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6 septembre 2013 5 06 /09 /septembre /2013 16:50

 

Quelques souvenirs de la guerre de 1914-1918 - Photo d'Alph

 

 

J’ai peu connu mon grand-père paternel, Alphonse Dutey, instituteur, directeur de l’école primaire de Pinay (Loire). Je revois son visage rond et ses yeux étrangement clairs. Je n’ai de lui, pour héritage, que les six volumes du Larousse du XXe siècle dont j’avoue ne plus user quotidiennement depuis Google. L’eussé-je connu plus longtemps, il ne m’aurait sans doute pas raconté ce qui suit. J’ignore d’ailleurs à quelle date il s’est livré à l’exercice, peut-être cathartique, de raconter sa guerre, mais j’ai trouvé son récit, établi par mon frère à partir de l’original écrit à la main, assez hallucinant pour figurer ici. Oui, bon, c’est un peu long, mais son récit couvre quatre années. Le début de la grande guerre, c’était il y a pile cent ans.

 

 Quelques souvenirs de la guerre de 1914-1918 - Manuscrit d'

 

Quelques brefs souvenirs de la guerre 1914-1918 par Alphonse Dutey, instituteur, ancien élève du Bataillon de Joinville

 

Depuis l'attentat de Sarajevo, la guerre était dans l’air. Les esprits lourds d'angoisse attendaient anxieux que le fatal événement éclatât. Enfin, le son lugubre de toutes les cloches annonça l'inévitable et affreux événement.

 

Le dimanche 2 août était le premier jour de la mobilisation générale. Je devais rejoindre, le lendemain, mon régiment de mobilisation, le 5e Colonial à Lyon. Mes frères Claude et Joannes ne tarderaient pas à partir à leur tour et ma mère allait rester seule ayant déjà conduit à la tombe ses quatre aînés. Quel affreux cauchemar pour elle et pour nous tous !

 

À Lyon, rapidement équipés, le Commandant, dans une allocution courageuse, les quatre compagnies en carré autour de lui, nous dit : «Mes enfants, vous êtes tous sacrifiés, vous saurez faire votre devoir! » Bientôt débarqués près d'Épinal nous prenons la direction NE. et ne tardons pas à retrouver quelques soldats morts. Le 8 août tombent nos premiers blessés. L'avance se poursuit jusqu'en Lorraine. Une borne frontière avait été arrachée.

 

Le 18 août, les premiers obus passent en sifflant au-dessus de nos têtes. Instinctivement, nous nous couchons. À Walcheit, près de Sarrebourg, la population lorraine nous reçoit fraternellement, puis nous allons prendre position sur un plateau au-delà du village. Envoyé en patrouille et après une longue reptation, j'atteins l'orée d'un bois. Caché derrière un buisson, j'entends dans les environs immédiats, des patrouilles allemandes. Devant moi, j'aperçois une foule de soldats allemands faisant la grande halte. Des officiers circulent à travers la troupe occupée à faire chauffer le « rata». Quelques pièces de canon semblent monter la garde. Une mitrailleuse aurait fait de la belle besogne avant que l'ennemi ne se ressaisît.

 

Le 19 août, déployés en tirailleurs, nous sommes survolés par le premier avion qui indique notre position puis bientôt l'ennemi attaque en rangs serrés. Apres avoir laissé une soixantaine des nôtres, nous nous replions en vitesse et en déroute à travers les balles et les obus qui crachent de tous côtés. Arrivés dans un chemin creux, j'attends la nuit pour aller plus loin. De nombreux cadavres parsèment le champ de bataille. « Halte-là ! » crie une voix. Nous passons la nuit dans cet avant-poste.

 

Nous nous repliions constamment  et marchions  lentement toutes les nuits, presque à la queue leu leu. Le jour nous étions harcelés par l'ennemi qui nous suivait. Un camarade tombe côte à côte et vomit le sang.

 

Le 24 août, on arrive en vue de Baccarat. Une maison que je quittais s’écroule près de moi, je vois tomber mon troisième capitaine depuis cette campagne. Quelques jours après, nous prenons position au Col de la Chipôte.

La lutte continue, implacable, et les rangs s’éclaircissent, malgré les renforts arrivés de l’arrière.

 

Le 30 septembre nous sommes dans la plaine de la Voëvre au pied des côtes de Meuse. Mon lieutenant est frappé à mort au cours d'une patrouille dans le villaged'Apremont. Nous nous déployons en ligne de tirailleurs au pied des collines occupées par les Allemands et commençons à la lueur du jour naissant, avec nos petites pelles-bêches, une petite tranchée. Le jour se lève frais et clair et notre terrassement à bientôt la hauteur d'un sac. L'ennemi, en face, nous voit et nous laisse faire. Mais, tout à coup, après un commandement donné, une grêle de balles et d'obus nous fait en cinq minutes 95blessés ou morts. « Sauve qui peut! » crie une voix. Ceux qui essaient de fuir tombent aussi assassinés par les balles meurtrières. Je pense: « La guerre! quel assassinat ! Voila ma fin ! » Je me couche, face à l'ennemi, le visage dans la terre, mon sac bleu sur la tête, et j'attends. Une balle traverse mon sac de part en part.

J'attends que l'orage de projectiles soit un peu calmé. Au bout d'un long moment, la fusillade se fait moins dense et le brouillard du matin venu à notre secours me permet de me replier. Tous les officiers sont morts, il reste un sergent sur 8 et 3 caporaux sur 16. Le sergent prend le commandement de la compagnie.

 

Le 2 octobre sous la direction du Colonel Marchand, nous repartons à l'attaque à Loupemont et subissons de lourdes pertes sans aucun profit.

Puis le secteur revient plus calme. À trois kilomètres d’Apremont et de Loupemont nous ne renouvelons pas nos téméraires attaques et restons la dans les bois de la plaine de Voëvre. La nuit nous occupons des petits postes. Au cours d'une vaccination à Giranville, ayant été signalés nous subissons les démoralisants bombardements d'obus de 340. Malgré ma fièvre, je vais reprendre la garde de nuit aux avant-postes. Nous construisons de maigres abris qui toujours se remplissent d'eau et nous chassons nos poux sur notre unique chemise. Pas de correspondance de l'intérieur. Quelle vie! Le ravitaillement même paraît nous oublier.

 

Vers la fin de décembre, nous changeons de secteur pour aller en Argonne au Bois de la Grurie près de Vienne­-la-Ville. Les soldats que nous rencontrons semblent sortir d'une mare de boue. Nous allons les relever.

Je ne connais rien de plus épouvantable que les six jours passés dans cet enfer de glaise, d'eau et de feu. Rien pour s'asseoir, les pieds dans l'eau sous la mitraille violente et ininterrompue. Plusieurs soldats sont devenus fous. Il fallait protéger les culasses de nos fusils avec nos cravates pour pouvoir s'en servir quand d'autres seraient enrayés par l'argile... Il pleuvait et nous n'avions pour boire que l'eau que nous allions chercher à proximité dans les trous d'obus. Les malades ne sont pas reconnus, même ceux que l'on doit porter à cause de leurs pieds gelés ou enflés. Chaque capote pèse une vingtaine de kilos malgré qu'on en raclât la boue avec nos couteaux. On profite des sacs des macchabées pour se ravitailler. Il y en a des centaines un peu partout.

Les hommes épuisés, le régiment a dû être relevé. Nous allons au Four-de-Paris près de La Clalade et tour à tour on occupe toujours en Argonne le ravin de Fille-Morte, le secteur du fer-à-cheval, le Plateau de Bolante. C'est toujours la guerre de tranchées avec de meilleures conditions climatologiques. On avance de quelques mètres que l'on reperd par la suite et on est toujours la en attendant une mort qui ne vient pas.

 

Au début d'avril les Allemands voulant sans doute honorer comme il se doit leur Kronprintz attaquent violemment mais ils paient cher leur maigre succès.

 

Le 15 avril une balle malencontreuse me traverse le bras gauche. Un pansement au poste de secours, je reviens rejoindre mes camarades. Nous sommes bien des sacrifiés.

La guerre fait rage sous toutes ses formes: bombardements de mortiers, crapouillot, guerre de mine, coups de mains, etc.

Sur deux kilomètres de front, nous avons une soixantaine de mines. Chaque jour il en saute quelques-unes aux avant-postes. Dans une ruine, mon sergent s’étant munie [sic]d'une lampe de poche a trouvé la mort à huit mètres sous terre, abattu par un coup de revolver. L'ennemi était encore là.

Un jour, me reposant dans une excavation de la tranchée recouverte de branchage, une bombe me tombe dessus mais le percuteur n'ayant pas rencontré de corps dur n'a pas pu faire éclater la bombe, sinon j’étais réduit en petits morceaux et porté disparu.

Et la guerre durait toujours, elle était sans fin. J'aurais tout donné pour pouvoir embrasser ma mère à qui je pensais souvent. Seule une blessure grave mais non mortelle pourrait me donner cette satisfaction. Je la souhaitais et l’espérais.

 

Le 14 juillet 1915 devait combler mon désir. Les troupes françaises déclenchent une formidable attaque. C'est au cours d'un bombardement réciproque que je reçois comme un formidable coup de crosse sur le côté. Je ne suis pas blessé, mais un éclat avait percé mon bidon de fer blanc et l'eau s’était répandue comme d'un arrosoir.

La deuxième section partie la première à l'attaque n'avait pu atteindre son but et tous ses hommes étaient tombés entre les deux lignes distantes d'une vingtaine de mètres mais protégées par des barbelés. J'allais à mon tour franchir le parapet et subir le même sort, quand in extremis le contre-ordre est donné. C'est alors un duel à mort à la bombe à main. J'en avais 15 pour ma part. Soudain une bombe ennemie tombe à  mes pieds. Vais-je la rejeter avant qu'elle éclate ou essayer de fuir. Mais à peine ai-je fait trois ou quatre mètres qu'elle éclate et que je me sens blessé surtout le corps. Les premiers soins donnés par un officier m'empêchent de me saigner sur place et je suis alors évacué sur un brancard. À l’hôpital anglais de Nevers où j'arrive, on constate que j'ai 46 blessures.

Ma mère informée de mon hospitalisation vient me voir avec sa sœur de St Etienne. Elle est contente de me revoir. Pauvre Maman! Moi qui pensais ne jamais la revoir.

Mais il faut de la place dans les hôpitaux. Apres m'avoir enlevé sur la table d'opérations un dernier éclat dans le dos, je pars le lendemain en convalescence de quatre jours avant de rejoindre sous des pansements le dépôt des convalescents à  la caserne Serin à Lyon où je suis proposé pour un conseil de réforme.

Déclaré inapte à l’infanterie, je rends mes galons pour passer au Train des équipages puis dans l'aviation. Esca­drille F2p [?].

J'avais l'espoir d'être un jour aviateur. Le capitaine Personne, informé de mon désir, m'emmène avec lui pour une mission de reconnaissance. Convaincu d'une certaine aptitude d'observation en vol, ma demande pour devenir bombardier mitrailleur sur avion est alors acceptée. Apres un court stage à l'Ecole de tir aérien de Cageaux dans les Landes et un certain nombre de vols sur les lignes, je deviens un aviateur breveté avec la spécialité de bombardier mitrailleur. Si de nouveaux dangers m'attendaient, je n'avais pas à supporter cette vie épouvantable des tranchées. Je faisais de mon mieux mon métier d'aviateur et je regagnai rapidement les galons de caporal puis ceux de sergent.

Au cours de mon passage et l'escadrille F2p, j'ai eu trois appareils brisés au cours d'atterrissages malencontreux.

Un jour, ou plutôt une nuit, je suis remplacé dans une mission par un officier qui devait mourir carbonisé à l'atterrissage après l'explosion d'une bombe. Il venait donc de me sauver la vie.

Je ne savais pas que quelques jours après j'aurais subir [sic] le même sort, si ... Voici les faits : en revenant d'une mission dans la région de Laon, j'aperçois tout à coup qu'une bombe était restée accrochée par les ailettes. De retour au sol nous allions donc sauter et griller comme nos prédécesseurs.

Mon Dieu ! Que faire ? Je pensais : je vais sauter d'avion; peut-être que dans ma chute je pourrai détacher la bombe et sauver ainsi l'avion et son pilote. De toute façon, j’étais perdu. Ma résolution est prise : Je sors de l'avion en plein vol (j’étais un précurseur dans ce genre de sport). Apres bien [des] précautions et des difficultés, je parviens à atteindre la bombe fixée sous les plans de l'appareil. Je lui donne un violent coup de pied. Miracle! La bombe se détache. Un cri formidable prévient le pilote. J'ai la chance de pouvoir remonter dans la carlingue. Nous étions sauvés.

 

Une autre fois, un ennui semblable m'est arrivé. Une bombe, au cours d'une mission, se débouche par le percuteur et refuse de tomber. J'ai eu assez de chance de pouvoir la maintenir dans mes bras et de l'empêcher d'exploser à l'atterrissage, mais j'avais tant respiré de gaz toxiques que j'ai dû être hospitalisé.

 

Une autre fois par un froid glacial j'eus le visage et surtout le nez gelé. J'en conservai les traces rouges pendant plus de six mois.

Une autre fois au-dessus de St-Quentin, les nuages éclairés par de puissants projecteurs allemands étaient tout rouges. Tout était rouge et paraissait en feu. Mon pilote est ébloui et perd la direction du sol. L'avion se met en vrille. Impossible de redresser ces lourds appareils de bombardement. La mort est dans une minute. Enfin, après bien des efforts du pilote, l'appareil se redresse et reprend son vol normal.

 

Une autre fois, par un froid glacial la glycérine qui baigne la boussole s'était figée et empêchait son fonctionnement. Mon pilote se fiant à sa boussole avait pris une fausse direction : le désaccord règne dans notre petit équipage, lui se fiant à sa boussole et moi à l'étoile polaire. Nous nous écartons considérablement au point de ne plus avoir la carte des régions maintenant survolées. Un vent d'Est soufflait fort et nous dérivait énormément ; il fallait marcher plein nord pour suivre sensible la direction Est-Nord-Est. C'est par miracle que j'ai pu retrouver le terrain et atterrir. Résultat : mon pilote ayant eu trop peur était fou à l'atterrissage.

Une autre fois encore, mon pilote engoncé dans sa combinaison a accroché par inadvertance les manettes donnant l'air supplémentaire à ses moteurs aux hautes altitudes. L'appareil chargé de 500 Kg de bombes ne peut s'élever. Ne pouvant prendre de la hauteur mon pilote revient au terrain mais « il est trop court» et doit se poser un peu avant. Passant malheureusement sur un silo ouvert de pommes de terre ou de betteraves nous faisons une belle omelette. Je me retrouve dans la carlingue les jambes en l'air et mon pilote étendu sur le sol après un vol plané. Il avait été simplement éjecté de l'appareil. Mais les bombes bien maintenues par le cran de sécurité que je n'avais pas enlevé n'ont pas éclaté. Nous n'étions même pas blessés.

 

Parfois on subissait les bombardements de l'aviation ennemie : à Bar-le-Duc, à Vadelaincourt, à Noyer près de Revigny. C'était un moment d'émotion à passer.

 

Enfin, le 10 novembre 1918, à La Cheppe, je devais voler avec un capitaine d'Etat-major élève qui n'aurait pas manqué de prendre la direction de la mission. La nuit était affreuse, mais il fallait « sortir» coûte que coûte. Je n'avais pas confiance dans les qualités d'observateur de cet officier, je craignais, je redoutais un malheur. Dans un ciel noir d'encre, tout égarement devient fatal. Après avoir attendu en vain la moindre éclaircie, le bombardement est annulé. Il était 3 heures.

 

Quelques heures après, nous apprenions l’armistice. La guerre était finie. J’avais sauvé ma « peau ».

 

 

 

2 février 2013 6 02 /02 /février /2013 17:45

 

 

Timbre meilleurs voeux - le carnet de Jimidi

 

C’est la conséquence de l’envoi très, trop tardif de nos cartes de vœux : certains d’entre toi ont répondu également tardivement. Promis, on fera beaucoup miœux l’année prochaine. D’autant que cette année, y’en a une bonne vingtaine que j’avais prévu d’envoyer, mais non. Quand c’est vraiment trop tard, c’est vraiment trop tard. C’est peut-être également pour ça que tout le monde n’a pas répondu. Ou alors tu as déménagé. Ou alors tu es mort. Bah ! Je ne tiens aucune comptabilité des vœux envoyés et des réponses parvenues. N’ai donc aucun scrupule à n’avoir pas répondu (surtout si tu es mort). Si ça se trouve, je ne m’en suis même pas aperçu. Je te souhaite à tous quand même le meilleur pour l’année 3, 2,1,0… 2013 ! 

 

 


30 mai 2012 3 30 /05 /mai /2012 18:43

 

Cadeau de Lou - déjà un an - Le carnet de Jimidi

 

 

 

Letrine D (Rose Lou) Le carnet de Jimidi’où l’on peut déduire que cette année, chez Lou, les roses sont un chouia plus tardives que l’an passé. Quoique... Mai 2011, c’est pas le mois où il n’avait absolument pas plu ? Auquel cas, les fameuses roses étaient peut être en avance alors et à présent à l’heure... Va savoir ? Tout ça pour dire que sur Facebook, où décidément il campe, Lou affiche la première rose « Jimidi », une rose framboise-citron, ou groseille-noix de coco, que j’affectionne tout particulièrement. D’ailleurs c’est simple : dès que j’ai un jardin à moi, je monte chez Lou lui piquer nuitamment son rosier. La date est déjà fixée, ce sera entre un 22 et un 30 mai. Un mardi.  Il y a donc un an quasi jour pour jour, Lou m’envoyait une rose et une balayette de chiotte.

 

 


15 février 2012 3 15 /02 /février /2012 23:16

 

Carte de soie 2012 - a

 

 

(Cet article fait suite à plusieurs autres, dont un titré : Voeux 2012 : c'est parti ! )

 

 

Deux cartes en papier de soie restaient « en course », sur les huit. Me demandez pas ce que sont devenues les six autres : je n’en sais rien. Sur ces deux là, une m’est revenue, ayant pas mal souffert des voyages, même s’il ne semble pas qu’elle ait quitté la France, Corse incluse. C’est elle qui sert d’illustration à ce billet.

 

L’autre est partie aux USA, elle en est revenue, et après une escale à Angers, elle est repartie dans le Sud Est Asiatique. La reverra-t-on ? Nul ne le sais.

 

Je ne sais pas trop quoi en penser...

 

Ce qu’il y a de sûr, c’est que le plus intéressant, sur la carte elle-même, ce ne sont pas les « contributions graphiques », timides, mais le support était d’une telle fragilité..., non, ce sont les adresses, les timbres, les cachets de la poste. Mais je ne peux évidemment pas les reproduire ici.

 

Bah, il reste quelques mois pour trouver un support qui voyage mieux...

 

Carte de soie 2012 - cCarte de soie 2012 - b

5 janvier 2012 4 05 /01 /janvier /2012 21:31

 

Alors voilà. Dans l’enveloppe et quand on la sort, ça donne ça :

 

Carte de voeux 2012 - pliée - Le carnet de Jimidi

 

Et quand on la déplie, ça donne ça :  

 

Carte-de-voeux-2012---depliee---Le-carnet-de-Jimidi.jpg

3 janvier 2012 2 03 /01 /janvier /2012 12:36

 

Cartes-de-voeux-2012-sous-enveloppe.jpg

 

Lettrine--N-la-bamba--Le-carnet-de-Jimidi.jpgon, mais les cartes en papier de soie, tout ça, très bien, sauf qu’au rythme où elles voyagent (de Munich), vous allez recevoir mes voeux vers 2014. Pi y’a des tas de gens que je connais qui ne comprendraient pas pourquoi cette année et cette année seulement, depuis plus de trente ans, ils n’ont pas reçu notre carte, toujours pétillante de bon goût, d’originalité et de modestie. Donc, j’ai quand même doublé les cartes Michelin désirables, mais déchirables, d’un envoi plus classique. Ceci dit, j’ai quand même racheté DEUX rouleaux de 5m de papier de soie, et on va voir ce qu’on va voir !

28 décembre 2011 3 28 /12 /décembre /2011 08:41

 

 

Laure - Courrier - 3

 

Laure - courrier - 1

Laure - courrier - 2

 

 

 

Les andouillets d'un renne ?

21 décembre 2011 3 21 /12 /décembre /2011 23:49

 

Thycia Hardelay - 1 - Le carnet de Jimidi

 

 

Lettrine--T-ancien-.jpg

 

hycia Hardelay est venue de Paris remettre à un de nos stagiaires le prix qu’il avait gagné au concours national d’art postal qu’elle anime chaque année. Il n’avait pas pu aller à la cérémonie de cloture. Avant qu’elle ne reparte par le train, je lui ai offert un exemplaire de Scribulations 01/11. Quand j’en ai marre de les vendre, je les donne. Elle a apprécié le geste. Elle a également apprécié la revue et en remerciement, m’a envoyé ce « courrier », composé d’un boîtier carton richement décoré, contenant une sorte de carnet relié, avec une lettre écrite à la main à l’encre turquoise, une petite enveloppe contenant des trésors et une autre enveloppe fermée par deux mini petites pinces à linge, contenant également des trésors.

 

Thycia Hardelay - 3 - Le carnet de Jimidi

Thycia Hardelay - 4 - Le carnet de Jimidi

 


Les mots ne comptent pas dans cet envoi, en tout cas moins que le geste Ce dont il parle vraiment, c’est d’un monde que tous les accros de la papeterie (dont je suis) connaissent bien puisqu’ils y sont chez eux. C’est un monde moitié paradis perdu, moitié terre promise, un monde de grimoires, d’enluminures, de parchemins, de lettrines, de cachets à la cire, de calligraphie, de reliures pleine peau, de vélin, de papier à la cuve, de palimpseste, de dorures au fer, de plumes d’oie trempées dans des encriers de verre biseauté remplis d’encre violette, rouge sang, turquoise, émeraude. La lumière de l’aube traverse le vitrail du souvenir et pose au hasard du cabinet de travail des taches de couleur interrogatives allongées par les angles des boiseries.  

 

C’est chez moi. C’est chez elle. C’est peut-être chez vous également. Nous ne nous connaissons pas mais peut-être avons nous ce même mal du même pays.

 

Thycia Hardelay - 2 - Le carnet de Jimidi

 

Illustration : La lettrine vient de chez Claire Travers, dont le carnet est absolument magnifique.

10 décembre 2011 6 10 /12 /décembre /2011 12:30

 

 

 

Lettrine--E-Carl-Kleiner-.jpg

 

 

 

 

 

 

 

ngagé depuis quelques temps déjà dans un programme d’austérité domestique consistant à traquer la dépense inutile dans les recoins d’un budget exsangue, j’ai résilié mon contrat avec France Loisir. Je reçois en retour une lettre signé Anne Perez, Directrice relation client, qui commence en ces termes :

 

Cher Monsieur,

 

J’apprends que vous souhaitez quitter le club et j’en suis sincèrement désolée. Je me sens personnellement responsable lorsqu’un adhérent décide de partir et je me demande toujours ce que nous aurions pu faire pour mieux répondre à ses attentes. Oui, vous allez nous manquer. Nous avions beaucoup de plaisir à vous compter parmi nos meilleurs adhérents... et nous n’avons qu’une envie : vous convaincre de rester une année encore parmi nous. (...)

 

Suit une proposition commerciale intitulée « Nouvelle formule club » consistant à devoir acheter quatre livres par an au lieu d’un par trimestre.  Tu dis ? C’est pareil ? Pas du tout, du tout, parce que là, grâce à un privilège auquel Mme Perez espère que je soit sensible, je pourrais ne rien acheter du 1er janvier au 30 décembre et me rattraper en prenant quatre bouquins à la fois le 31 avant minuit.

 

Ce que Mme Perez ne sait pas, c’est qu’en sus de la rigueur budgétaire domestique dont je parlais, j’avais de plus en plus de mal à trouver un livre, un vrai, dans l’océan de niaiseries publiées par son club. Je ne suis donc pas surpris de retrouver dans sa lettre le « pathos » dans lequel s’embourbe ses ouvrages, mais il m’incline à penser que loin de s’adresser à moi, malgré ses apparences, sa lettre parle plutôt d’elle. Du coup, on pourrait en imaginer d’autres...

 

 

 

Cher Jean-Marie,

J’ai peine à croire que tout soit fini entre nous. Depuis notre rupture, j’examine à la lumière brutale de son annonce les longues années de notre liaison, à la recherche d’une faute dont je serais personnellement responsable, me demandant en quoi j’ai failli à tes attentes. Oui, tu vas terriblement me manquer et c’est dans l’ultime espoir de sauver ce qui peut l’être encore entre nous que je t’adresse la proposition ci-dessous (...)

 

 

Dis donc, mon coco,

Si tu crois que tu vas t’en tirer comme ça, tu te goures. Je ne sais pas où tu as été chercher que dans notre liaison, c’est toi qui décidais, mais voilà une initiative qui mérite une sévère punition. Tu vas me faire le plaisir d’accepter la proposition ci-dessous, et vite ! mais tu ne couperas pas à quelques coups de fouet, vilain, vilain garçon (...)

 

 

Monsieur,

Alors comme ça, vous vous y mettez aussi ? Je surveillais depuis un bon moment le petit manège de vos semblables, aussi ne suis-je pas surprise de votre coup-bas : je m’y attendais. Je vous imagine savourer par avance votre victoire. Ne vous réjouissez pas trop vite. J’ai votre nom, votre adresse et je me propose de transmettre ceux-ci sans délai a des gens haut placés que je connais, qui sauront effacer définitivement votre petit sourire satisfait, à moins que vous ne souscriviez à la propositions ci-dessous. (...)

 

 

 

Cher, cher Monsieur,

L’annonce de votre retrait tombe vraiment mal. C’est déjà la dixième aujourd’hui, et je crains que cette goutte d’eau ne fasse déborder le vase. Je crois que je ne suis vraiment pas faite pour ce travail et peut-être même plus pour cette vie. Tous ces gens qui me fuient, c’est vraiment trop dur, je ne le supporte plus. Toute petite déjà, j’avais beaucoup de mal à voir maman s’éloigner à l’heure de la sieste, alors maintenant, vous pensez ! J’envisage sérieusement d’en finir une bonne fois. C’est donc dans l’ultime espoir que vous puissiez me raccrocher à la vie que je vous lance la proposition ci-dessous. (...)

 

 

Ah merde !

Tu fais chier ! Qu’est-ce qui te prends, bordel ? Tu crois que j’ai que ça à foutre d’essayer de raccrocher des connards qui se tirent ? Écoute moi bien, crétin : je t’adresse ci-dessous une proposition que tu as plutôt intérêt à signer, parce que tu commences à me les briser menues, menues. Alors putain, magne-toi ! (...)


 

 

Cher Monsieur,

J’apprends avec soulagement que vous souhaitez quitter le club et j’en suis sincèrement soulagée. Je me demandais depuis longtemps ce que vous attendiez. Vous allez néanmoins nous manquer. Il est vrai que vos choix littéraires erratiques étaient une inépuisable source de fous rires au bureau. Que votre pusillanimité légendaire vous conduise ou non à souscrire à la proposition ci-dessous, je vous méprise.

 

 

 

 

Aye, le taon,  

Tu m’achales en pas pour rire avec tes grands airs de faiseux. Ça m’tente-tu moé de courir après les lâcheux dans ton genre pour leu quêter leu foin d’reprise d’abonnement? Bon, dans l’cul cibole, j’ai un deal pour toé pis c’est ça qui est ça ou mange un char de marde. Grouille toé l’beigne de lire mon tit pamphlette icitte à côté-là, pis d’me maller ta réponse. Envoye moéneau. Niaise pas. Dégosse, flagosse…

Paul Laurendeau

 

 

 

On pourra lire également la chronique : "Rances loisirs", sur ce même carnet.

 


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