Overblog Suivre ce blog
Editer la page Administration Créer mon blog
/ / /

 

Insectes de cuisine Sayaka Yamamoto

 

 

Une fois de plus, l’excellente surprise que constitue pour moi la découverte du travail de Sayaka Yamamoto vient de Netkulture le blogue sur lequel le progrès fait rage. Vous me direz, une très inquiétante lunette de chiotte/pèse personne venait également de là bas. Certes, le parti pris de NetKulture procède du fourre-tout et de l’inventaire à la Prévert, mais au final, la curiosité dont fait preuve l’animateur du lieu permet entre deux gadgets idiots de découvrir des artistes bien intéressants. C’est le cas pour Sayaka Yamamoto et ses « Kitchen-insects »

 

Il y a bien des façons d’entrer dans ce travail et peut-être est-ce justement le côté « gadget » qui a d’abord retenu l’attention de notre confrère. C’est vrai qu’à première vue les Kitchen-insects paraissent procéder d’une hybridation maintenant familière à nos lecteurs puisque souvent l’objet nouveau et intéressant semble être le fruit des amours contre-nature entre représentants de deux espèces qu’on imaginait pas spontanément pouvoir fricoter jusque là. On pourrait donc penser que si la colonie de blattes confortablement installée dans la vieille graisse oubliée derrière votre cuisinière et la cafetière qui trône sur icelle avaient des petits, on pourrait en trouver un exemplaire sur le tableau de chasse de Sayaka Yamamoto. Oui, mais non®, du moins pas complètement parce que les objets résultant n’ont pas la prétention d’être fonctionnels.

 

Une autre entrée, qui ouvre peut-être sur des couloirs plus longs, se souvient qu’on a déjà figuré - par exemple un visage – avec des éléments n’ayant a priori rien à voir – par exemple des fruits et légumes – (Cf. Arcimboldo) Quel rapport ? Ben on pourrait se dire que Sayaka Yamamoto figure des insectes à partir d’ustensiles de cuisine. On devrait sans beaucoup chercher trouver beaucoup d’exemple de figurations faisant appel pour leur composition à des éléments déjà constitués, mais inattendus. Et là, Mélanie (de tour) va penser à sa chouette entièrement soudée en ferraille récupérée et dans laquelle un examen attentif retrouverait un fer à cheval et… putain ! Ma montre !

 

Oui, mais non®. Parce que la grande réussite des Kitchen-insects, cette qualité qui signe à mon avis leur qualité artistique, c’est la rigueur. Ici l’artiste n’a pas été fouiller son frigo pour trouver ce qui ressemblerait le plus à une élytre (de lait), ni explosé son grille-pain pour trouver la matière d’un œil à facettes. Les insectes qu’il nous propose ne sont constitués qu’à partir d’un objet, juste en multipliant certaines de ses parties. Il n’est donc pas question d’oublier le bec ni la poignée, comme on oublie le poireau ou la tomate de loin chez l’autre mais au contraire de mettre en valeur leurs caractéristiques propres en changeant juste leur destination. C’est probablement en voyant telle ou telle poignée, tel ou tel corps de cafetière que l’artiste a pensé élytre, carapace, antenne, pattes et c’est bien ce qu’il nous propose.

 

L’autre qualité de ce travail et qui signe là indubitablement sa valeur artistique, c’est qu’il change notre vision du monde. Oui, dit comme ça, on verse dans le grandiose, mais vous le valez bien non ? C’est une vision du monde restreinte à notre cuisine et, en ce qui me concerne, à ma cafetière italienne, mais depuis Sayaka Yamamoto, je ne la regarde plus exactement en face, mais de biais. Je m’attends à ce que sa poignée bouge toute seule. Mais je vous préviens, si ça arrive, je crie.

 

Jimidi 17 janvier 2009

 

 Insectes-de-cuisine---Sayaka-Yamamoto---Le-carnet-de-Jimidi.jpg

Published by

Articles Récents

  • Bisounours et langue de bois
    Pour l’avoir déjà dit souvent, je peux le répéter ici encore une fois : je lis tout ce qui m’arrive, quelque soit la provenance et le contenu. Les sources sont assez diverses. Classiques : je lis ce qu’on me prête, ce qu’on me donne, ce qui tombe de ma...
  • La saga de Ote - Volume II - Le dirigeable
    La nature a horreur du vide, parait-il. Ça tombe bien : moi aussi. Après avoir terminé d'écrire le premier opus de cette saga (septembre 2014-->jullet 2015), un grand vide s'est fait. Je n'avais vraiment, mais vraiment aucune idée de ce dont pourrait...
  • Vivement que tous nos logement soient accessibles...
    Vivement que tous nos logement soient accessibles aux handicapés, qu'on puisse se faire livrer les courses par des robots. Ou par des handicapés, d'ailleurs.
  • J’étais tranquillement en route pour aller chez...
    J’étais tranquillement en route pour aller chez Dut quand je me suis avisé que l’aiguille de température d’eau indiquait plus de 100° et flirtait avec la zone rouge. J’ai continué à très petite vitesse jusqu’à un endroit où m’arrêter à l’ombre, avec l’idée...
  • Louons la Vache :
    Louons la Vache : 10 novembre 1966 Jean POIRET, humoriste, chante "Une vache à mille francs", une parodie de la chanson de Jacques BREL "Une valse à mille temps".
  • Non mais, franchement...
  • Je ne m'en lasse pas :
  • "Mais puisque je vous dit que mon attestation...
    "Mais puisque je vous dit que mon attestation d'installation d'un détecteur autonome avertisseur de fumée à BRÛLÉ dans L'INCENDIE provoqué par le fonctionnement défectueux de ce putain de détecteur ! "
  • On me les a demandé : les voilà, les pigeonneaux...
    On me les a demandé : les voilà, les pigeonneaux du balcon. J'avais l'impression que les petits, quelque soit l'espèce, étaient forcément au moins aussi beaux que les parents, voire plus - surtout les miens - mais quand tu vois ce désastre... Encore,...
  • Allo ? Y'a quelqu'un là haut ? Quand je disais...
    Allo ? Y'a quelqu'un là haut ? Quand je disais "on va tous mourir !" Je PLAISANTAIS ! C'est bon ? Tu peux remettre la clim ?