté vierge (en reste-t-il ?), pour lequel nous ne sommes pas fait, mais plutôt dans nos liens avec l'autre ?

 

La musique est très bien. Coup de chapeau également au papy ( Ron Franz joué par Hal Holbrook) les mots me manquent pour qualifier sa prestation, une telle densité de contenu avec une telle économie de moyens, je n’avais vu ça que chez Anthony Hopkins et Henry Fonda. 

 


1 mars 2013 5 01 /03 /mars /2013 15:18

 

 

Ma maison est la plus originale - Ker Terre - Le c-copie-3

 

 

À la liste des émissions que tu ne regardes pas, sur des chaînes que tu évites, à la télé que toi, toi et toi n'avez pas, ou pas branchée, mais moi si, j'ajoute « Ma maison est la plus originale », une énième émission jeu de M6 au concept finalement simple : un jury visite des maisons remarquables à un titre ou à un autre, choisit celles qui lui paraissent particulièrement ouf et en sélectionne certaines pour la finale, qui permettra aux téléspectateurs de voter pour élire la plus ouf d'entre les ouf, son propriétaire gagnant alors dix mille euros.


 

La dictature du cube

 

Peu de maisons ronde dans la grosse trentaine de maison visitées : un château d'eau déjà évoqué ici, une grotte de torchis et cette « maison bouteille » sur laquelle on ira un peu s'attarder dans un article dédié. Tout le reste est un peu, beaucoup ou passionnément à angle droit.

 


 

Le syndrome du bernard l'hermite

 

Beaucoup de maisons présentées sacrifient à cette mode consistant à réinvestir pour y habiter des lieux qu'ont abandonné leurs premières raisons d'être. C'est bien sûr le cas de certains loft installés dans d'anciens locaux industriels ou commerciaux, mais il semble que cette tendance ait contaminé d'autres bâtiments : le château d'eau déjà cité, d'anciens bâtiments agricoles et au moins deux chapelles, c'est dire qu'il s'agit d'une tendance Lourdes. Il y a là quelque chose qui me contrarie profondément. Je n'aime pas la privatisation au bénéfice d'un seul, d'un lieu communautaire. Que ce soit un bout de littoral, un paysage, un lieu culturel – cinéma ou église, un lieu de labeur, avec les joies et les peines que ça suppose, les vider de leur contenu matériel et historique, pour ne garder qu'une coquille vide à remplir de canapés, voilà qui me semble constituer un possible manquement à l'éthique. Tu me diras, c'est peut-être quand même mieux que de n'en rien faire. C'est vrai. Par ailleurs, rendons cette justice à certains nouveaux occupants d'avoir tenu à garder d'avant, des traces, des restes, des hommages plus ou moins affirmés. Ainsi, dans cette chapelle belge dont le chœur est désormais une salle à manger extérieur couverte (au secours !) le rez-de-chaussée reste une petite salle de spectacle.


 

Usines à vivre

 

L'industriel plait. C'est évident avec les loft et je comprends tout à fait que l'idée même de disposer d'un immense volume à réaménager complètement puisse avoir l'attrait d'une feuille blanche. L'autre intérêt de « l'industriel » est d'offrir des solutions techniques et relativement bon marché pour bâtir, couvrir, isoler... À l'arrivée, les résultats peuvent être curieux. Dans cette lignée de maisons-là, on sens les proprios tenaillés entre deux tentations – qu'on retrouvera ailleurs – celle d'aller au bout de l'idée ayant fondé leur projet et celle de garder d'anciennes habitudes.

 

Ma maison est la plus originale - Maison à énergie positi

Ma maison est la plus originale - Maison à énerg-copie-2

Ma maison est la plus originale - Maison à énerg-copie-1

 

C'était par exemple tout à fait frappant dans cette maison à énergie positive, parée de toute la panoplie attendue : hyper-isolation, panneaux solaires, ventilation double flux... Visuellement, le résultat était plutôt intéressant : immense verrière ouverte sur le paysage, grands volumes de vie, mais le tout, meublé avec... les meubles du logis précédent, probablement construit et meublé dans les années soixante-dix : canapés naufragés recouverts de plaids cache-misère, coussins dépareillés accumulés dessus comme autant de bouées de sauvetage pour tenter de ne pas toucher le fond, étagères de style Conforama et fauteuils de cuir rouge capitonnés. Mais ceux ayant cédé à la tentation inverse paraissent tout aussi paumés dans des environnements dans lesquels, finalement ce sont les habitants eux-même qui font tache, avec leur airs de spectateurs de musée.

 

 

Le logis, comme décor d'une auto-fiction

 

Il n'y a souvent pas loin de la déco au décor. Toutes les maisons de l'émission paraissent chargées – voire surchargée – de discours, allant du « simple » manifeste architectural à l'autobiographie, en passant par les récits de voyage. C'est convaincant ou pas, mais on peut glaner au passage de bien intéressantes idées, comme celle mise en œuvre dans cette très belle maison de Belle-ile, à l'intérieur entièrement blanc. Ainsi, comme l'explique le propriétaire, l'œil est attiré par la couleur de l'extérieur et c'est finalement le paysage changeant qu'on regarde plutôt que l'intérieur. Dans la catégorie « Ce que je veux dire en habitant là », trois maisons me paraissent gagner le pompon : L'une, installé dans une maison de ville ancienne, plutôt étroite, a pris le parti de faire pénétrer la lumière par le haut et celui de lui faire traverser les trois étages par des « planchers » de grandes dalles de verre clair. On comprend bien l'intention architecturale mais à l'arrivée, c'est juste impossible à vivre. Je te parle même pas de l'entretien. Une autre paraît avoir été construite en pure nostalgie : pierres et bois massif, ramures de cerf en abat-jour : un hyper-chalet, comme on pourrait s'attendre à en trouver dans un parc d'attractions dédié à la féérie de Noël. Ce vrai-faux chalet là était très réussi, bien intégré dans son environnement alpestre bien qu'il soit sorti ex nihilo de terre il y a deux ou trois ans.

 

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Ma maison est la plus originale - Ker Terre - Le carnet de

Ma maison est la plus originale - Ker Terre - Le c-copie-2

Ma maison est la plus originale - Ker Terre - Le c-copie-1

 

La troisième est ce dôme de torchis, de taille modeste puisqu'il abrite une surface habitable de la taille d'une chambre. Sol jonché de foin, petit poêle à bois, toilettes et bassine pour se laver dans la jungle-jardin et la propriétaire expliquant que l'homme peut s'inscrire positivement dans son environnement, c'est à dire lui apporter plus que ne lui prendre. Comment ne pas être d'accord avec elle ? Doit-on pour autant vivre dans un oeuf de terre ? C'est en tous cas la voie qu'elle a choisi.

 

Ma maison est la plus originale - Longère à Bell-copie-2

Ma maison est la plus originale - Longère à Bell-copie-3

Ma maison est la plus originale - Longère à Belle Ile - L

 

 

 

Le jury 

Hésitant entre le pathétique et l'odieux, le jury est composé d'un gnome, d'une gourde, et d'un journaliste scientifique, rejoints occasionnellement par le très catastrophique Stephane Plaza. Seul Mac Lesggy maintient un semblant de tenue. Les autres sont à baffer et tout particulièrement le gnome, dont le manque de savoir vivre est ahurissant, sauf à penser que chez lui, n'importe qui peut fouiller dans les tiroirs et s'allonger sur les lit en chaussures.

Ma maison est la plus originale - Longère à Bell-copie-1

 

 

 

 

 

 

 

9 février 2013 6 09 /02 /février /2013 12:43

 

 

Julie---Nouvelle-star-2013.jpg

 

 

Non mais trop, c’est trop. L’émission « Nouvelle star » a toujours eu des côtés agaçants - la liste est longue - mais régulièrement, tout ça passait en arrière plan parce qu’un candidat réussissait l’exploit simple et complexe de nous bouleverser avec son interprétation d’une chanson. Si tu as vu et entendu Amel Bent sur « Mistral gagnant » de Renaud, tu sais de quoi je parle. Il y a quinze jours, l’émission n’avait été sauvée du n’importe quoi que par Julie et sa version ahurissante de « C’est beau la bourgeoisie ». Vas voir, c’est du pur bonheur.

 

La situation de cette semaine était donc celle là. Sophie-Tith, très probable gagnante tant ses dons naturels la situe au-dessus des autres. Julie en challenger allumée et trois garçon pénibles à entendre, ou a regarder, souvent les deux à la fois. Hélas, mardi dernier, l’émotion musicale était totalement absente. La programmation musicale consistait semble-t-il ce soir-là à savonner la planche de certains en leur proposant des chansons aux antipodes de leur registre habituel, tout en servant la soupe à d’autres. Du coup. Julie donnait un honnête « On the radio » de Donna Summer et se fourvoyait dans un « Si maman si » dont on ne voit pas bien qui pourrait faire quelque chose d’intéressant. On a même eu droit à une chanson de J.L. Lahaye et une interprétation de « Dont stop me now » de Queen, qu’un membre du jury qualifiait, je cite, d’horrible. Perso, j’aurais plutôt dit insupportable. J’ai fini par me boucher les oreilles.

 

Julie ayant été éliminée, et comme je n’ai envie ni de réviser mon Mike Brant, ni d’entendre massacrer des standards : stop. 

 


16 janvier 2013 3 16 /01 /janvier /2013 21:50

 

 

Nouvelle-star-2013---les-deux-meilleures-candidates---Le-ca.jpg

 

Lettrine (T courrier) Le carnet de Jimidi

 

 

u ne réussiras pas à me faire croire que tu ne regardes pas la télé. À part toi, toi, voire toi puisque vous ne l'avez pas, mais les autres ? Je ne suis quand même pas tout seul devant « Nouvelle star » le mardi sur D8, si ? 

Je n'ai compris que ce matin sous la douche pourquoi les candidats à ce concours de chant s'étaient, semble-t-il, astreint (pour la plupart) à chanter des standards. Autrement dit, des chansons qu'on a tellement entendues qu'il ne paraît plus possible de surprendre avec. Comme en plus, ces gamins ont entre 16 et 25 ans, tu avoueras que « Le poinçonneur des lilas » (Gainsbourg – 1958), voire même « Besoin de personne » (Sanson – 1972), chez eux, ça fait drôle, non ? Mais la clé est peut-être a contrario dans l'interprétation par un certain Florian de « Videogame », une chanson de Lana del Rey. Ben oui, parce que je n'ai jamais entendu l'original. Toute comparaison m'étant dès lors impossible, il m'est également difficile de savoir comment le candidat « s'en sort », pour peu qu’il chante juste. Heureusement, ce n'est pas toujours le cas. Je serais quand même curieux de savoir comment sont choisies les chansons. La plupart de celles d'hier soir auraient valu aux candidats lors des casting une remarque genre : « Oui, et sinon, en chanson actuelle, vous avez quoi ? » *

 

 

Comme dans les éditions précédentes, on aura donc eu notre lot de faux suspens, de chicaneries entre membres du jury, de mauvaise foi, mais également (c’est tout l’intérêt du programme) de prestations éblouissantes. Au moins deux : celle d’une gamine de 16 ans dont la voix rauque semble ne pas lui appartenir, et d’une petite black incendiaire. Je me réjouis à l’avance de les retrouver mardi prochain. 

 

 

* 22/01/13 (d'après "Télé loisir" en ligne)
Avez-vous choisi Besoin de personne de Véronique Sanson ?
 

Non, on n'avait pas le choix, contrairement à ce qui a été dit lors du prime. On nous a fait remplir un questionnaire il y a un mois sur nos goûts musicaux, et Véronique Sanson, que je respecte énormément comme artiste, ne faisait pas partie de mon répertoire. Je préfère la chanson anglo-saxonne : Bon Iver, Coldplay, James Blake... Je n'ai pas pu mettre la chanson à ma sauce, car on n'a eu connaissance de l'arrangement musical que la veille.

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    J’étais tranquillement en route pour aller chez Dut quand je me suis avisé que l’aiguille de température d’eau indiquait plus de 100° et flirtait avec la zone rouge. J’ai continué à très petite vitesse jusqu’à un endroit où m’arrêter à l’ombre, avec l’idée...
  • Louons la Vache :
    Louons la Vache : 10 novembre 1966 Jean POIRET, humoriste, chante "Une vache à mille francs", une parodie de la chanson de Jacques BREL "Une valse à mille temps".
  • Non mais, franchement...
  • Je ne m'en lasse pas :
  • "Mais puisque je vous dit que mon attestation...
    "Mais puisque je vous dit que mon attestation d'installation d'un détecteur autonome avertisseur de fumée à BRÛLÉ dans L'INCENDIE provoqué par le fonctionnement défectueux de ce putain de détecteur ! "
  • On me les a demandé : les voilà, les pigeonneaux...
    On me les a demandé : les voilà, les pigeonneaux du balcon. J'avais l'impression que les petits, quelque soit l'espèce, étaient forcément au moins aussi beaux que les parents, voire plus - surtout les miens - mais quand tu vois ce désastre... Encore,...
  • Allo ? Y'a quelqu'un là haut ? Quand je disais...
    Allo ? Y'a quelqu'un là haut ? Quand je disais "on va tous mourir !" Je PLAISANTAIS ! C'est bon ? Tu peux remettre la clim ?