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22 janvier 2011 6 22 /01 /janvier /2011 12:06

 

Stalker et Pierre Mari

 

 

Lettrine (C ourgang stalker)

 

 

 

omme tu as déjà eu largement l’occasion de t’en apercevoir, j’aime repasser par les mêmes chemins.  J'emboîte le pas des précédentes promenades, parcours des livres déjà lus et pioche dans mes vieux carnets de quoi alimenter celui-ci. Comme la dorade sur le grill, j’aime me reposer sur mes lauriers. Je fonctionne en boucle. Vivement Alzheimer, qu’elles soient de plus en plus courtes ! Une récente errance dans un fatras accumulé je ne sais même plus où, m’a valu de retourner chez Stalker, le blog érudit et polémique de Juan Asensio, sous-titré « Dissection du cadavre de la littérature ». J’y allais à l’époque prendre mes doses de vertige, regardant, penché au bord de ce puit noir de culture, mais retenu de sauter par ce qui m’apparaissait comme un désir de l’auteur de forcer l’admiration, ou parce que Stalker et moi ne lisons pas les mêmes livres ? Peut-être également par un reste de Notre Père : « Ne nous soumets pas à la tentation » ?

 

Parce que Juan Asensio fait figure de méchant. C’est le Dark Vador de la guerre des élites. Si j’en crois sa rubrique « On air » deux trois pisse-froid lui font encore un procès, réclamant plusieurs dizaines de milliers d’euros, ce qui montre assez la valeurs des plaignants à leur propres yeux.

 

J’aime les méchants. Pas les vrais, les personnages. Les gentils, eux, ont besoin d’une histoire pour devenir héroïques. Les cons aussi d’ailleurs. Les gentils, on a l’impression qu’à défaut des circonstances exceptionnelles dont les accablent les scénaristes, ils feraient tranquillement du lard, dans le confort sédentaire d’un ordinaire pelucheux balisé de barbecues entre voisins. Les méchants non. Les méchants tiennent debout seul et font leur route. C’est dire qu’à l’aulne de la seule méchanceté Stalker, son personnage, sa morgue, son carnet, le contenu de celui-ci, sont tout à fait indispensables, comme toute leçon de liberté, celle là même qui loin de s’arrêter où commence celle des autres, commence et fini avec elle.

 

J’ai été agréablement surpris lors de ma dernière visite en date sur Stalker de voir la place faite à d’autres auteurs et parmi eux, Pierre Mari, qui signe l’excellent « De la littéléramature » article au titre imprononçable, mais explicite dès la deuxième phrase : « Il y a beau temps, me semble-t-il, que le mot Télérama ne renvoie plus strictement à un hebdomadaire, mais à un certain état de la culture, un certain positionnement du goût et un certain régime des jugements éthico-esthétiques dans ce pays. » Le reste est aussi réjouissant qu’assassin et se clos d’une formule elle aussi d’une indispensable méchanceté : Certains se croient écrivains et ne sont peut-être que des produit d’appel de la culture française.

 

De là, et puisqu’un lien nous y invite, on pourra aller lire « Point vif », ce manuscrit de Pierre Mari n’ayant pas trouvé d’éditeur papier. Peut-être y seras-tu - J’allais dire ébloui. Justement pas.- éclairé de l’intérieur par la grâce, la clarté limpide de l’écriture de Pierre Mari, même si son propos, je l’avoue, ne m’a pas embarqué. Mais peut-être faudrait-il insister, au moins jusqu'à la page 87 : "Faire quelque chose, désormais, ce doit être dérouler, au vu et au su de tout le monde, le commentaire justificatif des plus petites étapes de son travail. Au point que celui-ci est happé par sa propre explicitation, envahi par ses métastases bavardes avant d’avoir pu trouver ses marques. Et qu’on peut se demander ce qui restera du travail lorsque chacun ne fera plus qu’en connecter le dialecte frénétique à la grande palabre mondiale." 

 

 

Du coup, peut-être seras-tu intéressé également par le débat amorcé dans les commentaires ? Je te le résume : Francois Bon, dont on connaît les activités en matière d’édition électronique sur Le tiers livre et publie.net se désole que Pierre Mari ait publié « par dépit, à défaut » son manuscrit par le biais d’un blog ouvrant sur un affichage PDF, alors qu’on peut - il me semble que tel est son propos - faire bien mieux et en pleine connaissance de cause.

 

 

Published by Jimidi - dans Blogs voisins
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commentaires

Ido 22/01/2011 21:02



Vous aussi vous allâtes chez Stalker ?


mon Dieu que le net est petit : )



Jimidi 23/01/2011 09:12



Je ne suis pas sûr que le Net soit si petit que ça. Peut-être certains types d'endroits concentrent-ils certains types de personnes ? Avec Stalker, on est quand même dans la sphère littéraire,
non ? Perso, par exemple, je vais assez peu traîner sur les site de scrapbooking...



MiKla 22/01/2011 18:23



Tiens, ça faisait longtemps que je n'étais pas allée chez Stalker, j'y retourne de ce pas...



Jimidi 23/01/2011 09:02



Voilà : retournons faire un tour chez-sur Stalker !



Mélanie 22/01/2011 15:07



houlà ! c'est pas de la littérature mélaniesque ça !



Jimidi 22/01/2011 17:29



Même si je te dis qu'elle meurt, à la fin ?



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