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6 août 2010 5 06 /08 /août /2010 09:52

 

 

Août - Ça y est. J'avais prévenu (Cf. Note "Vacances") tout se passe comme si tout le monde était mort. Du moins dans le village où j'habite sur la blogosphère. Plus de nouveaux articles, plus de commentaires. Profitez-en pour vous reposer et nous revenir plein d'énergie. Ici ? Ah ben non, ici, je garde le feu.

 

Travaux - Pas encore de photo, on est en plein dedans et on devrait tapisser aujourd'hui. Tu ne t'étonneras pas que le plafond soit si bien lessivé : on l'a repeint. Théoriquement, un litre de peinture aurait dû suffire. J'en ai passé deux litres cinq, soit toute la boîte. Bah, elle est mieux au plafond que dans un fond de pot au placard. Tiens, je vais aller préparer la colle et couper d'avance les lés.

 

Plantes - La plupart vont très bien. Encore des attaques sporadiques de cochenille farineuse (vraie saloperie) mais Anne traite les patientes avec un produit particulièrement efficace. Certaines plantes en réchappe. Les autres meurent guéries.

 

Chats - La grande forme. Viola joue toujours beaucoup avec les plumes (la maison n'en manque pas). Je me demande pourquoi elle fini immanquablement par les abandonner dans la gamelle de flotte. C'est pour faire infuser ? Qu'après l'eau ait le goût d'oiseau ?

 

Gamelle-d-eau-et-plume.jpg

 

Gardiennage - Enfin c'est fini. Se rappeler qu'une semaine maxi, c'est bien. Plus, c'est insupportable.

 

Lecture - Commencé "Raoni - Les mémoires d'un chef indien" disponible chez Amazone, forcément ! Mouhahahah !

 

Écriture - Rien. Enfin... Rien de très notable. Une petite notice autobiographique pour Kats en dix lignes et mes notes quotidiennes pour ici.

 

Blogs - Je continue de sauver ce qui peut l'être dans les 800 notes de "Souriez, c'est pour la radio". Tout ne fera pas le voyage. Je ne vois pas bien l'intérêt, par exemple, de déménager les couchers de soleil. D'ailleurs à ce propos, ceux de ces jours-ci sont sans intérêt.

 

Rangements - Tu sais, les déménagements ? On met tout ce qui va bien dans des cartons qui vont bien : vaisselle, bouquins, vêtements et à la fin, on se retrouve avec un monticule de trucs qui ne vont avec rien et qu'on fini par charger pêle-mêle à la pelle à neige dans un ultime carton étiqueté "À trier".  Ben là, ces putains de cartons, on les retrouve. Depuis plusieurs jours trône sur la table de la cuisine une boîte remplie de trucs et de machins. On en range un ou deux en passant, quand on est inspirés. Petit à petit, la boîte se vide. Il n'y reste plus qu'un moche crayon, un sandow et une sorte de support de télécommande-téléphone portable. Il est vrai que j'ai sournoisement écarté la tranche de bois de cèdre pour la mettre dans le séjour. Elle encombre, mais ça sent tellement bon ! Et j'ai groupé le vieux clou rouillée de voie ferrée avec le squelette de grue métallique, tout en haut de l'étagère à bouquin de l'entrée, un des innombrables endroit du logis où s'accumulent les trucs et machins. Il me semblait que ce clou et cette grue avaient des choses à se dire.

 

etagere-de-l-entree---aout-2010.jpg

 

Bientôt Noël ! - Non, je plaisante. J'ai mis ça juste pour faire sursauter Lise, et d'autres, qui regrettent l'été dès que les jours diminuent. Ceci dit, tout vieux campeur comme moi vous le dira : l'été se termine le 15 août. Chic ! Tout le monde va revenir !

 

Jimidi

Published by Jimidi - dans Vrac
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4 août 2010 3 04 /08 /août /2010 18:07

 

 

la-boite-a-pizza---la-pizza-des-grands-chefs-III-b.jpgJamais deux sans trois. Comme pressée de vérifier l’adage, La Boîte à Pizza nous sert pour la troisième fois une compo originale, imaginée par un chef étoilé. Heureuse surprise, celle là aurait quasi l’air comestible. Sans doute l’été y est-il pour quelque chose, mais cette pizza aux tomates confites gorgée de soleil, caviar d’aubergine et boulettes d’agneau piquées aux anchois me ferait presque saliver. Ou alors est-ce l’heure du dîner qui approche ? Bref, même la photo est appétissante. Je parle de celle de la pizza, celle du chef moins. Mais du coup, on en viendrait presque à se demander pourquoi on a jugé utile de servir ça sur une assiette de pâte à pain. Glisserait-on vers le nouveau concept de la vaisselle qui se mange ? A la réflexion, ce dérapage était déjà amorcée avec la pizza goût kebab, la pizza moussaka et d’autres, dont je te passe l’énumération, tu va encore grossir.

 

Jimidi

 

Voir aussi : « Mise en boîte à pizza » la compile.

 

 

 

 

 

31 juillet 2010 6 31 /07 /juillet /2010 10:54

Maison-de-Thierry-et-Marie-Anne---ete-2010-photo-pour-car.jpg

 

 

 

 

Lettrine--O-nautile-et-gazon--copier.jpg

 

n est vraiment bien ici, chez Thierry et Marie-Anne. C’est une maison pas du tout bleue, pas du tout adossée à la colline, on n’y est pas venu à pied et ceux qui habitent là n’ont pas jeté la clé, ils sont parti avec, en nous laissant un double. C’est tranquille, juste assez près de chez nous pour qu’on puisse y aller poursuivre nos travaux et juste assez loin pour qu’on ait l’impression de repartir en vacances à chaque fois qu’on rentre. Tu dis ? Les travaux ? Ça avance bien. Toutes les affaires de Chris ont été emballées et descendues à la cave, dont la limite d’absorption n’est pas encore atteinte. Du coup, oui, on pourra encore y mettre pas mal de trucs encombrant inutilement le placard du fond, comme les déco de Noël. J’ai même stocké en bas là-bas les cartons de « Photomaton » et de « Scribulations 01/10 ». La chambre a donc été complètement vidée puis détapissée assez vite, l’ancien papier venant par lés presque entiers après avoir été copieusement pulvérisé d’eau. Pi comme elle ne fait que trois mètres sur trois… Reste à reboucher les trous, à poncer, à choisir et coller un, voire deux papiers peints. La question du rouge bordeaux n’est pas encore revenue sur le tapis. Perso, j’aimerais mieux un ton crème. J’ai envie d’atmosphères visuellement reposantes. À suivre… Je te laisse, je vais au jardin.

 

Jimidi 31 juillet 2010        

 

 

 

 

Deux bernard-l'hermite

 

Cet été 2010  (il n’est pas fini, Dieu merci !) restera sans doute celui où nous avons gardé des maisons. C’est déjà la deuxième. Chacune très différente de l’autre, et les deux très différentes de chez nous. C’est une expérience tout à fait nouvelle pour moi, d’habiter un temps chez quelqu’un d’autre. Non que je n’aille jamais chez personne, mais les invitations entre amis supposent qu’ils soient là. C’est même un peu l’idée de base. Là, les deux fois, on est arrivé au moment du départ des habitants habituels et après quelques consignes, ils partaient, nous laissant en leur lieu et place.

 

Tout le monde a fait comme s’il s’agissait de la chose la plus naturelle du monde, eux en laissant deux quasi-inconnus occuper leur foyer, nous en tartinant du « Tout va aller très bien » comme si on jouait régulièrement les bernard-l’hermite.

 

À la réflexion, c’est le côté improvisé et assez improbable qui m’interroge. Que ce soit Christian et Véro en Haute Loire ou Thierry et Marie-Anne dans le Beaujolais, on ne peut dire ni qu’ils sont des intimes, ni que cette occupation ait été prévue de longue date. On n’est même plus tout à fait sûr de leurs noms de famille. Pour l’impro, ça s’explique assez bien. Nous n’avions pas de projet précis, c’est une période au cours de laquelle tout le monde se barre et je comprends que ça puisse avoir un côté rassurant de savoir sa maison occupée. Dans les deux cas, il n’y avait pas vraiment d’enjeu, les deux maisons auraient très bien pu rester fermée quelques jours. Il aurait juste fallu conduire les chiens de la deuxième au chenil. C’est donc juste une question d’opportunité, la rencontre d’un possible et d’un souhaitable.

 

Mais l’idée que quelqu’un d’autre dorme dans votre lit pendant que vous n’y êtes pas me parait plus complexe. Je finis par me demander si le fait que les deux couples soient des connaissances, des amis d’amis, et non des proches, n’est pas une condition nécessaire plutôt qu’une difficulté ? En tout cas, pour moi, une sorte de barrière de discrétion s’est clairement élevée, protégeant le peu que je connaissais des occupants habituels et m’interdisant toute interprétation qui pourrait alimenter ce que je savais déjà d’eux. Hier, par exemple, on aurait bien ouvert une bouteille pour accompagner le fromage. Comme nous n’en n’avions pas vu à l’occasion des nombreuses explorations de placard destinées à trouver ces trucs dont tu as besoin, dont tu es SÛR qu’il y en a quelque part mais où ? verre mesureur, couteau à pain, bandes-dessinées, réserve de PQ, on a élargi le périmètre : rien. Nous sommes dans une maison dans laquelle il n’y a pas une goutte d’alcool, sous aucune forme que ce soit, hormis le fond de rosé qui traînait dans le réfrigérateur à notre arrivé et qui n’a pas fait long feu. Pourquoi ? Je n’en sais rien, et je ne veux pas le savoir. C’est comme ça. Pourquoi y a-t-il ici six endroits où s’asseoir autour d’une table, sans compter les deux canapés ? C’est comme ça. On pourrait faire des hypothèses et céder à la tentation de les vérifier, mais ce ne serait pas bien, alors non. Ne voyez pas là quelque chose qui me coûte, c’est exactement l’inverse. Il y a des tas de circonstance où il est beaucoup plus simple de ne pas se poser de question, surtout qu’on est en vacances et surtout quand les deux maisons offraient, et offrent encore jusqu’à vendredi pour la deuxième, de très confortables occasions de profiter du temps qui passe, et de très heureuses surprises pour l’occuper. Ici, par exemple, rien qu’avec les CD et les DVD, on pourrait occuper les jours et les soirées d’un bon mois. Il doit y avoir aussi un effet de génération – les couples qui nous accueillent ont grosso modo le même âge que nous – puisque on retrouve dans les deux maisons des disques qui pourraient être les nôtres. Dont certains le sont. Putain ! Mais je l’ai cherché partout celui-là ! Non, je plaisante. C’est moins net pour les livres, mais au moins y en avait-il. On ne se demandera donc pas à la suite de quelle hâte l’un des trois gamins a laissé sur sa descente de lit, en tas, ses sous vêtements, abandonnés sur place comme la seule trace d’un voyage spacio-temporel qui aurait mal tourné. On ne se demandera pas plus pourquoi l’un des deux autres a bouclé sa chambre à clé. On en sourira intérieurement et on passera à autre chose. À la lecture des Blueberry par exemple, en regrettant quand même qu’il en manque un sur deux. A l’arrosage du jardin, au nettoyage du filtre de la piscine. Au choix du film du soir (Hier, Spiderman III : grosse bouse. Avant-hier, 2012, que j’avais déjà vu et dont j’avais des souvenirs très nets avec Jones Cage alors que le rôle principal est tenu par John Cusack.) Puis on se couchera tard, on se réveillera un peu avant midi et on traînera tout l’après-midi, en pensant vaguement aux chats, mais qui ont des provisions pour la semaine et aux travaux qui attendent, ce qui n’a pas la moindre importance. Tiens ? Si je veux poster cet article, va falloir que je trouve la clé Wifi. Aaaaanne ?

 

 Jimidi 28 juillet 2010

24 juillet 2010 6 24 /07 /juillet /2010 23:37

  Roberto Bernardi - Lavabo

 

(…) The realistic elements of the composition are filtered through a photographic image resulting in a highly technological reproduction. This image is then successfully translated, using the traditional techniques of oil painting on canvas, to a perfect image of reality.

 

Albemarle Galery à propos de Roberto Bernardi

 

  Roberto Bernardi 2

 

Lettrine--A-Roberto-Bernardi-.jpg

 

 

 

 

 

la rubrique des bonnes habitudes à garder ici, on trouvera sur ce carnet comme, dans le précédent, des articles qu’on pourrait ranger dans la catégorie « Tout ce que Tonton (de Netkulture) aurait pu vous dire s’il était moins fainéant. Pardon : moins pressé. Je sais, je sais, c’est la brièveté et l’éclectisme de ses notes qui font le grand intérêt de Netkulture, mais son côté superficiel me fait parfois un peu soupirer - même si du coup, j’ai bien de la place pour creuser - quand à la mauvaise habitude consistant (trop souvent) à copier coller en guise d’accompagnement, les deux lignes et demi de texte de quelqu’un d’autre, disons le tout Net : ça m’exaspère. Tu dis ? Je l’ai déjà dit ? C’est vrai et j’avais ajouté que les qualités de Netkulture l’emportaient de toute façon très largement sur ses défauts, ce dont je reste persuadé.

 

Donc, Netkulture, dans son hier-note du 23 juillet 2010, nous invite à découvrir le travail de Roberto Bernardi, peintre, accompagnant trois petites repros de trois petits mots très empreints de cet étonnement qu’une brève recherche sur Google retrouve tel quel, copiée collée de blog en blog et qu’on pourrait formuler ainsi : On dirait des photos ! On peine à croire qu'il s'agit de toiles peintes ! 

 

Et tout le monde s’arrête là. Je trouve ça un peu paresseux, de réduire des œuvres au trouble qu’elles engendrent, au doute qui nous saisi quant à la technique les ayant engendrées, photographie ou peinture. Je n’ai rien contre la surprise et le doute, au contraire, ce sont de bonnes portes d’entrée, mais une fois poussée cette porte là, pourquoi ne pas aller voir un peu ce qu’il y a derrière ? Vous avez quand même bien cinq minutes, non ?

 

« On dirait une photo ! » La formule est une peu raccourcie, mais tout le monde perçoit bien l’idée, sous-jacente, selon laquelle la photographie, comme technologie, est ici convoquée comme offrant la meilleure référence sur la réalité objective. Si on développait (hi hi !) la formule on aurait alors quelque chose comme : « Ce qu’on voit parait aussi objectivement rendu qu’une photographie du même sujet, de la même composition. »  Notez quand même, au passage, qu’une jolie photographie d’un coucher de soleil tout plein de nuages orangers sur une campagne sombrant délicatement dans la nuit attirerait inévitablement cette remarque : « On dirait un tableau ! » la peinture, à son tour convoquée comme art, paraissant dans cette circonstance offrir la meilleure référence en matière de représentation. Comme quoi…

 

« On dirait une photo ! » saute un peu vite sur la technique, oubliant au passage des trucs bien intéressants, parce qu’entre nous, s’agissant de la repro ouvrant cet article, on dirait surtout un évier plein de vaisselle non ? C’est quand même un peu embêtant, de faire ainsi l’impasse sur le sujet. Comme s’il était indifférent qu’on nous montre un évier, une coupe de fruit ou des bocaux de friandises, pour rester dans les sujets traités par Roberto Bernardi, leur seul intérêt étant alors de ressembler point par point au modèle… Or il apparaît assez vite, pour qui prend la peine de remonter aux sources d’inspiration du peintre, tel qu’en témoigne la succession chronologique de ses toiles, qu’il n’a pas peint des éviers toute sa vie. Y’a deux fils rouges, qui paraissent tenir assez bon pour qu’on s’y cramponne : la matière et, justement, les sujets.

 

Roberto Bernardi 3

 Roberto Bernardi 1

 

Concernant la matière et son rendu pictographique, il est clair que Roberto Bernardi est arrivé à une virtuosité bien intéressante. Certaines œuvres témoignent d’une recherche assez acharnée en ce sens. Je ne vous les ai pas mises ici, mais plusieurs de ses natures mortes ne semblent avoir été composées qu’avec l’intention de rassembler en un minimum d’espace des matières variées : liquides colorés, matières organiques ou minérales, brillantes ou mat, transparentes ou non, offrants beaucoup d’aspects de surface différents, alignés comme autant de défis, d’obstacles à franchir pour le peintre. Cette composante du travail de Roberto Bernardi peut apparaître comme assez peu personnelle. Si vous avez en tête certaines tableaux classiques (pour ne pas dire pompiers), dans la plupart, de nombreux détails « signent » l’auto-satisfaction de rendre parfaitement, en vrac, la verrerie, la fourrure, le velours, sans parler des b.a.-ba du faux bois et du faux marbre. Paradoxalement, c’est un talent qui se remarque d’autant moins que le résultat est réussi. Comme contre exemple, je vous ai trouvé ce tableau de Luigi Benedienti représentant deux choux à la crème. La chantilly, vous voyez ? On dirait de la mayonnaise ou de la graisse à traire.

 

Luigi Benedienti - Un dolce bacio

 

Mais du coup, si on se met deux minutes à la place de Roberto Bernardi, on peut imaginer quels efforts, quelles recherches, combien d’essais et finalement quelle satisfaction peut retirer un peintre qui la veille n’arrivait pas à rendre, je sais pas moi, le polychlorure de vinyle, et qui aujourd’hui y réussit. On doit alors avoir le sentiment d’être au plus près, au plus intime de la matière, d’en partager le secret. Oui, vraiment, ça doit être enthousiasmant, peut-être même assez pour se satisfaire de rassembler en vrac des trucs et des machins sur une table devant soit et de se dire : Chiche !

 

Roberto Bernardi - Caramelle di cristallo

 

Retour à l’évier - donc au sujet - mais par un détour. Ayant fait l’effort d’aller jusqu’au site du peintre, j’ai poussé jusqu’à la page des liens, puis au-delà, jusqu’aux sites des galeries l’ayant exposé. Bien intéressant voyage, permettant très heureusement de situer Roberto Bernardi parmi d’autre peintres hyper-réalistes ou, pour reprendre une catégorie employée par l’une des galerie, parmi les peintres Photoréalistes. Y’en a des wagons et c’est une première surprise. Sous les trois ou quatre toiles de Roberto Bernardi émergeant à peine de la houle du Net se cachent des dizaines de peintres, des centaines d’œuvres partageant cette intention réaliste, du moins techniquement. Ce que j’ai vu rentre assez bien dans les catégories classiques : paysages, portrait et figure humaine, natures mortes, mais c’est pour mieux les détourner mon enfant. Les leçons de Duchamp et de sa « fontaine » ont été apprises, et retenues. Les paysages sont très volontiers urbains et les natures mortes font plus appel aux objets du quotidien, avec une surreprésentation des engins terrestres à moteur, qu’aux fleurs et aux fruits. Les mieux inspirés des peintres Photoréalistes - Roberto Bernardi en fait maintenant parti - se souviennent qu’en choisissant un sujet, ils imposent au spectateur d’y voir de l’art. Je dis « sujet » mais il faudrait préciser, ou plutôt inclure également le cadrage et le point de vue. Ce n’est plus, comme l’urinoir de Duchamp, seulement une provocation. En choisissant comme sujet de leurs œuvres des endroits, des objets, des scènes qu’on n’associerait pas spontanément sans eux à de l’art, tout pollués que nous sommes par des histoires de beauté, ces artistes témoignent à la fois de la réalité et de leur vision du monde.

 

Cherryl Kelley - Green Shelby

Don Eddy - Wrecking Yard 1

Peter Maier - Purpel Haze

Don Jacot - Rush hour

Matthew Pierog - Green tomatoes

Raphaella Spence - Mystery

 

Pour en finir avec le réalisme, puisque c’est de lui qu’est venu notre premier étonnement à la découverte de Roberto Bernardi, regarder des dizaines d’œuvres de ses contemporains, exposés comme lui dans les mêmes galeries, fait naître l’idée un peu curieuse que techniquement, le réalisme n’est pas seulement une qualité, mais apparaît également comme une quantité. On serait presque tenté d’en indiquer le pourcentage au regard de chaque peintre, voire devant chaque œuvre, certaines paraissant plus réalistes que d’autres. Mais cette tentation d’attribuer à Roberto Bernardi le maximum de la note, et l’Oscar de la « perfect image of reality » - pour reprendre l’argumentaire de la galerie Albemarle, qui parait bien avoir cédé à ce vertige - nous ferait décidément passer à côté de l’essentiel. Il suffit pourtant de le regarder, notre évier.

 

Je doute que ce soit un évier. On dirait beaucoup plus un lavabo, ce que tend à confirmer le carrelage, qui fait à mon avis plus salle de bain que cuisine. Et alors ? Alors à part la tasse en inox dans laquelle reste un fond de café au lait avec trop de lait et le gobelet qu’on sait même pas en quoi il est dans lequel stagne ce qui pourrait être du jaune d’œuf, le reste de la vaisselle est entièrement déjà propre. Et alors ? Et alors tu peux me dire ce qu’il y a de réaliste à rassembler sous un filet d’eau sans produit qui mousse de la vaisselle déjà propre avec deux fourchettes chirurgicalement stériles et pas d’assiette ? Non, on est bien dans une nature morte et donc dans un rassemblement d’éléments choisis, étudié, mis en scène, jusque dans la vue plongeante de trois quart, qui pourrait apparaître comme subjective, mais qui ne l’est pas. Si la scène nous était présenté du point de vue de celui qui s’apprêtait à faire la vaisselle, on aurait le robinet plutôt en face, à moins de vouloir tout faire en crabe… L’hypothèse nature morte se confirme. Du coup, je trouve beaucoup de parenté entre cette toile et d’autres du même, qui partagent cette mise en scène de matières, avec ici, peut-être une prédilection pour le métal, le verre et l’émail. On aura aussi noté la parfaite disposition des trois taches de couleur, le filet d’eau évitant de justesse, très dynamiquement, le centre géométrique de la composition et sans doute plein d’autres choses qui me sauteraient aux yeux s’il n’était l’heure de ma sieste.

 

Jimidi

 Dans le genre, voir aussi Pedro Campos  

24 juillet 2010 6 24 /07 /juillet /2010 09:08

artemis.jpg

 

 

 

artemis--Lettrine-.jpg

 

 

 

appelez-vous… Il n’y a pas si longtemps, deux ans quasiment jour pour jour, j’ouvrais mon premier carnet électronique, après avoir juré mes grands dieux que moi ? Ja-mais ! La date anniversaire est d’ailleurs impossible à retrouver puisque j’ai tellement tripatouillé le calendrier de ce pauvre carnet qu’il croit être né en 1958. Ce carnet, immatriculé « Scripturassion » mais titré en cours de route « Souriez, c’est pour la radio ! » a vécu, et bien vécu pendant deux ans. Concernant les raison de son ouverture, je les rappelais là-bas pour son premier anniversaire :

 

Ça va sembler tout à fait incroyable à la foule innombrables des trois lecteurs dont la moitié est une femme se pressant ici pour me lire  (on ne peut pas toujours regarder passer les trains) mais cet ici-bloc-notes n’a pas toujours existé. Il a été ouvert avec son jumeau « Scrypturation » il y a pile un an pour se foutre de la gueule d’un autre torchon électronique niaiseux, titré Scripturation, lui-même lancé par Lise CC pour parasiter notre revue papier SCRIBULATIONS.

 

Son blog, ou plutot ses blogs, car la Mère Sup aime miner le terrain, étaient remplis d'articles fleurant bon l'amour de son prochain, comme celui-ci, que vous ne trouverez plus puisque elle l’a effacé :

 

Les génies de petit calibre (Hi hi, c'est nous !) qui croient qu'ils peuvent tout faire sans rien apprendre, sans trop travailler, et se targuent de réussir mieux que des professionnels, on appelle ça comment ? Ainsi de l'écriture, qu'il ne faudrait aborder qu'avec un maximum de respect, et qui est aujourd'hui galvaudée sans vergogne par un tas de petits scribouilleurs sans talents. Ils ont réuni leurs textes dans un recueil dont le nom dit bien ce qu'il veut dire. Dommage pour les deux ou trois vrais auteurs qui y participent. D'autres informations plus fraîches lorsque nous aurons reçu le premier numéro de leurs gribouillages burlesques.

 

Il s’agissait donc, pour Kamash et moi, d’utiliser la parodie et la dérision comme dernière (et seule) arme disponible contre la fâcheuse, se cachant encore et toujours mal derrière sa énième tentative de se valoriser aux dépends d’autrui et ne supportant pas qu'on l'aie laissée dehors après qu'elle ait une fois de trop claqué la porte derrière elle.

 

On l’a eue à l’usure. Ou alors elle a réalisé l’inanité des efforts nécessaires à l’entretien de mensonges auxquels elle était la seule à croire. Elle a fermé boutique pour en ouvrir une autre à son nom. Kamash a fermé son blog pour en ouvrir d’autres et perso, après avoir testé un temps un autre hébergeur, je me suis rabattu sur celui-là. Depuis, ce bloc-notes a vécu sa vie propre et même si je reste très dubitatif sur l’intérêt de la formule, j’ai trouvé là un espace assez agréable pour tenir, seul, des propos n’engageant que moi, sur un tas de sujets allant de la cuisine à la salle de bain en passant par la Loraine avec mes sabots. À côté de ça, notre revue papier Scribulations va très bien, merci, et on prépare doucettement le prochain numéro.

 

Depuis, notre Scribulations 01/09 est sorti, suivi du numéro 01/10 en mars dernier et là, on est sur la préparation du numéro 02/10, nom de code « Scrib noir » dont la sortie est prévue pour octobre 2010. Vous pouvez réserver, on sait déjà qu’il n’y en aura pas pour tout le monde. Depuis également, mais c’est plus récent, j’ai clos « Souriez, c’est pour la radio » pour ouvrir ici, chez Overblog, « Le carnet de Jimidi ».

 

Tout ça pour vous dire qu’au départ, il y a deux ans, dans les voies toutes nouvelles qu’ouvraient pour moi l’écriture de cet alors-carnet, il y avait celle de la dérision, du contenu sans intérêt, de l’article manquant totalement de fond, de la note inutile, de l’écriture creuse, exercice dans lequel tout le monde - à commencer par moi - me reconnaît désormais une certaine virtuosité. Vous ne faites sans doute plus le lien, mais les critiques de prospectus publicitaire, ça vient de là. Si vous me permettez quinze seconde de sérieux - après, promis, j’arrête - je dirais qu’en matière d’écriture, ce renoncement à l’essentiel pour aller directement au superflu m’a fait un bien immense. Pouvez pas savoir à quel point il est confortable de disposer d’un endroit où écrire n’importe quoi, presque n’importe comment, pour voir. Mais à l’arrivée, nouveau carnet ou pas, je compte bien continuer de gagner coûte que croûte cette liberté d’écriture, même et surtout si elle consiste à occuper le terrain avec des images sans intérêt et des articles vides de sens.

 

Bouge pas, je compte les lignes... Soixante.  C’est bon. Ayant battu pour un moment j’espère, mon record perso de l’intro la plus longue et la plus périphérique, je peux enfin aborder le vrai sujet de cet article : je m’ai acheté un fauteuil !

 

Alors ça aussi, putain, ça fait un bien fou ! Je sais bien que vous vous foutez de savoir sur quoi je repose mes fesses pour écrire de quoi vous fatiguer les yeux, mais si j’avais réalisé avant combien cinq roulettes, deux accoudoirs, une manette magique monte-et-baisse et cet adorable balancement avant-arrière pouvaient changer ma vie, j’aurais plongé avant. C’est un fauteuil « Artemis » tout à fait banal acheté 109 € chez « Bureau Vallée », dont je me demande depuis quel rapport il peut bien entretenir avec cette déesse lunaire dont il emprunte le nom, qu’on représente volontiers avec un arc et une biche. Qu’est ce qu’on peut bien chasser sur un confortable siège à roulettes ? La faute d’orthographe ? Mouais… On verra. C’est un gibier que nous savons toujours très abondant sur nos pages.

 

Jimidi

 

 

 

 

Published by Jimidi - dans À la maison
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18 juillet 2010 7 18 /07 /juillet /2010 21:37

Daniel Guichard vrai ou faux

 

 

 

Lettrine--oui--.jpgje sais c’est injuste comme exercice, et alors ? Tout ça c’est de la faute à Kats. Il n’avait qu’à pas évoquer Daniel Guichard. Du coup, je suis allé faire un tour sur le blog de son sosie - je reviendrai sur cette histoire de sosie - j’y ai piqué la liste des chanson de Daniel Guichard, dont j’ai mis les titres bout à bout en virant tout ce qui aurait pu vous aider à savoir où commence l’un et où termine l’autre. Pourquoi ? Parce qu’il m’a semblé, en lisant la liste telle qu’établie par Pierre Courthieu que certains titres paraissaient liés les uns aux autres, qu’ils composaient alors des quasi phrases, presque des strophes.

 

L’injustice, elle est de compresser toute la carrière d’un chanteur en vingt cinq lignes, mais je trouve ça assez saisissant. J’avais été saisi de la même façon en déambulant à la Bibliothèque Nationale, rayon littérature française contemporaine, m’apercevant alors que les plus prolifiques de nos auteurs n’occupaient jamais qu’un mètre cinquante de rayonnage, comme Stephen King chez moi sur deux étagères de ma chambre. Tu me diras, c’est déjà mieux que les quatre centimètres de mes œuvres personnelles.

 

Reste qu’ainsi concaténés, les titres de Daniel Guichard (parmi lesquels certains sont de Trenet) laissent apparaître quelque chose d’assez fidèle à son univers, non ?  

 

 

 

 

pardon Maman laisse tes journaux et puis viens voir la mer elle se donne chez toi Nicole souviens-toi Marie Marinette eh l'môme la tendresse les manèges bien sûr reviens faut pas pleurer comme ça si je t'aime pourquoi rien à donner t'en souviens-tu Marie-Hélène finalement on s'habitue mon vieux envoyez la musique les secondes quand tu pense à moi chanson pour Anna quand Marie vive le marié vivre à deux va ou tu veux quand tu pense à moi Totoche dans la rue Aristide Bruant la Panam' de mes dix ans les gavroches, les poulbots à la Bastoche dis-moi la pluie où c'est c’est parc'que j'suis né à Panam' viens, je t'emmène à Venise quand on s'promènne dans la rue si j'étais poète la découverte elle me disait vivre l'été c'est souvent bien trop court je t'aime, tu vois ce n'est pas à dieu que j'en veux les fatigués du dimanche toi voyou alors j'me sauves bouffon de cours mal dans sa peau comédien mon manège à moi petit Frederic les gens du nord avec le temps les amoureux des bancs publics les vieux ma môme la ballade irlandaise je t'appartiens tu te laisses aller ne parles pas mon enfance je n'ai pas le cœur à sourire je vis ma vie je n'fais rien... vieillir ensemble un jour de la vie avant toi, après toi un jour de la vie t'as voulu aller à la ville c'est très difficile le bonheur de vivre en commun il vaut mieux chanter la mémoire elle n'est pas jolie elle est mieux que ça pose ta valise un jour, tu verras je viens pas te parler d'amour mesdames prends moi dans tes bras l'enfer entre l'amour et l'ennui je t'aimerai longtemps c'est pas facile d'aimer petites filles, petits garçons où que tu ailles il faut pas en rire si les jours me sont comptés bonjour les cocotiers tout seul à la santé des fous personne en serrant les poings la souris le chat si tu vas chez ma mère pour ne plus penser à toi envies t'aimer pour la vie le toboggan le coeur à l'envers tous les bébés pleures la vie qui passe ma liberté le gitan les yeux des enfants doucement rater sa vie dans vingt ans une île au soleil en attendant l'amour n'est pas un jeu d'enfant Dieu te gardes il y a toujours des rivières le nez au mur j'aimerais je suis bohème les peupliers java du diable l'âme des poètes le soleil et la lune je chante une noix un rien me fait chanter fleur bleue vous qui passez sans me voir boum les relations mondaines l'épicière pour la vie je t'aimes quelqu'un qui part sans moi l'océan mon pote mon frangin trois fois rien abracadabra sans toi je t'aimes Avispado si tu m'aimais encore tant pis pour moi ce n'est pas à Dieu que j'en veux mon vieux si quelqu'un je m'en vais le temps elle me disait on se reverra S.O.S. retour au fond d'mon lit faire la fête refaire s'en aller histoire d'amour à part tes yeux gamberge elle est jetez-moi elle avait plein d'amis l'indien je t'aime tant je t'aime trop Catherine laisse tes journaux et puis viens voir la mer faire semblant quand tu penses à moi

 

 

Les sosies ? Faudrait peut-être préciser l’année. Non, parce que si vous ressemblez comme deux gouttes d’eau à Daniel Guichard à cinq ans, y’a des chances que tout le monde s’en tape. Idem si vous êtes son parfait sosie après sa chimio et son terrible accident de voiture. Encore que là, ça pourrait donner matière à de la vente de papier : « Daniel Guichard méconnaissable à la suite de terribles épreuves : seul son sosie lui ressemble encore… » Tout ça pour dire que les sosies ressemblent peut-être moins aux célébrités qu’à l’image qu’on en garde. Doit même y avoir pas mal de sosies de gens décédés. Ceci dit, j’avais adoré le sous-titre du film « Podium » : « Profession : Claude François » On se rappelle aussi peut-être mes démêlés avec Phil Lyn « Le meilleur sosie de Johnny Halliday » : je m’étais permis de le charrier, il m’avait répondu avec beaucoup de conviction (et d’agacement) que la critique était aisée, mais l’art difficile. Reste ce grand mystère consistant à vivre de la renommée des autres, ce qui n’est pas près de vous arriver, et l’infinie fascination du double…

Jimidi

 

 

 

17 juillet 2010 6 17 /07 /juillet /2010 22:52

 

 

 

Les-Razes-Brules.jpg

 

 

 

Vous dire comment nous avons connu Christian, Véro et leur fils Nassimo m’entraînerait dans un récit  sans intérêt pour vous, d’autant que le sujet de cette note, c’est leur maison, et la Haute-Loire. Sachez juste que Véro est la sœur de Zabette, dont le fils Sylvain est mon filleul. D’où il ressort que Sylvain et Nassimo sont cousins. Ha, tu vois qu’on s’en fout complètement ! Au tout départ, l’idée d’aller dans ce petit festival de théatre-chanson-danse… organisé en Haute-Loire à Blanlhac (prononcer blan-yak) a dû venir de Zabette et sans doute sa sœur Véronique y jouait-elle quelque spectacle en famille, puisqu’elle est musicienne et son compagnon Christian, metteur en scène-acteur-auteur. C’est comme ça que nous avons découvert la Haute-Loire.

 

Personne ne connaît la Haute-Loire. D’ailleurs, tiens, question : Tu vois ça où, la Haute-Loire ? Sache-le, la Haute-Loire est bordée, en partant du sud et en allant dans le sens des aiguilles d’une montre, par La Lozère, Le Cantal, Le Puy-de-Dôme, La Loire, L’Ardèche. On est donc relativement dans le Sud, mais plutôt en hauteur puisque Yssingeaux, la sous-pref pas loin de là, est à 860m, Blanlhac - le village du festival 923 m, Le Puy en Velay (préfecture) 888 m et Monistrol-sur-Loire où habitent les amis qui nous prêtait leur maison, un peu moins de 600 m. Il y fait donc FRAIS ! Pas inintéressant par ces temps de canicule. De plus, c’est à la fois très rural et très préservé, avec quelque chose de l’Ardèche, la sécheresse, les hollandais et les touristes en moins, tout ça, à moins de deux heures de chez-moi. Les paysages sont agréablement montagneux, de cette mi-montagne que perso je préfère à la haute, un peu écrasante. Forêts de pin - bien plus jolies que les forêts de sapin aux sous-bois sinistres, beaux horizons, beaux ciels.

La maison elle-même est située au bout du bout d’une petite route même pas goudronnée, les plus proches voisins sont à plus d’un kilomètre. D’où qu’on soit, de la maison, on ne voit aucun toit. C’est peu dire que la paix y est totale. Mais c’est par son harmonie, son charme que la maison est très particulière. Elle est bien sûr à l’image de ses habitants permanents, très écolos, mais tendance « ne nous prenons pas la tête ». On y récupère l’eau de pluie, les déchets pour le compost, y’a des toilettes sèches dans le jardin et l’eau chaude est solaire, mais les deux toilettes intérieures sont standards, y’a au moins deux ordis (mais avec connexion Internet d’un autre âge) et l’ensemble respire la simplicité. Christian m’a l’air d’être un fameux collectionneur et la maison est toute peuplée, de figurines d’elfes ici, de toutes les bouteilles de whisky du monde là, de vieux appareils photo, de masques, de voitures miniatures et sa compagne n’est pas en reste puisque je n’ai jamais vu autant de carillons éoliens, de clochettes, sa pièce de musique recelant un piano (accordé), deux guitares et des instruments à corde dont l’ensemble doit totaliser un score indécent au Scrabble. Ça pourrait faire foutoir et ce n’est pas le cas, parce que c’est peu dire que Christian est organisé. Anecdote pour vous montrer à quel point : il manquait une poignée au congélo-réfrigérateur. Cassée. Je me suis lancé dans la confection d’une poignée de remplacement en bois, très réussie au final (je voulais qu’elle soit visuellement parente de celle qui manquait, également agréable à l’œil et à la main). Dans le tiroir des râpes, y’avait trois râpes et une lime. Dans l’armoire du petit outillage à main, j’ai trouvé immédiatement la scie sauteuse, la liasse de papier de verre était neuve, j’ai eu le choix entre quatre modèles de serre-joints et comme il me fallait des rondelles pour que les vis tiennent bien à la porte, je n’ai eu qu’à jeter un coup d’œil sur le bataillon des petits tiroirs dans lesquels m’attendais la quincaillerie. Y’en avait un étiqueté « grosses rondelles » et dessous celui des « petites rondelles ». La colle à bois était dans la caisse « colle ». La balayette en évidence pour nettoyer l’immense établi. Du gâteau. Or-ga-ni-sé le Christian. C’est encore le meilleur moyen de ne pas s’énerver et de ne pas perdre du temps. Perso, les gens organisés me font plutôt peur, habituellement. Mais je réalise que c’est plutôt parce que cette organisation est souvent la partie émergée d’un iceberg de maniaquerie obsessionnelle, finalement morbide. Là, c’était juste la trace de beaucoup d’expérience pratique et d’un très grand amour du travail bien fait. Christian a installé dans la grange attenante au corps de logis, un grand espace convivial, sorte de séjour-bis, à l’étage duquel il dispose d’un petit bureau pour son boulot dans le spectacle, mais l’essentiel de l’immense pièce est occupé par un écran de quatre mètres sur trois pour le projecteur vidéo, par la table de ping-pong, des canapés, un poêle à bois et tout ce qu’il faut pour passer une soirée conviviale et chaleureuse à deux, trois, douze.

 

Autant vous dire qu’on s’est fait un max de films, y compris « Avatar », acheté pour l’occasion, en passant par « Le retour du roi », « Robin des bois, prince des voleurs », « L’age de glace 1 » et j’en passe.

 

L’univers de Véronique est lui aussi très pratique, très organisé, à l’image du jardin, une merveille de simplicité tranquille. Les plates bandes sont délimitées par des planches, l’ensemble est abrité par une haie de framboisiers qu’on a trouvé en pleine bourre, comme les courgettes d’ailleurs. L’herbe tondue ailleurs sert ici de paillage et l’ensemble se laisse irriguer par l’arrosoir en moins d’une heure. Tranquille.

 

On a donc passé là quatre jours très reposants puisque tout était facile, simple à envisager et à réaliser. Perso, j’ai bien lâché prise. D’ailleurs, heureusement que le séjour était limité dans le temps parce que j’aurais eu sinon du mal à revenir. Je vous en ai déjà parlé ailleurs je crois. C’est un peu mon problème avec les voyages. J’ai tendance à tourner la page. Ça doit être de famille. Mon père raconte qu’au début de son mariage, il avait l’angoisse d’oublier de rentrer, comme si, entraîné par hasard dans un chemin de traverse, il avait pu se retrouver à vivre une autre vie, sans garder aucun souvenir de l’autre. C’est dire si vous étiez loin !

Jimidi juillet 2010

 

 

Paramecie.jpg

 

 

 

Lettrine--Je-.jpgvoyais ça plus difficile, de se passer d’écran une semaine. J’imaginais, je sais pas, une sorte de manque, comme pour le tabac. Ça, je connais, j’ai arrêté (et repris) deux fois : je tournais en rond, je devenais désagréable. Tu dis ? On a du mal à imaginer que je puisse l’être davantage ? Vas te faire rembourser ta lobotomie. Mais là, pendant une semaine : rien. Remarque, j’aurais dû m’en douter. De longue date, à part des mots fléchés, je n’écris et ne lis rien pendant les vacances. Il semble donc qu’il me soit assez facile, changeant d’endroit, de changer d’habitudes, à condition quand même d’avoir du tabac et du thé. Faut quand même pas déconner. Du coup, je vois assez bien comment mon séjour en Haute-Loire aurait pu tourner s’il avait dû se prolonger un mois. J’aurais régressé d’encore quelques branches sur l’arbre de l’évolution, jusqu’à devenir une sorte d’extension mobile du lieu, mu par des stimuli chaque jours plus basiques et chaque jour moins nombreux : manger, dormir, éliminer, arroser le jardin, regarder le couchant puis les étoiles filantes. Puis, petit à petit, le mouvement se serait inversé. Je me serais éloigné pour une petite ballade, j’aurais entrepris quelques travaux planifiés sur plusieurs jours, j’aurais ouvert un livre, un vrai, j’aurais sorti la guitare de sa housse, ouvert le piano et peut-être, peut-être, au bout d’une dizaine de jours, la pensée me serait-elle revenue. J’aurais alors trouvé une feuille de papier et un stylo, mais sans envisager un seul instant que le séjour puisse être assez long pour pousser jusqu’au XXIe siècle et me re-connecter. On vérifiera tout ça l’année prochaine…

Jimidi juillet 2010

 

 

 

 Festival "Nuits de rêve" à Blanlhac - Haute Loire 2

 

affiche-du-12e-festival-nuits-de-reve.jpg

 

 

Le festival « Nuits de rêves » organisé par l’association « Rêve de foin », chaque année vers le 14 juillet, dans un hameau de Rosières (43) sur le site des Moulins de Blanlhac, est par bien des côtés remarquable. Ça se voit, là, que je suis en train de lire « Colette journaliste » et que du coup j’écris des phrases à rallonge pleine de virgules ? Premier élément remarquable : l’implantation. Les spectacles se donnent en plein air, sur différents sites sommairement aménagés. Autant dire que si vous voulez être confortablement assis, il faudra apporter votre transat. En revanche, les couvertures pour s’emmitoufler sont fournies. Bancs et carrés de moquette pour les fesses également.

 

 

 

La grande scène est installée dans une pâture en pente douce. Tu vois Woodstock ? Pareil, mais moins grand. En effet, l’un des charmes de ce festival, c’est sa taille. Quand on est 250 devant un spectacle, c’est le grand maximum. L’écluse est le lieu privilégié des spectacles pour enfants. C’est un trou de verdure où chante une rivière, accrochant follement aux herbes ses haillons d’argent. C’est un petit val qui mousse de rayons. Tiens ? Ça me rappelle quelque chose… Le jardin est également un lieu magique, traversé de ruisseaux, en contrebas du moulin à eau. Les spectacles se donnent là également sous les arbres, dans une ombre propice. La guinguette, un kiosque surplombant légèrement des tables, des bancs et un bout de scène sous un parasol, est le lieu des petits concerts et des rencontres après les spectacles. Ces quatre lieux sont un peu en dehors du hameau de Blanlhac, dans la forêt pas si lointaine, ou l’on entendrait peut-être le hibou, du haut de son grand chêne répondre au coucou si l’un et l’autre ne s’étaient barrés depuis longtemps vu l’émeute. La grange des vachers est le seul lieu clos, hormis les salles de replis en cas de pluie. C’est un très bel endroit, belles pierres, belle charpente et là, se donnent en journée des spectacles qui ont besoin d’une régie lumière un peu sophistiquée. Deux autres lieux ont leur importance : le pré, dans lequel on monte sa voiture et l’on gare sa tente, ou l’inverse, comme vous le sentez et la maison commune où sont servis les repas, où vous pourrez aussi disposer des commodités, toilettes, douche, électricité…

 

Le deuxième élément remarquable du festival, c’est sa programmation éclectique, mais d’une très grande exigence, mélangeant théâtre, danse, musique… si bien que des spectacles un peu hybrides y sont tout à fait à leur place. Cette année, musicalement, il y avait par exemple un auteur-compositeur-interprète de country, un trio de salsa, un duo de musique baroque et Liz de Lux, chanteuse « nouvelle scène » bien déjantée. Tu dis ? Ensemble ? Heu, non. Quand même pas. Mais nous avons particulièrement apprécié l’année dernière « Kraft », qui mélangeait danse, marionnette et mime, ainsi qu’un je ne sais pas comment dire au cours duquel le comédien nous régalait d’un banquet et son histoire de soldat mort à la guerre…

Le troisième élément très appréciable du festival « Nuits de rêve », c’est son organisation. Tout est fait pour que les festivaliers n’aient comme seule préoccupation que de passer de bons moments, au spectacle mais également entre. Tout se déroule dans une apparente simplicité dont nous savons pourtant qu’elle ne doit rien au hasard et tout au dévouement des organisateurs, secondés par des bénévoles plus, cette année, des petits jeunes d’un chantier international et bien sûr les festivaliers qui veulent bien s’inscrire pour mettre la main à la pâte. C’est ce qui m’a valu d’essuyer un midi plus de deux cent « éco-cup » (des gobelets en plastique réutilisables) et presque autant d’assiettes et couverts dépareillés. Du coup, l’ambiance est vraiment cool et souriante et comme la nourriture est au moins aussi bonne que les spectacles, il y a fort à parier qu’on y retournera l’année prochaine, d’autant qu’à moins de cent euros à deux pour quatre jours nourriture et spectacles compris, on voit pas pourquoi on s’en priverait…

 

Il m’a semblé que cette année, la programmation était en moyenne d’un niveau supérieur à l’année dernière. Nous n’avons donc eu devant aucun spectacle de moment de doute, ou de recul. On ne s’est jamais demandé ce qu’on foutait là. Mais nous n’avons eu qu’un vrai coup de cœur, de ceux qui laissent une trace indélébile, pour un spectacle d’ailleurs assez minimaliste : la rencontre de deux clandestins, l’un algérien, l’autre roumain. Décor néant, accessoires, un sac de sport pour l’un et des béquilles pour l’autre, le comédien s’étant fait une méchante entorse la veille en vrai. La performance - car s’en était une - résidait dans le fait que chacun des deux s’exprimait exclusivement dans sa langue maternelle, mais réussissait finalement à se faire comprendre de l’autre, et de nous. Je dis « comprendre » mais ça allait bien au-delà puisqu’ils réussissait également à nous faire rire, à nous émouvoir, à nous raconter leur histoire et finalement à nous montrer qu’avec l’autre, quelqu’il soit, ce que nous pouvons partager, échanger, communiquer se joue des différence.

 

Jimidi 19 juillet 2010

 

17 juillet 2010 6 17 /07 /juillet /2010 19:04

 

 

 

 

Lettrine (B fleux)on… On dirait que c’est reparti pour un tour… Nouveau carnet, le précédent avait deux ans. C’est bien deux ans, mais ça suffit. Ça aurait pu durer encore, mais je finissais par m’y perdre : plus de huit cent notes impossibles à classer vraiment en catégories, impossibles également à compiler dans des pages fixes. Ajoutez à ça des modifications d’Hautetfort rendant encore plus compliquée la publication, c’était assez pour avoir envie d’espace vierge et d’un air nouveau à respirer. Me voilà donc chez Overblog, du moins tant que cet hébergeur accepte mes copié-collé à partir de Word et que sa formule de base est sans publicité.

 

Et là, je suis sensé vous présenter le programme, ce qui va changer, ce qui va rester tel-quel par rapport à « Souriez, c’est pour la radio ! » mais je n’en sais absolument rien et on est de toute façon pas le premier janvier. J’écrirai donc comme ça me chante, sur ce que je veux, mais en m’arrangeant peut-être pour qu’on puisse suivre plus facilement les différents fils de l’inévitable trame de ce carnet : L’architecture ronde, les objets improbables, la spirale des (autres) carnet etc.

 

Ô toi, lecteur fidèle dont la meilleur moitié est une lecteuse, je te souhaite bon voyage sur ces lignes. Bienvenue à ceux qui nous rejoindront.

 

Jimidi

 

 

 

Published by Ananke - dans Cet ici-carnet
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6 juin 2010 7 06 /06 /juin /2010 22:31

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