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19 novembre 2014 3 19 /11 /novembre /2014 14:35

  DSCN1965

 

 

 

C'est finalement assez rassurant, de constater qu'un article écrit il y a plus de six ans n'a pas pris une ride. Tu dis ? Moi non plus ? Merci, c'est gentil. J'exhume ce qui suit d'un ancien blog sur lequel plus personne ne va, à part moi, quand j'ai la flemme d'écrire du nouveau pour ici. Tout ce qui est écrit en italique est extrait tel quel du prospectus Carrefour qui m'avait énervé à l'époque. Mais ce grand distributeur m'énerve régulièrement (comme toute la grande distribution d'ailleurs), comme en témoigne un autre article sur le même, écrit lui en 2012.

Je n'ai pour autant aucune chance de me faire interdire l'accès au Carrefour de Villefranche sur Saône, vu qu'il n'y a pas de Carrefour à Villefranche sur Saône, ce qui confirme bien l'hypothèse selon laquel les prospectus des grands distributeurs n'atterrissent pas du tout dans ta boîte aux lettres pour que tu te précipites chez eux, frappé-e que tu aurais été par la promo gel douche de la page 35, mais juste pour occuper le terrain du "On est les moins chers" et ne pas le laisser à la concurrence.

Oui, bon j'avoue, j'ai limé deux trois truc et ajouté une ou deux phrases ; trois fois rien.

 

C'est parti.


 

Comme je l’ai déjà dit ailleurs, il existe une source inépuisable de littérature fleurant bon le degré zéro, qui à de plus l’avantage d’être gratuite et régulièrement renouvelée, c’est la publicité et tout particulièrement les catalogues que les hyper de notre zone de chalandise distribuent dans nos boites aux lettres. Je rappelle brièvement le cahier des charges de ces catalogues, toutes enseignes confondues : il s'agit d'occuper le terrain, ce terrain que ça nous ferait mal de laisser aux autres, les méchants, les concurrents. Pour ce qui est du contenu, il est invariablement constitué du déballage des produits qu'on espère vous vendre.

C'est donc dans la forme qu'il faut innover. Dans la forme qu'il faut trouver le petit plus, l'angle, le truc qui vous fera croire que votre hyper n'est pas seulement un entrepôt surpeuplé trop éclairé et bruyant, une sorte de mine de surface dans laquelle vous pousserez vous-même votre wagonnet pour attaquer à main nues des falaises de conserves et des icebergs de viande, dépensant en une heure ce que vous avez mis la semaine à gagner.


Tout est dans l'angle et là, Carrefour a fait très fort en titrant le  catalogue qui nous occupe aujourd’hui "Une planête pour tous" et sous-titrant : "Des centaines de produits écocitoyens à prix malins."


Et hop, c'est parti pour le bourrage de mou. On martèle. Page deux et trois : que du texte, que du slogan. La planète a besoin de nous tous. Devenez un acteur de la protection de la nature. Chaque jour Carrefour s'engage pour la planête (partenaire du WWF depuis 10 ans. Réduction constante de nos déchets et des émissions de CO2). Soutien de nos fournisseurs dans leurs démarches de développement durable. Une gestion contrôlée de nos énergies. La marque "Carrefour Agir", des produits responsables. Classements des produits écocitoyens en quatre catégories : préférer le bio, préserver la planête, agir grâce aux produits solidaires, économiser l'énergie. Ouf !


La première escroquerie consiste bien sûr à laisser penser qu'acheter Carrefour c'est militer vert. Bien voir quand même que c'est parce que NOUS ne sommes plus tout à fait prêts à acheter n'importe quelle merde produite n'importe comment par des entreprises délocalisées que nos convictions intéressent Carrefour. Mettons tout ça dans un contexte où Le Pen serait passé président, Carrefour nous vendrait alors de la conviction 100% préférence nationale, sans aucun état d'âme. Ce qui importe, c'est de brosser dans le sens du poil. 


De plus et c'est la deuxième escroquerie, suivant en celà un procédé que la politique a bien compris, Carrefour ne nous propose pas d'agir directement, mais par délégation. C'est à dire qu'il ne s'agit pas de changer nos habitude de consommation, consistant par exemple à nous rendre chacun dans notre voiture poluante dans un hyper assez éloigné pour nous y masser sur un parking gigantesque et asphalté. Non, ne changeons rien, mais achetons dans un hyper qui agira pour nous dans le sens que nous souhaitons, ce qui nous épargnera de le faire.

La troisième escroquerie crève tellement les yeux, qu'on a du mal à croire que Carrefour nous prenne à ce point pour des cons. Vous connaissez le mensonge par omission ? Carrefour, lui, pratique la vérité par extension. C'est à dire que ce qui est affirmé et martelé dans les vingt premières pages est réputé vrai pour le reste du catalogue qui en compte 80. Donc une fois les produits bio, écomachin, solidaires et responsables expédiés, et parce qu'il ne faut quand même pas déconner, on repart sur la daube habituelle :  le textile dont on ne saura ni où, ni par qui, ni comment il est fabriqué, les chaussures pareil, la Nabibie que vous pourrez allez saloper (et son ciel avec) pour 2595 € par personne page 35, le barbecue électrique, les engrais légumes, géranium, fraisiers, tomates, rosiers (produits dangereux, respectez les précautions d'emploi) de la page 39, les jeux d'extérieur pour gamin en plastique de la page 40... Je passe l'informatique, la téléphonie qui polluent tellement peu que chaque produit est assorti d'une taxe d'éco-participation, les inévitables pages de bouffe et en avant dernière page, les serpillières imprégnées anti-bactérienne, jetables, dont on sait qu'elles sont, comme les lingettes, une catastrophe écologique à elles toutes seules.


Et comme si la leçon de cynisme méritait une conclusion, en dernière page, Carrefour nous fait la morale : "Mais c'est aussi à vous de monter l'exemple. " Tiens ? Et comment ? "Un produit Carrefour Agir acheté = une bonne action ! " (Je vous le disais, on n'achète plus, on se rachète ! ) "En effet, Carrefour reversera 5% sur le montant des achats en produits Carrefour agir aux associations WWF et Enfance et partage".


Mais il y a un mais : "Dans la limite de 100 000 €". Ben oui, faut quand même pas déconner. Question : Sachant que le groupe Carrefour a déclaré 2,29 milliards d’euros de bénéfice en 2007, il leur faut combien de temps, d’après vous, pour en gagner 100 000 ? Cherchez pas, si mes calculs sont juste, vingt deux minutes.

 

"En choisissant d'acheter des produits Carrefour Agir, vous choisissez de consommer responsable en participant à la préservation de la planète. Alors qu'attendez-vous pour Agir ? " Ben déjà, on t'a pas attendu, pi je crois même qu'on va pas t’attendre du tout.

 

 


1 septembre 2014 1 01 /09 /septembre /2014 20:25

 

 

Catalogue Zeeman France septembre 2014 - chapeau

 

Tu vas pas me dire que cet article va faire de la publicité à une publicité ? Ben si. Je trouve sympathique la démarche tel qu’elle nous est présentée en avant dernière page du mini-catalogue :

 

Ils ont osé, le temps d’une séance, jouer les mannequins pour sous-vêtements.

Toutes les personnes que vous voyez dans ce dépliant (sic) sont de véritables clients de Zeeman. Ce ne sont donc pas des mannequins professionnels qui ont l’habitude de prendre la pose devant l’objectif. En effet, au printemps, nous avons lancé l’appel suivant : « Envie de jouer les mannequins pour sous-vêtement ? » les réponses ont afflué. Nous remercions toutes celles et ceux qui se sont inscrits, et plus particulièrement les 90 personnes qui ont posé devant notre objectif.

 

Alors oui, bon, peut-être ne s’agit-il que de l’extension à la publicité de ce qui a donné la « télé réalité » ailleurs, sauf que je vois là ni voyeurisme ni racolage ni pathos. Les photos sont plutôt standard par rapport à ce qu’on voit d’habitude en la matière, juste les mannequins ne le sont pas, du moins pas tous. Oui, c’est certainement biaisé puisqu’on imagine sans peine les centaines (les milliers ? ) de volontaires pour ce casting et que, d’autre part, on nous en annonce 90 retenus alors qu’au final, une cinquantaine seulement apparaît, et encore, en comptant large. Donc y’a eu choix, donc quelqu’un s’est dit à un moment : « Tiens ? À quoi ça ressemble, les vrais gens ? Elle oui, elle non. Lui oui, lui non. » En fonction de quoi ? Quelque chose comme « Elle oui, elle ressemble à la femme du chef opérateur. Lui non, on dirait mon beau-frère. » On ne sait pas.

 

 

Sinon, en fait, le produit qui m’a le plus intéressé dans l’abondante livraison des prospectus du jour, (c’est la rentrée), c’est le broyeur à végétaux d’Aldi et comme je ne voulais pas t'imposer ici 30 pages de petites culottes, j'ai consacré un album photo à ce catalogue.  

 


5 janvier 2013 6 05 /01 /janvier /2013 13:30

 

 chantier-pub---3.jpg

 

lettrine (I vivaldi)

 

l y a ce qu’on sait déjà : 187 entreprises, distributeurs, commerçants (ou particuliers d’ailleurs) ont déposé dans notre boîte aux lettre 859 prospectus, tracts catalogues et journaux gratuits pour un total de plus de 32 kg, au cours de l’année 2012.

 

Parmi ceux là, 88 d’entre eux se sont montré plutôt discrets, ne déposant qu’un seul prospectus. Ils ne sont que 19 à en avoir déposé plus de dix et 9 seulement ayant joué la carte du harcèlement avec plus de 20. Grand vainqueur au nombre et au poids : Géant Casino avec 64 prospectus et 4352 g.

 

En me fiant uniquement aux chiffres, j’aurais dû ajouter au total des gros harceleurs les candidats aux élections présidentielles puis législatives. A cette occasion, en effet, nous avons reçu ici, par la poste, quatre exemplaires de leurs différentes professions de foi et bulletins. Ce cas très particulier de publicité - ici, politique - indique à quoi servent nos boîtes aux lettres. Recevoir quelque chose dans l’espace ô combien privé de sa boîte aux lettres semble toujours, pour certains - les 187 déjà évoqués - le moyen assuré de nous toucher personnellement. C’est avec le même espoir qu’on nous appelle au téléphone pour nous vendre des trucs et des machins.

 

On serait volontiers tenté de ne voir dans cette débauche de papier qu’un inutile gaspillage, mais à bien y réfléchir, la profusion stérile est une stratégie d’existence assez répandue, y compris chez certains rédacteur de blog. Mais imagine deux minutes que le platane de ta rue réussisse à faire prospérer chacune de ses graines, on aurait assez vite un méga problème de platanes. Donc les 859 prospectus tombent pour la plupart en vain sur le terrain stérile de ton indifférence, avant de finir dans le bac jaune, vert, bleu - barrer les mentions inutiles - mais parfois, de loin en loin, quand par exemple tu cherches un putain de meuble d’appoint genre chevet, avec tiroirs, d’une soixantaine de cm de haut, en bois, à moins de 50 €, tu te surprends à jeter sur cette pauvre littérature un œil plus intéressé qu’en moyenne.

 

Faut-il en déduire que certains d’entre toi, pour des raisons que je ne veux même pas imaginer, se trouvent ponctuellement conduits, contraints, à feuilleter attentivement les prospectus qu’il reçoit ? Ce n’est pas tout à fait impossible. Tu dis ? Moi ? Non mais moi, si je les feuillette tous, c’est par devoir envers ce carnet. D’ailleurs, je te ferais remarquer que je lis ou feuillette tout ce qui me tombe sous la main ; pas que les prospectus.

 

Petit focus sur les récoltes mensuelles. Attention, courbe.

 

 chantier-Pub---courbe-des-poids-mensuels---Le-carnet-de-Jim.jpg

 

 

C’est donc bien le mois d’octobre le plus gras, suivi de près par novembre - je vais y revenir - et donc bien le mois d’août celui de la morte saison.  Ce qu’on peut voir également, c’est qu’à part deux pics annuels, la livraison se situe de manière assez constante un peu au dessus des deux kilos. Sinon, octobre et novembre, on voit bien : il s’agit de nous chauffer pour le grand pétage de plomb d’or et d’argent des fêtes de fin d’année. Mais mai ? Des hypothèses ? C’est pourtant pas les soldes…

 

On pourra trouver un peu prématuré de commencer à nous mettre la pression en octobre pour des achats que tu vas de toute façon réaliser à la dernière minute. Tu dis ? Non mais toi, tu t’organises à l’avance ? C’est ça… Tu ne fera croire à personne que tu achètes ton foie gras et tes huîtres en octobre pour fin décembre. Ce qui met en évidence une autre justification des prospectus des grands distributeurs. A l’exception des prospectus ponctuels, de soldes ou d’événements particuliers, la livraison ordinaire des Géant Casino et autres n’est pas du tout faite pour t’informer que le bain moussant de la page 27 est à 2,80 € mais juste pour te rappeler que l’enseigne existe, en te criant (comme les autres) dans les yeux que tu ferais de bonnes affaires en y allant.

 

Quelques cas particuliers

Comme on l’a vu, dans le coin, avec 64 prospectus distribués pour un total de 4352 g, Géant Casino se présente comme l’incontestable poids lourd des hypers. Il est suivi par Leclerc (47/3960), Carrefour, malgré qu’il n’y en ait pas à moins de 25km (43/3020), Intermarché - c’est là qu’on va (34/2070) et Simply Market, un avatar d’Auchan (36/1225)

 

J’ai rangé Gifi, l’incontestable chouchou de ce carnet (surtout depuis mon divorce d’avec « La boîte à Pizza ») dans la catégorie « Bazar » avec Casa, mais sans Tati, que ma brune a insisté pour ranger dans « vêtements » avec Kiabi, Gémo, Vetaffaires, Zeeman, Mondial tissus et Brice. S’en sort pas mal au score, le Gifi : 33 prospectus pour 1485 g. Belle régularité. Le format ordinaire des prospectus Gifi, on le connaît bien : c’est un petit catalogue propret, pas très épais. Mais de temps en temps Gifi (comme d’autres) cède à la tentation de formats extraordinaires et nous sort des prospectus dont le mauvais papier est sans doute destiné à renforcer le caractère d’urgence, au moment des soldes.

 

 

On a eu beau faire, deux prospectus et deux seulement se trouvent seuls dans leur catégorie. Il s’agit de celui de « Le marchand de son », instruments de musique et matos son et lumières et des bijoux « Pierre Lanier ». En tassant bien, on aurait pu ranger ce dernier avec les 7 racheteurs d’or, dont « Easy Cash » tient la tête avec 47 prospectus, mais finalement non. En revanche, M. Lansana, voyant s’est vu rangé dans les services, avec les transports en commun de la ville, les Maison Familiales Rurales (des écoles), Noa services à la personne, Info tri, Sandra coiffure et Daniel Mauclair-Massages à domicile. S’ils font des petits, ne m’en gardez pas.

 

En conclusion, on pourrait constater qu’aucun secteur marchand ne semble avoir renoncé à se manifester dans notre boite aux lettres, soit directement, soit par l’entremise de distributeurs. On ne voit pas bien ce qui pourrait d’ailleurs les arrêter, la poublicité (c’est la publicité destinée à la poubelle) semblant pour certains une sorte de sécrétion naturelle. Ça nous vaudra donc l’occasion d’y revenir. Après tout, parler longuement à partir de pas grand-chose est ma sécrétion naturelle à moi.

 

 

      Cet article fait suite à - Chantier pub 2 qui fait suite à Chantier pub 1

 

 

4 janvier 2013 5 04 /01 /janvier /2013 08:22

 

 

pub 2012 b

 

pub 2012 a

 

 


Bien sûr, ce qui frappe d'abord, c'est le poids : Plus de trente kilos de prospectus reçus ici en une année (32 312 g) L'essentiel étant constitué de publicités « non adressées » (je vais y revenir), on peut raisonnablement penser que mes voisins ont reçu les mêmes. On dépasse le quintal dans notre seule entrée et les deux tonnes dans notre seul immeuble. On aimerait être sûr que tout ça a été imprimé sur du papier recyclé, ou issu de forêts bien gérées, pour finalement retourner dans la poubelle verte, qui chez nous est jaune et chez toi bleue.

 

Mine de rien, il est parfois assez difficile de faire la part entre ce qui est publicité et ce qui n'en est pas. Le critère : « Ce qu'on pourrait trouver également dans la boîte aux lettres du voisin » ne suffit pas toujours à faire le tri. Tiens, par exemple. Quand mon assureur – la Macif – m'envoie sa feuille de choux « Tous sociétaires », il s'agit à l'évidence d'un « service » lié à mes contrats chez eux, mais quand ce même assureur profite de son fichier client pour envoyer des offres commerciales concernant d'autres produits, c'est de la publicité. Donc « Tousse, sociétaire », non, mais les autres trucs, oui.

 

Idem pour certaines entreprises de vente par correspondance, qui, il n'y a encore pas si longtemps, suivaient l'adage : « Client un jour, cliente toujours » et envoyaient systématiquement leur gros catalogue pour peu que tu aies eu l'imprudence d'acheter un truc chez eux. Cette époque est en partie révolue, mais les fichiers client ayant la vie dure, on reçoit des petits catalogues de promos. Donc les gros catalogues de La Redoute et des 3 Suisses (par exemple) non, mais les autres trucs oui.

 

Ceci dit, certains catalogues figurent bien à l'arrivée dans le bac, comme celui de But et de Fly (350 g chacun), qui ont été ici distribués dans les boites. Les magasins de jouets, eux, ne fonctionnent que par catalogue. C’est du moins ce que laisse entendre les trois uniques catalogues « JouéClub », « La Grande Récré » et « King jouet » (450g ensemble).

 

Il y a d'autres trucs arrivant ici, à mon adresse, sans que j'ai jamais rien demandé. Ils ont été traités au cas par cas. Pas toujours de façon très rigoureuse. Le journal CFDT par exemple : pas dans le bac. Le journal d'ATD : pas dans le bac non plus. En revanche, comme on a voté deux fois cette année, j'ai considéré comme publicité les professions de foi et les bulletins adressés par les candidats aux élections Présidentiels puis législatives. Comme on est encore officiellement quatre ici : bonne récolte. Et tiens, puisqu'on est dans la politique, restons-y : j'ai également rangé sous cette étiquette le bulletin municipal et le bulletin intercommunal : dans le bac les deux. Poids politique de l’année dans la boîte aux lettres : 1165 g

 

Tout ça pour dire que si l'exercice me motivait sérieusement – je te rassure, ce n'est pas le cas – il faudrait relever scrupuleusement chaque jour TOUT ce qui arrive dans la boite aux lettre (et à la poste en notre absence), peser, distribuer dans les cases et nous pourrions constater ce qu'on sait déjà, à savoir que tes courriers se font rares, même s'ils sont toujours très appréciés, surtout quand ils contiennent un pot de miel ou cette délicieuse girl en canevas.

 

Après, et pour en revenir aux expéditeurs de prospectus, il faut distinguer les réguliers des occasionnels. Les réguliers se distinguent assez vite par leur « tonnage » et c'est bien sûr ceux là qui vont nous intéresser le plus, mais les occasionnels méritent trente seconde d'attention. Attention, top, c'est parti. Quel désespoir secret, quelle douleur ne pouvant plus se taire, quel ultime sursaut d'agonie a pu, par exemple, pousser Monsieur KparK, le marchand de fenêtres, à photocopier sa pauvre proposition commerciale pour ensuite mobiliser sa soeur, son neveu, sa meilleure moitié, pour la distribuer une fois et une fois seulement dans la résidence ? Quelle chance auront eu les 90 autres occasionnels de toucher précisément leur cible en un seul tir ? On ne le saura jamais. Tu dis ? Et en plus on s'en fout ? C'est vrai.

 

Reste les poids lourds sur lesquels je vais m'appesantir un peu. Chacun son tour. Tu croyais quand même pas que tu pouvais stratifier tranquillement dans le bas du placard à chaussure et t'en sortir indemne, si ?

 

Les vrais lourds, on s’y attendait, sont quatre grands distributeurs. Premier dans l’ordre des croissants (grâce à sa viennoiserie cuite sur place) Géant Casino, le seul a dépasser les quatre kilos (4352g). Leclerc arrive juste derrière (3960g) suivi de Carrefour (3020g) et Intermarché (2070g) Pour Géant, soixante quatre prospectus, on est à plus d’un par semaine : du harcèlement. Pour Leclerc, la prochaine fois que vous verrez son argumentaire selon lequel il essaye de réduire sa publicité papier, merci de lui demander s’il a d’autres mensonges à nous servir. Le cas de Carrefour est intéressant : il n’y a pas de Carrefour ici. Le plus proche est au Sud, à vingt cinq kilomètres mais si tu préfères aller au nord, c’est à trente bornes. Il faudrait m’expliquer ce qui pourrait pousser quelqu’un d’ici à faire ses courses chez Carrefour alors qu’il y a trois hypers à cinq minutes. La promo sur la mortadelle ? Le désespoir ?  Ou alors, le calcul est le suivant : puisque Villefranche sur Saône est une sorte de grande banlieue pour plein de gens travaillant à Lyon, incitons les à faire leurs courses en rentrant du bureau. Mouais. Ça va surtout les inciter à se rendre au boulot en voiture, et c’est pô bien. Bref, Carrefour bourre ici les boites aux lettres  de prospectus qui n’ont aucune chance d’intéresser qui que ce soit, à part moi, mais on sait que je ne raterais pour rien au monde une bonne lecture de promos boucherie avant de dormir. Ah non, mais je t’assure : Le demi-porc débité, pleine page, ça change un peu du JT ! Ou alors, Carrefour arrose la zone pour occuper le terrain et les briser menu. Mais non, pas à moi, à la concurrence. Va savoir…

 

Un truc apparaît également assez nettement, à faire des piles de prospectus par raison social, c’est le tiraillement du format. Dans les expéditeurs réguliers, on compte sur les doigts d’une seule main ceux ayant choisi une formule de prospectus et qui s’y tiennent. Mais on perçoit bien les deux termes de la contradiction : se faire reconnaître, identifier au premier coup d’œil ou tenter d’émerger de la vague de papier, de l’ordinaire, y compris de sa propre production. Mais finalement, en moyenne, tout est bon pour « créer l’événement » (tu parles !) y compris le format. C’est particulièrement vrai pour les soldes, ou des événements moins saisonniers, mais finalement tout aussi répétitifs : anniversaires, foire au gras et tout ce que le marketing compte comme bonne grosse ficelle pour tenter de créer un effet d’aubaine et faire oublier qu’on paye aujourd’hui un euro ce qu’on payait un franc y’a cinq ans.

 

Bon ben voilà. On a fait le tour. Reste à décerner la palme du prospectus le plus con à Boulanger. C’est un A4 papier glacé couleur d’assez bonne facture qui présente exactement la même chose au recto et au verso. Peur de la page blanche ? Et tiens, pendant qu’on y est, palme du prospectus le moins con à « La vie claire » : un sac papier kraft qu’on t’aurait rempli de mandarines si tu étais passé. Perso, j’ai pas pu, fallait garder le sac dans la pile, sinon tout cet article aurait été faussé, tu penses !

 

 A suivre : les réponses au jeu !

 

3 janvier 2013 4 03 /01 /janvier /2013 08:41

 

 

 

La première phase, on la connaît : elle consistait à stocker du 1er janvier 2012 au 31 décembre dernier, toutes les publicités arrivées dans ma boîte aux lettres. J’ai donc fourré tout ça au fur et à mesure, dans le bas du placard à chaussures, en intercalant juste un repère à la fin de chaque mois. La deuxième phase, on la devine : elle a consisté à peser chaque livraison mensuelle. La troisième phase, on a bien fait de ne pas l’envisager à l’avance, parce qu’elle a été longue et pénible : elle a consisté à faire des piles, genre mettre tout Intermarché ensemble. Du coup, la quatrième phase devenait possible : elle a consisté à remplir une feuille Exel en trois colonnes plus une, avec chaque raison social, le poids total de sa contribution papier et le nombre de prospectus parvenus. La quatrième colonne regroupe ces raisons sociales en grandes familles.

 

Du coup, maintenant que j’ai des réponses, tu penses bien que je vais te faire saliver un peu…

 

1 - Alors, d’après toi, quel est le poids total (en grammes) des publicités que j’ai reçues durant cette année ? Toutes oui toutes. 

2 - Quel aura été, selon toi, le mois le plus lourd ? Attention, ce n'est pas celui que tu crois. 

3 - Et le plus léger ? Attention, c'est bien celui que tu crois. 

4 - A la louche, tu dirais que tout ça représente combien de prospectus ? (C'est un nombre à trois chiffres) 

5 - et d’après toi, combien de personnes morales, de raisons sociales, de commerces et bref, d’expéditeurs ont jugé utile de squatter ma boîte aux lettre cette année ? (C'est également un nombre à trois chiffres) 

6 - Le plus lourd d’entre eux est bien sûr un grand distributeur, mais selon toi, qui arrive en tête entre Intermarché, Carrefour, Géant Casino, Leclerc ?

7 - Pour ce triste vainqueur de la course au papier inutile, quelle a été, selon toi, sa « performance » (en grammes) ?

 

Les réponses proposées : 

 

1 - poids total

 

(en grammes)

2 - le mois le plus lourd

3 - Le mois le plus léger

4 - combien de prospectus en tout

5 - combien d’expéditeurs 

6 - Le plus lourd d’entre eux 

7 - qui a envoyé quelle masse de papier 

Fabienne

21 420

(c’est +)

Décembre

Non

Février

Non

357

(C’est +)

111

(c’est +)

Leclerc

Non

4160 g

(pas loin, c +)

Br’1

25 680

(C’est +)

Août

Non

Mars

Non

954

un peu -

146

c’est +

Intermarché

Non

4186 g

pas loin, c+

Elsa Saône

12 025

c Bcp +

Novembre

Non

Mai

Non

730

un peu +

100

c’est +

Carrefour

Non

5000 g

C un peu -

 

  Pascale 

  27 500

c'est + !

  Septembre

Tjs pas

  Aout

OUI !

  413

bcp +

  137

c'est +

  Géant Casino

OUI !

  4289

quasi (4352 en fait)

 Mélanie (de Tours) 

 30 125

C'est plus 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

19 décembre 2012 3 19 /12 /décembre /2012 22:47

 

 

Culte(s) lifestyle magazine - N°7 - couverture - Le carnet

 

 

Un peu interloqué. C'était mon état d'esprit après la lecture de l'article dont il va être question. À quoi pouvait-il bien servir d'enfiler ainsi, au fil des phrases, autant d'approximations et de lieux communs ? C'était oublier où j'étais, puisqu'il s'agit d'un article tirée du magazine « Culte(s) ». Bouges pas, je fais les présentations.

 

Culte(s) fait parti de la famille élargie des journaux gratuits dont les ressources proviennent de ses annonceurs. Dans cette grande famille là, Culte(s) appartient plus précisément au rameau des magazine épais en couleur. Sur sa branche, il voudrait chanter dans le haut de gamme. Sa propre publicité consiste d'ailleurs à laisser penser que si tu ne le reçois pas, c'est que tu ne fais pas partie des privilégiés qui eux, ont cette chance. C'est totalement bidon bien sûr. Si tu ne le reçois pas, c'est juste parce que tu n'es pas encore dans la bonne zone d'arrosage. Pi de toutes façon, si perso je l'ai lu, tu penses bien que ça peut arriver à n'importe qui. Par ailleurs, en raison même d'un modèle économique supposant une grande diffusion, on peut penser que tôt ou tard, nous auront tous le privilège de recevoir Culte(s). Tu vois déjà mieux ? Si je te dis que la première double page est pour Dior et les suivantes pour Balmain, puis Mont*Blanc et Mercedes, ça devrait se préciser. Une autre donnée est importante à garder à l'esprit pour ce qui va suivre. Culte(s) affiche sans complexe la porosité entre son contenu rédactionnel et son contenu publicitaire. C'est bien sûr une porosité à sens unique : le contenu dont ce magazine est le créateur est entièrement promotionnel. Il s'agit donc bien de servir la soupe. C'est vrai qu'ayant ça en tête, on ne s'étonnera plus de voir s'ouvrir le robinet à louange de l'article ci-dessous.

 

Tout ça ne m'indigne pas, en tout cas pas dans son principe, en tout cas pas plus que d'autres entreprises qui, pour se situer exclusivement dans la communication commerciale, présentent également la surface irisée et chatoyante des bulles de savon et la même éphémère vacuité. Mais je ne crains pas de lire Culte(s), pas plus que les prospectus Gifi, pas plus que les catalogues Quelle et autres. D'ailleurs, ce magazine est plutôt agréable à feuilleter : bonne qualité de papier et d'impression, belles photos.

 

Ce n'est donc pas le dithyrambe commandé qui me chiffonne, ni qu'il se déguise en information, ou , comme ici, en essai automobile, c'est plutôt qu'il soit si fade. Je n'entends pas pour autant clouer au pilori son rédacteur : on ne peut pas être génial tout le temps. Le même rédacteur signe d'ailleurs, la page d'après, un autre pseudo article qui a au moins le mérite d'être cuistre, en confiant une voiture de sport à un vigneron, ce qui permet de faire la promo deux en un de l'un et de l'autre.

 

Je te laisse lire, et on en reparle après.

 

Gran coupé BMW - Le carnet de Jimidi

Oui, ben le coupé est coupé. Et alors ? 


C’est un coupé. Quatre portes, confortable, luxueux. C’est une auto qui consomme peu. C’est une sportive. Et si c’était la voiture rêvée ? Qui réconcilierait les amateurs de sensations et les bons pères de famille ? Par Claude Barreau . Photos Franck Camuzat

 

BMW GRAN COUPÉ

 

Il n'existe pas de voiture parfaite. Tout dépend  de l'utilisation que l'on veut en faire. Une petite  citadine est idéale pour traverser la ville, un  monospace pour partir en vacances en famille,  une supercar pour rouler sur circuit. Sauf que  la Série 6 Gran Coupé pourrait bien satisfaire tous  les profils d'utilisateurs...  

 

Pour une fois, on aimerait remplacer l'article par  un poème visuel qui illustrerait nos sensations de  bien-être lorsque l'on entre dans ce coupé hors  norme. On aimerait, pourquoi pas, imaginer une  toile monochrome à la vue de laquelle le lecteur  ressentirait la sécurité avec laquelle on peut, dans  cette auto, déplacer sa famille même à grande  vitesse. Cet article pourrait aussi être une partition musicale dont la lecture laisserait entendre aux  mélomanes les vocalises inattendues d'un diesel  à la sonorité semblable au plus mélodieux des  moteurs essence. Pour finir, on aspergerait délicatement les pages de ce reportage de l'odeur du cuir  qui embaume l'habitacle, offrant à chacun l'expérience d'appréhender un essai les yeux fermés.  À l'issue de cette prise en main inhabituelle, au  lieu d'indiquer que l'on a quitté à regret cette  monture attachante, on convoquerait un psychanalyste qui nous expliquerait pourquoi il faut toujours prendre le risque de l'autre, de l'aimer  - en l'occurrence la nouvelle BMW - même si on  sait qu'on va le perdre. En guise de conclusion, on  essaierait de paraphraser pas trop maladroitement  Marguerite Duras qui a tant su dire sans nommer,  en écrivant: « Une "auto, c'est ça : C'est ça, une auto.  C'est la BMW Série 6 Gran Coupé. »


Un confort « amniotique»  

 Mais revenons à la genèse de cette étonnante  BMW pour nous arrêter à son patronyme. Quelle  belle idée d'avoir accolé le préfixé « Gran» à  Coupé. Le constructeur allemand met ainsi astucieusement l'accent sur sa prouesse. Un coupé évoque un espace exigu. Le Gran Coupé nous rassure de ce point de vue. Ce que nous vérifions en commençant cet essai, une fois  n'est pas coutume, en nous installant à l'arrière.  Pari tenu. On pénètre bien dans un coupé, mais  à l'arrière, nous retrouvons l'habitabilité d'une grande berline. Notre tête ne touche pas le toit.  Nos genoux ne heurtent pas le siège avant. Ce  cocon est si agréable, « amniotique», que nous  décidons de nous laisser véhiculer pendant une  centaine de kilomètres en tant que passagers arrière. La route sinueuse ne gâche en rien notre  bien-être. L'assoupissement nous guette. On entend le conducteur annoncer qu'il souhaite faire davantage connaissance avec la mécanique.  Le 6 cylindres diesel en ligne et ses 313 chevaux  le tentent. « 5,4 secondes de a à 100 » lui a-t-on  dit. À l'arrière, on sent les accélérations. Mais elles sont élégantes, suaves. Tout se passe comme si les ingénieurs avaient voulu un moteur tonique pour  le conducteur et enveloppant pour les passagers.  Magique! Autre réussite: le son du moteur.  C'est bien un diesel, mais contre toute attente, quel envoûtement ! Même à faible régime, il émet  un frétillement déjà puissant. C'est d'ailleurs ce  titillement sonore qui nous donne envie de passer  cette fois aux commandes.

 

Des matières nobles et un  comportement exemplaire

On se retrouve face à un poste de pilotage en  demi-lune inspiré du design des bateaux de sport  qui offre à notre regard tout ce qui est nécessaire  à la conduite. Le moteur en sourdine, encore à  l'arrêt, donne envie de toucher. On promène  nos mains partout. Notre version d'essai « Gran  Coupé Individual » a été conçue comme un bijou  d'orfèvre. Bien sûr, et comme toujours chez BMW,  les finitions sont parfaites. Mais pour cette version  « lndividual », un soin particulier a été apporté aux choix des matériaux, qu'il s'agisse des selleries  cuir Merino ou des inserts en bois précieux.

En position Drive, mains posées sur les palettes.  Go ! Nous voici maintenant aux commandes du  Gran Coupé avec l'objectif, cette fois, oubliant  tout le confort, de nous concentrer uniquement  sur la conduite. Ce que nous avions pressenti à l'arrière se confirme. L'auto est d'une maniabilité  tout à fait remarquable, répondant aux sollicitations du conducteur en toute sécurité, même  lorsque l'on a la tentation de prendre un virage  à vitesse soutenue. Elle pèse son poids, elle est  longue mais se conduit comme un petit coupé,  virant à plat, sans trahir l'impulsion. Comportement exemplaire, confort absolu, la Série 6 Gran  Coupé est la quintessence de l'automobile.

 BMW Série 6 Gran Coupé 640 d. À partir de 84 400 €.

 

Bon alors, les auteurs : Claude Barreau : Peu de références sur lui sur la toile, mais il semble quand même journaliste spécialisé dans l’automobile. À ce titre, il publie des articles en ligne sur « Caradisiac » Frank Camuzat semble bien photographe spécialisé dans les voitures.

 

Tu auras peut-être trouvé l’article surtout plein de vide, mais rendons cette justice au rédacteur de constater que le dossier de presse du constructeur souffre du défaut exactement inverse. Je ne te le mets pas en entier, c’est imbuvable. Un extrait suffira amplement.

 

Le communiqué de presse (extrait) : La transmission du couple est assurée par une boîte M à double embrayage et sept rapports avec fonction Drivelogic. Sa gestion électronique veille à sélectionner les rapports de sorte à optimiser la motricité et permet de réaliser une fonction de départ automatisé (Launch Control) pour l’accélération maximale, une fonction d’assistance basse vitesse (Low Speed Assistance) pour augmenter le confort ainsi qu’une fonction d’arrêt et de redémarrage automatiques du moteur favorisant l’efficience.

 

Fuyons !

 

Pour revenir à l’article, il commence mal, par cette idée de voiture idéale à tout faire. Celle-ci cumulerait des avantages allant de la trottinette au camion. Je ne sais pas si tu as comme moi remarqué, mais la publicité joue volontiers sur tout et son contraire. Ici, c’est le trois en un, mais dans son article mitoyen, le même rédacteur parlera de la Toyota GT 86 une, je cite, « sportive à l’allure de… sportive. » Autrement dit, une vraie, dont les qualité tiennent à son appartenance à un seul genre. 

 

On enchaîne sur l’approximatif culturel. Alors là, tout y passe : poème visuel, toile monochrome, partition musicale, aspersion de parfum, psychanalyse, et Duras pour finir. Je ne sais d’ailleurs pas à quel texte d’elle pensait Claude Barreau : j’ai rien retrouvé d’approchant. On échappe donc de peu au raton laveur mais on comprend l’idée : cette bagnole provoquerait une expérience sensorielle complète (manque le goût- mais tu peux toujours mettre du caviar dans la boîte à gants), esthétique, mais indicible (le déballage convoqué remplacerait l’article). On se calme. À la base, il ne s’agit quand même que d’un véhicule destiné à se rendre d’un point à un autre.

 

L’expression « Confort amniotique » serait plutôt bien trouvée pour évoquer l’idée de sécurité, de protection, sauf qu’elle est utilisée ici pour dire, en gros, qu’on a de la place pour les genoux. Sur les raisons qui ont pu décider le rédacteur à ne pas prendre tout de suite le volant pour mieux somnoler à l’arrière, on se saura rien mais on imagine facilement que le déjeuner arrosé y était pour quelque chose. Peut-être, tiens ? chez le « vigneron philosophe » de l’article d’après.

 

Sur « Gran = grand », donc place, espace, habitabilité berline, je vois bien l’idée, mais curieusement, « gran » est très peu documenté. La piste la plus sûre parait être celle de « Gran Turismo » le jeu vidéo, et donc d’une apocope de l’espagnol « grande ». Apocope ? Tu vires la fin, mais tu dis la même chose : appli, auto, ciné, gastro, math…  

 

Donc c’est un moteur diesel émettant contre toute attente, même à faible régime, un frétillement puissant, qui titille.  Il faut croire que les designer-son ont bien bossé. Tu n’étais pas au courant ? On est aujourd’hui tout à fait en mesure d’isoler assez le moteur et l’habitacle d’une voiture pour ne RIEN entendre de l’intérieur. C’est d’ailleurs mieux pour écouter de la zique. Mais comme monsieur aime bien s’entendre ronfler, les designer-son laissent filtrer ce qu’il faut, tout en choisissant les caractéristiques du bruit. Je ne serais pas surpris d’apprendre qu’une puce électronique se charge en fait de diffuser dans les haut-parleurs un bruit flatteur n’ayant rien à voir avec l’original. Après tout, tu ne vas pas courir dehors à côté de la voiture lancée à fond pour vérifier.

 

Tout le reste : blabla, jusqu’à quintessence de l’automobile et ça vaut la moitié de ce ma fille et son coupin se proposent de mettre pour acheter leur appartement avec vue sur mer en Corse. 

 

 


13 décembre 2012 4 13 /12 /décembre /2012 20:18

 

 

 

 

Ça fait plaisir d'être lu. Car cet ici carnet est lu. Oui mais non, toi c'est pas pareil, t'es un peu obligé(e) : l'habitude, les liens amicaux ou familiaux, le morne désespoir dans lequel t'entretient la pénible traversée de la vallée de larmes qu'est ta vie et ta recherche désespérée d'une raison de sourire, que tu trouves ici dans des articles sur Gifi, c'est te dire si t'es au bout du bout... Et d'ailleurs tiens, puisque tu me tends la perche, je la saisis : Gifi me lit. C'est la conclusion à laquelle me conduisent ma modestie légendaire et ma mégalomanie galopante. En effet, sur le catalogue de cette semaine, celui-là même que mes liens privilégiés avec ce marchand d'articles prix à petits chinois me permet de recevoir deux jours avant le reste du monde, j'ai eu la bonne surprise de constater que mes remarques sur le catalogue précédent avaient été prises en compte. Exit la mention « Catalogue officiel », avantageusement remplacée par un « spécial prix fous », de bien meilleure facture et, quelques centimètres plus loin, il est enfin répondu à l'angoissante question de savoir si « Édition N°1 » serait ou non suivi d'une « Édition N°2 » : c'est oui. Tu dis ? Et alors ? Et alors rien, mais dans cette époque de bouleversements continuels, de dilution des repères, d'effets agissant sur les causes, le passage de 1 à 2, dans sa splendide logique, a un caractère tout à fait rassurant.

 


7 décembre 2012 5 07 /12 /décembre /2012 00:08

 

 

 

Lettrine (L our gang bougie)

 

e diable est dans les détails. L’expression parait récente, puisqu’on l’attribue volontiers à Nietzsche (1844 - 1900 ; un mardi). Rien à voir donc avec la sorcellerie ni l’inquisition. Si si, je t’assure, un peu plus d’un siècle, c’est récent pour une expression, surtout si tu compares à « Je l’avais demandée à point, mon entrecôte »  qui date de la fin de paléolithique. On ne sait pas exactement quand mais c’était également un mardi. Cette histoire de diable et de détails connaît plusieurs variante : « Le diable se cache dans les détails », où alors il s’y niche, s’y dissimule et plus rarement, cuisine des pâtes.

 

Non, mais j’ai l’air d’afficher en ouverture de ce billet des prétentions très au-dessus de mes moyens, avec Nietzsche et tout, mais c’est un rideau de fumée, tu penses bien, destiné à dissimuler aux yeux de certains - je pense notamment à Laure (1972 - 21/12/12 ; comme tout le monde) - que je vais encore parler de Gifi. Ben oui. On va finir par croire que je suis sponsorisé. Tu penses bien que si c’était le cas, je me la péterais assez pour que tout le monde soit au courant.

 

Tiens, d’ailleurs dans le genre, et avant de replonger dans l’examen minutieux des prospectus de mon marchand de merdouilles favori, j’en ai une bonne à te raconter. L’autre matin, m’avisant que des lecteurs étaient arrivés ici en cherchant sur Google des images du canapé Link de Fly - elles illustraient un article resté célèbre chez les accoudoirs - j’ai suivi le même chemin pour m’apercevoir qu’effectivement, quand tu cherches à voir à quoi peut ressembler ce canap, mes images trafiquées arrivent en bonne place. Mais là, je me suis également rendu compte, avec beaucoup moins d’autosatisfaction bon marché, que mon article avait été repris par Glo***, un obscure compilateur d’articles, propret d’ailleurs, et citant ses sources, mais ce n’est pas le problème.  Je leur adressai donc un courriel, sur le mode : « Non mais dites donc, faut pas se gêner ! » La réponse vaut son pesant de cacahuètes : « (…)Le contenu de votre blog nous paraissait intéressant et nous souhaitions vous proposer de contribuer au projet. Dans cette optique, nous vous avions créé un profil afin que vous puissiez voir à quoi ressemblerait votre contribution à Glo***». J’ai répondu : « Ouais, ben la prochaine fois, tu DEMANDES AVANT ! » Non mais, je te jure, les gens !

 

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Où en étais-je avant d’être odieusement interrompu par moi-même ? (Desproges 1939 - 1988) Oui, les détails, Gifi, tout ça. Ça t’a probablement échappé, mais en haut à gauche de la couverture du prospectus récemment chroniqué, figure cette mention : « Catalogue officiel 2012 ». Ça laisse rêveur… Ce serait quoi, un catalogue officieux ? Quelque chose comme « Vous trouverez également ces articles dans notre magasin, mais on ne peut pas vous le dire officiellement. » Mais quoi ? Des bougies dégageant des substances hallucinogènes ? Des sextoys ? la Gifibox attentat ? Des jouets dangereux pour gamins insupportables ? Ou alors, ce caractère « officiel » est-il destiné à démarquer nettement ce catalogue de la très malveillante littérature qu’on trouve hélas sur certains blogs crapoteux, visant à décrédibiliser cette très louable entreprise, qui propose au plus grand nombre des objets hétéroclites et chamarrés, fabriqués à la va vite par des chinois qui doivent vraiment se demander ce qu’on peut bien foutre avec tout ça. Ah merde, ça me reprend !

 

Un peu plus loin sur la couverture, on peut lire aussi : « Édition N°1 ». Ça fait un peu peur. Va-t-on voir le rythme de parution des prospectus Gifi s’emballer, au point qu’il y en ait prochainement plusieurs par semaine ? On verrra. En attendant, je prends ce pari peu risqué : dans moins d’un mois, quand il s’agira de faire les comptes et de voir qui m’a envoyé quoi comme prospectus cette année (je les ai tous gardés), Gifi devrait être bien placé.

 

 

 

5 décembre 2012 3 05 /12 /décembre /2012 18:20

 

 

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Préalable : se munir de son exemplaire du prospectus Gifi « Féérie de Noël » du mardi 4 au mercredi 12 décembre 2012. Ah pi tiens : jette un coup d'oeil à la pendule, je serais curieux de savoir en combien de temps tu lis tout ça. 

 

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on, d'accord, je veux bien jouer le jeu, pour une fois me prêter à l'exercice consistant à chercher « sérieusement » quelque chose à sauver dans le dernier catalogue Gifi, dont les idées de génie laissent souvent penser que celui-ci est resté trop longtemps coincé dans sa lampe, ou qu'il s'agissait plutôt d'un bidon de diluant. Donc je renonce à Satan, à ses pompes, à chercher la petite bête de la page 37 et je feuillette.

 

Page 1, en couverture donc, Cloé (sic), son carrosse, sa monture et un Monster-car radiocommandée. Les deux fonctionnent à pile. Deux pour le carrosse, cinq pour le buggy obèse. L'égalité des sexe est quand même rétablie puisque le carrosse coûte quasi deux fois plus cher que le cafard à roulettes. En cherchant bien, on trouvera  à l’attelage de Cloé un petit côté « développement durable » : tu connais un autre moyen que le carrosse pour recycler les citrouilles ?

 

 

Pages 2 et 3. On pourrait sauver le jeu de construction bois 10 € constitué d'un seau dont le couvercle percé de formes géométriques affiche des prétentions éducatives et couvre un saut plein d’un tout venant de pièces de bois, cylindres, prismes, parallélépipèdes etc. qui m'ont l'air agréables à manipuler. Tu pourras toujours flanquer tout ça dans le poêle un jour pour reconvertir le tout en calories. Même page, j'attire ton attention sur le jeu de dominos animaux à 4,99 €. Outre qu'il me paraît être en bois également, c'est pour le moment le seul jeu avec lequel il me paraît possible, voire recommandé, de jouer à plusieurs. Je crains qu'on doive plus tard renouveler ce constat, qui pose question : beaucoup de jeux semblent faits pour occuper l'enfant seul. Ils ne favoriseront donc pas les occasions de jouer avec d'autres enfants, et surtout pas avec les parents, bien trop occupés à l'apéro.

 

Page 4 et 5 (On est pas couchés !) Nan, mais j'ai dit : « Je feuillette » pas « je fillette ! » Deux pages très roses, sur lesquels rien ne m'attire, à part, peut-être, la corbeille+12 pains : des mini viennoiseries en plastique, probablement prévues pour jouer à la dînette, ou à la boulangère, ou à la mémère obèse vautrée devant sa télé. Mais ils m'ont l'air appétissant. Il est bientôt 10h30. Ceci expliquant peut-être cela.

 

Page 6, les filles ont leur « coin beauté », avec mallette de maquillage, tête à coiffer et un très énigmatique cheval de course, dont on se demande bien ce qu'il vient foutre là. Dans cette page, rien à sauver, à part, peut-être, le coffret de perles de bois. Tu vas finir par te demander si j'ai un truc avec le bois ou quoi ? Petit conseil si tu te décidais pour les perles : achète toi le coffret avant et compose des modèles. Je suis sûr qu'on peut imaginer de vraies jolies choses même avec des perles en bois aux couleurs criardes et je sais que tu ne manques ni d'imagination, ni de talent. Alors fais un effort, et joint des photos ou mieux, des dessins de tes réalisations au coffret avant de l'offrir.

 

La page 7 est annoncée comme celle des jeux de société, mais Gifi et moi n'avons peut-être pas tout à fait la même conception du social puisque la page s'ouvre sur une ardoise magique, dont on ne voit pas très bien comment se servir à plus de un, sauf comme objet contondant. On sauvera néanmoins cet autre jeu de construction bois, aux planchettes toutes rigoureusement identiques cette fois, non-peintes, non-traitées, ce qui est un plus pour le poêle.

 

Page 8 et 9 : rien. Certes, ces deux pages sont consacrées aux « Jouets garçons », mais servent surtout de parking pour voitures miniatures et d'héliport pour hélicoptères radio-commandés dont je défie quiconque d'arriver à se servir, sauf si tu disposes d'un local vide et couvert d’au moins un hectare.

 

Page 10 et 11 on est (provisoirement) débarrassé des cadeaux. On attaque la bonne grosse rubrique déco de noël, en commençant par les guirlandes lumineuses. J'adore les guirlandes lumineuses et depuis le temps, tu penses bien, j'ai testé tous les modèles. On bannira définitivement les guirlandes à petites ampoules, qu'on peut soi-disant changer. Tu parles. Ça passe jamais les deux ans ces saloperies. Très heureusement, on trouve maintenant d'increvables guirlandes à diode, dont celle de la page 11 à 9,99 les trois mètres, dans laquelle il me semble bien reconnaître celle que nous avons installée à demeure dans notre entrée, en frise de plafond. C'est blanc, discret, ça se colle très bien au pistolet à colle et ça fait veilleuse.

 

Petite piqûre de rappel en page 12 et 13 : ton noël doit avoir du style. Contrairement au prospectus précédent, qui en proposait huit, tu n'auras ici le choix qu'entre un noël élégant page 12 ou givré page 13. On retiendra, puisqu'il le faut vraiment, les bougies Père Noël à 2,50€ les quatre. L'idée qu'en milieu de soirée, le Père Noël ait vu sa tête consumée et que la mèche flotouille alors sa petite flamme dans son corps décapité m'amuse. Le baril de 41 boules bleu nuit, bleu roi, bleu clair et blanches de la page 13 peut également retenir l'attention. Je les connais bien ces boules : elles résistent même aux chats.

 

En page 14, on trouvera exclusivement des sapins en plastique, qu'il te faudra utiliser une dizaine d'année pour espérer remettre à zéro leur bilan carbone. Tout ça pour dire que cette année encore, ici, le sapin sera un vrai. Il séchera petit à petit mais sans perdre ses épines et finira pour les branches à la poubelle et pour le tronc sur le balcon, en attendant d'être débité pour servir de support d'étagère. Ça se sent, qu'en fait, je n'aime pas le sapin, comme arbre ?

 

La page 15 est consacrée aux déguisements de Noël. Tu trouveras donc là tout ce qu'il faut en bonnets et habits rouge, mais pour toute la famille, inclus femme et enfants. Je ne sais pas trop quoi penser de cette contamination d'une fête par une autre, autrement dit de la porosité entretenue entre Noël et Mardi gras, pour prendre ces deux là. Mais on sait que jour de l’an et carnaval partagent désormais cette même idée de déguisement. D’ailleurs, celui auquel on est invité est « à thème », à savoir les années quatre vingt. Si tout va bien, la fin du monde me permettra d’y échapper.

 

Page 16, on est dans les fournitures, bolduc, papier, pochettes, pochoirs. Bof, rien ne me saute aux yeux.

 

Ahhhh ! On redémarre sur les cadeaux page 17, avec la célèbre « Gifibox » dont personne n’avait entendu parler jusque là, composée de 24 verres à verrines se décomposant en quatre séries différentes, auxquelles est joint le best seller « Divines verrines » qui te permettra de créer du contenu. À ranger directe dans la rubrique : tout pour encombrer les placards.

 

Ah, mais ah ! Le concept se décliiiine ! Page 18 et 19 d’autres modèles de Gifibox se partagent en deux séries : les coffrets culinaires (mignardises, macarons, biscuits, foie gras, chaussons) et les coffrets art de recevoir (siphon, œnologie, café gourmand). Aucun intérêt.

 

Rien non plus à sauver page 20 et 21 et surtout pas le rasoir féminin rechargeable, ni bien sûr les sacs à mains. Non mais tu te vois devant le sapin ouvrir un paquet contenant un rasoir ? Pour le sac, le problème est autre. Le cahier des charges établi mentalement par chaque utilisatrice remplirait plusieurs centaines de pages imprimées. Tout sac ne répondant pas exactement aux douze mille sept cent quatre neufs spécifications n'a aucune chance d'être adopté. Combien y en a-t-il que ces sacs là tombent juste ? Une sur plusieurs millions. Laisse tomber.

 

On continue dans le cadeau page 22 avec les livres et 23 avec les vidéos et jeux vidéo. J'offrirai bien « Un siècle d'amour » à l'étourdissante Mélanie (de Tours). Ce livre m'a l'air d’une compile de photos de baisers. Elle ne risque pas de voir dans le titre une fine allusion à son âge, elle est si jeune encore. En revanche, les sous entendus concernant mes intentions risques d'être un peu trop explicites...

En vidéo, rien que j'ai envie de voir ou revoir, à part, peut-être, Batman « The dark knight rises », sauf qu'à 20€, c'est une arnaque. Pour ce prix là, je le revois deux fois au cinéma, ce qui me parait être le maximum que ce bon films pas génial mérite.

 

Si la page 24 est encore un peu thématique – le son – on va voir qu'au fil des suivantes, on passe au grand déballage de n'importe quoi. J'aime bien le téléphone rétro de la page 24. Attention, c'est l'idée que j'aime bien. Celle d'un combiné à brancher sur la sortie jack de ton smartphone. Les trois proposés sont moches. Mais qu'un accessoire puisse ruiner à lui seul tout le bénéfice de l'appareil auquel il est relié, en le rendant encombrant lourd et vieillot, ça m'amuse assez. Page 25 : rien.

 

Page 26, l'horloge style horloge de gare est plutôt moins moche que ses voisines. Page 27, 28 et 29 : rien.

 

Page 30, on passe à table, avec le petit électroménager. Rien là que ne n'ai déjà ou qui puisse me faire envie, à part peut-être la théière, qui est d'ailleurs plutôt une bouilloire, mais dont la beaucoup trop petite contenance m'obligerait à renouveler la cérémonie du thé frais plusieurs fois par jour. Faut quand même pas pousser. Je reste donc sur mon matériel habituel : pelle à neige et lessiveuse.

 

La page 31 nous promet un cadeau innovant, en exclusivité chez Gifi. Côté pile, c'est de la vaisselle classique : assiettes plates, creuses, à dessert, bol, mug etc. en deux décors au choix : moche ou atroce, mais dessous, chaque article porte un flashcode qui donne accès à une recette de cuisine. Il s'agirait là de la première vaisselle interactive. C'est moi, ou ça n'a aucun intérêt ? La seule assiette dont l'interactivité m'intéresserait se remplirait toute seule et prendrait l'initiative de sauter dans le lave-vaisselle. Donc rien page 31.

 

Page 32 les mini cocottes en céramiques sont plutôt mimis et pendant que tu en seras au rayon des trucs qui servent une fois tous les deux ans, tu trouveras sur la même page une poissonnière en inox avec couvercle dont les dimension autoriseront sa reconversion estivale en pédiluve.

 

Page 33 et 34 : rien. Page 35, certaines serviettes en papier me semblent relativement admissible, en particulier les blanches à décor d'étoile.

 

Et nous revoilà page 37, celle du string animal sonore déjà chroniqué. Quoi sauver d'autre ? Les ballons de baudruche, peut-être. Les chats adorent. On renverra volontiers les laisses humoristiques au néant dont elles n'auraient jamais dû sortir. Je n'ai certes jamais vraiment fréquenté l'espèce, mais les chiens m'ont toujours sembler manquer d'humour.

 

Page 38, rien, à part peut-être d'autres cocottes céramique individuelles, si tu voulais varier les modèles de la page 32.

 

Page 39, je comprendrais qu'on se laisse tenter par la vaisselle Lumiarc modèle Arty. Perso, dans le genre, j'aimais mieux la série précédente. On ne la trouve plus, tu penses bien. Ses coloris étaient plus variés. J'en ai heureusement acheté plein, ce qui permet de disposer tous les jours d'une table aux couleurs aléatoires. Même page, il se trouve que les verres à pied ne sont pas hideux, pour une fois. À 8 € le service de 18 (flûte, verre à eau, verre à vin) on peut même envisager de s'en servir à usage unique.

 

Sur la page 40, la dernière, on trouvera encore une Gifibox inexplicablement refusées aux pages 18 et 19, celle de la crème brûlée. Elle partage la page avec un matelas gonflable que je connais bien : on a le même. C'est d'ailleurs à cause de lui qu'on a dû changer de tente. La grande tente familiale ayant bien vécu, on l’a changée pour une petite tente dôme mais dans laquelle, à l’usage, ce très épais matelas pneu nous collait au plafond. Donc plutôt que de passer la nuit en apnée, étouffés façon Kway, ce qui aurait été con, surtout sur plusieurs mètres cube de bon air respirable enfermé dans le matelas, on a changé de tente. Tu dis ? N’aurait-il pas été plus simple de changer de matelas ? Houlà. Tu abordes la très délicate question du couchage en camping, qui mériterait à elle seul un article. Ce sera pour une prochaine fois, peut-être. 

 

Alors, combien ? 

5 décembre 2012 3 05 /12 /décembre /2012 00:15

 

 

 

 

Les quatre kilos deux cent soixante de prospectus reçus en novembre sont unanimes : tout le monde espère que la traditionnelle chute de victuailles et cadeaux tombe assez lourdement en fin d’année dans le morne étang de nos existence pour propager des ondes de fièvre acheteuse jusqu’aux produits les plus éloignés du secteur marchand. Le plus gros plouf sera bien sûr celui conjugué de la bouffe et de tout ce que la panique te poussera à acheter d’improbable pour distribuer à ton entourage sidéré. Parce qu’à bien y regarder, la notion de « cadeaux » devient très, mais alors là, très extensive. D’ailleurs, je me demande s’il ne serait pas plus rapide de dresser la liste de ce qu’on ne PEUT PAS offrir à Noël, fusse au deuxième ou troisième degré d’humour ou de généalogie...

 

Tiens ? Y’a rien qui me vient. Un cercueil, comme évoqué lors d’une précédente chronique ? Bah ! Ça pourrait être drôle. Vous ai-je dit qu’un de mes fils travaillait dans les pompes funèbres ? Des clous ? Nan, ça, j’ai déjà fait. Me demande pas quelle était l’intention, mais je me rappelle l’avoir fait. C’était pas l’année où l’on avait décidé de pulvériser le record du nombre de cadeaux offerts ? Et tiens, puisque tu es là, en quelle année on s’était fixé comme ligne de conduite de trouver, puis d’offrir des trucs dont on pouvait être SÛR qu’ils ne pourraient EN AUCUN CAS être de la moindre utilité aux intéressés ? Tu dis ? Ça devait être l’année où on a offert des aimants à Nini ? Voilà.

 

Mais bref, à part ces exemples ultimes, force est de constater qu’à Noël, on peut tout offrir. Faites gaffe quand même. Il est entendu, par exemple, qu’offrir des vêtements à un ado à cette occasion, c’est la honte. Fais aussi un minimum gaffe à l’âge de tes petits neveux et nièces. Je sais bien que tu ne les vois qu’une fois par an, mais ils n’attendent pas ces rares occasions pour grandir et les playmobiles, quand on est en seconde science et techniques de gestion, ça le fait pas. Mais ils peuvent faire très plaisir en dessous de dix ans.

 

Le tsunami devrait atteindre assez vite ta déco intérieure, puisqu’il est entendu que tu vas RECEVOIR. Donc vaisselle, linge de table, accessoires, déco, bougies, guirlandes lumineuses… Mais puisque tu vas RECEVOIR, il va falloir te FRINGUER. Donc robes, bijoux, maquillage, parfums. Et tiens ? Ça c’est intéressant, il parait également entendu qu’après, pour des activités que la morale ne réprouve pas forcément - faut voir - tu vas te retrouver en sous-vêtements. Si si, je t’assure, les prospectus sont parfaitement explicites là-dessous : les beaux atours, tu vas les ôter et là également il faudra assurer, donc : lingerie.

 

Ça fait rêver. Parce qu’entre le réveillon trop arrosé qui tourne partouze et les petites heures du jour où tu vas ramper dans les cotillons et confettis pour rejoindre ta moitié, dont il ne restera plus qu’un quart à cette heure (l’alcool rétréci le champ de vision ) ça laisse des possibilités. Je te le refais avec moins de virgules. Je le vois bien : tu as décroché à « confettis ». Que la soirée tourne à l’orgie ou à la grasse matinée crapuleuse, une fois ôté le dessus, va falloir que tes dessous assurent.

 

Ah non mais c’est sûr. Puisque je te dis que tous les prospectus sont d’accord pour que quelqu’un passe à la casserole, qui ne soit pas forcément la dinde. Même le prospectus Gifi le dit. Alors quoi, Gifi quand même ! La référence absolue de ce carnet ! Regarde. C’est dans le prospectus titré : « Féerie de Noël - Le plaisir de faire plaisir à petit prix. Édition N°1 (?) du mardi 4 au mercredi 12 décembre 2012, et plus précisément à la page 36. Bouge pas, je te monstre :

 

 Sting-animale-sonore-Gifi---decembre-2012---Le-carnet-de-J.jpg

 

Bah non, c’est pas une peluche, du moins pas que. C’est marqué « string » donc je pense que c’est un string. Et là, je ne sais pas ce qui est le plus terrifiant. D’envisager la dose d’alcool qu’il faudrait ingérer pour imaginer vraisemblablement ce truc « en situation » sans être obligé de changer de continent et de sexe dès le lendemain (éviter l’Afrique), que ce truc fasse de la musique (fais gaffe où tu mets la pile) ou de constater qu’il existe également une version « vache » et « cheval ». Mais puisque nous avons dépassé depuis longtemps les limites du bon goût, pourtant très perméables ici, qu’il me soit permis de noter que la fine allusion du modèle « éléphant » à la longueur de sa… trompe : je vois. Pour le modèle « cheval » et dans la même direction, je vois également, mais « vache » ?

 

Je sens frétiller chez toi quelque chose qui pourrait bien ressembler à une « idée cadeau », sachant la dévotion que je voue aux vaches. N’y pense même pas, ou je te fais un procès.

 

 X files - Grimace de Mulder - Le carnet de Jimidi

Bon, ben on sait ce que portait Mulder à ce moment là... 

 

 

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