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19 janvier 2015 1 19 /01 /janvier /2015 13:37

 

Antarctique.jpg

 

Imagine ! Imagine un moment que, par un mécanisme climatique dont elle a déjà usé plusieurs fois par le passé, la Terre décide finalement de remettre son thermostat sur « froid ». Autrement dit : terminé le réchauffement climatique ; on reperd un ou deux degrés par an en moyenne, disons pour les cinquantes prochaines années.

 

Les climatologues au chômage. « Mais puisqu’on vous dit que nous ne faisons que CONSTATER. On avait des hypothèses qui se vérifiaient, allant dans le sens d’un réchauffement climatique. On constate maintenant le contraire. Ce n’est quand même pas nous qui... 

– Vous êtes virés. Et pendant que vous ferez vos cartons, si vous pouviez nous débarrasser des écolos ! Ha ha ! Sacrés farceurs !"

 

Le G20, réuni à Mandelieu-la-Napoule : « Nous sommes tombé d’accord pour contribuer chacun un max à l’effet de serre. On va se lâcher le CO2 comme jamais. Cramons dare dare tout ce qu’on peut en énergie fossile. Charbon welcome ! Nous n’entrerons pas dans l’hiver sans combattre. » 

 

Les plats pays voyant s’éloigner la menace d’une submersion : « L’eau se trouvant désormais de nouveau stockée sur les calottes polaires et les glaciers, on a vu le niveau de l’océan descendre d’un mètre, et c’est pas fini. Du coup, notre littoral s’est à la fois agrandi et déplacé, et du coup coup, nos zones économiques exclusives aussi. Nous sommes les nouveaux pays émergeant, les mecs ! »

 

L’économie de montagne : « Maintenant qu’à partir de mille mètres on est quasi sûr d’avoir de la neige à partir du 15 novembre et jusqu’au 15 avril, je te dis pas comme on se gave. Non parce que l’agriculture, c’est bon pour les cartes postales, mais ça paye quand même beaucoup moins que les remonte pentes. »

 

Les pays littoraux de l'océan arctique : "Le passage nord-est, on oublie. Il ne dégèle plus jamais. En revanche, on va pouvoir installer nos plates-formes de forage sur cette bonne grosse glace qui ne bouge plus et ça, c'est bien ! On a cinquante ans de pétrole et de gaz, là dessous ! » 

 

 

Les touristes : « La nouvelle côte d’azur est bien plus au sud, entre le Sénégal et la Guinée. De toutes façons, nous, on a vendu notre villa du cap d’Antibes. On en avait marre de se cailler et le bord de mer s’est barré à 2 kms. » 

25 décembre 2014 4 25 /12 /décembre /2014 11:13

 

 

Je n'avais jamais réalisé (ou alors j'ai oublié) à quel point les bébés ont des agendas de ministre. Ce n'est pas tant la nature de leurs activités - elles tiennent en une poignée de verbes, au premier rang desquels manger et dormir - plutôt leur emploi du temps. Tu as l'officiel, déjà très affûté, organisé sur 24 heures alors que pour nous, pauvres tâcherons de base, les huit heures de notre journée de travail sont bien suffisantes. Eux non. La nuit compte et même découpées en routines de trois ou quatre heures, en sub-programmes commençant invariablement par un biberon, 24 heures, ça fait pas mal de tranches. Dans l'officiel également, le découpage hebdomadaire. Les jours ordinaires des bébés se suivent, mais ne se ressemblent pas. Y'a les jours de nounou et les autres, les jours avec Mamy et sans, les jours du pédiatre, de la PMI, des visites, des audiences, consultations...

 

 

Mais ce qui réclame une vrai compétence d'attaché-es ministériel-les, c'est les aléas, les imprévus. Notre actuel ministre de l'intérieur a eu son lot de cinglés fonçant dans la foule - on imagine que ses projets et son agenda s'en sont trouvés chamboulés - les bébés ont leurs petits soucis de santé, leurs caprices de star et ces trucs connus d'eux seuls qui leur font imploser les plannings les plus affûtés. Et là, mais comme sous les ors de la République, j'imagine, il faut, quelque soit l'heure, la météo, le lieu, les ressources locales, pouvoir compter sur du personnel disponible pour assurer un repas chaud (équilibré) un transport confortable (si possible couché) une activité culturelle et sportive de bonne tenue, un divertissement irrésistible, le tout pour un temps indéterminé. Puis il faudra à ce même petit personnel dévoué, souriant malgré le manque évident de sommeil, tenter de revenir avec diplomatie à l'agenda officiel, sans froisser la susceptibilité de la haute comme trois pommes personnalité. Non, vraiment, chapeau. C'est un métier. 

3 décembre 2014 3 03 /12 /décembre /2014 19:44

 

 

 

 

Tu te rappelles que je suis engagé dans l’écriture d’un roman ? Mais si ! On en a déjà parlé. J’essaye de tenir la moyenne d’une page écrite par jour depuis le 01/09/14. Ça se passe pas mal mais je constate qu’écrire dans cette perspective à long terme est vraiment très différent du format « nouvelle », dont j’ai plus l’habitude. J’ai l’impression que pour tenir debout sur plusieurs centaines de page, une histoire doit être soutenue par une architecture beaucoup plus solide qu’un texte court, notamment en ce qui concerne sa chronologie, ses à-côté, sa cohérence interne...

 

Mais peut-être ai-je en la matière des exigences qui n’ont pas lieu d’être ? Après tout, quand le Petit Chaperon Rouge va voir sa mère-grand, on ne sait pas vraiment si c’est un jour de semaine ou férié, au printemps ou en été. Si je te demandais en combien de temps se déroulent Peau d’Âne, Cendrillon, La Belle au Bois Dormant, tu dirais quoi ? Une semaine ? Un mois ? Un an ? Plusieurs années ? Les trois petits cochons mangent-ils casher ? On s’en fout.

 

On s’en fout, parce que les textes courts sont des textes « de situation ». Les scènes succèdent aux scènes pour faire passer l’histoire par ses étapes obligées, en laissant de côté tout ce qui est inutile, y compris les précisions chronologique. D’ailleurs, tout ça est très bien résumé dans la formule : « Il était une fois ». On comprends bien que « Il était une fois, un mardi » ça n’ajoute rien d’utile pour le conte.

 

Pour les textes courts, le narrateur use et abuse volontiers des formules vagues : Plus tard, longtemps après, un beau jour etc. sans que ça dérange personne, après tout, on n’est pas dans la réalité, alors que les héros dorment de temps en temps ou pas, qu’ils sacrifient aux nécessités du quotidien ou pas, que leur compte courant soit à découvert ou pas, et qu’on leur servent du poisson le soir alors qu’ils en ont eut à la cafêt à midi ou pas, on s’en tape.

 

Mais on ne s’en tape plus quand on veut faire vraisemblable et c’est là que j’en suis. La vraisemblance me semble reposer sur un « assaisonnement » de détails, de précisions, dont on pourra d’autant mieux saupoudrer le récit que l’auteur aura eu soin de se raconter l’histoire au plus précis, au plus juste et bref, qu’il aura eu le soin, d’abord pour lui, d’entrer dans les détails.

 

Or, et c’est là que j’en suis également, je m’aperçois en écrivant ma fameuse page tous les jours en moyenne, que l’histoire, oui, je l’ai, du début à la fin, mais dans les grandes lignes. Autrement dit, je me la suis bien racontée, mais sur le mode « Il était une fois ». Du coup, j’arrête pas de buter, trébucher (pour mieux rebondir mon enfant) sur, sur, sur, des détails, mais qui impliquent que j’aille plonger dans les profondeurs voir comment tout ça tient ensemble (ou pas) pour pouvoir, une fois remonté à l’air libre et passé la tête hors de la surface de la page blanche, faire en sorte que ces détails soient cohérents entre eux et qu’ils « aillent ».

 

Alors bon, ce n’est pas « Dune » non plus - qui reste à mes yeux, inégalé en matière de construction d’un univers cohérent dans ses moindres aspects -  mais quand même. Les auteurs, les bons, les vrais, les grands, les autres, passent-ils par ce travail avant même de commencer d’écrire ? Aucune idée, mais perso, je m’amuse encore bien à me surprendre, les doigts en l’air, me demandant ce que tel ou tel autre personnage peut faire, précisément, après la scène que je viens de lui écrire.

 

 

1 décembre 2014 1 01 /12 /décembre /2014 19:51

 

 Cadeaux-de-Noel.jpg

 

Ça ne t’a pas échappé, à moins que tu n’aies passé les derniers mois en isolation sensorielle, Noël revient. Noël revient, et avec lui la question : « Quoi offrir à qui ? »

 

Ce ne sont pas les cadeaux qui manquent, du moins potentiellement, les prospectus et les magasins en sont plein. L’offensive est commencée depuis le 15 octobre. Tout regorge.

 

Ce ne sont pas non plus leurs destinataires qui font défaut. On a tous plus ou moins des proches, une famille, même toi, ce qui reste une inépuisable source d’étonnement. D’ailleurs, on n’aurait personne, la question QOAQ ne se poserait pas, ou serait limitée à ce que tu pourrais t’offrir à toi-même. La ciguë reste une option.

 

Ce qui manque, entre la moraine frontales de babioles irrésistiblement poussée par le glacier pas du tout en recul de la grande distribution et la foule à ensevelir sous la joie d'en avoir un peu plus, c’est le lien entre les deux, l’étincelle synaptique, celle qui va de tata Josiane au foulard acrylique motif perruches. Elle sait d’autant moins que tu vas lui offrir que tu ne le sais pas encore, puisque manque l’idée, la fameuse « idée cadeau ».

 

J’ouvre donc ici une bourse aux idées, pour y verser mes propres contributions.

 

Les cadeaux anonymes

 

Ils peuvent n'être anonyme qu’au moment de l’achat. Il y a plein de trucs qu’on peut acheter sans forcément penser à l’avance à qui les offrir. Citons en vrac, les boites de chocolat, les bougies, les casse-tête et les démonte-pneu.

 

Il y a une deuxième sorte de cadeaux anonymes - du moins au départ - c’est ceux que tu « produits » naturellement si tu fais quelque chose de tes dix doigts tout au long de l’année en plus de te gratter le nez. Perso, je suis très content d’offrir à Noël des exemplaires de Scribulations, la revue littéraires aux destinées de laquelle je préside. Tu dis ? Tu l’as déjà ? Alors là, si tu crois que ce genre de détail va m’arrêter...

 

Troisième sorte,  le cadeau anonyme à message. Là, tu sais TRES BIEN à qui offrir le truc et d’ailleurs, l’idée t’en est venue tout de suite en le voyant. Tu l’emballes joli, tu le glisses sous le sapin subrepticement en ayant eu soin de marquer le prénom de ta cible et tu prends l’air dégagé au moment de l’ouverture. « Ooooh ! Un rat crevé plus très frais, quelle surprise ! » Nan, mais ça marche aussi avec autre chose que les rats crevés. Attention d’ailleurs au message que tu n’as pas vu venir. Si tu offres un parfum à quelqu’un qui pue des pieds, ça passe, il ne fera pas forcément le lien. Si tu lui offres des semelles au charbon actif, mieux vaudrait anonymiser. Idem si tu offres un masque à gaz à la personne qui partage habituellement sa vie.

 

Les listes de cadeaux

 

Sous leurs dehors pratiques, les listes peuvent se révéler moins simples qu’elles n’en n’ont l’air. Elles sont bonne filles et veulent rendre service :  Tiens, c’est marqué là, t’a qu’à choisir. Mais tout le monde le sais pour en avoir été victime au moins une fois, diffuser une liste expose à ce que plusieurs personne décident, sans se concerter, de t’offrir la même chose. Si c’est des chocolats, ça va. Si c’est la Gifibox « forgeron » avec enclume et soufflet de forge, moins.  

 

Certains croient s’en sortir en diffusant auprès de toutes les personnes susceptibles de leur offrir un cadeau à Noël, des listes différentes et sans chevauchement. Toi, ça irait, on compte tes proches sur les dents d’une seule fourchette à gâteaux, mais pour n’importe qui ayant une vie sociale ordinaire, tu vois le boulot ? Là, ce n’est pas une poignée d’idées que tu vas devoir trouver pour toi, mais des dizaines ! Tu dis ? y’aurait un moyen simple de palier ? N’envoyer des listes ne comprenant qu’une seule idée ? Ça va pas être possible. C’est faire fi de l’ingrédient nécessaire à tout cadeau réussi : la surprise. Tu me diras, avec les listes, elle est limitée. Oui mais non. Les listes sont aussi faites pour donner « des idées d’idées », autrement dit, pour inspirer en peu en dehors, en restant dans le champ, mais pas exactement dedans et c’est d’autant plus facile quelle est longue. À quelqu'un qui aurait, je sais pas moi, mis sur sa liste un moteur, une carrosserie, quatre roues et un volant, il est facile d'offrir un déo sapin. 

 

L’autre difficulté de la liste, pour celui qui la dresse (je vais te dresser, moi !) c’est de constituer une liste de trucs qui fasse aussi plaisir - même si ce n’est pas autant -  à celui qui va te l’offrir. Tu t’en fous ? Ok, alors diffuse ta liste de courses, celle que tu prends pour aller à l’hyper, ce sera toujours ça de gagné. Qu’est ce qu’on va faire de vingt kilos de poivrons ?

 

Autre danger de la liste, c’est sa date limite de péremption. Non parce que je connais des gens qui gardent les listes d’une année sur l’autre, encore plus longtemps que Facebook tes données personnelles. Tu vois le hic ? Au rythme ou va ta vie, tu peux très bien ne plus avoir aucune envie de cette girafe qui couine, qui te faisais grésiller y’a pas si longtemps. Attention donc aux décalages. Les gens changent. Le cheval à bascule pour ton neveu, tu oublies, il passe son CAP installateur sanitaire et thermique en juin.

 

Comment le Père Noël s’en sort-il ? Ça reste un mystère. Mais j’avoue que ce serait quand même pratique qu’on pense à l’inventer en vrai. Tu t’endors la veille, tu te réveilles le lendemain, y’a des cadeaux sous le sapin et même pas une trace de suie. Pas besoin de listes, d’Amazon, de courir les boutiques, de se mettre la rate au cours bouillon.

 

 

Tiens ? Et un livre de cuisine « Mijotez les abats » ?   

 

 

 

 

 

 

 

12 septembre 2014 5 12 /09 /septembre /2014 14:56

 

 

 

 

Tu penses bien que la première chose dont je me suis inquiétée, dès mon retour de congés début août, ça a été de trouver des dates pour poser les prochains. Mon récap de congés m'informait très optimistement qu'il me restait 21 jours à prendre avant le 31 décembre. Des jours ouvrés. Il n'en faut que 5 pour la semaine, donc 4 semaines pleines à poser en quatre mois. Nickel !

 

Les ennuis ont commencé quand j'ai essayé de trouver concrètement quelle semaine m'absenter en septembre. Non parce qu'entre deux, tu penses bien que l'agenda commençait à se remplir. La première : pas possible, Anne n'était pas sortante de l'hosto avant le 4 ou le 5 au mieux. La deuxième : un peu juste, et de fait, comme elle est sortie le lundi 8, j'ai bien fait de ne pas poser une option sur celle-là. La troisième était jouable, à condition de bosser quand même le lundi matin et la quatrième pas possible : un incontournable le vendredi 26. Va pour la troisième, donc, avec le projet d'aller en Corse.

 

Puis j'ai dû renoncer à accompagner Anne en Corse. Elle, n'étant pas tenue par mes dates, envisageait de rester sur place une vingtaine de jours plutôt qu'à peine une semaine et elle a bien raison. Mais toutes les combinaisons « aller à deux en voiture, retour d'un en avion puis de l'autre en voiture » ou « Aller à deux en voiture et retour d'un en voiture, puis de l'autre en avion », ou « Aller des deux en avion, puis de l'un en avion et de l'autre en avion mais pas le même » se dont avérées hors de prix. Je m'étais donc fait à l'idée qu'elle y aille seule en me disant que bah, décembre n'était pas si loin et qu'on irait à deux à ce moment là.

 

Deux mot sur mon incontournable du lundi 15 septembre matin, celui-là même qui m'empêchait de prendre congé du vendredi 12 soir au lundi 22 matin : un rendez-vous avec le préfet – rien moins – auquel je devais accompagner un jeune demandeur d'emploi dont je m'occupe. 10 h lundi devant la Sous-Préfecture. Rendez-vous calé depuis la mi-juin. Confirmé auprès du jeune avec lettre de rappel partie avant hier.

 

Et là, aujourd'hui vendredi 12 septembre, coup de téléphone à 15 heures de Mme N. mon contact à la Sous-Préfecture : « Le Préfet n'est plus dispo à 10 heures et propose 9 heures. Ça va aller ? » J'appelle le gamin pour lui dire qu'on irait à 9 heures. Portable, rien, fixe du domicile : « Ah mais oups, on a oublié de vous appeler, mais Kevin est aux vendanges, il ne sera donc pas disponible lundi, ni de toute la semaine. »

 

Je te résume : je ne vais pas en Corse, afin de participer lundi matin à un rendez-vous entre le Préfet et un gamin, auquel ni le Préfet ni le gamin ne peuvent être présents.

 

 

 

8 septembre 2014 1 08 /09 /septembre /2014 16:10

 

 

 

 

 

 

 

Tu connais, bien sûr, cette expérience un peu étrange, de voir la réalité (ou plutôt la perception qu’on en a) affectée par une idée qu’on a en tête à ce moment là. Je dis « idée » mais ça peut être une humeur, une information, un événement, une obsession... L’exemple que je cite le plus volontiers à ce sujet est celui-ci : tu apprends qu’une personne de ton entourage très proche est enceinte et hop ! tu vois des femmes enceintes partout. Il s’agit bien d’une perception, puisqu’on peut raisonnablement penser qu’elles étaient déjà là avant, la proportion de femmes enceintes dans la population étant relativement constante. Tu dis ? Pas dans ta maison de retraite ? Oui, mais ils te laissent sortir de temps en temps non ? Bref, tu auras néanmoins compris l’idée. Tout se passe comme si cette grosesses, cette naissance attendue ajoutait un filtre à tes lunettes de vue. Oui, même si tu n’en porte pas. Cette « plasticité » du réel (perçu) est également sensible, par exemple les jours où tu broies du noir dès le réveil, les avions choisissant justement ce jour-là pour s’écraser sur tes chaussures, pour reprendre la formule de Coluche, et ta collègue porter la même robe que toi. De façon plus positive, le même phénomène me paraît à l’oeuvre – c’est le cas de le dire – quand, à l’occasion d’une expérience esthétique forte, ou significative, ou surprenante, tu trouves désormais de la beauté là où c’était indiférent. C’est ainsi, par exemple, qu’on ne peut plus voir certaines paysages autrement qu’à travers les impressionistes, ou certaines photos en noir et blanc qu’avec leur ressemblance (ou leurs différences) avec Doisneau. Mais pour en venir enfin à mon expérience de ce matin, ratée donc, j’ai essayé de voir si on pouvait provoquer délibérément cette perception filtrée. Je me suis dit avant d’entrer en réunion que je n’en retiendrais que ce qui pourrait servir pour l’histoire que j’essaye d’écrire actuellement. L’angle peut paraître étroit ; il ne l’est pas. Avant d’être profondément engagé dans l’écriture d’une fiction, tout manque ou presque. On a l’histoire, oui, dans ses grandes lignes, mais les paysages ? Les prénoms des personnages ? Leurs visages ? Leurs petites histoires ? Rien. Ça ne veut pas dire que la réunion n’était pas intéressante, plutôt l’inverse. Comme si, absorbé par l’objet de travail du jour, je n’avais pu passer dans cet état d’attention flottante propice à la roue libre du petit vélo qu’on a dans la tête. La prochaine fois peut-être ? Je te tiens au courant.

2 septembre 2014 2 02 /09 /septembre /2014 08:51

 

 

Brutal. Samedi, quasi personne dans les rues, de la place pour se garer partout, encore un air de mois d'août. Dimanche : boum ! Du monde partout (un dimanche matin !) et dix voitures devant moi à l'entrée de la déchèterie. Lundi, premier septembre donc, j'arrive au service sans noter de changement particulier par rapport à tout ce mois où on s'est fait un peu ch... sué, faut bien le dire. Z'étaient tous massés dans la cuisine. Foule. Plus assez de chaises. Passé un quart d'heure à faire des bises à presque tout le monde (il me reste un collègue homme).

 

M'en fout, j'ai commencé un nouveau roman, en choisissant exprès la date du 1er septembre pour en jeter les premières ligne. Une date facile à retenir (voir article précédent.) L'idée m'en trottait dans la tête depuis cet été, après avoir lu plus de quatre mille page de Pierre Bottero. Me suis dit que ça ne devait pas être trop compliqué d'imaginer un monde qui pourrait servir de cadre à une saga. Oui mais lequel ? A bien y réfléchir, et pour rester dans ce que j'aime, ce serait plutôt dans le genre SF, voir un chouia post-apocalyptique et c'est bon, je le tiens. J'ai également mes personnages principaux et j'ai choisi de m'inspirer délibérément de l'intrigue des 7 samouraïs/7 mercenaires. Oui,bon, comme point de départ, parce qu'à l'arrivée, à part le village, il ne reste plus grand-chose de ces très belles lignes directrices.

25 août 2014 1 25 /08 /août /2014 16:26

 

... alors qu'elle parlait de ce qu'ils avait regardé ces jours à la télé, ou pas. "Il y avait aussi un truc sur la guerre de 14-18, mais on ne l'a pas regardé. (Un temps) Ma mère avait perdu un frère de vingt ans à cette guerre, un oncle aussi, mais qui était gradé. Mon père l'avait faite, dans les tranchées ; il n'en parlait jamais. (Un temps) Une seule fois, il a dit : "Quand les obus tombaient, ça balançait autant de terre que de chair humaine." (un temps) Finalement, tu lui ressemble assez : il avait beaucoup d'humour et ne parlait jamais de lui."

 

Maintenant c'est sûr : ma mère ne lit pas mon blog.

18 août 2014 1 18 /08 /août /2014 21:03

 

 

 

 

Pour moi, surtout a posteriori, c’est que qu’on a appelé le « printemps arabe » qui fait symptôme. Un printemps qui a vite tourné à la volée de bois vert pour ceux qui espéraient et attendent encore que la démocratie et les droits de l’homme émergent des dictatures précédentes, ou de celles les ayant remplacées. Que ça fait mal de voir de légitimes aspirations précédemment confisquées l’être de nouveau, là par des militaires, là par des partis islamistes, là par des dictateurs qui se cramponnent, là par un roi et partout par une situation socio-économique dans laquelle le plus grand nombre se trouve privé de tout, au profit d’une minorité. Actuellement, on dirait que trois points chaud se disputent le podium de la gueule de bois. Gaza, pionnière locale dans la confiscation de la démocratie par le processus démocratique même, mais on peut constater en France et en Europe avec le Front National que la démocratie est très fragile vis-à-vis de ce noyautage. La Syrie où, on croit rêver, le tyran en place, après avoir mis son pays à feu et à sang, apparaît comme le dernier rempart contre les récents enragés apparus dans le décor, l’islam entre les dents. D’ici à ce qu’on décide de le réarmer, y’a pas loin. Et enfin l’Irak, où après que les américains aient ouvert la boite de Pandore, tout le monde s’étonne de voir ce qu’il en sort. On en est à fournir des armes européennes aux kurdes. Ce sera quoi la récompense pour bons et loyaux services rendus à ceux qui n’ont plus les forces politiques d’aller faire la guerre eux-mêmes ? La création d’un état autonome kurde ? Mmmm ! Les quatre pays qui se partagent actuellement la région vont adorer. On reste, et moi le premier, dans une sorte de sidération molle. Ça va tellement mal dans ces coins là (sans parler des autres coins) et selon des modalités qui échappent tellement aux schémas dont on nous a farci la tronche (ce qu’il y a de sûr, c’est qu’on peut oublier les bons contre les méchants) qu’on ne sait plus où ni comment donner de l’indignation. En attendant, nos frères, nos sœur, nos prochains, nos lointains dégustent sacrément. 

29 juin 2014 7 29 /06 /juin /2014 09:12

 

 

 

À Lou, affirmament que je n’aimais pas la poésie, j’ai répondu qu’elle, si. Le problème étant plutôt ce qu’en font font font les petites marionnettes des poètes auto-proclamés et leurs poèmes. Manque de bol, ma remarque est tombé sous l’œil d’Alphonse Salafia - pote poète - et il me demande (amygalement) de m’expliquer.

 

Ce qu’il te faut savoir, cher lecteur, c’est que pour moi, écrire, dès le début et pour une bonne vingtaine d’année, ça a été écrire de la poésie. Ne vois là aucune prétention d’expertise, c’est juste pour dire que le sujet me préoccupe de longue date. Depuis, j’ai exploré d’autres genres, tout particulièrement la fiction et je préside même aux destinées d’une revue littéraire dans laquelle sont régulièrement publiés Aline Fernandez, Jean-Marc La Frenière, Alphonse Salafia, Gabriel Henry… tous plus poètes les uns que les autres.

 

Tout ça pour dire que je ne suis pas en guerre. Je ne mène aucune croisade pro ou anti. Après tout, si certains restent persuadés que pour « faire poème », il suffit de passer à la ligne quand il faudrait une virgule, commencer son vers par une majuscule et le finir par un mot désuet mais plaqué or, c’est leur affaire. Mais pour essayer de faire comprendre ce qu’est pour moi la poésie, le plus simple est de partir de ce que je crois : La langue, le langage m’apparaît comme un organisme symbiote. À ce titre, le langage est si intimement attaché à chacun d’entre nous qu’il fait partie de notre personne. Écriture manuscrite, voix, vocabulaire, style : c’est nous. Mais il n’est pourtant ni totalement notre création ni notre propriété puisque nous l’avons appris, que nous partageons notre langue maternelle avec plein d’autres et qu’au final le langage signe notre appartenance à l’humanité.

 

Là, bien sûr, on pourra penser que l’espèce humaine n’est peut-être pas la seule espèce animale dotée du langage et que les machines ne sont peut-être pas très loin de disposer du leur. Mais ça vient plutôt à l’appui de ma thèse : comment s’étonner qu’un organisme symbiote cherche de nouveaux hôtes ? Pour nous comme ailleurs, pour le langage comme pour les autres organismes symbiotes, l’association est à profit mutuel : à nous, grâce à lui, la capacité de penser, de dire, d’écrire, de communiquer. À lui, grâce à nous, les bénéfices attendus par n’importe quel organisme de n’importe quelle espèce : croître, s’adapter, prospérer, se diversifier, se reproduire.

 

Et la poésie alors ? On y vient. La poésie, je la vois, je la sens, je la ressens quand le « curseur » de l’expression quitte la zone de service de l’auteur, où elle est utilisée comme outil, comme véhicule du discours, de l’exposé, et que l’expression quitte également la zone opposée du foisonnement formel, de la recherche, de l’exploration, pour se situer pile poil au point d’équilibre entre les deux. Autrement dit, le poème me touche quand il témoigne de la symbiose, quand le poète ne parait pas tordre le bras de la langue pour lui faire avouer on ne sait quoi (son grand âge ?) mais également quand le poème n’apparaît pas comme du langage désincarné, sans rien ni personne derrière.  C’est donc bien entre le poète et le poème qu’apparaît la poésie*, à distance identique des deux, mais les réunissant, témoignant également de l’être et du langage.

 

 


 * On pourra remplacer par "auteur" et "texte", également par "réalisateur" et "film" etc. La poésie n'est pas l'apanage de la langue ; plutôt de l'expression. 

 

 


 

 

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