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9 février 2015 1 09 /02 /février /2015 12:19

 

 

 

Où ne va pas se nicher la philosophie ! J’étais tranquillement en train de réfléchir en me hélant les urnes sur le balcon (oui, bon, en fumant, mais l’un n’empêche pas l’autre.) à propos d’une remarque entendue dans mon dernier coup de fil, quand celle-ci m’a plongé directement dans la question de la quête de sens.

Je tiens tout d’abord à protester énergiquement contre certaines initiatives de mon subconscient. En voilà un qui se fout éperdument des heures, des contextes et de la nature de ses livraisons. D’ailleurs c’est simple, il travaillerait pour n’importe qui d’autre que moi – disons un employeur du privé – il ne ferait pas la semaine. Et que je t’envoie une idée de musique alors que je suis AUTEUR bordel (pourquoi pas de la peinture, pendant qu’on y est, non mais je te jure ! ), et que je t’entrouvre une porte sur de la philo, à des heures indues, alors que j’ai un lave-vaisselle à vider, un coup de balai à donner, de la tristesse à faire passer et un polar à lire...

La remarque (du coup de fil) était en forme de : « C’est quand même curieux que (…) justement quand (…) » On connaît tous ça : certains micros, ou macros événements nous semblent devoir faire signe. « C’est marrant ça ! J’étais justement en train de penser à toi et boum ! Tu appelles ! » Bien sûr, on peut tout rationaliser. Si je pensais à toi, c’est qu’il y avait une bonne raison, cette raison même te poussant à m’appeler. Mais à l’ordinaire, surtout si tu es un peu vacillant-e sur tes bases, ou juste vacant-e, tu bascules volontiers en vigilance orange. Des chats noirs traversent la rue ; tous les feux passent au rouge dès que tu arrives ; le fameux sac à main est à moins quarante pour cent ; le montant de ton ticket de caisse indique ton année de naissance...

Et là, ça fait signe, mais de quoi ?

Je me disais, sur le balcon, que si nous partagions assez universellement cette quête de signe, chacun puisait dans sa propre musette pour leur donner du sens.

Comme je ne crois pas qu’il y ait une société secrète chargée dans l’ombre de te lâcher des chats noirs dans les pieds, je crois plus volontiers que nous inventons ces signes de toutes pièces, mais ça ne règle rien. Tant mieux d’ailleurs, puisque ce n’est pas l’objet de ce billet. Ce qui m’intéresse plutôt, c’est cette faculté que nous avons de lire ces signes, d’en faire une lecture personnelle, d’y voir un message et bref, de leur donner un sens, vague ou précis, mais à nous seul destiné, ou plutôt, nous seul étant capable de les lire.

L’homme de Dieu verra dans les signes l’intervention divine, le superstitieux confirmation de sa crédulité, mais j’ai bien l’impression qu’en l’absence de foi, ou d’autre système de croyance organisée, ça marche aussi. Appelle ça la providence ou le hasard, mais de fait, quand en nous quelque chose se cherche, par nous, des signes s’interprètent et des réponses se trouvent. C’est d’ailleurs une tarte à la crème déjà servie ici : quand t’as le nez dans le guidon, tu ne vois plus que des pneus arrières.

Je cherchais le mot, il me vient : on polarise. Désolé de faire sans ménagement appel à ton cours de SVT des années collège, mais rappelle toi l’expérience. Elle consistait à superposer deux filtres se présentant sous la forme d’une feuille de plastique un peu teintée, chacun ne laissant passer la lumière que dans une certaine direction. Quand les deux filtres étaient orienté de la même façon, en gros, la lumière passait bien et quand tu les tournais, il arrivait un moment où la lumière ne passait plus. J’ai l’impression que certaines quêtes, certains état d’âme, certains contextes nous polarisent. Se trouvent alors orientés, dans le sens du signe, puis dans le sens tout court, des trucs qui, à l’ordinaire, n’auraient pas fait deux lignes dans ton journal intérieur, mais que tu propulses alors à ta une.

Tu dis ? Tout ça pour dire « Chacun voit midi à sa porte » ? Voilà. Mais le mot important, c’est sa

 

 

commentaires

br'1 16/02/2015 21:48


Moi, qui arrive après la bataille mais ne peux pas m'empêcher de la ramener: je passe assez pas mal de temps dans ma vie avec en pilotage automatique un détecteur de signes auxquels je fais
beaucoup confiance, et ça me réussit pas mal puisque quand je suis coupée de ce détecteur ou que je fais ma maline à n'en faire qu'à ma tête, je me retrouve dans des galères. Je crois plus aux
communications et correspondances subtiles qu'aux coïncidences sans objet ni raison, comme si la vie n'avait aucun sens. Parce que je ne peux pas imaginer que la vie n'ait pas de sens, même si
pour l'instant on ne voit ni comprend pas grand-chose.


On n'y peut rien, on pense comme-ci ou comme-ça et on se débrouille avec. Ou pas.

Martine27 12/02/2015 16:00


En ce qui me concerne je parle plutôt de coïncidences

MiKla 11/02/2015 16:37


Oui, les signes je ne les vois ou ne les compte que lorsque j'ai de "la tristesse à faire passer" (j'aime beaucoup cette expression que je vais adopter de ce pas, sisi)

Elsa Saône 10/02/2015 11:44


C'est pas grave, elle nous fait l'animation en contrepartie 

Elsa Saône 10/02/2015 11:04


C'est ça ! Tout compte !


Hi hi, des mini raquettes ^^ (Bon en vrai elle n'a pas aimé la neige, peut-être trop froid, trop mouillé et trop éblouissant, mais elle a adoré la rando !)

Jimidi 10/02/2015 11:37



Tu m'étonnes, avec deux sherpas persos...



Elsa Saône 09/02/2015 21:13


Alors s'il s'agit de filtres, il s'agit d'optique et alors ce n'est pas de la SVT mais de la physique.


Mais on s'en fout, je suis d'accord.


Comme tu dis, je pense que notre inconscient travaille à notre insu mais de notre plein gré. Il "mouline" en arrière plan pendant que tu fais ta vie. Du coup, t'as toujours plus ou moins un truc
sur le feu dans ta tête et alors c'est à ce moment là que tu vois les signes. Tout simplement parce qu'ils te rappellent ce qui mouline alors qu'habituellement tu n'y aurais pas prêté attention.


Je pense que ce qui est intéressant dans ces cas là, c'est de se creuser cinq minutes pour savoir à quoi ces signes nous renvoient pour savoir quel "moulinage" était plus important que les autres
à ce moment là.


Tu parles de chats noirs et de feux rouges, mais ça marche aussi pour le rayon de soleil providentiel et les feux piétons verts. Suffit de se dire un matin "allez, ce soir je liste 10 trucs
chouettes qui me sont arrivés aujourd'hui" pour qu'il t'en arrive 50 ! Essaye quand t'as trop de "tristesse à faire passer" c'est au top !

Jimidi 09/02/2015 23:40



Je vois : tout compte. Alors j'en suis à sept aujourd'hui. Les sept étages qui m'ont rapproché de chez moi après une journée de boulot d'une morne platitude. Huit : la merlette qui moulinait des
gambettes et qui m'a fait pensé à Laure. Neuf : ta photo de vous en raquettes (me suis marré en pensant à quoi pourraient ressembler des raquettes pour La Muse. Dix : Pixelle n'a pas vomi (ou
alors, je n'ai pas encore marché dedans). Onze : mon lit douillet m'attend, et ça, c'est bon ! 



Laure 09/02/2015 18:17


Un article énigmatique mais c'est bien chacun y verra son paillasson où pas ?


Chui pas trop "signes", finalement, à te lire...


Bisous aussi 

Jimidi 09/02/2015 21:03



En cherchant bien ? 



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