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20 mars 2012 2 20 /03 /mars /2012 23:39

 

 

 

L-abeille-et-l-ablette.jpg

 

 

 

 

(Pffiiuuu ! M'a bien fait suer, celui-là. Sinon, ça se voit, que je me repose ? ) Merci à la fédération de pêche du Puy de Dôme pour son involontaire participation à cette farce, ainsi qu'au livre ou y'a tout, autrement dit, l'encyclopédie "Le visuel".

 

 

19 mars 2012 1 19 /03 /mars /2012 22:24

 

 

 

Le-petit-ailleurs---Le-carnet-de-Jimidi.jpg

 

 

 

 

 

19 mars 2012 1 19 /03 /mars /2012 21:19

 

 

 

 

Planche-Neige---Le-carnet-de-Jimidi.jpg

19 mars 2012 1 19 /03 /mars /2012 17:49

 

 

Le petit napperon rouge - couverture parodique - Le carnet

 

 

Merci aux blogs « Le crochet de Florette, Tête à modeler, et Toocharger.com pour leur participation bien involontaire à cette farce. Le recueil « Le petit napperon rouge » existe bel et bien. Il est signé Hecto Hugo. Ça devrait être interdit d’avoir les mêmes bonnes idées avant moi...

18 mars 2012 7 18 /03 /mars /2012 11:49

 

 

 

Lettrine--E-rose--Le-carnet-de-Jimidi.jpg

 

ncore un petit dernier, et après, promis j’arrête : ces articles à base de porc pourraient finir par faire grossir. Là, il s’agit juste d’explorer les variations du conte et plus seulement celles de la maison en paille.

 

Le titre

A côté du très attendu « Les trois petits cochons », parmi lequel je range également « Les 3 petits cochons » on trouve deux « La véritable histoire des trois petits cochons » laissant entendre que les autres sont des escroqueries et un « Les trois petits pourceaux », qui tend à indiquer que Coline Promeyrat compte se démarquer de l’histoire originale. Pas trouvé de « Deux gorets plus un » mais il suffit sans doute de chercher mieux.

 

L’impulsion de départ

Elle peut être vague : s’en aller chercher fortune par le monde (Blegvad, Greban, Floc’h) ou voir du pays (Claverie). Economique : Leur vieille maman était si pauvre qu’elle n’arrivait plus à les nourrir (Futamata, Brooke). Correspondre à une étape du développement des intéressés : « devenus bien assez grands pour se débrouiller tout seuls (Fordacq). Psychologique : qui s’ennuyaient à la ferme. Ils voulaient avoir leur maison à eux. (François) ou vitale : Il sont gras et gros mes petits pourceaux, demain il faudra les tuer pour remplir mon garde-manger ! (Promeyrat)

 

Se séparer, rester ensemble

C’est le point à partir duquel les deux versions du conte divergent, pour mieux se retrouver plus loin. On comprends bien pourquoi : Se réfugier chez son frère suppose une certaine proximité géographique, dont n’a pas besoin l’autre version, dans laquelle les deux premier cochons finissent en casse-dalle.

 

Construire une maison

La motivation peut être implicite, au point que la plupart des auteurs ne l’évoque pas, comme s’ils fallait nécessairement construire une maison quand on n’en a pas. Cette motivation peut être contenue dans l’impulsion de départ : habiter chez eux (François) ou dictée par l’éventualité de devoir se protéger du loup (Claverie, Promeyrat)

 

Construire en quoi ?

Le choix du matériaux peut être dicté par les circonstance, comme de rencontrer un paysan chargé d’une botte de paille, par les ressources du lieu - les champs, la forêt - mais ce choix porte en lui-même une dimension psychologique, soulignée ou non par les auteurs. Les plus moralisateurs insisteront sur l’irresponsabilité des deux premiers cochons, liée parfois à leur rang de cadet (Forcaq). La composante psychologique des matériaux ressortira mieux dans la version où les trois frères restent à proximité les uns des autres.

 

Se procurer les matériaux

Quand ils ne sont pas trouvé sur place, les matériaux sont obtenus à la suite d’une transaction, don ou vente. La transaction suit un protocole plus ou moins compliqué, allant du simple « Bonhomme, donne-moi cette paille pour me bâtir une maison. » (Gréban, Blegvad) à des civilités plus codifiées : « Voulez vous me vendre votre paille ? » (François). Il est parfois fait appel à l’empathie du donneur pour le projet : « Pardon, monsieur, pourriez-vous me donner un peu de paille ? C’est pour me construire une maison. » (Futumata). On trouvera les transactions les plus compliquées dans Floc’h. Pour la paille : Bonjour, brave paysan. Pourrais-tu me donner toute cette paille qui t’embarrasse ? (faire pas chier, je te rends service...) – Qu’est ce que tu vas faire de toute cette paille, petit cochon ? Une maison pardi ! – Une maison en paille ? – Oui, en paille ! Et ce sera la plus belle ! – Peut-être. Mais ce ne sera que la plus belle des maisons de paille. (Prise de tête !) – Que veux- tu dire par là, paysan ? – Je dis que c’est ton choix, petit cochon et que tu peux me débarrasser de toute la paille que tu désires. Ma femme et moi n’avons plus de bêtes. (Racontes moi ta life...) Pour le bois, y’en a une page, mais pour la maison en dur, quatre ligne : Le cochon premier de la classe paye cash et sans discuter.

 

Construire où ?

Le choix de l’emplacement est rarement précisé mais quand il l’est, il s’agit d’une forêt ou d’une clairière, sans doute pour favoriser la rencontre avec le loup, dont on sait grâce au Petit Chaperon Rouge qu’il vit dans les bois.

 

Construire

Comme le laissaient soupçonner les images, le texte ne s’embarrasse pas de description du chantier : Et le petit cochon construisit sa maison (Brooke). Et le petit cochon se bâtit une maison (Blegvad, Greban). Chez Claverie, on a un peu plus de détails : Le premier petit cochon se hâta de tresser des brins de paille qu’il avait trouvés sur une meule voisine. Et pour la maison de bois : Le second petit cochon planta des piquets aux quatre coins de sa cabane de bois et disposa comme il le put des branches pour faire les murs.

 

En raison même de la nécessité interne du conte, voulant que la maison de brique (ou de pierre selon les versions) résiste au loup, certains auteurs insistent plus particulièrement sur les qualités constructives de la troisième maison : C’était une maison très jolie, très commode et très solide. (François) Une maison qui ferme à clé. (Promeyrat) Rien de tel que de bonnes briques de maçon pour se bâtir un joli petit pavillon (Futumata). Comme il fallait s’y attendre, c’est chez le très bavard Floc’h qu’on trouve le plus de détails : Et le labeur commence,  à peine les matériaux livrés. Les plan sont respectés, les parpaings se montent au fil des heures. Les huisseries se posent, on en vérifie les niveaux et on en teste l’étanchéité, puis on arrive à la charpente, solives chevrons, liteaux et pour finir, la couverture et la zinguerie. On échappe de peu au classement énergétique.

 

 Visite du loup aux deux premiers cochons

Curieusement, la plupart des auteurs laissent implicites les raisons pour lesquelles le loup s’intéresse aux petit cochons. Il est entendu, mais sous entendu, qu’il veut les manger.  Certains auteurs sortent de cet implicite : Il avait grand faim. Il s’approcha de la maison de paille et renifla : « Huuummm, ça sent bon le petit cochon par ici ! »  (Fordacq) Puis voyant que ce n’était que trois petits cochons dodus, il se ravisa... « Miam... quel joli casse-croûte ! » (Claverie)

 

S’en suit un épisode marqué par le sceau du conte : le loup demande à rentrer, poliment, parfois en frappant à la porte. Perso, ça me fait penser à la légende du vampire selon laquelle sa future victime doit l’inviter à entrer. Parce que là, bon, sachant qu’il va se le faire, le cochonnet et qu’il suffit d’écrouler la paillote ou la cabane pour ça, on peut se demander pourquoi il ne commence pas par là. Le refus des cochons est intéressant également : «  Non non, par la barbiche (ou le poil) de mon petit menton » (Gréban, Blegvad, Brooke) Non non non, par ma queue en tire-bouchon (Fordacq) Futumata est plus original : Pfut... pas question ! Va te faire cuire un oignon ! (puis un hérisson, puis un édredon)

 

Les menaces du loup, puis leur mise à exécution font en général appel à sa capacité pulmonaire - c’est un loup non fumeur - mais pas que : Eh bien ! je soufflerai, et je gronderai, et je détruirai (ou écraserai) ta maison. (Greban, Blegvad) Alors je taperai du pied, je soufflerai, je cognerai. Ta maison tombera par terre, et je te mangerai. (François) Ça vire scato chez Promeyrat : Ouvre cette porte immédiatement, sinon je souffle, je crache et je pète dedans !

 

Repas ou pas

Là, les deux versions suivent des cours différents. Dans l’une, le loup arrive à ses fins et mange les deux premiers petits cochons, dans l’autre, le premier se sauve chez le second puis les deux chez le troisième.

 

Visite du loup au troisième petit cochon

Que les trois cochons soient réunis ou qu’il n’en reste qu’un, le loup suit le mode opératoire qui lui a réussi jusque à présent : approche polie, puis menaces suite au refus et enfin passage à l’acte. Il souffle, en grondant ou pas, en tapant du pied ou pas et toujours en crachant et pétant chez Promeyrat. Mais au final, ça foire. Là, soit il monte direct sur le toit pour passer par la cheminée dans une version, soit il passe à la tentation par le navet, les pommes et la fête, mais il finira par monter sur toit.

 

Les navets

De guerre lasse, n’ayant pas pu écrouler la maison du troisième petit cochon, le loup lui donne rendez-vous pour le lendemain dans un champ de navet proche. Le petit cochon y va avant l’heure et évite le loup. Fordacq remplace les navet par des raisins

 

Les pommes

Un nouveau rendez-vous est pris pour aller chercher des pommes. Le petit cochons y va avant l’heure dite, mais perd du temps pour monter dans l’arbre et se fait surprendre par le loup, qu’il éloigne en lui jetant une pomme (va chercher la baballe ! ) Floc’h imagine une autre façon de se débarrasser du loup : Le petit cochon, inquiet, ne voit qu’une solution. Sacrifier une partie de sa cueillette ! Ce qu’il fait sur le champ, en jetant sur le loup tout un panier de pommes qui dévalent la pente du verger. Le loup glisse et roule sur les fruits.

 

La fête au village

Un ultime rendez-vous est pris pour la fête au village où, pour échapper au loup, sur place ou sur le chemin du retour, le petit cochon se cache dans une baratte (une sorte de tonneau) qu’il fait rouler jusqu’à chez lui. Il effraye le loup au passage. Ce renversement des rôles finira par faire sortir la bestiole de ses gonds, à défaut de la porte, surtout que l’autre grassouillet s’en vante.

 

La fin du loup, et du conte

Que le conte soit passé par les navets les pommes et la fête ou non, le loup fini par arriver sur le toit de la maison du troisième petit cochon, où celui-ci a recueilli ses deux frère s’ils n’ont pas été croqués par l’autre version.  Passant par la cheminée, librement ou aidé par le ou les petits cochons qui lui tirent sur la queue, le loup termine dans une marmite d’eau bouillante qui se trouvait dans l’âtre, ou qui a été installée à son intention. Arrivé là, chez la moitié des auteurs : il termine sa vie peu honorable (Floc’h) Mais chez les autres, le loup est cuit et mangé. Deux auteurs ont pitié de lui : Brûlé, ébouillanté, pelé, le loup ressortit aussitôt par où il était entré (Claverie) Les petits cochons lui ouvrirent bien vitre la porte pour le laisse sortir. (Fordacq)

 

La conclusion est donc heureuse :  Le petit cochon vécut ensuite heureux et tranquille sans le loup et sans ses frères... (Futumata) Les petits cochons ne voulurent plus se quitter. Ils vécurent tous les trois dans la maison de briques et, s’ils ne sont pas morts, ils y sont encore (François) La vérité, c’est que le troisième petit cochon agrandit sa maison pour accueillir ses frères et sa maman (Claverie)

 

 

Variations dans les variantes

Marie Odile Fodacq essayant peut-être de tirer le meilleur des deux versions, fait se sauver les deux premiers cochons chez le troisième, mais ajoute néanmoins un détour par les pommes, remplace les navets par des raisins, puis elle shunte la baratte et passe à la cheminée.

 

Conclusion

Seule la version racontée et illustrée par Arnaud Floc’h affiche des ambitions qui la distingue nettement du lot. Mais elle est souvent insupportablement bavarde : C’est une aurore chargée d’émotion pour la famille Cochon, une aube naissante toute rose et bleue annonciatrice de drame. Ils n’ont encore jamais quitté la chaumière douillette de leur mère et ce matin-ci, les perles de rosée de la nuit se mêlent à quelques larmes que la pudeur d’une éducation stricte tente de retenir. Au secours !

 

On sent les auteurs partagés entre deux tentations incompatibles : la fidélité au conte et ses épisodes angoissants : partir de chez soi, se faire bouffer... et celle  de véhiculer explicitement des valeurs positives et rassurante, comme Jean Claverie, qui réussit à la fois à sauver le loup et à rassembler les trois petits cochons et leur mère à la fin, contrairement à Futumata, déjà cité, dont la vision du bonheur est à l’opposé : Le petit cochon vécut ensuite heureux et tranquille sans le loup et sans ses frères...  On pourrait ajouter : célibataire et sans sa mère.

 

 

 

 

Voir aussi :

 

 

 


17 mars 2012 6 17 /03 /mars /2012 11:01

 

Couvertures de 9 albums des trois petits cochons - Le carne

Lettrine--L-Gill-san---paille---Le-carnet-de-Jimidi.jpg

 

e doigt dans l’engrenage, tu connais ? Moi j’allais juste à la médiathèque fureter pour voir si je trouvais deux ou trois albums des Trois petits cochons, histoire de creuser un peu cette histoire de maison de paille. J’en suis sorti avec neuf ouvrages. Je te dis pas le regard inquiet de la dame à l’accueil. Après lecture, j’ai le sentiment que les maisons de paille c’est l’arbre qui cache la forêt. Aucun des neufs albums ne raconte exactement la même histoire, ni de la même façon. S’agissant d’un conte, il fallait s’y attendre, mais on n’est pas seulement dans la nuance à partir d’un même récit : il y a DEUX contes assez différents l’un de l’autre.

 

Dans sa première version, disons la version Disney pour faire simple, une fois sa maison de paille foutue en l’air par le loup, le premier cochon va se réfugier chez le deuxième. Puis l’histoire se répète, les deux vont chez le troisième, le loup en est pour ses frais, il passe par la cheminée de la maison en brique et atterrit dans une marmite d’eau bouillante. Rideau.

 

Dans sa deuxième version, celle que reprennent par exemple les deux albums titrés La VÉRITABLE histoire des trois petits cochons, le premier se fait bouffer, le deuxième se fait bouffer, et pour choper le troisième, après s’être époumoné en vain, le loup lui propose d’aller récolter avec lui des navets, puis des pommes. Puis rendez-vous est donné à une fête de village dont le cochon s’échappe grâce à une baratte. Ce n’est qu’après que le loup, furieux, passe par la cheminée et termine en pot au feu.

 

On trouve d’autres variations à toutes les étapes de l’histoire, j’en parlerais peut-être à l’occasion d’un autre article. Mais pour m’en tenir à la maison du premier petit cochon, elle n’est pas toujours en paille : chez Les trois petits pourceaux elle est construite avec des feuilles.

 

Les trois petits pourceaux - Coline Promeyrat Joëlle Joliv

 

Restons sur la paille. Elle provient généralement d’une botte que transportait un paysan qui passait par là, sauf chez Jean Claverie : Le premier petit cochon se hâta de tresser des brins de paille qu’il avait trouvé sur une meule voisine : le soir même il acheva sa paillote et put y dormir à l’abri sans plus penser au loup. Intéressant, cette idée de paillote et de paille tressée, non ? C’est le seul exemple où le texte indique un  mode de construction. Ailleurs, comme on va le voir, c’est à l’illustrateur de se démerder. C’est également l’un des deux exemples où la maison de paille se trouve dotée d’une appellation propre  : une paillote.

 

Les-3-petits-cochons---Jean-Claverie--b---Le-carnet-de-Jimi.jpg

 

Chez Arnaud Floc’h, et M. O. Fordacq, c’est une hutte, partout ailleurs, une maison. Restons chez Floc’h dont la hutte finale est pour le moins sophistiquée : arrimage à un tronc extérieur, stores déroulants en guise de fenêtre et de porte. Mais l’ensemble est-il carré ou rond ? On ne voit pas bien.

 

Les trois petits cochons - raconté et illustré par Arnaud

 

Rien de tout ça chez Quentin Gréban. La paille, où restent quelques épis, ce qui en indique bien son origine céréalière, parait avoir été entassée, ce qui donne à la porte en bois un petit air de ne rien avoir à faire là.

 

La véritable histoire des trois petits cochons - Quentin G

 

Chez Charlotte Roederer, l’illustratrice de M.O. Fordacq on voit apparaître un discret système constructif à base de branches. Les prémisses d’une ossature bois ? Puis la hutte est là, cylindro-conique et dotée d’une fenêtre avec un volet au matériau indéterminé, dont on ne comprend pas bien le fonctionnement.

 

Les trois petits cochons - Marie Odile Fordacq Charlotte Ro

 

On retrouve du tressé chez Erik Blegvad et bien que son texte n’en parle pas, ses illustrations sont tout à fait claires de ce point de vue. Le résultat est assez convaincant. C’est une maison rectangulaire, dotée de plusieurs fenêtres et d’un toit qu’on dirait de chaume, lui-même ligaturé sur on ne sait pas quoi.

 

La véritable histoire des trois petits cochons - Erik Bleg

 

L. Leslie Brooke contourne ces questions techniques et elle évite même de nous montrer la maison de paille finie. Tout juste le loup en train de la démolir nous permettra-t-il de ranger cette maison là dans la catégories de celles dotée d’une ossature bois, assurée ici par des baliveaux.

 

Les trois petits cochons - L. Leslie Brooke - Le carnet de

 

Ossature bois également pour Eriko Kishida, l’illustrateur de Eigoro Futamata. On voit un mat central qui dépasse et un assemblage de branches ligaturées. Comment la paille tient-elle sur tout ça ? Mystère.

 

Les trois petits cochons - Eigoro Futamata & Eriko Kishida

 

On termine par Annick Bougerolle, illustrant le texte de Paul François. Elle construit sa maison de paille à l’aide d’un module de base : la gerbe. Le résultat final hésite entre le rond et le carré mais semble assez cosy.

 

 Trois petits cochons - P François A Bougerolle - Le carnet

 

 

 


Voir aussi :

 

 

 

 

 


15 mars 2012 4 15 /03 /mars /2012 01:04

 

Sonnet-Voyelles-de-Rimbaud-selon-la-disposition-suggeree-.jpg

 

Sonnet-Voyelles-de-Rimbaud---fac-simile-du-manuscrit-origi.jpg

 

Lettrine--O-Academy--Le-carnet-de-Jimidi.jpg

 

 

n pourrait remplir une bibliothèque de bonne taille avec les ouvrages parus sur Rimbaud. Peut-être même seulement avec ceux glosant sur son sonnet « Voyelles ». Dans son commentaire sur « Des lettres se cacheraient-elles partout autour de nous ? » Paul Laurendeau relève que « le fortuit de la chose est parfaitement senti dans LE SONNET AUX VOYELLES de Rimbaud... » Qu’entend-il exactement par là, je ne sais. Sans doute voit-il dans les associations établies par le poète entre lettres, couleurs et images quelque chose du mouvement évoqué dans l’article, selon lequel on peut s’amuser à trouver des lettres cachées dans les détails de notre environnement.

 

Sauf qu’à mon avis, la démarche du poète est inverse, puisqu’il me semble partir de la forme des lettres pour aller vers l’image en passant par la couleur. Tu dis ? Le résultat est le même ? C’est possible.

 

Paul ne relève pas que le sonnet de Rimbaud propose une liaison entre deux obsessions récurrente de ce carnet : les lettres et les couleurs, mais il y a pensé, forcément. Son commentaire m’a remis en mémoire un article lu dans l’anthologie de la revue Bizarre, parue chez Berg International, achetée sur la recommandation de Philippe Didion dans une de ses notules.

Fin 1961, la revue Bizarre publiait un texte titré « A-t-on lu Rimbaud ? » signé R.F. Dans ce texte, l’auteur proposait une lecture du sonnet Voyelles guidée par une hypothèse simple : le A serait un triangle pubien, le E une paire de seins, le I une bouche, le U des cheveux et le O un oeil.

 

Ça marche pas mal.

 

Ça a marché jusqu’à ce que Robert Faurisson - c’était lui - emporté par cet élan le poussant à bousculer les thèses officielles, se fasse le champion du négationnisme et réfute l’existence des chambres à gaz...

 

Pour en revenir à notre sonnet, j’ai essayé de composer une illustration à partir de l’hypothèse Faurisson. Je ne sais pas si ce professeur de lettres a pris un jour la peine de dessiner une femme en n’utilisant que cinq voyelles et je ne sais d’ailleurs pas si quelqu’un a pensé à le faire avant moi, vu que je n’ai rien trouvé d’approchant sur la toile, mais ça m’aurait aidé. Parce que y’a des trucs qui collent bien et d’autres pas du tout. D’ailleurs la femme, allons-y, doit-on la voir debout ? Couchée ? Assise ? Donne la patte ? Disons couchée. Mais selon l’angle sous lequel tu l'envisages, ou tu la dévisages (tu fais ce que tu veux), virgule, les lettres qui la composent ne vont pas être dans le même sens. Ça y est, tu es largué ? Bouge pas, je te la repasse au ralenti :

 

Mettons que Madame soit allongée devant toi, avec ses pieds à gauche et ses cheveux verts à droite, le A de son pubis va devoir basculer de 90° sur la gauche pour être « dans le bon sens ». Oui ? Le E de ses seins sera OK, le I de sa bouche également, le U de ses cheveux (verts) devra basculer aussi et le O de son oeil sera de toute façon dans la bonne position, vu qu’il est rond.

 

Il n’y a qu’une seule autre position possible, puisqu’on doit commencer par le A. C’est celle que j’ai choisie. Madame est toujours allongée, quelle patience ! mais là, tu la détailles de haut en bas, en commençant par sa partie la plus éloignée, le pubis et tu descends jusqu’à sa tête. Comme ça, le A est ok, le E doit effectuer un quart de tour sur la droite, le I également, le U est bon, et pour le O, tout va toujours bien.

 

Tu auras remarqué au passage que dans ce sens et selon cette disposition là, se trouve justifiée un détail curieux chez Rimbaud : il ne range pas les voyelles selon l’ordre « canonique » AEIOU, mais il inverse les deux dernières : AEIUO : Pubis, seins, bouche, cheveux, oeil. C’est vrai que comme ça, A noir, E blanc, surtout en adoptant la forme en epsilon de Rimbaud pour le E (idem pour son I) : ça roule !  

 

Avant de me lancer, je me demandais vraiment comment le U pourrait bien figurer des cheveux, mais finalement, ça va tout seul. J’ai choisi un U dont le jambage gauche, épais, peut laisser penser que le deuxième oeil est caché derrière une mèche de cheveux. Les jambages font brushing. Tiens, j’en profite pour dire que j’ai renoncé à des polices trop « faciles », genre un I ovale pour la bouche et un U avec bigoudis pour les cheveux. Pour le I, j’ai été tenté un moment par des polices proposant des empattements pouvant figurer les fossettes aux coins des lèvres, puis finalement, j’ai opté pour un I le plus proche possible de la graphie du patron. Pour le O, il m’a semblé que celui de Rimbaud autorisait cette police outline, dans laquelle on peut trouver, en cherchant bien, le contour de l’oeil et celui de l’iris. Pour le fond, désolé, mais je n’ai rien trouvé de franchement satisfaisant et le sonnet lui-même ne dit pas grand-chose à ce propos. J’ai tranché pour un brun alcôve.

 

Tu dis ? Il faut quand même beaucoup d'imagination pour voir une femme dans ces cinq lettres là ? Bah ! Tu n'en manques pas.

 

Sonnet-Voyelles-de-Rimbaud-selon-la-disposition-su-copie-1.jpg

 

 


  Sinon, y'a ça. 

Published by Jimidi - dans Calligraphie
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14 mars 2012 3 14 /03 /mars /2012 19:16

 

Land-of-the-lost---Le-monde--presque--perdu---Brad-Silberli.jpg

 

 

 

Lettrine (Y Gill san - Motel) Le carnet de Jimidi

 

’avait rien qui nous fasse vraiment envie à la télé hier soir. Du foot sur TF1, aucun intérêt quand Christian n’est pas là ; Un crime au paradis sur France 2 avec le regretté Jacques Villeret et Josiane Balasko, que j’adore, mais déjà vu ; Divorce et fiançailles sur France 3, une fiction française genre tu lis le résumé et t’as envie de mourir, Canal +, on l’a pas ; Algérie, notre histoire sur Arte, il parait que c’est très bien mais perso, l’Algérie, ça me cause pas ; L’anniversaire des 25 ans de la chaîne sur M6, courage, fuyons ; Les nuits avec mon ennemi, qui devait être pas mal et on aime bien Julia Robert, mais la voir en femme battue faisait trop mal ; A la recherche du nouveau Claude François sur W9, histoire de chauffer l’audience pour la sortie aujourd’hui du biopic consacré au regrettable chanteur. Sans moi, merci, déjà que le précédent était assez pénible... 90’ Enquêtes - Gendarmes de Provence, sur TMC, comme si on avait déjà pas assez de flics dans les rues ; Un mari de trop sur NT1, comédie dramatique française, prise de tête assurée ; Thèmes de campagne présenté par Poivre sur LCP Public Senat, la chaîne que tiens ? Je n’ai jamais regardé de ma vie et qui ne m’a jamais manqué jusque là ; On bat la même campagne sur BFM TV, donc non ;  Pas non plus envie de me taper des infos en continu sur Itélé ; Air rage sur Direct Star, une histoire de pirates de l’air, qui m’a l’air de sentir la bouse à plein nez ; Junior sur Guilli, avec Schwartzy et De Vito, je n’aime ni l’un ni l’autre dans leurs rôles comiques. Restait Explô sur France Ô, une émission qu’en général j’aime bien et sur laquelle je me rabats quand il n’y a rien d’autre, et Le monde (presque) perdu sur NRJ 12, qu’on a regardé.

 

C’était très bien.

 

Le titre français fait penser à une parodie du film « Le monde perdu », le deuxième dans la série des Jurassic park, et c’est vrai qu’un tyrannosaure y est très présent. Mais la ressemblance avec ce film précis s’arrête là. On retrouvera des clins d’oeil à plein d’autres films d’aventure, comme les Indiana Jones, et d’autres, mais là ne réside pas l’intérêt du film.

 

C’était drôle, ce qui n’est pas rien, les films comiques ratés étant à mon avis les plus pénibles qu’on puisse voir. Tout y passe : comique de situation, gags, comique de répétition, dialogues, sous entendus, humour potache, humour scato... C’était imaginatif : le monde dans lequel atterrisse les trois personnages principaux est un patchwork dont on ne comprend pas vraiment comment les différents écosystèmes peuvent coexister, mais l’un d’entre eux est un désert dans lequel atterrissent toutes sortes d’objets hétéroclites venus d’ailleurs, une sorte de dépotoir cosmique qui a dû permettre aux décorateurs de bien s’éclater. C’était beau, oui, bon, pas tout le temps, parce qu’à chaque microcosme correspond une esthétique sur mesure et qu’on est volontiers dans le pulp, mais vous avouerez que cette épave de motel sur fond de soleil couchant à de la gueule, non ? C’était plutôt bien joué, disons honnêtement et bref, tu auras compris que dans la morosité annoncée de cette soirée, Le monde (presque) perdu aura été une bonne surprise.

 

 

14 mars 2012 3 14 /03 /mars /2012 06:00

 

 

Globe terrester et sapin de consommation énergétique

 

 

Lettrine--A-Cedre-.jpg

 

ttention, cet article n’a pas la prétention de faire la leçon à qui que ce soit et d’ailleurs, en matière de conscience environnementale et de gestes respectueux de la planète le plus sage serait peut-être de nous tirer une balle dans la tête. Tu commences. Ah non, merde ! Elles sont en plomb. Mais puisque nous voilà morts, restons-le : je me suis laissé dire qu’au jugement dernier, les bilans carbone individuels allaient peser lourd dans la balance. D’ici à ce que tous ceux qui ne se présentent pas avec une auréole basse consommation soient réincarnés en grille-pains...

 

Non, ce qui me motive pour écrire cet article, c’est la perspective de le relire dans dix ans, quand l’essence et l’eau potable seront devenues introuvables et que le nucléaire nous aura pété à la gueule, ou qu’au contraire, on trouve d’ici là une source d’énergie quasi gratuite et inépuisable...

 

A la maison, on fait ce qu’on peut, mais il faut reconnaître que nos deux principales contributions à l’éco-orthodoxie doivent beaucoup aux circonstances : nos vieilles fenêtres ont été changées l’année dernière pour des neuves, double vitrées, ce qui nous permet de chauffer beaucoup moins, voire pas du tout dans certaines pièces. Même au plus froid de l’hiver, je coupais le chauffage de notre chambre en journée, pour le rallumer vers 18 heures. Le fait que j’habite dans la rue même où je travaille est intéressant aussi et plus largement, le choix que nous avons fait il y a onze ans d’habiter plutôt en ville que dans le Beaujolais rural. Je ne me voyais pas prendre sans cesse la voiture pour accompagner l’un, chercher l’autre... Du coup, la voiture sert peu, environ 15 000 km par an et c’est tant mieux. Je ne m’en sers pas non plus pour bosser puisque nous disposons de trois véhicules de service pour douze personnes. Du coup, même quand je vais à Lyon, je la laisse en périphérie et je prend le métro. A la maison, quasi toutes les ampoules sont basse consommation. On essaye de gaspiller le moins possible la flotte. Perso, c’est douche quotidienne plutôt que bain et rapide vu que je suis toujours en retard quand je vais travailler.

Le tri des déchets, on en a déjà parlé... Qu’est ce qui reste ? Non, on achète pas bio, du moins pas systématiquement et oui, hélas, non seulement on boit de l’eau pétillante en bouteille, mais je fume.

 

Pô bien !

Published by Jimidi - dans À la maison
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13 mars 2012 2 13 /03 /mars /2012 22:46

 

Les maisons de paille des Trois petits cochons - Le carnet

 

 

Lettrine (A paille) Le carnet de Jimidirgument dont ma mémoire n’avait gardé aucun souvenir (tu m’étonnes !) pourtant tout à fait explicite dans le conte des Trois petits cochons : la maison de paille est une maison de fainéant. Rappelle-toi : les trois frères vont se construire leur baraque, les deux premier à la va-vite, ce qui leur laisse le temps d’aller narguer le troisième en chantant et dansant sur la ritournelle stupide « Qui craint le grand méchant loup ? » Première conséquence inéluctable dans cette idéologie de la sueur et des larmes : la maison de paille n’est pas solide. N’importe quel loup surmoïque va te mettre tout ça par terre juste en soufflant dessus.

 

Je m’étonne moins que la construction paille ait des problèmes d’image ! De plus, beaucoup d’expressions populaires ne plaident pas vraiment en faveur du matériau : brûler comme un feu de paille, un homme de paille, on voit plus facilement la paille dans l’oeil du voisin que la poutre dans le sien, la paille humide des cachots, tirer à la courte paille celui qui, qui, qui, sera mangé, ohé ohé !

 

Du coup l’iconographie du conte, du moins celle que j’ai trouvée, reste cohérente avec cette idée de construction à la va-vite, en donnant volontiers à la maison du premier petit cochon un aspect de meule : un cylindre plus ou moins épais couvert d’un cône. C’est d’ailleurs un peu curieux qu’on ait tous cette image de meule en mémoire vu que ces meules là ont disparu de nos paysages dès la mécanisation des travaux agricoles, il y a plus de cent ans, un mardi, et qu’en plus, c’était probablement des meules de foin.

 

Tu dis ? Tu ne vois pas la différence ? Ah bravo ! La paille, c’est de la tige de céréale, c’est ce qui reste quand on a moissonné. Elle sert de litière pour l’élevage et accessoirement de matériau de construction, mais pas du tout de nourriture pour les animaux, contrairement au foin. Lui, c'est de l’herbe séchée. La paille est jaune d’or, le foin vert pâle.

 

Tout ça pour dire que les idées à la con ont la vie au moins aussi dure que les images d’un autre temps...

 


 

Voir aussi :

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