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7 février 2011 1 07 /02 /février /2011 22:17

 

 

Je t'explique. À la suite du trop gentil commentaire de Jean-Claude Chaillou sur mon article d'hier, je me suis trouvé un peu con d'en avoir dit si peu. Parce que bon : J'aime ; regardez comme c'est bien ! ce n'est pas faux, mais peut-être un peu court. Du coup, j'ai quand même envoyé un mail à JCC et en attendant sa réponse, j'ai pensé à un texte sur cette aquarelle aux oignons blanc, si belle. Dans l'intervalle, JCC m'a adressé non pas un mail, mais trois m'envoyant en six fichiers ce qui semble bien être un échantillon très représentatif de son oeuvre peint, avec quelques mots d'explication, de commentaire...  Bonheur total ! Tout ça pour dire que tu n'as pas fini de t'en mettre plein les mirettes. Mais comme à chaque jour suffit sa peine, je mets d'abord en ligne ce qui est prêt. Pour les repros transmises, tu ne m'en voudras pas trop j'espère, mais je compte bien en profiter égoïstement encore quelques heures avant de les montrer.

 

 

 

 Jean-Claude CHAILLOU - Natures calmes - Oignons

 

 

Lettrine--C-centaure-JCC--Le-carnet-de-Jimidi.jpg

 

 

 

ette aquarelle de Jean-Claude Chaillou se laisse pour moi voir en trois temps. J'espère que vous aimez la valse * ? Le premier temps est celui de la rencontre fortuite. Vous vous baladiez sur l'avenue, le coeur ouvert à l'inconnu, ou de blogs en carnets sur la toile, ou dans une vraie librairie de livres en livres et là, par hasard, vous tombez sur ces oignons blancs. Cette rencontre est plutôt sympathique, comme pourrait l'être un frais visage en vis à vis dans un transport en commun. Jean-Claude Chaillou et ses oignons ont l'exquise politesse de nous offrir, pour ce premier temps de rencontre, un abord simple, immédiatement identifiable. Ici, le recours au titre de l'oeuvre n'est pas nécessaire pour organiser son contenu en une image reconnaissable. Il s'agit d'oignons, et ça se voit. Ce premier temps est donc celui d'un abord confiant. On ne sait peut-être pas exactement où va nous conduire cette aquarelle, mais au moins sait-on avec qui, avec quoi entreprendre le voyage de sa contemplation.

 

Le deuxième temps est celui de la curiosité et des interrogations : ces oignons prenant tranquillement leur pose alanguie, ne reposent... sur rien et s'ils occupent magnifiquement l'espace de leur support, on ne saurait dire avec certitude si on est dehors ou dedans, au jardin ou en cuisine. Les oignons, ceux-là même nous ayant accueilli sans malice, semblent perdre dans ce deuxième temps cette réalité tranquille, particulièrement leur feuillage, bien moins réalistes que les bulbes. Du coup, l'espace apparemment vide, autour, immense, flou, peut déconcerter et jeter un doute sur les intentions du peintre. Et si notre première impression avait été trompeuse ? Et si, pensant tenir solidement la rampe du sujet d'une main et dans l'autre les intentions de l'artistes, nous les sentions se dérober, nous laissant face à tout cet espace, libre de l'occuper à notre guise, certes, mais un peu seul ?

 

Heureusement dans un troisième temps, on réalise que Jean-Claude Chaillou - et c'est là son immense talent - met à notre disposition juste ce qu'il faut de mouvement, de lumière, de reflet, de matière, de ligne, de couleur, pour nous accompagner sans nous perdre dans cette "nature calme", comme il dit mieux que "nature morte".

 

On est descendu au jardin ce matin, sans doute appelé dehors par un je-ne-sais-quoi dans la lumière. Du coup, on est allé voir où en était le printemps et si oui ou non les beaux jours étaient encore loin ou si celui-ci était le premier. On a sorti de terre quatre ou cinq oignons blancs, pas encore une récolte, juste assez pour conforter ce que semblait annoncer la lumière et voir si de leur côté, les légumes promettaient la même chose. On a passé les oignons sous l'eau et, posés là, encore en botte, avant toute préparation, nous les avons trouvés si touchants dans leur clarté naïve, qu'il nous a bien fallu nous arrêter pour les regarder. Nous avons vu leur chair, traversée de lumière, comme la nôtre ne le sera jamais, opaque que nous sommes. Nous avons vu cette chair aussi fraîche à l'oeil qu'elle sera plus tard croquante en bouche. Nous avons vu dans ce blanc translucide et gourmand quelque chose de virginal, mais d'hivernal aussi, puisque associé au vert sombre du feuillage, un vert de poireau, de sapin, ayant passé la mauvaise saison dehors. Alors nous avons compris le reflet dans l'eau restée sur la table, la vapeur verte s'échappant de l'élan tendu du feuillage et la lumière envahissant tout, comme la joie efface les détails inutiles d'une peine : Le printemps n'était pas loin ; il est là.

 

__________________

 

* Si le mot "valse" évoque pour vous des robes à crinolines sous des lustres à pendeloques : oubliez. Beaucoup d'immenses chansons françaises sont des valses. "Ne me quitte pas" me parait bien être une valse. "La bohème" également, c'est particulièrement sensible dans son refrain et "Ma plus belle histoire d'amour, c'est vous" est incontestablement une valse. Br'1 me contredira si elle le doit.

 

 

commentaires

boucher 18/09/2012 22:46


Peux-t-on communiquer autrement que par ce biais?

Jimidi 18/09/2012 23:14



Bien sûr ! Bougez pas, je vous envoie un mail ! 


A toute. 



boucher MC 18/09/2012 17:03


Oui votre article date de 2011, mais je connais très bien les tableaux de JCChaillou et je travaille régulièrement avec lui . C'est un véritable artiste et son travail à l'aquarelle est le
meilleur que je connaisse. J'aimerais vous montrer ce que je fais mais je n'ai pas encore de site . Par contre vous pouvez me trouver sur Facebook.


A bientôt Jimidi!


MCBoucher

Jimidi 18/09/2012 22:38



Quelle bonne idée. Mais il faudrait une adresse, un indice, un prénom complet et un nom, quelque chose non ? 



boucher MC 18/09/2012 13:38


merci Jimidi pour votre observation poétique si bien ressentie à propos de l'oeuvre de JCChaillou. Vos mots, vos phrases circulent à merveille dans les aquarelles de JCChaillou . C'est un plaisir
de vous lire comme d'admirer les tableaux de JC Chaillou.


MCBoucher

Jimidi 18/09/2012 16:47



Merci en retour, chère MC : ça fait toujours plaisir d'être lu et apprécier, encore plus s'agissant de J.C. Chailloux dont j'aime tout particulièrement l'oeuvre (vous trouverez d'autres
aquarelles de lui sur ce carnet) et c'est également encourageant de constater qu'un article ancien peut garder un intérêt et des lecteurs.


Pour trouver où sont les articles sur J.C.C. sur ce carnet, le plus simple est d'utiliser "jean-claude Chailloux le carnet de jimidi" comme mots clés d'une recherche Google.



Lise 08/02/2011 01:10



Oops, pardon : emportée par l'élan, j'ai mis l'article entier : dis moi si tu préfères que je coupe ?



Jimidi 08/02/2011 09:01



J'aimais bien l'idée  que tes lecteurs viennent ici lire la suite, et qu'ils ne retrouvent jamais la sortie... Mais c'est bien connu : j'ai un mauvais fond.



Lise 08/02/2011 00:57



En dehors de toute l'admiration que j'ai pour ce grand aquarelliste ( et pastelliste, j'y reviendrai et merci de nous l'avoir fait connaître ) je vais te piquer les deux premiers paragraphes de
cet article qui colle on ne peut mieux avec  le thème de février sur millions de mots, " la rencontre ".


Avec bien entendu le lien pour ici - de rien, c'est tout pour moi. 


Sauf si vraiment tu préfères pas, auquel cas je remballe mes crayons. Merci, à tout hasard.



Jimidi 08/02/2011 09:00



Sers toi, je t'en prie. Mais pourquoi seulement les deux premiers paragraphes ? Aaaaah ! Oui ! Pour que tes lecteurs viennent lire la fin ici ! C'est une sorte de piège alors ? Tu veux que je
leur fasse des trucs pendant qu'ils seront chez moi ? Je sais pas, on pourrait organiser une bataille de polochons, un goûter, une saoûlerie, un tournoi de déambulateurs, dire du mal
des gens, geindre, se féliciter...



snounou 07/02/2011 23:11



Es-tu sûr que Chaillou accepte que tu mettes en lignes les aquarelles qu'il t'a transmises?
Si oui, je les attends avec impatience.
Mais je comprends que tu veuilles en jouir d'abord, tout seul.
Un face à face avec des chefs-d'oeuvre.
Une fois rassasié, tu penseras à nous en faire profiter à notre tour...



Jimidi 08/02/2011 08:53



Aïe ! Tu me mets le doute là... Non, mais non, il me semble avoir été  tout à fait clair : il s'agissait bien de m'envoyer  de meilleures repros pour faire connaitre son
travail aux lecteurs de cet ici-carnet...



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