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Pente naturelle 1

 

 

 

pente naturelle 2 e ne sais pas si vous serez d’accord avec cette idée, mais j’en viens à penser que les blogs tendent naturellement vers leur fin. Contrairement à des trucs dont le mouvement spontané est de croître de se multiplier de se diversifier de créer des ramifications, des liens, des réseaux, les blogs me semblent contraints par des forces centripètes à s’épuiser. Au rayon des trucs qui prolifèrent assez bien rangeons : le travail (Du moins le mien. Du moins si je m’y attelais avec un peu plus de rigueur.) la lecture, dont les fringales s’apparentent parfois aux feux de broussailles, un livre se refermant sur d’autres ne demandant qu’à s’ouvrir pour alimenter l’incendie, la recherche, dont les objets d’étude, aussi pointus soient-ils, posent des questions infinies, le jardinage : plantez, et vous n’aurez bientôt de cesse que de recommencer pour vous-même croître et embellir, le jeu peut-être, mais je ne pratique pas. L’écriture, non, et les carnets électroniques encore moins.

 

J’ai longtemps cru que notre revue Scribulations pourrait s’inscrire dans un mouvement de diffusion spontanée, façon boule de neige pour, entraînée par sa notoriété croissante, attirer puis agréger dans ses pages toujours plus d’auteurs, toujours plus d’illustrateurs : que nenni ! Il faut aller récolter les uns et les autres un par un. Rendons leur cette justice : il ne faut aller chercher ni bien loin ni longtemps, mais quand même. Je n’ai pas eu UN auteur me proposant quelque chose comme : « Tiens, je te fais passer les textes (ou les illustrations) d’un pote. Dis-moi si ça pourrait aller pour Scribul. » Pour les ventes, pareil : un à un.

 

De même, mes démarches envers les ateliers d’écriture se soldent-elles par des bides retentissants. Le dernier en date est lié à l’offre faite aux animatrices du blog à Mimile de publier des textes du jeu d’écriture N°3, mais je n’ai pas eu plus de succès avec l’atelier d’écriture auquel participe mon amie Dominique D. J’avais pourtant mis le paquet : repas chez elle avec l’animatrice de l’atelier (sa belle sœur ; ça aide.), échanges autour de la revue et de ses ateliers et finalement… Rien. « Il faudrait que les participants tapent leurs textes, que je puisse vous les envoyer. » Ok, donc rendez-vous dans dix ans, c’est ça ? Je passe sur la correspondante locale des ateliers Aleph : « Quoi, vous faites ça gratuitement ? Mais moi j’essaye d’en VIVRE cher monsieur ! » (Traduction : dégage.) Pas plus de succès avec ma calligraphe. Je reste persuadé que les calligraphies offriraient un contrepoint idéal aux textes dans la revue. Je repère ma calligraphe dans le quotidien local à l’occasion de l’annonce d’un festival proposant des ateliers de calligraphie animés par elle. Nous convenons d’un premier rendez-vous auquel elle ne vient pas : la neige. Nous fixons un deuxième rendez-vous auquel elle ne vient pas : la grippe. Je lui propose un troisième rendez-vous. Je lui avais envoyé entre deux des textes de JML qui me semblaient susceptibles d’être « démontés » en phrases calligraphiées. Elle les perd. Je lui renvoie. On se voit. On passe un très bon moment à parler d’elle, à faire connaissance : c’est quelqu’un de tout à fait intéressant. À l’issue de cette jolie rencontre, je lui envoie un mail gentil, avec d’autres textes de JML pour ne pas l’installer dans l’idée qu’il est dépressif (j’avais préalablement choisi des textes noirs pour le Scribulations noir). Elle me répond qu’elle reprendra contact quand elle aura des calligraphies à me proposer. Ok, donc rendez-vous dans dix ans, c’est ça ?

 

Je ne vous énumère pas la liste des contacts foirés dès le premier mail, par absence de réponse. Ça concerne tout particulièrement les démarches liées à la création d’un atelier d’écriture en ligne sur mesure. Truc tout bête : un forum, un espace d’écriture. En plus, je suis prêt à payer. Résultat des courses depuis plus de six mois : rien. Certes, nous avons quand même affiné le concept, rédigé un cahier des charges, mais si vous pensiez qu’il n’y a rien de plus simple que de créer un CMS en utilisant des outils open source et que n’importe quel apprenti Webmaster pourrait vous faire ça pour trois fois rien : oubliez. Là aussi, faut se battre. Longtemps en vain apparemment.

 

 

Tout ça pour dire que dans un tas de domaines, la pente naturelle, c’est pas la croissance mais le néant. C’est le cas des carnet électronique je crois. L’activité n’y consiste pas à éviter leur prolifération, à tailler dans l’hirsute, mais plutôt à les maintenir en coma artificiel. Ce n’est pas le bouche à oreille qui les maintient en vie ; plutôt le bouche à bouche.  Reste une sorte d’astreinte, de discipline, dont on peut facilement imaginer comme le disait Ysengrimus, qu’elle tourne à la corvée. Perso, je me sens pour le moment à l’abri de cette lassitude, mais c’est liée à ma grande habitude d’être seul et content de l’être. Reste également que je me sens autant incapable d’arrêter d’écrire que d’empêcher mes cheveux de pousser. Tu dis ? C’est pour ça qu’ils préfèrent tomber ? Va mourir, et ton blog avec.

 

Jimidi 5 juin 2010

 Photo 3 (le chat)

 

Commentaires

 

Mélanie de Tours | 05.06.2010

Heureusement que je suis là pour que vous vous sentiez moins seul...

 

Hara Kiri | 06.06.2010

Comme je dis souvent, l'écriture est une démarche narcissique mais également égoïste (en tout cas, l'écriture ne vit que sur deux sortes d'engrais, l'égoïsme ou le succès). La plupart des écrivains (entendez par là personne ayant un besoin viscéral d'écrire et non quelqu'un sachant forcément super bien écrire et encore moins quelqu'un vivant de son écriture) n'ont, comme engrais à leur écriture, que le premier. C'est ainsi que, si on veut vraiment entretenir un blog, il faut écrire pour sa seule personne en espérant, si on a de la chance, avoir des lecteurs mais sans que cette condition soit incontournable. Ainsi, il m'arrive de m'enorgueillir de n'avoir aucun lecteur sur mon blog cinéma (si, si, personne n'y passe). A partir du moment où on cherche à écrire pour les autres, on s'expose à des désillusions parfois tragiques.

En clair, un bon blogeur est un blogeur égoïste, même si, parfois, on se prend au jeu et on en vient à se forcer à tenir à jour son blog même quand on à rien à écrire et que l'on en a pas envie.

 

Jimidi | 06.06.2010

Voilà. Nous avons (en substance) le même point de vue. Merci de ta visite Kats.

 

Mélanie de Tours | 06.06.2010

Le tropisme du blogueur c'est le blog.

 

Domitille | 06.06.2010

Ah la résistance au changement....la procrastination.... le manque d'enthousiasme... l'inanité de l'immobilisme....

 

Jimidi | 06.06.2010

Ah ! Les commentaires à la con ! Mouhahahah !  (Ils sont tout à fait indispensables. Ce blog ne serait pas ce qu'il est sans eux.)
 

Idothée | 07.06.2010

Je suis pas complètement d'accord, j'y reviendrai
parce que là je regarde un film avec plein d'araignées horribles
(et je trouve ton blog bien vivant : ) )

 

Idothée | 07.06.2010

je voulais revenir mais maintenant y a un film avec des piranhas
j'adore les séries B :p

 

Ido | 15.06.2010

Eentre autres blogs qui ne meurent pas facilement ou renaissent d'une façon ou d'une autre vite de leurs cendres : -Ceux où les gens exposent l'intime de l'intérieur de leur vie quotidienne, du type : mais qu'est-ce que je vais mettre ce matin ? "mon lave-vaisselle et MOI ", "ma belle-mère, ma soeur, mon chien et MOI", "j'ai les cheveux ternes" etc.

 

Jimidi | 15.06.2010

Des adresses, vite !

 

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