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Cali Rezo peut apparaître comme une artiste paradoxale, mais elle ne serait sans doute pas du tout d’accord avec cette étiquette. Elle aurait raison puisque pour peu qu’on s’y penche, sa démarche apparaît plutôt classique, mais à condition que ce terme réfère bien à cette capacité qu’ont eu les artistes d’être à la fois peintre, musicien et en ce qui la concerne, tout ça plus graphiste, dessinatrice, photographe, blogueuse et maman. (Qu’on ose me dire qu’il ne faut pas une bonne dose de talent, d’imagination et de créativité pour élever un enfant ! Tu dis ? Surtout une fille ? C’est pas faux.) 

 

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Le paradoxe, s’il en est un s’agissant de Cali Rezo, résulte donc plutôt de son environnement, de son époque, dans laquelle elle apparaît un peu piégée. Je m’explique. Cali Rezo se présente comme peintre numérique, de la façon la plus simple qui soit puisque elle a remplacé les pinceaux, les pigments et la toile par leur équivalents contemporains : stylet, tablette graphique, Photoshop, écran. Présenté comme ça, on ne s’étonnera pas que le résultat nous parle assez directement : on assimile vite fait ce qu’on voit à des reproductions d’originaux sur toile, ou à des photos retouchées.

 

Oui, mais non. Cali Rezo est peintre numérique. Ça ne l’empêche pas de présenter ça et là des pastels, ni de passer au pinceaux des trucs et des machins sur certains tirages, mais pour ce qui reste l’essentiel de sa technique, son original, la forme sous laquelle se présente son œuvre une fois finie, c’est un fichier. D’un certain point de vue – mais dont on va vite voir qu’il n’est pas opérationnel – Cali Rezo passe des heures à peindre des tableaux qui au final n’existent pas. Ou du moins, n’existent ni sous la forme de châssis recouverts de peinture, ni comme estampe, litho, gravure, mais supposent pour prendre une forme matérielle, palpable, d’être par exemple imprimés.

 

Vous commencez à voir l’un des paradoxe, auquel se heure Cali Rezo elle-même si j’en crois cette petites BD trouvées sur son site ?

 

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Il semble donc que cette démarche de peintre, pour la seule raison qu’elle emprunte les outils de son temps, quitte de ce fait même le monde connu et acquière bien involontairement une étrangeté dont Cali Rezo parait bien encombrée.

 

On la comprend. Je ne sais pas où elle en est, mais perso, je trouverais là de bonnes raisons de me taper la tête contre les murs. On sent l’artiste parfois poussée à bout, acceptant d’ajouter un peu de « vraie » peinture sur ce qui l’est déjà, histoire de sortir de l’impasse construite autour d’elle sans qu’elle n’ait rien demandé. Car l’ensemble de l’œuvre de Cali Rezo est tout à fait claire sur ce point : elle n’a rien de subversif et son propos ne me semble pas du tout vouloir remettre en question le statut de l’œuvre ou celui de l’artiste. Cali Rezo aime peindre, elle peint. Beaucoup de portraits et elle le fait bien.

 

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Je vais verser dans l’hypothèse gratuite, mais j’imagine que tenir son blog et son site lui a permis de trouver un espace où afficher son travail quand elle désespérait peut-être de pouvoir le montrer ailleurs. Ou alors, mais ce n’est pas incompatible, elle a trouvé dans ces « support » un débouché assez naturel pour des œuvres numériques au départ, et arrivées à l’écran aussi. Mais je me demande si la malédiction n’a pas alors frappé une seconde fois. Je suis tombé sur Cali Rezo en effectuant une recherche sur les blogs très visités et le sien l’est. Une simple requête dans Google avec « Cali Rezo » comme mot clé donne ce jeudi 10 septembre 2009 à 19 heures 13 quelque 219 000 résultats. À titre de comparaison, « jean-marie dutey » en donne 2530 et « Scribulations » 884. Mais le paradoxe apparaît quand on effectue une recherche dans les images : 521 résultats pour « Cali Rezo» 494 pour « Jean-Marie Dutey », 349 pour « Scribulations ». D’où il ressort que Cali Rezo est maintenant beaucoup plus connue comme blogueuse citée par d’autres blogs que comme artiste peintre, ou graphiste. Quelle ironie !

 

Reste, et c’est sûrement l’essentiel que Cali Rezo, comme personne, comme artiste, comme blogueuse, comme maman et comme tout ce qu’on veut, parait tout à fait sympathique. Perso j’aime énormément nombre de ses œuvres - pas seulement les alphabets - dont les quelques reproductions que je me suis autorisé à copier ici ne donnent qu’une toute petite idée.

 

Jimidi 10 septembre 2009

 

 

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Holàlàlà, le "Q" ! Quelle bonne idée ! Mais le "A" en pince à linge et le "5" en cintre sont juste géniaux eux aussi !

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Le "7", quelle merveille !  

 

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