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Proches-et-lointains--2---Jean-Marc-Lafreniere-decembre-2.jpg 

 

 

 

(Pour une lecture agréable, il faut ABSOLUMENT cliquer sur les textes-image pour les avoir à l'écran dans leur format original. Sinon, vous allez vous niquer les yeux, et la tête, et les ailes, alouette, aaaaaaaaa ! - )

 

 

 

Chapeau-JML.jpg

 

Vous pouvez sourire finement, mais je vous assure qu'au premier regard, sur le Web, la différence entre un poète vivant et un poète mort n'est pas forcément flagrante. Il semble même qu'il y ait des poètes décédés, momifiés et fossiles qui ne soient pas au courant de leur trépas, alors...

 

Non seulement Jean-Marc LaFrenière est vivant, ce qui est quand même mieux pour son entourage, sa famille, ses amis - Tu dis ? C'est également mieux pour lui ? Admettons – mais il pousse l'insolence jusqu'à l'écrire, le professer. On n'exagérerait à peine en disant qu'il a fait de la Vie son fond de commerce.

 

Ceci dit, les preuves de son état, voire de son existence, sont toutes sujettes à caution. Je n'ai personnellement pas eu le privilège de le rencontrer pour mettre le doigt sur ses plaies et ça tombe bien, parce que j’aurais trouvé ça un peu répugnant. Mais il répond à mes courriels et je connais des gens qui connaissent des gens qui lui ont parlé en vrai. J'ai même quelque part un recueil dédicacé par lui.

 

Je ne sais plus ni où, ni quand, ni dans quelles circonstance nous nous sommes rencontrés sur le Net, mais ça n'a aucune importance. Je ne me demande pas non plus, en balade, si tel arbre que je n'avais pas remarqué la fois d'avant est là depuis toujours ou s'il a poussé dans la nuit. Je sais que je lis les poèmes de Jean-Marc depuis longtemps, je me doute que ce n'est pas depuis toujours, mais je ne me souviens pas avoir vécu sans et je n'imagine même pas comment.

 

Mon admiration pour ce qu'il écrit tient en petite partie au fait qu'écrivant moi-même, je me sais tout à fait incapable d'écrire comme ça. Une autre petite partie tient au débit Saint laurentien de ce fleuve d'encre. L'isolement et le long hiver n'expliquent pas tout. Perso, il me faut des heures et des heures pour écrire la moindre connerie. Mais la majeure partie de mon admiration tient « tout simplement » aux textes. C'est de la prose, et ça ne m'est pas indifférent. On ne fait pas de la poésie simplement en passant à la ligne quand il faudrait une virgule, ni en mettant une majuscule au début du vers ni en exhumant pour le clore un mot dont le sens est oublié au seul profit de son image sonore. Il est évident à lire Jean-Marc que la poésie ne réside pas dans ces pauvres artifices. C'est de la prose, mais la phrase ne s'interdit pas de laisser entendre son rythme. Mieux, je crois que la moitié au moins de l'efficace magie des images réside dans cette scansion. Et souvent, très souvent, la magie opère, le miracle à lieu.

 

L'impression produite est alors physique. La peau se tend, le regard s'écarquille, le coeur marque un arrêt puis s'emballe et il arrive que j'ai besoin de me lever pour faire quelques pas. Je me souviens comme ça d'une « chapelle de ronces » qui avait été à deux doigts de me faire reprendre le sport. Je me suis ensuite heureusement souvenu que je n'en avais jamais fait.

C'est un peu sournois. C'est à dire que le déclic ne se fait en général pas à l'entrée du texte. On s’installe tranquillement dans la lecture, jusqu'à atteindre cet état de disponibilité, de perméabilité qui arrive assez vite et au détour d'une phrase, sans prévenir, tac. « Chapelle de ronces ». Scié à la base, le lecteur n'a plus que le temps de sa chute libre pour voir tout le poème s'éclairer. Les deux cent quarante sept lectures suivantes du même poème sont moins traumatisantes, mais restent illuminées de cette lumière première. Elle ne s'éteint jamais. Elle se diffuse.

 

On me chambre avec Jean-Marc LaFrenière. On me trouve inconditionnel. On essaye même parfois d'introduire le ver dans le fruit et le capricorne dans la table de bois. Celle où y’a les miettes : « Oui, mais c'est un peu toujours pareil. » C'est pas faux. Mais d'une certaine façon, Mozart, le boeuf bourguignon, c'est un peu toujours pareil aussi et je ne crois pas que le plaisir d’y revenir soit moindre. D'ailleurs, n'est pas un privilège de la beauté que de nous procurer un plaisir toujours intact ?

 

Les mises en images ? On pourra ne pas du tout les trouver nécessaires et je suis souvent d’accord. Surtout quand j’ai passé quatre ou cinq heures comme hier soir à essayer de trouver (en vain) quelque chose qui mette en valeur « Le linge des mots ». Quelque chose à la fois d’agréable à regarder mais qui puisse témoigner discrètement de la lecture que j’en ai eue. Les textes de Jean-Marc LaFrenière se suffisent à eux-mêmes, mais il se trouve que devant être édités, que ce soit sur son blog ou le mien, ou dans Scribulations ou dans un recueil, il faut nécessairement choisir une mise en page. Qui peut vouloir être très neutre, ou comme les miennes, un peu moins. Il se trouve aussi que j’ai participé à de très belles aventures de la poésie visuelle il y a quelques années. Ça laisse des traces.

 

Mais pour revenir au titre de cet article et terminer là-dessus, je vois deux avantages certains au fait que Jean-Marc LaFrenière soit un très grand poète vivant. Je peux lui dire que je l’aime ET qu’il l’entende, mais de plus (c’est un peu égoïste) je me dis que les nombreuses années qui viennent vont voir éclore encore plein de textes dont la lecture va me ravir. Donc Jean-Marc, surtout, surtout, n’oublie pas de prendre tes gouttes. JMD

 

 

 

Lettrine---B-Une-malle-de-terre---Jean-Marc-LaFreniere.jpg

 

 

 

en oui, ça me reprends. Ça doit être mon côté plante verte. Périodiquement, il me faut aller lire Jean-Marc La Frenière pour baigner mes racines. Tu dis ? Je ne devrais pas pour autant me sentir obligé de rapporter de la terre ici ? Peut-être, mais toutes les plantes vertes te le diront, après un bon arrosage à l’eau de source, vous viennent des envies de pousser des bourgeons, des feuilles, des trucs insensés. Perso, lire Jean-Marc m’inspire. J’ai envie de reprendre la menuiserie, de planter des arbres, de tendre l’autre joue – la tienne, faut quand même pas déconner – de ronger des écorces, d’autres trucs insensés et surtout, surtout, de me tirer une balle dans le pied, celui-là même avec lequel j’écris partout qu’un texte poétique n’a pas besoin d’illustration. Mais tu remarqueras – merci – que là, j’ai fait sobre. J'ai limité le sacrilège à cette coupure en deux strophes.

 

 

 

 

Une-malle-de-terre---Jean-Marc-LaFreniere--Partie-1-.jpg  Une-malle-de-terre---Jean-Marc-LaFreniere--Partie-2-.jpg

 

 

 

 

 

Moi qui tutoyais la mort

 

 

 

 

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Moi qui tutoyais la mort JML 2-4

 

 

 

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Un verre complice

 

 

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Un verre complice 2

 

 

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 Un verre complice 4

 

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Ce n'est pas l'hirondelle mais le poème qui fait le printemps

 

 

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  Comme on caresse un loup (extrait)

 

 

comme-on-caresse-un-loup-2-3.jpg

 

 

comme-on-caresse-un-loup--lettrine-.jpg’explique ? Bon allez, j’explique. L’idée c’est bien sûr de partir du texte lui-même, mais sans l’illustrer mot à mot. C'est-à-dire sans ajouter une église ou un loup parce que le textes les évoquerait. Non, il s’agit plutôt de trouver visuellement l’équivalent de ce que serait un accompagnement musical si le poète lisait son texte en public. Il s’agit donc là aussi de ne pas couvrir sa voix, mais de trouver des tonalités colorées, graphiques, composant une ambiance qui me parait convenir à ce texte en particulier. Ce n’est pas une science exacte. Parfois, ça marche mieux ou plus vite que d’autres. Là, je suis parti du titre lui-même « Comme on caresse un loup », écrit dans un certain alphabet, puis compression des lettres, agrandissement, retaille, tracé des contours, filtrage, cuisson, démoulage. Quand le fond me va, je superpose le texte au mieux. Juste dessus comme ici, ou en travaillant l’interaction avec l’arrière plan. L’idée n’est pas d’ajouter quoique ce soit au texte, qui marche très bien tout seul, merci, mais de proposer un environnement, une mise en scène. Vous lirez la première et la dernière strophe de ce texte sur le site de l’auteur. Ci après, deux étapes intermédiaires. L'une a servi, l'autre pas.

 

Jimidi

 

 

 

 

comme-on-caresse-un-loup--detail-1-.jpg

 

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Les mots pour aller où ? (extrait)

 

 

 

Les-mots-pour-aller-ou-2-7.jpg

 

 

 

 

Le linge des mots

 

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 La promesse

 

 

La-promesse.jpg

 

 

Mouhahaha ! IL L'A FAIT !

 

On se souvient peut-être d'une note du 13 septembre dernier, où je vous avais invités à lire, sur le blog de Jean-Marc LaFrenière, son texte « Le bain de foule ». Je m’étais alors permis de légèrement chambrer l’auteur en supposant un instant, un instant seulement, que ce texte était extrait d’une série dans laquelle vous pourriez lire également « Bain de bouche » et « Bain de pied ».

 

Hi hi ! JML m’a pris au mot, ou au pied de le lettre, comme vous voulez et m'a envoyé aujourd’hui ces deux petites merveilles :

 

 

 

BAIN DE BOUCHE

          Qui s’y frotte s’y pique. Parfois je dois laisser mes mots prendre un bain de bouche. Déçu par le papier, je chante, je crie, je susurre, je murmure. Je fais glousser les i, tousser les a, sourire les o, mordre les p, cracher les p. Je vocalise au fil de l’encre. Les voyelles tintent sur le comptoir du cœur. Les mots s’éveillent dans un lit de papier. Une phrase se redresse en emportant les draps. Des fils d’encre bleue agitent les images. Elles sautent sur la page. Ma tête est une boule de verre qu’on agite, faisant tourbillonner une neige de mots. Le verbe aimer surnage au milieu des voyelles. Chaque matin, je m’apprête à vivre. J’y arrive parfois entre deux métaphores. C’est la vie que je veux, fulgurante, insensée. Je cours après l’amour pour ne pas perdre pied.

Jean-Marc LaFrenière - 17 septembre 2009

 

BAIN DE PIEDS

          Les pieds de vers trempent dans l’esthétisme leurs orteils rimés. J’écris avec les mains, sur la pointe des pieds, du bout des doigts, sur le bras, à l’encre ou à l’oreille, le cœur à ciel ouvert. J’écris avec les manques, les trous noirs du budget, les trous de suce, les trous de bas, la trame des guenilles, les éclats de soleil dans les écrans de fumée, les turbulences du cœur dans les avions de papier, le miel des mots, la lumière des morts dans la nuit des vivants, les abeilles des syllabes dans la ruche des phrases, un mince filet d’eau sous la champlure qui goutte, le chaudron vide au bout de l’arc-en-ciel, une gomme à effacer les lignes blanches du temps.

Jean-Marc LaFrenière 21 septembre 2009

 

 Mon lectorat et les souris t'en remercient !

 

Jimidi 21 septembre 2009

 

 

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