Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
6 octobre 2014 1 06 /10 /octobre /2014 03:24

 

 

le-hum-canape-de-BUT--en-blanc---hi-hi--Le-carnet-de-Jimi.jpg

 

 

Lettrine--C-Ron-Arad-noire-2-.jpge, hûm, canapé n'en est pas à son coup d'essai : il m'avait déjà fait sursauter dans un précédent prospectus. Il défigure de nouveau le catalogue BUT, enlaidissant ses pages 2, 32 et 33, les décorateurs n'ayant à l'évidence pas réussi à lui créer un environnement qui le banalise. Ce n'est pourtant pas faute de l'avoir entouré d'objets d'une laideur comparable, le « mur TV Carpi » étant, de ce point de vue, assez remarquable, avec ses airs de machine à laver croisée micro-onde.

 

Page 33, on a choisi de ne pas le faire figurer le, hûm, en entier, sans doute pour ménager le lecteur. Il est vrai qu'un gros plan sur l'accoudoir de skaï blanc fourré façon Bounty en train de s'avaler lui même est déjà assez pénible comme ça. Remarquable également, la mention « 1er Prix ». Rien à voir avec une récompense obtenue à un concours de mauvais goût : Les 319 euros, c'est ce que tu devrais débourser si, dans un état d'égarement, ou pour faire une mauvaise blague à quelqu'un, tu décidais de t'encombrer du machin. Note au passage qu'il est soldé mais reste cher pour une mauvaise blague. Ceci dit, c’est un prix avant négociation. Je ne serais pas étonné qu'après marchandage, on réussisse à l'avoir pour rien après d'un vendeur voyant s'aggraver brutalement ses symptômes dépressifs en se rapprochant de la chose. Même le piétement métal est moche. On dirait une barre pour se cramponner dans le bus ou dans les toilettes pour handicapés.


Tu dis ? Tu ne vois pas pourquoi je m’acharne sur ce pauvre canapé. Te te te, il n'est pas pauvre, il est indigent et  je m’acharne de longue date sur TOUS les canapés. Les canapés essayent en vain de concilier deux trucs qui ne sauraient aller ensemble : faire bonne impression et se vautrer. Parce qu’un canapé, osons le dire, on l’achète pour meubler, avec l’idée d’accueillir des gens pour l’apéro, mais on l’utilise en fait pour regarder des films téléchargés illégalement. On est très mal pour l’apéro, en canapé. On est obligé de s’asseoir au bord, histoire de ne pas avoir les genoux à la hauteur du menton et risquer d’avaler de travers, tout en gardant un accès aux machins à grignoter sur la table basse. Se vautrer supposerait une profondeur de coussin, une inclinaison de dossier et des trucs pour les pieds et la tête que la plupart n’ont pas, sauf à ressembler à des sièges de dentiste. Bref, je me demande si en ce moment, mon canapé idéal ne ressemblerait pas à une sorte d’énorme beignet allongé rempli de billes de polystyrène, dans lequel m’incruster, avec un oreiller sous la tête et ma couverture toute douce en laine polaire pour couvrir.  Tout ça suppose d’aller prendre l’apéro plutôt chez toi.

 

Mardi, ça irait ? 

 

 

(Précédente publication : 05 septembre 2012)

 


25 août 2014 1 25 /08 /août /2014 17:31

 Couverture du Catalogue IKEA 2014 - Canada

 

Comme tu l’as peut-être remarqué, l’irruption des couleurs vives dans nos intérieurs suit un cycle d’une vingtaine d’année. Milieu des années 60, puis 80 et ça ne devrait plus tarder maintenant. C’est du moins ce que je crois lire dans le catalogue Ikea 2014 dont tu ne peux pas ne pas avoir reçu un exemplaire, vu qu’il est distribué dans toutes les boîtes aux lettres, du moins en France métropolitaine. Il semble donc bien qu’on doive heureusement sortir du « taupe » et que la couleur jaune soit à l’avant-garde de ce mouvement qui verra, je l’espère, nos logis décorés avec autre chose que ces couleurs soi-disant « naturelles » mais finalement très fades, surtout depuis des années que ça dure.

 

 

La couverture, tu l’as ci-dessus (à part qu'il s'agit du catalogue canadien) : IKEA en grand et jaune. Ça commence. Un lit, présentant justement un camaïeu de tons taupe et lin, mais c’est un lit vide et défait, un endroit qu’on a quitté. Voilà qui est clair. Tout aussi clair : le ciel. C’est l’aube et le soleil levant illumine de jaune des bâtiments qui plus loin sont encore dans le bleu, pour ne pas dire le blues. Au rayon (si j’ose dire) de ce à quoi doit nous faire penser le jaune, on ajoutera le je-ne-sais-pas-quoi en laiton ou cuivre jaune martelé, à gauche dans l’image. Un chaudron ? Mais comme il ne faudrait quand même pas oublier qu’on est là pour vendre des meubles, on verra également sur cette couverture, en amorce, une « table de chevet » ronde, Stockholm, 99€ vendue page 160 : jaune de chez jaune, mais dont tu ferais bien de vérifier la couleur du plateau, les photos n’étant pas unanimes sur ce point. Jaune ou abricot ? Donc ok, on a compris, jaune parce que soleil et donc bonne humeur dès le réveil, et jaune parce que or et donc bonne humeur parce que richesse.

 

Jaune Ikea - différents objets 2014

 

Deux pages plus loin, mais je te rassure, je ne vais pas les faire toutes, tu vas tomber sur l’un des deux ou trois objet emblématique du catalogue, la pendule PS 1995, 22€99 vendue page 187. Attention, elle ressemble à une petite pendulette en trou de serrure, mais en vrai elle fait 48cm de haut. Elle est jaune. Pas jaune souffre, mais insupportablement jaune quand même, en acier laqué. Elle s’ouvre et on peut ranger des trucs dedans. Que peut-on bien ranger dans une pendule, à part des illusions perdues ? On la retrouvera au fil des pages, plusieurs fois. 

 

Page suivante – on est toujours dans le sommaire – L’offensive se précise : Marche-pied MÄSTERBY, jaune bouton d’or ; canapé KNOPPARP jaune poussin (une horreur) ; housse de coussin PS 2014 taupe, pêche, outremer et jaune souffre ; une cata. C’est d’autant plus la cata et cette page le montre bien, que les jaunes différents, ça ne va pas DU TOUT ensemble. De toute façons, on ne voit pas bien ce qui irait avec ce canapé jaune, qui apparaît bien (et beaucoup) comme autre objet emblématique de ce cata-logue hantant les page 6, 22, 23 et rasemblé à huit exemplaires pour une manifestation de mauvais goût pages 106 & 107. 

 

Plus loin, le ton est donné. Il s’agit de fourguer du jaune là où il n’y en a pas, soit en trouvant des accessoires jaunes, soit en se servant des meubles Ikea eux-mêmes comme accessoires, pour arriver à la même idée que le jaune, en déco, c’est bien.

Page 26, la très incongrue chaise REIDAR, jaune, dans une chambre baignant du sol au plafond dans le blanc et les tons « naturels » déjà dénoncés. Oui, bon, d’accord, la chaise, on en profite pour te la vendre. Mais que fait-elle là ?

Page 28, une ramette de papier jaune « post-it » négligemment glissée dans d’autres papiers.

Page 42, un canard jouet dans une salle de bain blanc et turquoise.

Page 49, une patère jaune dans une autre salle de bain très très rouge et blanc.

Page 54 et 55, du jaune également, en pot et en tube, mais ça ne compte pas : on est chez les enfants et qui dit enfants dit couleurs vives. On se demande d’ailleurs bien pourquoi. C’est quoi l’idée ? Les enfants étant des être pas finis, dont ni les yeux ni le cerveau ne voient très bien, il faut donc saturer leur environnement de couleurs vives et tranchées dont on se fout qu’elles jurent ensemble ? Et tiens, puisque j’en suis à distiller du venin, remarquons au passage que les chambres pour enfants proposées dans le catalogue sont des pièces immenses et hautes, proposant des activités d’expression, ludiques et sportives et bref, tout ce qu’on rêverait de voir faire à des enfants si possible ailleurs que dans nos jambes. Sauf que les enfants vivent très heureusement partout sauf dans leur chambre (ce en quoi ils nous ressemblent) et d’autant plus volontiers là où ils pourront brancher leur console de jeux, pour laquelle n’importe quel gourbi sombre impossible à ranger de trois mètres sur trois suffira amplement.

Page 70, on est dans un placard, dans la tringle duquel se sont pendus quelques effet jaunes, où s’est également glissé une boite de rangement très jaune.

Page 82 et 83, on est toujours dans un placard, ou plutôt entre deux placards, dans un coin bureau dont le fond et certains accessoires sont jaunes.

Page 95, première apparition des caissons muraux jaunes, ici dans une grande envolée hystérique horizontale de sept, rien moins. Attention, on va également essayer de te les fourguer page 117.

La 119 tient le pompon dans la course à la page la plus pénible visuellement. Y’a du jaune (pendule, boites, tranche de skate) mais pas que. Ajoute du rose pénible (canapé, tapis), deux verts différents (tapis vers anis, canapé vert jardin) et mélange le tout plus d’autres couleurs sur le canapé KLIPPAN, qui ressemble à un test oculaire de dépistage du daltonisme imaginé par un sadique, et tu l’as.

Page 122, coussin jaune poussin, tulipes jaunes à l’agonie dans un séjour blanc crème et vieux rose. Y’a quelqu’un, chez Ikea, qui pense que si ça fait fumer les yeux, c’est forcément bien ?

Page 135, torchons et mallettes de documents jaunes dans une pièce à l’usage indéfinissable (on est dans la section « manger »), dans les tons gris et bleuté.

Page 142, c’est les citrons qui font le boulot, dans une cuisine ressemblant à une morgue, accessoires de dissection inclus.

Page 144 : devine la couleur du ruban entortillé autour des tubes de la chaise pour la personnaliser ?

147 : retour des caisson jaunes avec étagères acier, chaises et plateaux de service assortis, mais il faut croire que le rabâchage a du bon puisque je trouve cette cuisine assez réussie. Ici, oui, le jaune d’or, pour une fois identique sur l’ensemble des trucs jaunes, réveille bien un ensemble qui sinon serait funèbre. 

Ce sera tout pour l’inventaire des pages, puisqu’à partir de la 159, on attaque la section « produits » et donc, exactement la même chose, moins les mises en ambiance. 

 

Je sais pas toi, mais perso, même hors focalisation sur le jaune, j’ai trouvé ce catalogue tout à fait pénible. C’est le foutoir. La succession des différentes rubriques est incompréhensible. Chapitre 1 – Inspiration : dormir, salle de bain, enfants, organiser, se détendre, manger, cuisiner. On dirait le programme quotidien d’un maniaco-dépressif en alternance de phrases. Chapitre 2 – Style (affichez votre) : « Décoratif-floral-romantique-frais ». Autrement dit : mièvre. « Scandinave-enjoué-graphique-audacieux ». Autrement dit : visuellement agité (la pendule jaune veille sur ce style là). « Rural-botanique-artisanal-naturel » Autrement dit : Maisons du monde ; ce que D&co appelle « campagne chic ». « Sophistiqué-contemporain-texturé-harmonieux » autrement dit : vieux garçon. « Intemporel-élégant-épuré-lumineux ». Autrement dit : vieux garçon, mais un autre. « Foncé-orné-confortable-coordonné ». Autrement dit : Chantal Tomass. « Classique-complémentaire-élégant (encore!)- fastueux. Autrement dit : mémé. « Vintage-rustique-robuste-naturel » Autrement dit : jeune couple bobo. Merde, je ne rentre dans aucune des cases. Chapitre 3 – Produits. On suit peu ou prou l’organisation du chapitre 1, mais là, plus orienté « décision d’achat ». 

 

 

Alors oui, je comprends bien qu’il s’agit de fourguer un maximum d’articles dans un minimum de pages, mais à ce point là ! Perso, je rêve d’horizons domestiques dépouillés, où le regard puisse se perdre sans être rappelé à la réalité par des pendulettes jaunes. 

 

Accablant : Requête Google « Jaune+Ikéa »

Voir également les articles : Jaunisme  mais également : En v'la des jaunes en v'la

 

Attention le jaune revient ! 

 


 

6 janvier 2014 1 06 /01 /janvier /2014 07:58

 

 

Linvosges---Quelques-serviettes--propres--ramassees-sur-le.jpg

 

 

Tu imagines mes frétillement d’aise à la réception (inopinée) du catalogue de la maison « Linvosges » ! Plein de noms de couleur ! Le frétillement a tourné à la fébrilité en visitant le site : la logique de tout ça m’échappait. Après mure réflexion, voilà ce que je crois : chez Linvosges, la nouveauté s’entretient moins en changeant les couleurs elles-mêmes qu’en les réassemblant et en les rebaptisant. Je suis pour. Ça fait travailler l’imagination des rédacteurs et celles des clients. Pi c’est quand même plus valorisant d’acheter du linge de bain « Brume » que blanc cassé, « Corde » que bêtement marron. Certes, on n’atteint pas les sommets de sophistication des gammes de marchands de peinture, mais on comprend bien que le projet n’est pas le même : tu pends la crémaillère après avoir repeint le séjour, comme secrètement espéré, tes invités s’extasient et te demande quelle est cette couleur magnifique ? Là si tu réponds : « C’est du beige », la soirée va être courte. Donc, c’est « Soir d’octobre dans le Hoggar ». Pour les serviettes, on reste dans un entre deux. Entre le littéral et le poétique. Le gris est éventuellement flanelle et le rose chair « poudre » ou « pêche » mais le noir reste noir, quand il pourrait être anthracite, corbeau, charbon de bois, fusain...

 

 


23 janvier 2013 3 23 /01 /janvier /2013 20:48

 

 

Temps L - Les montres LIP - Le carnet de Jimidi

 

 

Lettrine (À Emmanuel Prunevieille)

 

 

 

 

toi, je peux l'avouer (on est entre nous ) je ne connaissais pas le catalogue « Temps L » de vente par correspondance. Dire qu'il me manquait serait un peu exagéré, mais c'est de notoriété publique : j'aime les catalogues. J'aime leurs objets abracadabrants promettant rien moins qu'une vie meilleure. Pas TOUTE la vie, pas RADICALEMENT meilleure, juste un peu mieux, juste un moment, par exemple à l'heure d'éplucher les légumes ou de tenter une sortie sur le verglas. Mais cette ambition de mieux vivre me paraît fondamentalement louable. Temps L paraît croire qu'on puisse l'acheter et se propose même de l'offrir.

 

Car tout commence par un cadeau, mais n'en est-il pas ainsi de la vie même ? J'ai dans mon entourage proche une spécialiste du cadeau sans obligation d'achat et tiens ? maintenant que j'y pense, sans doute faut-il voir dans cet amour maternel des catalogues quelque chose ayant à voir avec ma propre tendresse pour eux. Je te fais la version courte : ma mère aime les catalogues, j'aime ma mère, donc j'aime les catalogues. Oui, j'adôôôre également les sophismes. (En l’espèce, se serait d’ailleurs plutôt : « J’aime les catalogues et recevoir des trucs par La Poste, Lou m’aime, donc Lou m’envoie le catalogue Temps L par courrier.)

 

Le cadeau Temps L, cette fois, c'est une montre, à choisir entre sa version masculine et féminine. On te l'expose en première de couv, Sylvie Solley, Directrice de Temps L et spécialiste du choux rouge aux pommes page 11 t'en parle dans son édito, on te les détaille page 2 et 3 et on y consacre enfin la pleine page 30, juste avant le bon de commande, où elles figurent encore. Au total 13 photos. Pourquoi cet acharnement à t'offrir quelque chose ? Rhô ! Ben c'est pourtant simple à décrypter. C'est le coup classique du doigt dans l'engrenage. Pour recevoir ta montre, il te faudra remplir a minima le bon de commande et payer 6,50€ de participation aux frais d'emballage et de transport. La gratuité n'a pas de prix - c'est son principe même - mais elle a un coût. On essaye donc d'inscrire dans tes synapses un circuit court genre « Temps L = cadeau » dont on espère qu'il sera suffisamment bien établi pour déclencher des réactions associées genre : « Ah ben tiens ? Et si j'en profitait pour acheter la douchette à mémoire de forme de la page 15 ? À ce prix là, c'est cadeau ! » De toute façon, c'est tout bénéf pour Temps L puisqu'on aura glané six euros cinquante dans l'opération plus ton adresse, ton numéro de téléphone, ton adresse e-mail – il faut bien t'avertir de la livraison – et même ta date de naissance. Sur le vaste marché des solliciteurs de tout poil, toutes ces données valent bien une montre.

 

Mais bon, tout ça en s'en fout un peu, parce que le vrai intérêt de ce cadeau horloger empoisonné, c'est le texte qui l'accompagne. Car oui, je peux l'affirmer, il y a un auteur, un vrai, chez Temps L. Sur les montres, il s'est tout particulièrement lâché. Tu devrais regagner ton siège et accrocher ta ceinture parce que ça pousse pas mal au décollage. Consigne de lecture : prendre une voix d'acteur shakespearien et bien détacher tous les mots. Attention, c'est parti :

 

Quand l'émotion donne au temps sa pleine mesure

 

Est-ce au soleil qu'elle emprunte sa fascinante incandescence ? Une chose est sûre, cette superbe montre est une création hors du commun. Son coeur bat au rythme de la sérénité pour vous dire que seule la perfection est digne d'illuminer la ronde du temps. Passez-là à votre poignet et son rayonnement vous projettera dans un monde merveilleux où la légèreté des secondes exprime toute la beauté de l'instant.

 

Hein, sans déconner, tu avoueras que « son rayonnement vous projettera dans un monde merveilleux où la légèreté des secondes exprime toute la beauté de l'instant » ça déchire grave, non ? « Hors du commun», ça a bien plu : on le retrouve tel quel dans l'édito, et page 3, dans un autre morceau de bravoure :

 

Signée LIP, cette superbe montre est une création hors du commun et avec elle, être à l'heure, prend une toute autre signification. Ici, chaque détail resplendit pour interpréter une certaine vision de la vie : celle qui sait faire la part belle au bonheur et savourer le moment présent. Ses lignes sont pures ; et si son mécanisme a des accent de haute technologie, son allure est celle d'un objet précieux qui accroche la lumière pour mieux anoblir chacun de vos gestes. Aussi, demandez-là... Sans perdre une minute !

 

Pareil : « un objet précieux qui accroche la lumière pour mieux anoblir chacun de vos gestes. » : Ouaou ! Je finis par me demander si ce n'était pas une montre LIP, qu'on posait, à leur sacre, sur la tête des rois de France dans la cathédrale de Reims ?

 

On bétonne dans les à-côté. Le cadran « alterne la limpidité du blanc et la brillance de l'or » Le bracelet femme « en maille Milano auréole le poignet d'un éclat mordoré » et « côté homme, le bracelet en cuir confère à cette lip CLASSICS, une sorte de force tranquille, faite à la fois de naturel et de prestige. Enfin, dans l'édito : « une création hors du commun, délicate et intemporelle : une montre d'exception pour une personne exceptionnelle. » Mais oui, aussi invraisemblable que ça puisse paraître, il semble bien qu'il s'agisse de toi.

 

 

Temps L - Les moon-boots à cran d'arrêt - Le carnet de Ji

 

Le reste du catalogue est moins intéressant. Surtout par comparaison. C'est la foire aux gadgets, façon Vitrine Magique ou L'Objet du Mois. On retiendra cependant, en dernière page, les moon-boots à cran d'arrêt, mais qui me semblent quand même présenter un risque pour la santé publique. Le principe de fonctionnement en est simple : un crampon escamotable fixé à demeure dans leur talon permet, d'un simple geste, de faire saillir des petites griffes de métal dont on espère qu'elles t'empêcheront de te vautrer si ça glisse dehors. Ça pose deux problèmes. Pour savoir si dehors, ça glisse, encore faut-il être dehors. Mais si tu chausses tes moon-boots pour sortir, tu as le choix entre mettre les crampon sur « on », par précaution, ou sur « off » en attendant de voir et pour ne pas ruiner ton parquet jusque là. Donc tu sors en off et arrivé dehors, tu te dis que houlala, c'est hollyday on ice. Tu décides de montrer les dents, celles en acier dissimulées sous tes talons. Je te laisse imaginer les contorsions pour basculer sur « on » le teuteu situé sous tes pieds. Y'a forcément un moment où tu seras sur une seule patte, l'autre, chargée de ton équilibre, reposant sans crampon sur le verglas. J'espère que ta tête de fémur est bien accrochée. Ou alors, tu peux choisir de t'asseoir les fesses dans la neige. Mais bon, admettons que tu arrives finalement à sortir ces foutus crampons, reste un problème : il n'y en a qu'aux talons. Or le mécanisme même de la marche suppose que tu passes, à un moment où à un autre, par une phase au cours de laquelle c'est sur la plante d'un seul de tes pieds que reposera le reste de ton anatomie. Bon, allez, je te donne le truc. Il consiste à ne marcher que sur les talons, ce qui devrait te conférer une allure de pingouin tout à fait désopilante, surtout avec ce reste de congère accroché à ton postérieur.

 

 


 

3 décembre 2011 6 03 /12 /décembre /2011 11:47

 

 

 

Tout va bien, je vous assure, mais je trouve l’hiver décidément propice à la rediffusion. Après tout, c’est bien l’époque où l’on vit sur ses réserves, non ? J’ai donc exhumé pour vous le premier d’une trop longue série d’articles consacrés à « La boîte à pizza », lancée en 2008, c’est vous dire si cette prose à eu le temps de bonifier. Si vous ne craignez pas l’indigestion, vous pouvez vous goinfrer de toute la série, regroupée sous le titre : « Mise en boîte à pizza ».

 

 

Lettrine--A-Gill-san---pizza--le-carnet-de-Jimidi.jpgujourd'hui, je consacre ma chronique des publicités que vous ne lisez pas, au prospectus de "La boîte à Pizza". Contrairement à certains prospectus, sur celui-là, il n'y a pas d'incertitude concernant le produit : le mot pizza est répété cinq fois dès la première page et la faute d'orthographe consistant à ne pas accorder la marque du pluriel à pizza quatre fois. La première page est également envahie d'une certaine Mélanie (de Tours ?) Son omniprésence m'a fait un instant croire que la raison sociale de cette noble entreprise était "La pizza de Mélanie", mais non, Mélanie est juste la gagnante du concours "Imaginez la pizza de vos rêves et envolez vous pour la Chine".

 

Je ne savais pas que des gens pouvaient rêver de pizza. Faut vraiment avoir très faim, ou ne pas avoir rempli le frigo une veille de jour férié… Mélanie, elle, rêvait d'une pizza, puis elle a gagné le premier prix et nous la retrouvons en première page du prospectus, avec son visage lunaire, tenant un billet d'avion d'un mètre sur deux - elle va avoir du mal à le passer dans le composteur - cerné de près par celui qui ne saurait être que le président directeur général tellement il est fringué triste et par deux employés à la casquette de base-ball rouge et à l'imper ridicule : col mao a damier et bas de caisse assorti.

 

Une photo en très gros plan nous livre certains détails particulièrement crus sur la pizza de Mélanie. On n'ose y croire. Cette pizza à tout de la scène de crime. Cette pizza parait résulter d'une collision frontale entre un car scolaire et un container de hachoirs. Cette pizza à l'air d'être interdite en salle aux moins de douze ans. Cette pizza parait contenir des figues et des scènes pouvant heurter la sensibilité des plus jeunes consommateurs. Mais il faut tourner la page pour trouver la composition exacte de cette offense aux bonnes moeurs. Tiens ? On retrouve Mélanie et son sourire crispé - le billet de deux mètres carré à l'air de peser trop lourd - nom/name : Mélanie EHL. Bon, je sais que c'est pas bien de se moquer du physique des gens, mais ça se prononce comment, Ehl ? Ça se tousse ? Dessous, nouvelle photo de la pizza de la mort qui tue, mais de plus loin - y'a dû avoir des plaintes - avec comme légende : La pizza de Mélanie. Toute la saveur du fromage de chèvre sublimée par un accompagnement d'une douceur raffinée. L'hypothèse de la catastrophe écologique majeure se précise. Me dites pas qu'ils ont mis du fromage de chèvre avec des figues ? Si. Mais pas que. La composition exacte est à gauche. La pizza de Mélanie, lauréate, crème fraîche, mozzarella, emmental, chèvre, figues, jambon cru, noix. Tu m'étonnes qu'ils l'envoient en Chine ! C'est ce qu'ils ont dû trouver de plus loin. À mon avis, elle va apprendre sur place que son retour n'est pas prévu. Ils vont l'exposer : « Regarde chéri, c'est la dame qui met des bouts de pneu dans ses pizza. — C'était pas des pneus mon amour, c'était des fraises. — Ah bon, tu crois ? J'espère que la grille est solide. »

 

Elle existe en trois pointure, la (faudrait trouver un autre mot) de Mélanie : pas assez petite à 8,50, très moyenne à 13,50 et beaucoup trop grande à 18,50, prévu pour quatre. Peut-on détester quelqu'un au point de vouloir partager ça ? Ou juste avant un suicide collectif peut-être ? Cette, hûm, a peut-être beaucoup de succès dans les sectes.

 

Poussant mes investigations - faut savoir vivre dangereusement, je suis en mission - j'ai été faire un tour sur le site de laboiteapizza.com. Je voulais juste savoir comment on pouvait concourir. Parce que moi, je veux bien imaginer une pizza de cauchemar, mais après ? Je la cuisine et je l'envoie par la poste roulée dans un tube carton ? j'envoie juste les plans et une photocopie ? Je la scanne et je l'adresse en pièce jointe au format JPG ? J'en ai été pour mes frais. Sur le site, rien concernant les modalités du concours. Je comprends à demi-mot que les prix ont déjà tous été attribués. D'ailleurs il y a une liste de gagnants, de lots, et de pizzas.

 

 

 

imaginez la pizza de vos rèves

 

 

Je sais pas vous, mais leur liste de gagnants, je la trouve chelou. J'ai du mal à croire qu'on puisse s'appeler en vrai Ehl, Christiane Goulliart ou Liza Louise. Je vous laisse déguster la composition des pizzas gagnantes. Après tout, peut-être vous mettront-elles en appétit, mais vous remarquerez sans doute comme moi que Rodolpho Milan, 5ème prix, est certainement tueur en série dans le civil. Qui d'autre peut avoir l'idée de mettre des coeurs de canard sur une pizza ? Je me suis laissé dire qu'il exigeait que les siens soient crus et encore palpitants ! Qu'est ce qu'il a gagné lui ? Son poids en pizza ? Bonne chose ça. S'ils avaient la bonne idée de constituer son lot uniquement avec des pizzâtres de Mélanie, voilà qui devrait régler son sort plus vite qu'à la chaise électrique.

 

 

 

 

9 octobre 2010 6 09 /10 /octobre /2010 19:57

 

 

 

Vitrine magique - couverture

 

Lettrine--C-vitrine-magique-.jpg

 

omme seul critique connu de littérature de boîte aux lettres, je ne pouvais passer à côté du dernier catalogue « Vitrine magique » dont le pèle-pommes de couverture parait adresser un clin d’oeil complice aux chroniques qui lui ont déjà été consacrées. Tiens ? Je me demande où elles sont celles-là...

 

Nous l’avons déjà vu avec Quelle : tous les catalogues racontent une histoire. Celle de vitrine magique pourrait s’intituler : « L’art d’être grand-mère ».

 

Mais avant de plonger dans les quarante huit pages hélas imprimées sur un papier de fort méchante qualité, il me faut te reboucher les fissures avec une notion théorique sans laquelle tu risquerais de passer à côté de la vraie profondeur de ces pages et n’y voir - ce serait ballot - qu’une litanie de gadgets alignés au départ de la grande course au superflu. Or nous demandons aux objets bien plus que prévu dans leur mode d’emploi, bien plus que la somme de leurs qualités matérielles. Nous leur accordons des valeurs plus nombreuses, plus essentielles que leur seule valeur d’usage. On serait sinon tous habillé chez Tati, meublés chez Ikea et roulés en Twingo. Je crois donc qu’on peut, sans grand risque de se tromper, en partant des objets, passer par l’emballage littéraire des argumentaires, remonter jusqu’au personnage principal de l’histoire racontée par Vitrine magique et même distinguer sa lectrice.

 

Car c’est une femme.

 

Tiens, le plat à oeufs de la page 4, par exemple : « Oeufs bien présentés et conservés ! » Elle atteint l’âge auquel les femmes savent devoir moins compter sur leurs charmes naturels que sur leur présentation, cet âge où l’on dit : « Elle est bien conservée. » Notre lectrice trouvera donc dans ce plat à oeuf à la fois un écho de ses propres préoccupations, un allier sûr dans ses efforts pour encore intéresser quelqu’un - fusse d’autres femmes poussées à l’intérieur comme elle et finalement un peu de baume sur son angoisse de décrépitude. Car maintenant vous l’avez bien compris, ce qui est demandé au plat à oeufs avec couvercle, quatre euros dix neuf grâce à l’offre bienvenue, ce n’est pas d’accueillir dix-huit oeufs mimosa. D’ailleurs qui peut bien avoir l’usage de dix-huit oeufs mimosa préparés d’avance ? Ou alors une fois dans le siècle, peut-être... Ce qui est demandé à cet objet, comme à la plupart des autres objets de ce catalogue, c’est d’accueillir - ici dans dix huit alvéoles - les questions existentielles que nous ne voulons pas formuler à voix haute,  puis de répondre que tout va bien et de mettre un couvercle là-dessus. Étanche.

 

Les protections de gazinière de la page 19 en bas à gauche sont également intéressantes : « Une gazinière toujours impeccable ! Réutilisables, ces 4 protections sont ultra-résistantes et anti-adhérentes. Fini le nettoyage fastidieux. En Icflon (sic)(mais ® quand même) Dim 27X27. Lavables d’un coup d’éponge. 9,99€ ». D’un point de vue strictement pratique, on ne voit pas bien l’intérêt de devoir laver quatre plaques siliconées plutôt que de passer directement un coup d’éponge sur l’émail. Mais en nous souvenant que le gadget est investi de certaines qualités que notre lectrice voudrait voir s’étendre à elle, on peut écrire un autre épisode de son histoire. Elle en bavé, donné, reçu, car la vie et les ans ne l’ont pas épargnée de leurs éclaboussures. Mais elle a résisté, laissant glisser les salissures et les emmerdes plutôt que d’en garder les traces indélébiles. Elle a su se protéger mais surtout, surtout, sous la surface et l’apparence, l’émail de son âme est restée immaculé, blanc et lisse comme au premier jour.

 

Une fois compris que les objets et leurs argumentaires ne parlent pas d’eux, mais de toi, tout devient beaucoup plus clair : les tendeurs de housse de table à repasser de la page trente deux parlent de lifting, les cinq presse-tubes pour utiliser jusqu’au bout les tubes de mayonnaise, dentifrice, parlent - page huit - d’une vie bien remplie vécue jusqu’au dernier souffle. Mais je ne vous cacherais pas que la baguette d’assemblage - page huit également - m’inquiète un peu à ton sujet. « Plus de miettes entre les meubles ! Elle s’insère entre deux meubles et présente un dessus lisse. En PVC blanc. 1,99€ » Je ne suis pas sûr que cet accessoire d’un prix heureusement modique soit suffisant pour éviter la question de savoir dans quel néant disparaît toute chose de toute éternité... Mais c’est toi qui voit.

 

Je ne vais pas vous faire tout le catalogue (la nuit n’y suffirait pas ) ni appuyer trop là où ça fait mal en suggérant que ces encombrant gadgets trouveront facilement leur place dans celle laissée vacante par le départ des enfants, d’autant que le pèle-pomme du début, décidément facétieux, m’invite d’un autre clin d’oeil a conclure cet article sur une note plutôt gaie. On chercherait inutilement quelle question tarabustante se trouve dévoilée d’un coup de manivelle sous la peau. La vraie fonction de cet objet n’est pas de peler les pommes. Personne n’a jamais eu besoin d’un truc aussi abracadabrant pour peler des pommes. Sa vraie fonction, nous la connaissons depuis toujours, nous avons demandé à d’innombrables objets de la remplir, des plus simples au plus compliqués. Nous le demandons encore à beaucoup d’entre eux et ce n’est certainement pas toi, en train de manipuler la souris tout en répondant au téléphone qui me contredira. Nous demandons au pèle-pommes ce que demande toute l’humanité de toute éternité, ce qui lui est aussi indispensable que manger, dormir et chambrer Mélanie (de Tours), ce à quoi nous passons notre temps en ayant l’air de faire autre chose : JOUER !  

 

 

28 septembre 2010 2 28 /09 /septembre /2010 17:36

 

 

Coupe-a-fruit-et-range-couvert-Tati.jpg

 

Fourchette-courbe-copie-1.jpg 

 

e suis près à le parier : à la suite de mon article « L’invasion a commencé » certains d’entre vous, (dont une (de Tours)) se sont dit – Le pauvre garçon déraisonne. Il voit des couverts partout. Y’a quelque chose chez lui qui ne doit plus bien coulisser dans le tiroir. Et là, hein, là : j’ai quand même pas la berlue ! Vous voyez bien la même chose que moi dans le dernier prospectus Tati ? La coupe à fruits et le range couverts, hein, hein ? Vous z’ont pas l’air d’être un peu déjà contaminés ?

 

Cela dit, la première invasion, c’est celle des prospectus, toutes enseignes confondues. 958g en une seule livraison ce jour :

 

La guilde des orfèvres (bijoux)

Gifi (bazar)

Fly (mobilier - déco)

Orpi (immobilier)

But (mobilier - électroménager)

Bureau Vallée (fournitures bureau)

Monsieur Bricolage (bricolage pour Monsieur)

Susuki (automobile)

Aldi (alimentation - bazar)

Feu vert (bagnole)

Intermarché (supermarché)

Botanic (jardinerie)

Picard (surgelés)

Bouygues (téléphonie)

Gémo (sapes)

Leclerc (supermarché)

Laforêt (immobilier)

Géant Casino (hypermarché)

Simply (deux prospectus - supermarché)

 

 

Mais peut-être cette invasion vit-elle déjà ses derniers jours puisqu’il parait que le groupe Leclerc (...) souhaite supprimer à moyen terme la distribution de prospectus publicitaires dans ses magasins et dans les boîtes aux lettres. Un geste pour l’environnement qui a son importance. Mouais, mais la date évoquée est à l’horizon 2020, et je ne doute pas que cette décision doit être motivée par le constat qu’aucun prospectus de grand distributeur ne déclanche jamais de décision d’achat, et non par je ne sais quel geste vis à vis de l’environnement. Perso, je crois volontiers que le seul geste réellement salutaire de la grande distribution vis à vis de l’environnement (et de toute la société) serait de disparaître. Sérieux : vous iriez pousser votre wagonnet dans le labyrinthe si vous n’y étiez pas obligé ? C’est en général à cet endroit que Mélanie (de Tours) me répond qu’elle se fait livrer. Je ne suis pas sûr que ça puisse changer ce modèle économique irresponsable.

Jimidi

 

21 septembre 2010 2 21 /09 /septembre /2010 17:46

 Horloge-couverts-Gifi-septembre-2010.jpg Lettrine (N diable)

 

 

 

 

on mais là, dans le dernier prospectus Gifi, on a franchi ce qui pouvait passer jusqu’ici pour une mode, on assiste à une invasion. Il n’est plus temps pour moi d’attirer votre attention amusée sur le phénomène : il est de mon devoir de vous alerter. Il y a urgence : les horloges-couverts ont entrepris de coloniser nos cuisines et bientôt toute la Terre. Tranquillement installées dans nos intérieurs douillets, faisant mine de nous donner l’heure, elles préparent je ne sais quels funestes et implacables desseins. Ça va nous péter au nez. Les rares survivants s’étonneront, errants incrédules dans un monde qui ne leur appartiendra désormais plus. Il s’en rappelleront : les signes étaient pourtant là. Ces colonisés trouveront a posteriori incroyable de ne pas avoir réagi à cette prolifération d’horloge-couverts. Comment, COMMENT, sous leur camouflage pourtant inquiétant, leur nombre n’a-t-il pas éveillé les soupçons ? Elles sont déjà partout, partout chez nous, bientôt partout chez elles. Elles ne vous donnent pas l’heure, pauvres fous, elles mesures, implacable, le temps restant avant l’attaque finale. A ce moment là, tout ce qui pourra être transformé en couverts chez vous l’aura été et quand on voit déjà ce que ça peut donner pour les chaises, ça fait peur.

Jimidi

Chaise-couvert.jpg

28 août 2010 6 28 /08 /août /2010 13:22

Lettrine--J--maison-du-monde-.jpg

 

aime bien Maisons du monde. Comme je ne sais pas encore à quels errements m’entraînera peut-être mon mauvais fond dans la suite de cet article, je me dépêche de l’ouvrir sur cette note positive. Cette enseigne cumule l’avantage de tenir boutique pas loin de chez moi, dans la rue principale de ma petite ville et d’offrir un catalogue bien agréable à consulter. L’autre avantage, moins intrinsèque celui-là, est de proposer des meubles et objets un peu moins passe-partout que... allez hop ! Ikea.

 

Digression. Non parce qu’Ikea, je sais bien qu’on peut difficilement se passer de ce marchand d’angles droits, mais malgré d’héroïques efforts de présentation in situ dans leur catalogue, l’ensemble est d’un anonymat de cafétéria, d’une tristesse de salle d’attente. Certes, le rapport qualité prix est intéressant, mais on ne se marre pas beaucoup chez le suédois. Dans ses usines à vendre non plus. Je n’ai rien contre leur entrepôt et j’ai toujours été content de ce que j’y ai acheté : mes meubles de cuisine, un lit... mais on est prié de laisser ses rêves à l’entré. Fin de la digression.

 

Dans ses propositions Maisons du monde s’éloigne me semble-t-il, petit à petit de l’idée d’exotisme, qu’on trouvait au départ également très affirmé chez Pier Import, en paraissant maintenant moins enfoncer le clou du made in ailleurs, pour glisser doucement vers le cossu douillet façon brocante et maisons de famille. On trouvera encore des éléphants fuschia à paillettes et de la vaisselle coordonnée à votre conjonctivite, mais plutôt en boutique que sur le catalogue. Autre confirmation que le catalogue papier se la joue un peu faux-cul : je n’y ai pas retrouvé notre fameuse pendule-couverts, sur laquelle je suis pourtant tombé nez à nez en boutique, accompagnée d’au moins trois autres modèles avec passoire à thé pour l’une et petites cuillères pour l’autre.

 

À l’inverse, ne serais-ce que pour des questions d’encombrement, on ne trouvera bien sûr les gros meubles que sur le catalogue, et parmi eux- ça y est, j’ai les dents qui poussent - un qui mérite qu’on s’y attarde un peu. C’est un siège que Maisons du monde parait très soucieux de nous fourguer puisqu’on le trouve dans pas moins de quatre finitions différentes au détour des pages, où son apparition soudaine provoque à Fauteuil-Maison-du-monde-copie-1.jpgcoup sûr chez moi un recroquevillement de la glotte et un début de tachycardie. Je vous le présente ici dans sa version « enfant » finalement plutôt cohérente avec l’idée de petite princesse (au secours !) mais qu’on tente de nous refiler également dans une version entièrement dorée ou chêne naturel tendu de velours fuschia (p.129) Non. Vous aurez beau insister, je ne mettrai rien de doré en ligne sur ce carnet et certainement pas cette monstruosité à plus de six cent euros (290 € pour la version enfant, 1,48m de haut, 1,83m pour les versions cauchemar 3D. Putain ! Ce machin est plus grand que moi !)

 

Vous trouverez également chez maison du monde toute une déclinaison de galets, en tapis, en pouf, en miroirs en vaisselle et en lampes. C’est tendance le galet. Repéré aussi au moins trois meubles façon bois flotté : table basse, guéridon, console - on reste en bord de mer, et une lampe allant bien avec. Tiens, puisque vous avez eu l’indulgence de me lire jusque là, je vous met à gauche la version Maisons du monde et à droite la version Pier import.

 

Jimidi

 Lampes bois flotté Maison du monde et Pier import

 

 

24 août 2010 2 24 /08 /août /2010 13:45

 

Trophee-recup-Fleux.jpg

 

 

Lettrine--Tiens-fleux-suite-.jpgY’a un truc que je ne vous ai pas dit, destiné à  éviter que la navigation sur le site de Fleux vous donne le mal de mer : cliquer sur n’importe quel photo d’objet puis faite « suivant » ou « précédent ». Vous éviterez ainsi le très nauséeux défilement horizontal des images. Tu dis ? C’est ce que tu as fait mais la nausée persiste ? Tu serais pas enceinte ? J’en profite pour vous montrer un assez sympatique « trophée », glanée dans la partie… « Trophées » du catalogue, constitué d’emballages récupérés, tout de même vendu 49 €. Cette brève fait bien sûr suite à l'article "Fleux - objets pops". Ce trophée, ça compte comme vache ou pas ?

 

Jimidi

Articles Récents

  • Bisounours et langue de bois
    Pour l’avoir déjà dit souvent, je peux le répéter ici encore une fois : je lis tout ce qui m’arrive, quelque soit la provenance et le contenu. Les sources sont assez diverses. Classiques : je lis ce qu’on me prête, ce qu’on me donne, ce qui tombe de ma...
  • La saga de Ote - Volume II - Le dirigeable
    La nature a horreur du vide, parait-il. Ça tombe bien : moi aussi. Après avoir terminé d'écrire le premier opus de cette saga (septembre 2014-->jullet 2015), un grand vide s'est fait. Je n'avais vraiment, mais vraiment aucune idée de ce dont pourrait...
  • Vivement que tous nos logement soient accessibles...
    Vivement que tous nos logement soient accessibles aux handicapés, qu'on puisse se faire livrer les courses par des robots. Ou par des handicapés, d'ailleurs.
  • J’étais tranquillement en route pour aller chez...
    J’étais tranquillement en route pour aller chez Dut quand je me suis avisé que l’aiguille de température d’eau indiquait plus de 100° et flirtait avec la zone rouge. J’ai continué à très petite vitesse jusqu’à un endroit où m’arrêter à l’ombre, avec l’idée...
  • Louons la Vache :
    Louons la Vache : 10 novembre 1966 Jean POIRET, humoriste, chante "Une vache à mille francs", une parodie de la chanson de Jacques BREL "Une valse à mille temps".
  • Non mais, franchement...
  • Je ne m'en lasse pas :
  • "Mais puisque je vous dit que mon attestation...
    "Mais puisque je vous dit que mon attestation d'installation d'un détecteur autonome avertisseur de fumée à BRÛLÉ dans L'INCENDIE provoqué par le fonctionnement défectueux de ce putain de détecteur ! "
  • On me les a demandé : les voilà, les pigeonneaux...
    On me les a demandé : les voilà, les pigeonneaux du balcon. J'avais l'impression que les petits, quelque soit l'espèce, étaient forcément au moins aussi beaux que les parents, voire plus - surtout les miens - mais quand tu vois ce désastre... Encore,...
  • Allo ? Y'a quelqu'un là haut ? Quand je disais...
    Allo ? Y'a quelqu'un là haut ? Quand je disais "on va tous mourir !" Je PLAISANTAIS ! C'est bon ? Tu peux remettre la clim ?