Overblog Suivre ce blog
Editer la page Administration Créer mon blog
/ / /

Colette-journaliste.jpg

 

 

 

 

 

Peut-être le meilleur angle pour attaquer cet article* sur Colette journaliste serait-il de suivre son judicieux conseil ; elle l'adressait à Georges Simenon dans les années vingt quand elle était directrice littéraire au journal Le Matin : « Vous savez, j’ai lu votre dernier conte […]. C’est presque ça, mais ce n’est pas ça. Il est trop littéraire. Il ne faut pas faire de la littérature, et ça ira. » Ce conseil peut paraître étrange, venant d’une écrivain* s’adressant à un autre, mais il a le mérite ne nous faire entrer de plein pied dans la seule question qui m’intéresse ici : celle de l’écriture. 

 

Sans doute avez-vous de Colette une image un peu floue. Il est assez peu probable que vous la teniez comme moi dans cette poignée d’auteurs essentiels dont on retrouverait facilement l’ADN littéraire dans ce que j’écris. Il est encore moins probable que vous soyez également en train de lire « Colette journaliste » paru au Seuil en mars dernier. On peut donc raisonnablement penser qu’elle est pour vous l’auteur de la série des Claudine et peut-être même n’avez-vous jamais rien lu d’elle, du moins rien qui vous permette de la distinguer dans la foule pressée des grands écrivains francophones. Pas grave. On va faire avec ça.

 

Le premier mérite de Colette journaliste est de flinguer cette caricature d’écrivain rédigeant à l’écart du monde son immortelle œuvre romanesque, mais acceptant de loin en loin de basses besognes rédactionnelles pour faire bouillir sa marmite et regrettant alors qu’elles le détourne de sa vraie mission. C’est ce qu’avait en tête Sido, la mère de Colette, cité par les auteurs (p 17) : « Tu prends un engagement bien lourd envers Le Matin. C’est la fin de tes œuvres littéraires, tes romans. Rien n’use les écrivains comme le journalisme. » Elle se trompait. Littérature et journalisme entretiennent heureusement - en tout cas pour Colette - des rapports beaucoup plus complexes et beaucoup plus féconds qu’un simple antagonisme.

 

Peut-être faut-il rappeler comment Colette vint à la littérature ? Elle est très jeune, mariée à vingt ans avec Willy, qui a le chic pour faire écrire les autres à sa place mais signer de son nom. Il lui demande d’écrire des petites choses charmantes. Elle s’exécute consciencieusement à la plume sur des cahiers d’écolier, écrivant ce qui deviendra « Claudine à l’école ». Willy jette un œil sur le résultat et trouve ça impubliable. L’un et l’autre passe à autre chose jusqu’à ce que deux ans plus tard, retrouvant les cahiers, Willy réalise enfin ce qu’il tenait là. Il publie sous son nom « Claudine à l’école ». Le succès est immédiat et Willy presse bien sûr Colette d’en écrire d’autre, ce qu’elle fait, trois fois, ce qui donnera Claudine à Paris, Claudine en ménage, Claudine s'en va, tous publiés sous le nom de Willy. La suite est connue : divorce et autonomie littéraire. Colette rate de peu le Goncourt pour « La vagabonde » en 1910. Elle a trente sept ans. Ajoutez à ça que les « Claudine » ont immédiatement été adaptées pour le théâtre, que « La vagabonde » a d’abord été publiée en feuilleton, que Colette publiait également des compiles plus ou moins réécrites des articles qu’elle écrivait pour les journaux et on en aura fini une bonne fois avec cette idée de l’écrivain déchiré entre son œuvre romanesque noble, mais ne rapportant rien, et ses travaux de commande payant le loyer.

 

Pour Colette au moins, ça ne fonctionne pas comme ça et c’est sans doute un des aspects qui me la rend si attachante puisque je suis persuadé, de longue date qu’écrire sur commande, ou sous contrainte est la seule façon de mettre en œuvre cette idée que la liberté créatrice, (comme peut-être toutes les libertés) ça se gagne tous les jours.

 

Une fois l’écrivain bien située dans le contexte de ses publications (on exagèrerait à peine en parlant de son processus de production ) on peut enfin lire Colette journaliste non comme une mauvaise herbe risquant d’étouffer l’arbre fruitier mais bien comme l’abondant, le profond humus et le semis d’éblouissantes récoltes.

 

L’ouvrage de Gérard Bonal et Frédéric Maget, ne prétend pas donner l’intégral de ce que Colette a publié dans les différents journaux avec lesquels elle travaillait. Les auteurs ont recensé plus de 1260 textes écrits en cinquante ans. Ils nous en donne une petite deux centaine, laissant de côté, j’imagine, ceux déjà publiés en d’autres recueils. Ils ne sont pas très explicites sur leurs critères de choix, mais leur intention est claire : « Réunir un volume des textes éparpillés à travers les titres et les années pourrait sembler, à première vue, une sorte de crime de lèse-Colette, si l’on ne savait pas que l’écrivain elle-même agissait de la sorte. Modestement, c’est donc un ouvrage supplémentaire que nous avons voulu ajouter à la liste des œuvre de Colette. Peut-être celui-là même qu’en 1927 - déjà - le journaliste Robert Brisacq appelait de ses vœux : « Nous réclamons d’un éditeur avisé qu’il groupe ces pages où nous retrouvons la Colette que nous aimons, avec des yeux bien ouverts sur le monde. » »

 

Arrivés là, il est assez probable que ceux d’entre vous n’ayant pas déjà cliqué ailleurs pour se rafraîchir sur Netkulture, se demandent de quoi Colette peut bien parler dans ses fameuses chroniques et reportages. Ça tombe mal, parce qu’on s’en fout. On aura compris qu’elle n’était pas libre de ses sujet puisqu’ils étaient déterminés par ses employeurs : critiques de spectacles, chroniques judicaires, reportages sur des événements mondains… et c’est peut dire que l’actualité théâtrale, judiciaire ou mondaine de la première moitié du siècle dernier, on s’en tape grave. Ou plutôt, on s’en taperait grave sous la plume d’une autre. Pour être tout à fait honnête, il faut donc bien convenir que ces textes s’apprécient, plutôt que par leurs sujets, en ce qu’on y retrouve de façon discontinue et moins dense, les qualités plus immédiatement frappantes dans l’œuvre romanesque, comme après une distillation réussie. Je te le fais plus court : Ça se lit comme on boit du petit lait, mais on peut préférer les fromages.

 

Reste l’écriture, ce qu’on résumerait sans grand profit par le « style » mais qui est avant tout (et peut-être seulement) un rapport au monde. C’est bien les qualités de ce lien là, de cette tresse si personnelle de mots entre une personne et tout le reste qui rend Colette si attachante. On pourrait parler de la langue, du phrasé, du vocabulaire, des images. Je dis « on » pour dire « d’autres » puisque perso, je n’y connais rien, mais ça ne m’empêche ni de goûter le résultat, ni de constater une nouvelle fois qu’il vaudrait mieux parler pour chaque auteur de ses différentes écritures. Je l’ai dit, on retrouve dans Colette journaliste les qualités de Colette romancière mais son écriture est sensiblement différente. C’est par exemple la différence toute bête consistant à écrire la plupart de ses chroniques à la première personne. Là, point de narratrice, le lien avec le lecteur est à la fois très personnel et très direct. C’est ce qui fait penser aux blogs - il fallait y venir - avec l’éclectisme des sujets et la taille des textes. Mais du coup, lancé moi-même depuis quelques temps déjà dans l’aventure consistant à vous fournir un peu de lecture sur mes carnets électroniques, je trouve très encourageant qu’un auteur que j’apprécie tout particulièrement, ait ouvert sans se renier une voie assez semblable il y a presque un siècle, pour y réussir magnifiquement.

 

Jimidi

 

 

 

* Qu’on se le dise, j’adopte dans la mesure du possible le terme employé par mon hébergeur pour désigner les contenus édités en ligne. Pour Haut&fort c’était des notes, pour Overglog (et Wordpress) ce sont des articles.

 

* Ça y est, je crois que j’en ai marre de la féminisation monstrueuse genre « auteure » et « écrivaine » donc à partir de dorénavant et jusqu’à désormais, ce sera : une enfant, une ministre, une auteur, une écrivain, une professeur, une médecin et une petite bière fraîche c’est pas de refus.

 

Parmi les commentaires recueillis lors de la publications de cet article, avant son archivage sur cette page :

 

Cher Jimidi, Bravo et merci pour cet article très sympa sur notre livre (ou plutôt sur le livre de Colette !) "Colette journaliste". Je suis heureux de rencontrer quelqu'un pour qui Colette est un auteur essentiel. Merci ! Gérard Bonal le 15/09/2010

 

Ouaou ! Cher Gérard (j'ose !) c'est à mon tour d'être extrêmement touché que vous ayez pris la peine de me lire et de poster un commentaire à la suite de mon article sur votre excellent livre. Vous me faites une joie qui paye de bien des silences. Y'a même un peu de rab pour les jours plus sombres. Je vous souhaite le meilleur pour la suite de vos travaux. Jimidi le 15/09/2010

 

Merci Jimidi de votre message. J'aimerais bien parler de Colette avec vous. Nous avons Frédéric et moi de grands projets colettiens. faites-moi signe. gerardbonal@wanadoo.fr A bientôt. Je compte sur vous Gérard Bonal le 16/09/2010

 

Bougez pas, j'arrive. Jimidi le 16/09/2010

 

 

 

 

 

 

Les artistes se mobilisent pour sauver la maison natale de Colette, et célébrer l’une des plus grandes femmes de lettres française. Un spectacle original composé de lectures, d’extraits de films et d’images d’archives, de musique...

 

Colette-1.jpg

 

Colette, nous sommes encore dans votre monde, nous n’en pouvons pas sortir, nous n’en voulons pas sortir, car il dure plus longtemps, il est plus vrai que le nôtre.  

 

J.M.G. Le Clézio

 

 

 

Je veux faire ce que je veux (Dialogues de bêtes)

 

Toute sa vie, Colette revendiqua sa liberté et son indépendance. « Faire ce que je veux », c’était pour elle refuser les limites d’un genre ou d’une profession, pouvoir être à la fois, romancière, dramaturge, journaliste, artiste de music-hall ou marchande de produits de beauté, se jouer en amour des normes et des conventions, refuser les diktats de la mode qui asservissent le corps de la femme, faire en littérature l’école buissonnière et n’être d’aucune chapelle. Dans cette vie de vagabondages, que n’arrêtèrent ni l’âge ni la maladie, il y eut un point fixe, un centre et un secret d’où sont nées les plus belles pages de l’oeuvre : la maison natale, la célèbre Maison de Claudine. Aujourd’hui, la maison natale de Colette est en danger. Mise en vente il y a plus de deux ans par ses actuels propriétaires, elle se dégrade lentement et pourrait bientôt fermer définitivement ses portes aux amoureux de Colette, comme aux autres curieux qui n’imaginent pas un séjour dans la région sans un passage par le village natal de l’écrivain. C’est une part importante de notre patrimoine littéraire et culturel qui risque de disparaître. Le fonds de dotation « La Maison de Colette » et la Société des amis de Colette souhaitent sensibiliser les pouvoirs publics (état, Région, Département, Commune) et les mécènes privés à la nécessité de racheter et d’aménager la maison pour l’ouvrir au public. On estime le budget nécessaire à 300.000 euros.

 

Foulques de Jouvenel, Président du fonds de dotation «la Maison de Colette» - Frédéric Maget, Président de la Société des amis de Colette

 

Ont déjà donné leur accord : Mathieu AMALRIC et les actrices de Tournée Carole BOUQUET Leslie CARON Danièle DELORME Arielle DOMBASLE Andréa FERRÉOL Guillaume GALLIENNE Andy GILLET JULIETTE Doris LAMPRECHT François LE ROUX Claire NEBOUT Micheline PRESLE Didier SANDRE Sabine VATIN Karen VOURC’H et avec l’amicale collaboration de Robert CARSEN Sous le haut patronage de Frédéric Mitterrand, ministre de la culture et de la communication, et Bertrand Delanoë, maire de Paris Avec le soutien de l’Académie française, et de l’Académie royale de langue et de littérature françaises de Belgique en partenariat avec le Conseil général de l’Yonne et la Région Bourgogne

 

 Colette-2.jpg

 

 

« J’ai lu votre conte », me dit Colette. « C’est presque ça, mais ce n’est pas ça. Il est trop littéraire. Il ne faut pas faire de la littérature, et ça ira ». Supprimer la littérature, qu’est-ce qui restait ? Alors j’ai essayé d’être le plus simple possible. C’est le conseil qui m’a le plus servi dans la vie. Georges Simenon

 

C’est la seule personne au monde qui sache faire des bulles de savon avec de la boue. Jean Cocteau

 

Qui est Colette ?

 

La vie de Colette est l’histoire d’une conquête acharnée de la liberté. De l’indépendance. Indépendance financière: «Je gagne ma vie ! Le music-hall, où je devins mime, danseuse, voire comédienne à l’occasion, fit aussi de moi, tout étonnée de compter, de débattre et de marchander, une petite commerçante honnête et dure. C’est un métier que la femme la moins douée apprend vite, quand sa liberté et sa vie en dépendent…». Indépendance sociale : trois mariages, deux divorces et des amours féminines vécues sans hypocrisie. Qui est-elle cette mince jeune femme, cachée derrière le nom de son mari – Willy –, qui publie Claudine à l’école en 1900 ? Claudine, la première héroïne vraiment moderne du siècle, fruit vert inattendu et savoureux qui fera grincer quelques dents… 40.000 exemplaires vendus en deux mois. Un triomphe pour l’époque. Colette Willy est lancée, définitivement. Elle ne quittera plus le devant de la scène. A commencer par celle des music-halls, où elle se produit régulièrement de 1906 à 1912, n’hésitant pas à se montrer nue en jouant la pantomime. Sans craindre le scandale. «Je veux faire ce que je veux », écrivait-elle à l’aube de sa carrière. Elle l’a fait. Les livres, avec une soixantaine de titres où brillent quelques chefs-d’oeuvre de la littérature : Sido, Chéri, La Vagabonde, La Maison de Claudine… Le journalisme – Le Figaro, Marie-Claire, Le Matin, etc.– et même le commerce des produits de beauté, puisqu’elle lance la marque Colette en 1932, devenant ainsi une des premières à faire de son nom une marque. D’autres suivront, à qui elle a montré la voie… Elle a traversé toutes les modes, elle les a parfois inventées – les cheveux courts dès 1902, Saint-Tropez qu’elle est une des premières à fréquenter dans les années vingt… Elle a façonné sans le vouloir, rien qu’en vivant selon son bon plaisir, une image de la femme contemporaine. Libre, audacieuse, indépendante. A tel titre que beaucoup de femmes, aujourd’hui encore, la considèrent comme une sorte de modèle. Par ce regard aigu qu’elle porte sur les êtres, par sa manière singulière, basée sur les sens, d’appréhender le monde, elle reste unique dans l’histoire de la littérature française. Et dans l’Histoire de France car Colette est, encore aujourd’hui, la seule femme à avoir eu l’honneur d’obsèques nationales, en 1954.

Gérard Bonal

 

Soirée Colette en scène - Mardi 9 novembre 2010 à 20h30 Théâtre du Châtelet 2, rue Edouard Colonne 75001 Paris Réservations ouvertes par téléphone 01 40 28 28 40 du lundi au samedi de 10h à 19h par Internet www.chatelet-theatre.com aux caisses 1, place du Châtelet 75001 Paris du lundi au samedi de 11h à 19h Contact presse Anne Marret 01 40 28 29 30 amarret@chatelet-theatre.com assistée de  Martin Coulon 01 40 28 29 31 mcoulon@chatelet-theatre.com

 

 

Commentaires

Après avoir lu ton précédent article sur Colette cet été, je me suis offert une très jolie petite compilation de quelques-uns de ses textes. Le livre s'appelle tout simplement "Colette" et il est paru en 2003 aux éditions La Renaissance du Livre. 

Commentaire n°1 posté par WLouve le 25/09/2010 à 21h58

Et alors, tes impressions ?

Réponse de Jimidi le 25/09/2010 à 23h27

Et alors mes impressions, c'est que ça m'a mise en appétit pour en lire plus... J'ai trouvé son écriture poétique et tonique - vivifiante, très imagée, sans excès de fioritures. Très moderne aussi - à part les qq imparfaits du subjonctif qui m'arrachassent à l'impression de lire un auteur contemporain. En plus, elle semblait aimer les glycines, alors... 

Commentaire n°2 posté par WLouve le 27/09/2010 à 21h49

Oui ! Elle est très végétale.

Réponse de Jimidi le 27/09/2010 à 23h13

 

Published by

Articles Récents

  • Bisounours et langue de bois
    Pour l’avoir déjà dit souvent, je peux le répéter ici encore une fois : je lis tout ce qui m’arrive, quelque soit la provenance et le contenu. Les sources sont assez diverses. Classiques : je lis ce qu’on me prête, ce qu’on me donne, ce qui tombe de ma...
  • La saga de Ote - Volume II - Le dirigeable
    La nature a horreur du vide, parait-il. Ça tombe bien : moi aussi. Après avoir terminé d'écrire le premier opus de cette saga (septembre 2014-->jullet 2015), un grand vide s'est fait. Je n'avais vraiment, mais vraiment aucune idée de ce dont pourrait...
  • Vivement que tous nos logement soient accessibles...
    Vivement que tous nos logement soient accessibles aux handicapés, qu'on puisse se faire livrer les courses par des robots. Ou par des handicapés, d'ailleurs.
  • J’étais tranquillement en route pour aller chez...
    J’étais tranquillement en route pour aller chez Dut quand je me suis avisé que l’aiguille de température d’eau indiquait plus de 100° et flirtait avec la zone rouge. J’ai continué à très petite vitesse jusqu’à un endroit où m’arrêter à l’ombre, avec l’idée...
  • Louons la Vache :
    Louons la Vache : 10 novembre 1966 Jean POIRET, humoriste, chante "Une vache à mille francs", une parodie de la chanson de Jacques BREL "Une valse à mille temps".
  • Non mais, franchement...
  • Je ne m'en lasse pas :
  • "Mais puisque je vous dit que mon attestation...
    "Mais puisque je vous dit que mon attestation d'installation d'un détecteur autonome avertisseur de fumée à BRÛLÉ dans L'INCENDIE provoqué par le fonctionnement défectueux de ce putain de détecteur ! "
  • On me les a demandé : les voilà, les pigeonneaux...
    On me les a demandé : les voilà, les pigeonneaux du balcon. J'avais l'impression que les petits, quelque soit l'espèce, étaient forcément au moins aussi beaux que les parents, voire plus - surtout les miens - mais quand tu vois ce désastre... Encore,...
  • Allo ? Y'a quelqu'un là haut ? Quand je disais...
    Allo ? Y'a quelqu'un là haut ? Quand je disais "on va tous mourir !" Je PLAISANTAIS ! C'est bon ? Tu peux remettre la clim ?