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Louis Eugène Boudin 1

 

 

Lettrine C' Louis Eugène Boudin

 

 est très étrange ce qui se passe. Il y a quelques temps déjà, j’avais chaluté avec Google images en appâtant à la vache ; je fais ça de temps en temps pour renflouer les stocks d’iconographie bovine. Cette fois là, je suis tombé sur d’intéressantes images signé « Louis Eugène Boudin ». Mis ça de côté, normal, en attendant, soit d’utiliser ces images tel quel sans commentaire, soit de me fendre d’une note humoristique. S’appeler Boudin et peindre des vaches, on allait se pisser dessus !

Puis j’ai cherché à me documenter un peu sur ce peintre au nom ridicule, mais puisqu’il me faut ici être tout à fait honnête (quand je pense que certains vont croire ça !) j’avais déjà été lentement et sûrement contaminé par les qualités très particulières de ces vaches, perdant au passage une bonne partie de mon envie de vous faire rire avec tiens ? voilà du Boudin.

Là, je viens de lire sa biographie tel qu’établie par Wikipédia et cette prose, aussi froide et détachée soit-elle, m’a terriblement ému. Tu dis ? Le verre de rouge doit y être pour quelque chose ? Possible. Mais pas que. Je vous engage à faire l’effort de la lire in extenso ci-dessous et peut-être aurez vous comme moi cette vision de la vie sans grandiloquence, de celui qui n’a jamais été une star de la peinture mais quand même un peu plus et beaucoup mieux qu’un bon ouvrier, qui n’avait peut-être pas de génie mais un incontestable talent, qui portait un nom ridicule et fut très probablement un très honnête homme et plus qu’honnête peintre, qui à rompu à vingt deux ans avec une carrière assurée de papetier pour devenir peintre. Très cher Eugène Louis, par-dessus les siècles qui nous séparent, je veux te dire à quel point tes vaches sont magnifiques et intéressantes (je m’y connais). Je me sens ce soir un peu ton ami, ton frère de lait.

 

Louis Eugène Boudin 2

 

Eugène Boudin est né le 12 juillet 1824 à Honfleur (Calvados), en Normandie. Fils de Léonard-Sébastien Boudin et de son épouse Marie-Félicité Buffet, son père était marin sur les bateaux assurant la liaison Le Havre-Hambourg.

En 1835, sa famille déménage au Havre, où son père l'établit comme commis chez l'imprimeur Joseph Morlent, puis chez le papetier Alphonse Lemasle. Il commença à travailler l'année suivante comme assistant dans une boutique de papetier-encadreur.

En 1844, alors âgé de 20 ans, Eugène Boudin fonde sa propre papeterie. Dans le cadre de son travail, il entre en contact avec des artistes des environs, notamment Constant Troyon, Eugène Isabey, Charles Baudelaire, etc. Eugène se met alors à dessiner, puis à 22 ans – encouragé par Jean-François Millet et Thomas Couture – il abandonne le monde du commerce et se lançe dans une carrière artistique. Il suit des cours à l'école municipale de dessin du Havre et ne se consacre alors plus qu'à la peinture.

En 1850, grâce au soutien du journaliste Alphonse Karr ainsi que de Constantin Troyon et Thomas Couture, il reçoit du conseil municipal du Havre une bourse d'étude de 1 200 francs par an, afin d'aller étudier la peinture à Paris pendant trois ans. C'est ainsi que, le 30 juin 1851, il rejoint la capitale et étudie la peinture au sein de l'atelier d'Eugène Isabey ainsi qu'au Louvre où il s'inscrit comme élève copiste. Eugène Boudin y réalise des copies de peintures de maîtres pour quelques amateurs, ce qui lui permet d'approfondir son apprentissage.

Dès 1855, il adopte un rythme de vie particulier passant ses hivers à Paris et ses étés en Normandie à Honfleur, tout en séjournant régulièrement en Bretagne à Douarnenez, Tréboul et ses environs. À Pontrieux, il peint les bateaux terre-neuvas et un an avant sa mort, il fait un long voyage entre Le Croisic et la pointe du Raz en passant par Pont-Aven.

Boudin fait sa première exposition en 1857 à Paris et la même année il parvient à vendre une vingtaine de ses toiles à l'occasion d'une vente aux enchères au Havre.

Au cours de l'année 1859, le peintre – alors âgé de 35 ans – expose sa première toile au Salon à Paris : Un pardon à Saint-Anne-la-Palud. Il se fait remarquer pour ses atmosphères et ses pastels originaux et reçoit conseils et hommages du poète Charles Baudelaire. Il se lie également d'amitié avec Gustave Courbet qui, ayant remarqué une peinture de Boudin chez un commerçant parisien, chercha à rencontrer son auteur. Il rencontre aussi le peintre hollandais Johan Barthold Jongkind et surtout Claude Monet qu'Eugène Boudin initiera à la peinture en plein-air.

Le 14 janvier 1863, Eugène Boudin se marie avec Marie-Anne Guédès, née le 17 avril 1835 à Ruzaden, village de la commune de Hanvec. En février de la même année, il s'installe à nouveau à Paris mais en septembre revient en Normandie à Trouville, à proximité de Courbet qui est à Deauville et de Monet et Jongkind qui résident à Honfleur.

Après un cours séjour à Bruxelles fin 1870, il poursuit son travail de peintre de marine.

En 1874, il participe à la première exposition « impressionniste », qui se tient à Paris dans les studios du photographe Félix Nadar. Par la suite, les expositions impressionnistes se tiendront dans les locaux du marchand d'art Paul Durand-Ruel.

À partir de cette date, il passera pour un des précurseurs de ce mouvement, bien qu'il ne se considérât jamais lui-même comme un grand innovateur. Sa réputation grandissante lui permit d'effectuer de nombreux voyages dans les années 1870. Il visita notamment les Flandres, les Pays-Bas, le sud de la France ainsi que l'Italie, où il découvre différents courants artistiques du XIXe.

Il continue d'exposer à Paris et reçoit la médaille de la troisième place du Salon de 1881 avec son œuvre La Meuse, à Rotterdam. En 1886, plusieurs de ses œuvres apparaissent à la grande exposition impressionniste organisée à New York par Durand-Ruel. Il obtient ensuite la médaille d'or lors de l'Exposition universelle de Paris de 1889 avec les deux toiles qu'il expose : Un coucher de soleil et Marine - Les Lamaneurs. La même année, son épouse décède le 24 mars.

Malade, il s'installera en 1892 à Villefranche-sur-Mer, sur la côte d'Azur. La même année, Eugène Boudin est sacré chevalier de la Légion d'honneur par le peintre symboliste Pierre Puvis de Chavannes qui l'avait par ailleurs convaincu de rejoindre la société nationale des beaux-arts. Il entreprendra des voyages réguliers à Venise jusqu'en 1895 en quête d'inspirations.

En 1898 – alors qu'il est à Paris et se sent défaillir – il demande à mourir « face à la mer » et se fait transporter à Deauville. Il décède le 8 août au matin dans la villa Breloque au 8, rue Oliffe, et est enterré le 12 août au cimetière Saint-Vincent – dans le quartier de Montmartre – à Paris.

 Louis-Eugene-Boudin-3.JPG 

 

Merci au blog de Philippe Charpentier (peintre atroce – mais documenté) pour sa bien involontaire participation à l’illustration de cette note. Les amateurs de numérologies auront noté que L.E.B. est mort le 08/08/98 au N°8 de sa rue, mais à six heures. Quelle ultime modestie !

 

Jimidi 5 avril 2010

 

 

 

Louis Eugène Boudin 4

 

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