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24 octobre 2014 5 24 /10 /octobre /2014 06:25

 

 

 

Jean-Claude-Chaillou---La-mouche-butineuse---Aquarelle---Ju.jpg

 

 

Et là, dans ma boîte aux lettres, un courriel de Jean-Claude Chaillou le rappelant à mon bon souvenir, avec en pièce jointe, fraîche de quelques jours à peine, « La mouche butineuse », aquarelle dont je ne me lasse pas depuis d’admirer la naïveté complexe. On ne s’étonnera pas de retrouver dans cette aquarelle nombre des figures de style permettant de distinguer Jean-Claude Chaillou d’autres aquarellistes (et le plaçant, à mon avis, très au-dessus), en effet, il s’agit d’une aquarelle exécutée, je cite : « devant mes élèves lors de mon dernier stage pour leur montrer un maximum de "choses". » L’histoire ne dit pas ce qu’ils auront retenu de la leçon, mais constatons qu’ils étaient à bonne école.

 

Ce qui saisit immédiatement, dans cette aquarelle du maître comme dans toutes les autres, c’est la simplicité de son invitation, généreuse et sans détour. Ici, des fleurs dans un bocal à cornichons plein d’eau. Tout ce qui pouvait distraire ou bavarder, dans l’arrière plan, le support, a été comme dilué par un silence de vapeurs lumineuses et de reflets.

 

Chaque élément se complète d’un autre. Le flou de l’arrière plan, de la table, des pétales, renvoient à la netteté du bocal, du feuillage, des tiges et des vrilles. Les taches renvoient aux traits, le transparent à l’opaque, la lumière diffuse au reflet du bocal, le froissé au lisse. Le brouillard dont la scène semble baignée renvoie à l’eau prisonnière de ce qui sert de vase. La délicate sophistication végétale renvoie à la rusticité bonhomme du bocal à cornichons dont la présence hiératique donne au reste l’air de danser, de virevolter comme la « mouche » (qui m’a bien l’air d’être une guêpe). Peut-être me tirebouchonné-je le rhizome un peu loin, mais je me demande si le pas de vis du bocal ne renvoie pas aux vrilles de la plante...

 

Notre oeil est donc bien invité à entrer dans le jeu des correspondances entretenues par les éléments magistralement mis en oeuvres ici, et finalement, tout un bouquet de sensations embaume l’esprit.

 

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Vous retrouverez avec plaisir le travail de Jean-Claude Chaillou sur son site, mais également sur deux trois billets de cet ici-carnet :

 

Jean-Claude Chaillou

Aquarelles de Jean-Claude Chaillou

Derrière ou devant la fenêtre ?

Oignons blancs bien frais

 

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Si vous ne deviez écouter qu'une musique en méditant devant l'aquarelle de Jean-claude Chaillou, que ce soit la deuxième gymnopédie d'Éric Satie

 

Précédente publication : 14/07/2011

23 octobre 2014 4 23 /10 /octobre /2014 09:14

 

Fabienne Verdier - polyptique - trois cercles - Le carnet d

Fabienne Verdier - Peindre l’instant - film de M-copie-14

Fabienne Verdier - Peindre l’instant - film de M-copie-15

 

 

Lettrine--M-Ruach-Fabienne-Verdier--Le-carnet-de-Jimidi.jpg

 

 

es occasions de découvrir le travail et l’œuvre de Fabienne Verdier auraient dû être nombreuses : la peinture contemporaine, la calligraphie, l’abstraction… Mais les routes de chacun étant ainsi faites qu’il faut parfois attendre avant qu’elles croisent certaines autres, il m’aura fallu ce lien envoyé par Laure vers l’émission « Empreintes » et plus précisément vers le film de Marc Kindel bizarrement titré « Peindre l’instant » (dont la vidéo n'est plus dispo, hélas*), pour découvrir Fabienne Verdier, sa vie, son œuvre, ses ateliers, ses pinceaux monstrueux.  

 

Curieux quand même, ce choix de Marc Kindel pour résumer la démarche d’une artiste déclarant : Le peintre est un chercheur. Il a besoin de se retirer du monde pour s’extraire du temps des hommes et entrer dans celui de la méditation (…) S’extraire du temps. Voilà qui ne cadre pas bien avec l’idée de capturer des moments fugaces… Cet instant-là fait-il plutôt référence à ce moment de connexion entre le pinceau et le support, le peintre et le monde ? Est-ce une façon de dire que les oeuvres naissent de cet élan ? Ou alors, ce titre témoigne plus des préoccupations du cinéaste que celles du peintre… Mais dans cette hypothèse là, peut-être faut-il entendre alors que l’œuvre de Fabienne Verdier peut toucher chacun, d’une façon ou d’une autre ? Avec ça au moins, je suis d’accord.

 

Moi, c’est les pinceaux, particulièrement celui pesant à vue d’œil une centaine de kilos, constitué de plusieurs dizaines de queues de cheval, trempé dans un pot de peinture format lessiveuse.

 

Fabienne Verdier - Peindre l’instant - film de M-copie-7

Fabienne Verdier - Peindre l’instant - film de M-copie-8

Fabienne Verdier - Palazzo Torlonia - Le carnet de Jimidi


 

Mais quelque soit l’entrée, puis le chemin à parcourir, on emboîtera volontiers la démarche de Fabienne Verdier selon laquelle, tout procède du souffle vital. Dès lors, il revient au peintre de rencontrer celui de son sujet, de l’accorder au sien propre puis de faire en sorte que le pinceau rende compte de ça. Plus facile à dire qu’à faire. Fabienne Verdier y arrive magnifiquement. On comprendra aussi que cette quête d’essentiel va de paire avec une simplification qui n’est en rien réductrice et ne se limite pas au travail. Le discours, les gestes de Fabienne Verdier témoignent également de cette même exigence.

 

Fabienne Verdier - Peindre l’instant - film de M-copie-10

Fabienne Verdier - Peindre l’instant - film de M-copie-11

Fabienne Verdier - Peindre l’instant - film de M-copie-12

Fabienne Verdier - Peindre l’instant - film de M-copie-13

Fabienne Verdier - Peindre l’instant - film de M-copie-18

Fabienne Verdier - Peindre l’instant - film de M-copie-19

Fabienne Verdier - page manuscrite de carnet - Le carnet de

 

 

Illustrations : Copies d’écran du film de Marc Kindel « Peindre l’instant », et quelques repro glanées sur le site de Fabienne Verdier dans lequel la navigation n’est pas tout à fait évidente. Pense, par exemple, à sélectionner « Français » dans le menu d’accueil. Sinon, bien intéressant aussi, les entretiens filmés de Fabienne Verdier sur Youtube, à l'occasion de son expo à Singapour. 

 

Fabienne Verdier - Peindre l’instant - film de M-copie-17

Fabienne Verdier - Peindre l’instant - film de M-copie-16

Fabienne Verdier - Peindre l’instant - film de M-copie-22

 

 

 

 

 

 

 


Fabienne Verdier - Peindre l’instant - film de M-copie-3

Fabienne Verdier - Peindre l’instant - film de M-copie-4

 

 

 

Première publication : 10/02/2013

 

 

8 octobre 2014 3 08 /10 /octobre /2014 19:56

 

 

Michel Henricot - Octobre 2014 - Photo 01

 

 

Michel Henricot, tu situes, ou bien ? À vrai dire, je ne sais pas bien à quand remonte notre rencontre virtuelle. J’étais tombé sur ses œuvres, j’avais particulièrement flashé sur sa toile « Ruine » à partir de laquelle j’avais écrit un premier texte, qui lui ai parvenu je ne sais également plus comment. Il a aimé, il me l’a dit, je lui ai demandé si je pouvais publier un repro de son tableau pour accompagner la réécriture de ce texte pour la rubrique « Fantômes » de Scribulations 01/13, il a accepté, je lui ai envoyé deux exemplaires, j’ai été voir son avant dernière expo et depuis quelques temps, il m’envoie des cartons d’invitation dans des enveloppes couleur calligraphiées main. Merci Michel. Si tu passes par là, sache que j’aime toujours autant ton travail. 

 

Michel Henricot - Octobre 2014 - Photo 03

 

Michel Henricot - Octobre 2014 - Photo 02

 


18 septembre 2013 3 18 /09 /septembre /2013 10:29

 

 

Philippe Cognée - Medina, 2009 - peinture à la cire sur t

 

Philippe Cognée - Medina, 2009. Peinture à la cire sur toile, 124 x 156 cm

 

 

Des images d’images

 

J’aime autant vous prévenir tout de suite, l’exercice dans lequel je me lance – vous parler du travail de Philippe Cognée, peintre – est bien parti pour cumuler tous les défauts du genre : long, verbeux, intello, inutile.  Mais il faut peut-être rappeler l’intention de ce genre d’article. Cette partie au moins va être courte.

La plupart du temps, ce qu’on voit, on s’en fout. Pour des raisons qui tiennent, en vrac, au temps qu’on a (ou qu’il fait), à notre disponibilité d’esprit en ce moment, à nos routines paresseuses mais aussi à cette facilité consistant à penser que l’art doit nous toucher immédiatement ou ne pas être. Du coup, on passe sans ralentir ni s’arrêter à côté de quasi tout et même de ce putain de truc oublié sur la liste des courses, ce qui oblige à retraverser tout le magasin.

Les critiques d’art (et dare-dare en ce qui me concerne) partagent avec les publicitaires et les rabatteurs des restos de la rue de la Huchette, la prétention de vous arrêter un instant dans votre course folle et de retenir un moment votre attention, avec l’intention plutôt désintéressée que l’artiste trouve le chemin de votre cœur. Ok, les critiques reconnus s’en servent aussi pour se faire reluire au passage et même gagner leur croûte. Il faut bien vivre.

Pour ce faire, le meilleur moyen – c’est aussi le plus sincère – consiste pour le critique à baliser de quelques mots le chemin suivi par lui jusqu'à l'artiste. Le pari est alors pour le critique de penser qu’il partage avec vous suffisamment d’humanité pour vous rendre ce chemin praticable et qu’il vous conduise bien à pied d’œuvre.

On n’en voudra dès lors pas au critique de parler de lui-même, d’utiliser ses propres mots, ses propres trucs, aussi agaçant qu’ils puissent être comme ce « tour à tour Hong Kong » de ma consœur plus loin : c’est pour la cause.

 

 Philippe Cognée - Medina bleue

Philippe Cognée - Médina bleue - aquarelle - 2004

 

Philippe Cognée – il faut bien y venir –  a ce côté fâcheux de n’avoir pas du tout besoin de moi pour asseoir une renommée déjà très officiellement assurée. Mais je le découvre, peut-être comme vous et doté d’un talent transcendant largement son inscription dans l’époque, ce qui rend à la fois relative et peu essentielle sa côte actuelle. L’autre incontournable de Philippe Cognée, à lire les critiques, c’est sa technique. Ça peut agacer également. Imagine-t-on un paragraphe comme : « Ce peintre utilise de la couleur à l’huile en tube, qu’il presse sur une palette de bois pour ensuite en enduire son pinceau en poil de porc, celui-ci lui servant alors à déposer la couleur sur sa toile de lin…» Au secours ! Mais ce discours omniprésent sur la technique très singulière de Philippe Cognée (Cf. infra) me semble parler d’autre chose, même involontairement. J’entends là une tentative de rendre compte du mystère. En vain. Si vous et moi projetions comme le peintre une image sur une toile, pour la reproduire à la cire puis repasser le tout au fer en interposant une feuille de plastique, on serait encore très loin du même résultat mais plus proche du divorce.

Le détour technique (rassurant ?) n’explique en rien par quelle magie les toiles de Philippe Cognée imposent rien moins qu’une vision du monde. Perso, j’ai eu la même surprise avec Eric Tabuchi avec lequel Philippe Cognée me parait entretenir une parenté, liée aux sujets, notamment architecturaux, mais surtout à son incroyable capacité à ouvrir pour nous la voie vers le réel à partir de sa représentation, à nous donner une vérité sur lui avec l’artifice de son art, à nous faire éprouver une expérience sensible de ses sujets à partir de leur image recréée.

 

 

 

 Philippe Cognée - Foule a Casablanca - encaustique sur toi

Philippe Cognée - Foule a Casablanca -

encaustique sur toile, marouflée sur bois, 2005, 150 x 200 cm

 

Pour illustrer cet article sur un peintre créant ses images à partir d’autres images, en plus de piocher dans son iconographie, j’ai également fait appel à ces autres reflets sur son œuvre que constituent les articles publiés sur lui. Vous trouverez donc ci-dessous l’article de Hector Obalk pour Le Monde Magazine, puis un extrait de Wikipedia et enfin le plus marrant, celui d’Assia Kettani.

 

Jimidi 24 avril 2009

 

 

 Philippe Cognée - article du Monde Magazine

 

Textures urbaines

 

Ces tableaux récents de Philippe Cognée sont nés d’une prise de vue par téléphone mobile, première étape d’un long processus. On peut y voir de gauche à droite et de haut en bas, le quartier neuf de la ville de Bordeaux, une terrasse au premier étage de la gare Montparnasse, le parvis du palais de justice de Nantes, le rez-de-chaussée du centre Georges-Pompidou, ou le couloir d’un hôtel à Tokyo. Les endroits sont déserts afin que la composition, plus simple et plus efficace, flirte avec la grande peinture abstraite. Par cette technique, mais aussi par son talent, Philippe Cognée réussit étonnamment les textures du béton, de l’acier noir et du verre réfléchissant, dont le rendu est souvent très mou en peinture. Les aléas de la matière écrasée rendent parfaitement les parois délavées de nos paysages urbains que l’atmosphère couvre parfois de buée – et dont la laideur est si suave et si belle, à voir en peinture.

 

Hector Obalk – Le Monde Magazine – 5 décembre 2009

 

 

Philippe Cognée - Médina 2009

Philippe Cognée - Médina -

encaustique sur toile marouflée sur bois - 2009 - 153 x 125

 

 

Éléments biographiques

 

Après avoir passé son enfance au Bénin, Philippe Cognée vit aujourd'hui à Nantes. Il est en 1990 lauréat de la Villa Médicis à Rome. En 2004, il est nommé au Prix Marcel Duchamp. Philippe Cognée expose depuis le début des années 1980. Son œuvre a été présentée tant en France qu'à l'étranger depuis 1982. Il est l'un des artistes de sa génération qui a donné une impulsion nouvelle aux techniques picturales — très décriées pendant un temps — et compte, de ce fait, comme l'un des peintres français les plus reconnus de la seconde moitié du XXe siècle.

 

Technique

 

La technique de Philippe Cognée lui est particulière : il photographie ses sujets ou bien les filme en vidéo, puis en photographie quelques images diffusées par le moniteur. Ces images, telles quelles ou déconstruites, ré-assemblées, sont ensuite projetées sur le support (toile ou bois). Il utilise alors une peinture à l'encaustique faite de cire d'abeille et de pigments de couleur pour réaliser son œuvre. Il dispose cette peinture au pinceau sur la toile, puis recouvre ensuite la toile d'un film plastique sur lequel un fer à repasser, chauffant la cire pour la liquéfier, étalant et déformant les formes, pour créer l'enfouissement trouble du sujet dans la matière. Le film plastique lorsqu'il sera décollé laissera à certains endroit des effets d'arrachage et l'image semble alors enfouie sous une surface glacée.

 

Sujets

 

Philippe Cognée s'inspire de vues familières et banales puisées dans son environnement géographique ou personnel (architectures, containers, objets, foules...). Sa technique lui permet de transcender la banalité quotidienne devient mystère, en perdant le sujet dans le flou. Il offre ainsi une vision du monde à reconstruire à partir de la banalité. Ainsi, un de ses sujets préférés est l'architecture. Son exposition "Triades" était composée de toiles représentant Hong Kong, Le Caire, Rome, Paris ou New York, qui accrochaient le regard tant par leur taille imposante que par les structures représentées : des monuments et paysages urbains disloqués, déstructurés et transformés, épousant les formes du regard personnel de l'artiste. Ce thème lui permet de s'interroger sur la relation entre psychisme et architecture : des monuments tels que le Centre Georges Pompidou, la basilique Saint-Pierre de Rome ou le musée Guggenheim de Bilbao nous apparaissent non dans leur structure réelle et objective mais tels qu'ils existent dans notre mémoire. Ce que Philippe Cognée projette sur la toile, c'est sa vision personnelle de ces paysages urbains, la réalité altérée par le souvenir, des images de monuments filtrés par le prisme de la subjectivité de l'artiste. C'est ainsi que ces lieux connus de tous apparaissent tour à tour fondants sous la chaleur ou vus à travers une fenêtre embuée, restituant des impressions plutôt que des visions.

 

Depuis 2006, Philippe Cognée exploite un nouveau gisement d'images : les clichés par satellite sur Internet. « Les images de villes que montre Google Earth sont inimaginables puisque ce sont des vues prises par satellite : on peut jouer à en saisir des plans très rapprochés vraiment impressionnants qui frisent l'abstraction », dit-il.

Wikipedia

 

 

 

 

La Galerie Daniel Templon accueille jusqu'au 25 juillet les toiles monumentales de Philippe Cognée consacrées à l'architecture des villes : des images urbaines déconstruites et reconstruites, fruit d'une démarche originale et d'un regard personnel sur l'architecture urbaine.
Ces toiles représentant tour à tour Hong Kong, le Caire, Rome, Paris ou New York accrochent le regard tant par leur taille imposante que par les structures représentées : des monuments et paysages urbains disloqués, déstructurés et transformés, épousant les formes du regard personnel de l'artiste.

Fidèle à sa technique, Philippe Cognée poursuit ici un geste artistique entamé il y a maintenant plus de 10 ans : en utilisant une peinture à la cire, il repasse ses toiles à l'aide d'un fer, étalant et déformant les formes représentées sous l'effet de la chaleur. Le résultat est celui d'une réalité transfigurée : les formes éclatent, les couleurs fondent et se diphtonguent, l'image devient floue et imprécise.

 Ici, Philippe Cognée explore des architectures urbaines en se basant sur des images de vidéos filmées, qu'il désassemble et ré assemble. Il interroge ainsi la relation entre psychisme et architecture : des monuments tels que le Centre Georges Pompidou, la Basilique Saint-Pierre de Rome ou le musée Guggenheim de Bilbao nous apparaissent non dans leur structure réelle et objective mais tels qu'ils existent dans notre mémoire. Ce que Philippe Cognée projette sur la toile, c'est sa vision personnelle de ces paysages urbains, la réalité altérée par le souvenir, des images de monuments filtrés par le prisme de la subjectivité de l'artiste. C'est ainsi que ces lieux connus de tous apparaissent tour à tour fondants sous la chaleur ou vus à travers une fenêtre embuée, restituant des impressions plutôt que des visions.

 Ainsi, l'artiste s'accapare tous ces lieux et monuments alors que ceux-ci représentent des lieux importants ou hautement symboliques, tels la banque HSBC de Hong Kong. En juxtaposant réalité physique des monuments et réception esthétique, Phillippe Cognée saisit ces architectures urbaines dans leur intégralité, à la fois physique et objective, sensible et psychologique. A travers sa peinture interprétative, il parvient à s'approprier ces institutions hautement culturelles ou économiques, dévoilant une approche profondément originale.

 

Assia Kettani
Paris, Juillet 2003

 

 

 

 

Le plongeur

 

 

 

(Envoyé par Lou)

 

 

31 mars 2013 7 31 /03 /mars /2013 17:33

 

 

Raoul DUFY - La grille - 1930 - huile sur toile - 130x160 -

 

« Si ça t’intéresse, je débarrasse mes livres d’art » me disait-elle au déjeuner. En la ramenant chez elle, j’en repartais avec une brassée de « beaux livres », dans laquelle un, consacré à Raoul Dufy, d’où j’extrais cette repro : « La grille » 1930 - Huile sur toile, 130x160 cm. Les peintres sont rarement à la fois très graphiques et très couleur. Dufy m’a l’air de faire exception. 

 


15 décembre 2012 6 15 /12 /décembre /2012 13:38

 

 

Exposition Fantaisies Botaniques à Tarare 2012 - oeuvre 1

 

 

 

Lettrine (B vaches d'hier)

 

 

ah ! Te raconter l’exposition « Fantaisies botaniques » ne sera jamais qu’une mission impossible de plus… Cette exposition se proposait de rassembler certains travaux réalisés depuis deux ans dans les différents ateliers d’art thérapie du secteur. C’est dire la période, longue, l’extrême variété d’œuvres (malgré le thème fédérateur) également le grand nombre de participants, de tous les âges. Ceci imposait un lieu susceptible d’accueillir plus d’une centaine d’œuvre dans leur diversité, requérant au final un travail - qu’on devine gigantesque - de muséographie, allant du choix à la présentation, en passant par les encadrements, l’éclairage, les cartels etc.

 

Avant de s’installer dans son lieu définitif - le centre culturel André Malraux de Tarare - l’expo a été « lancée » à la galerie « L’oeil écoute » à Lyon. Bien sûr, ça ne te diras rien, mais sache quand même que cette galerie est l’une des plus « cotées » sur la place, ce qui donne déjà une idée du niveau d’ambition et de qualité affichée.

 

De fait, l’expo est magnifique. Elle l’est dans son ensemble, l’accrochage salle par salle permettant des rapprochements, des mises en valeurs réciproques, ou favorisant au contraire la mise en lumière de certaines œuvres ou groupes d’œuvre. Elle l’est également dans le détail, plusieurs œuvres provoquant une vraie émotion esthétique dont je pense sincèrement qu’elle ne devait rien à la qualité du lieu, de la lumière (il faisait beau), de l’accrochage mais plutôt à leur valeur intrinsèque.

 

On ne les verra pas ici. Je n’avais heureusement pas pris d’appareil photo. L’eussé-je fait, je n’aurais pas osé m’en servir et sans doute la dame accompagnant les visiteurs d’assez prêt y est-elle pour quelque chose, mais pas que. En effet, ce qui était prodigieusement intéressant et qu’aucune photo n’aurait rendu, ce sont les consignes ayant présidé à la création, les techniques employées, également ce qu’on pourrait appeler les intentions thérapeutiques et donc, au final, la manière de chaque artiste de s’approprier tout ça pour le mettre en œuvre. Ça tenait à peine sur les cartels. Ça n'apparait pas sur les photos. 

 

Tiens, par exemple cette fresque à l’évidence inspirée du Douanier Rousseau, réalisée collectivement par des enfants. J’indique tout de suite qu’elle ne fait pas partie des œuvres qui m'ont particulièrement ému - trop décoratif - mais on devine sans se mettre la cervelle à frire qu’il s’agissait de favoriser les échanges, la communication, l’entente, la négociation entre les jeunes participants, pour arriver au final à une œuvre commune. Une intention à la limite du pédagogique et du thérapeutique donc et qu’on retrouvera ailleurs, par exemple dans cet encadrement de miroir constituée de portraits, également réalisés par des enfants, mais prenant un pair en vis-à-vis comme modèle.

 

Ailleurs, un autre « process » était à l’œuvre (pas trouvé d’illustration) consistant à assembler sur un support des éléments découpés dans du carton ondulé, de façon à représenter une silhouette, l’ensemble étant après coup enduit d’encre d’imprimerie (ou peut-être de peinture) et servant alors de matrice pour une ou plusieurs impression sur papier. On voit mobilisés alors d’autres champs sémantiques, celui de la trace, de la duplication et l’on imagine alors (je n’y connaît rien) que chaque technique, chaque exercice, puisse mobiliser spécifiquement tel ou tel constituant de la psyché, pour dénouer, refaire du lien, réarranger, proposer des alternatives, sortir d’une ornière et bref, aller mieux.

 

Ailleurs encore, on trouvait des portrait façon Arcimboldo, mais donc la consigne précisait qu’il s’agissait de faire figurer côte à côté un personnage masculin, un autre féminin, puis de dire qui ils étaient et quelle était leur histoire. Ce recours à l’expression verbale, ou écrite, à partir des réalisation plastique, se retrouvait plusieurs fois au long de l’expo, y compris dans de jolis petits livrets, ce qui m’a donné très envie de prendre contact avec je ne sais pas encore qui, pour envisager une participation à la revue, sous je ne sais pas encore quelle forme.

 

L’œuvre qui m’a retenu le plus longtemps est une linogravure couleur. On ne la verra pas ici non plus. Elle faisait parti d’un bel ensemble d’une douzaine d’oeuvres format 50x50cm. J’ai lu plusieurs fois l’explication technique. Je la livre ici sous réserve : elle reste mystérieuse pour moi. Mais ce mystère participe pleinement au charme. Il s’agissait de partir d’un dessin en quatre couleurs, sur le thème imposé du « botanique » (pour cet ensemble, essentiellement des feuillages) pour ensuite, sur une unique plaque de lino, reproduire ce dessin, encrer, imprimer, enlever de la matière pour ne laisser que la deuxième couleur, encrer, imprimer, enlever encore de la matière pour la troisième et pareil pour le quatrième passage. Encore une fois, je ne suis pas sûr de comprendre tout à fait comment tout ça est possible, mais reste qu’à partir d’un dessin, en passant par une matrice détruite par le processus, on arrive à un tirage unique. Je trouve ça fascinant, à plusieurs titres, mais quand en plus le résultat est une merveille, ça ajoute.

 

Je ne peux pas faire moins que d’illustrer cet article avec les illustrations glanées ça et là, mais tu auras compris qu’en se trouvant privées de leurs voisines, privées de leurs consignes et privées du nom de leurs créateurs, les œuvres originales s’en trouvent irrémédiablement diminuées. Je m’en excuse très sincèrement.

 

Au sortir de l’expo, j’étais gentiment apostrophé par une jeune fille me demandant si l’exposition m’avait plu. Énormément. Je lui demandais alors si elle avait de œuvres exposées. Pas cette année.

 

Exposition Fantaisies Botaniques à Tarare 2012 - oeuvre 2

 

Exposition Fantaisies Botaniques à Tarare 2012 - oeuvre 3

 

 

 

26 février 2012 7 26 /02 /février /2012 10:04

 

Boco - Le carnet de Jimidi

 

 

Lettrine--D-ruach---Boco--Le-carnet-de-Jimidi.jpg

 

 

écouvertes chez CKan, les oeuvres du peintre Boco, des toiles bretonnantes, douces et tendres dont les gris devraient plaire à Mélanie, surtout illuminés par ce trait de lumière perçant le ciel.

 

 

 

 

 

 

Pendant que j’étais dans la galerie Dominique C à Pont Aven, j’en ai profité pour découvrir également les oeuvres de Gwen Le Grand, qui vous feront certainement penser à Tofoli, mais pas que. À noter : son travail sur les lignes s’échappant de la toile pour rejoindre le cadre et arrimer le tableau.

 

Gwen Le Grand - Le carnet de Jimidi

 


Vous aimerez peut-être aussi les aquarelles de Richard Le Cieux, qui peint un peu le monde tel qu’on le voudrait, mais ce n’est pas interdit de rêver.

 

Richard Le Cieux - Venise - Le carnet de Jimidi

 Richard Le Cieux - Grèce- Le carnet de Jimidi

 


Reste à dénoncer une nouvelle fois la taille des reproductions présentées par la galerie à l’internaute, toutes au format timbre poste. CKan est plus généreuse. À croire que les sites payent une taxe à la surface. M’en fouts, je vais les doper dans Photoshop. Na !  Et puisque je vous sens d’humeur contemplative, en ce dimanche où nous attendons presque tous un coin de ciel bleu pour nous précipiter dehors, j’en profite pour vous fourguer mes cartes de voeux 1999, des collages qui m’ont fait penser à Tmor, mais également au Vercors de Laure. Vous y retrouverez par ordre d’apparition à l’écran, du papier kraft bleu, du calque et de la brique de lait. Un ultime calque détachable recouvrait l’ensemble, avec « Bonne année 99 » écrit dessus. L’idée, c’était que les gens puisse garder la carte punaisée chez eux toute l’année...

 

Carte de voeux 99 - a - Le carnet de Jimidi

 


25 avril 2011 1 25 /04 /avril /2011 11:50

 

Michael Gregory - South Pass - 2009 - huile sur toile - 182

 Michael Gregory - Grangeville - 2009 - 44x89 inches - Le ca

 

Michael Gregory - Latah - 2002- huile sur bois - 101x72cm -

 

 

Lettrine (V ruach nancy hoffman) Le carnet de Jimidi

 

 

 

ous savez ce que c’est, une chose en entraînant une autre et le lundi de Pâques offrant gratis beaucoup d’heures creuses sous une mince couche de chocolat : on traîne, passant dans la galerie de Nancy Hoffman de Don Eddy à d’autres artistes bien intéressants eux aussi. Mode d’emploi : tu cliques sur le lien vers la galerie, puis directement sur « Artists » et dans la liste, sur les noms. Ça ouvre une page de présentation sur laquelle tu peux avantageusement cliquer sur « Recent works ». Là, tu fais défiler. Les repros sont hélas trop petites pour apprécier pleinement les oeuvres, mais rien ne t’empêche de les acheter pour les voir de plus près.

 

J’ai tout regardé, constatant au passage que soit Mme Nancy Hoffman (à supposer qu’elle existe en vrai) a des goût artistiques beaucoup plus éclectiques que le miens - il n’y a aucune vache - soit son catalogue témoigne tous azimuts de ce qui se vend en ce moment. J’ai tout particulièrement aimé les paysages de Michael Gregory, mais également ceux de Carlton Nell Jr. J’attire également ton attention sur les dessins de troncs d’arbre de Jim Sullivan et si tu n’as pas de conjonctivite en ce moment, sur les oeuvres de Joseph Raphael, cet artiste ayant un site qui explose bien les yeux.

 

 Joseph Raffael - Grace - 2007 - Le carnet de Jimidi

  Joseph Raffael - Spring Blossoming - 2010 - watercolor on p

 

 

16 avril 2011 6 16 /04 /avril /2011 11:25

    

Le Cauchemar (The Nightmare) de Johann Heinrich Füssli 178


 

Forcément, en tombant au hasard de mes lectures sur Le Cauchemar de Füssil, dans Le Monde Magazine, je n’ai pas pu ne pas penser au dessin qu’il a inspiré à mad meg, que vous retrouverez parmi mille autres bonnes choses dans son recueil « Les contes de faits » paru chez Divus en 2010 et disponible sur son blog. Mais le commentaire de Philippe Dagen accompagnant la repro du tableau est assez intéressant lui-aussi. Je vous livre le tout. Pour le reste, démerdez-vous.

 

LA JEUNE FILLE ENDORMIE

Le drapé « à l'antique », ses longs plis souples, l'étirement presque excessif des jambes et des bras, la simplicité du lit même : autant d'éléments stylistiques clairement néo- classiques. Cette belle endormie pourrait être une vestale vêtue de blanc virginal si Füssli (1741-1825) - zurichois de naissance mais établi à Londres en 1779 - n'avait décidé de plonger le public de la Royal Academy of Arts dans la stupeur, se démarquant violemment de l'esthétique à la mode.

 

LE DÉMON ACCROUPI

Le mara est, dans les mythologies nordiques un esprit démoniaque, un incube. Or incubus, en anglais, signifie aussi cauchemar. Ce monstre méchant, indubitablement masculin, incarne les pulsions sexuelles qui troublent jusqu'aux âmes des plus pures jeunes filles. Füssli l'assied donc sur le ventre de la dormeuse, Il ne pourrait signifier de façon plus claire la victoire des ténèbres sur la clarté. Quand la raison s'endort, tout devient possible. Füssli est bien le contemporain de Goya (1746-1826).

 

LE CHEVAL QUI SURGIT

Est-ce la monture de l'incube qui fait irruption dans la chambre, accentuant l'atmosphère de fantastique inquiétant? Ce cheval aux yeux étrangement globuleux semble venu d'un autre monde, que les rideaux sombres dissimulent. Füssli fait peut-être ici allusion à un passage du Romeo et Juliette de Shakespeare, auquel il a pris plusieurs fois des sujets pour ses tableaux. Mais nightmare se décompose en night - la nuit - et mare - la jument. Hasard? On a peine à le croire.

 

 

Philippe DAGEN - Le Monde Magazine - 1er janvier 2011


 Hi hi

mad meg - Le Cauchemar - d'après Füssli

20 février 2011 7 20 /02 /février /2011 13:31

 

Jean-Claude Chaillou - LES RAISINS BLEU

 

Jean-Claude Chaillou - ANÉMONES

 

Lettrine--A-matiss-JCC--Le-carnet-de-Jimidi.jpg

 

 

vec ces deux aquarelles - les plus colorées du lot - se termine provisoirement notre découverte de l’oeuvre peint de Jean-Claude Chaillou, dont vous pourrez admirer sur son site, les talents de photographe, les réalisations au pastel, les dessins, les graphismes...

 

Au fil des articles consacrés à Jean-Claude Chaillou sur ce carnet, vous aurez, j’en suis sûr, apprécié comme moi l’ahurissante maîtrise technique de l’artiste, mise au service d’une sensibilité elle aussi exceptionnelle. En guise d’à bientôt, il me reste à remercier Jean-Claude Chaillou de m’avoir envoyé des repros grand format de six de ses aquarelles, ce qui nous aura permis de voyager au coeur de chacune d’elles.

 

 

Aquarelles de Jean-Claude Chaillou

Derrière ou devant la fenêtre ?

Oignons blancs bien frais

 

 

 Jean-Claude CHAILLOU - Échantillon de 6 aquarelles - Le ca

 

 

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