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4 janvier 2011 2 04 /01 /janvier /2011 13:42

 

 

 

Le paradoxe du livre - Le Monde magazine du 20 novembre 201

 

 

 

i j’étais tout à fait honnête - mais ça se saurait - je vous présenterais en premier lieu l’article du Monde Magazine titré « Le paradoxe du livre » et après, mais après seulement, mes réflexions sur celui-ci, vous laissant vous faire votre propre idée avant d’exposer la mienne. Pas envie.

 

Peut-être aurez-vous à la lecture de cet article la chance que je n’ai pas eue d’y trouver le « paradoxe » annoncé par son titre ? Perso, j’y ai relevé plustôt une contradiction, mais surtout un raccourci, parfaitement scandaleux, que j’énoncerais ainsi : Lire, c’est lire des livres. Désolé de vous l’apprendre, mais ce que vous êtes en train de faire, là, ce n’est pas lire. On ne sait pas ce que c’est. Vous voilà peut-être dans la position inverse de Monsieur Jourdin, prosateur à l’insu de son plein gré, en train de croire lire, tas de crétins, alors qu’il n’en est rien. L’autre raccourci installant le doute sur les chiffres présentés pourrait s’énoncer ainsi : « Le seul livre qui compte, c’est le livre acheté. » Ben voyons ! Perso, je n’en achète jamais, sauf par paquet de dix quand il s’agit des miens, mais ça ne m’empêche pas d’en lire plusieurs dizaines par an, que j’ai déjà, qu’on m’offre, qu’on me prête.  

 

La contradiction, il ne faut pas aller la chercher bien loin : « 53% (des français) déclarent lire peu ou pas du tout » nous dit-on, mais on trouve à l’image 70% de lecteurs assis sous la lampe en 2008. On s’en sortirait presque avec les lecteurs rangés dans les 27% ayant lu de 1 à 4 livres en 2008. Admettons. Admettons qu’en ajoutant ces 27% là aux 30% n’ayant lu aucun livre, on arrive - à 4% près - aux 53% ne lisant pas ou peu. Comment ces chiffres là sont-il compatibles avec les suivants, selon lesquels hommes et femmes confondus lisent entre 15 et 16 livres en moyenne par an ? Mystère. Mais toujours pas de paradoxe, juste un manque criant d’analyse, d’ailleurs à mon avis impossible puisque on ne sait pas bien ce qui est compté, ni comment.  

 

Le paradoxe, car il y en a bien un, mais il n’a de caractère paradoxale que dans une stricte perspective économique, pourrait s’énoncer ainsi : On lit de plus en plus, mais on achète de moins en moins de livre. Mais il faudrait alors énoncer le paradoxe suivant : On achète de moins en moins de livres mais il en sort de plus en plus

 

Résoudre le premier paradoxe me parait assez simple. Les pratiques de lecture ont évolué, suivant en cela les supports de lecture, mais c’est un constat auquel ne se résolvent semble-t-il ni les éditeurs, ni nos élites culturelles, toujours d’accord pour penser que lire, c’est lire des livres. Exit les revues, les magazines, les journaux, les albums, et tout ce que vous et moi passons notre temps à lire sur nos ordis, nos portables, nos tablettes...

 

Mais alors pourquoi sortir toujours plus de livres, et comment le secteur de l’édition s’en sort-il puisqu’on en achète de moins en moins ? Bah, là encore, le paradoxe n’est qu’apparent. Contrairement à ce que leur prix d’achat voudrait nous faire croire et contrairement à la très forte image dont bénéficie encore l’objet à nos yeux - à commencer par les miens - un livre, ça ne coûte rien. Vous pensez bien que si je peux dans ma cuisine sortir un tout beau Scribulations à moins de quatre euros, pour un gros éditeur, un ouvrage ne doit revenir qu’à une poignée de centimes. C’est dire qu’avec un seul gros succès de librairie  et quelques droit d’adaptation télé et cinéma, vous avez largement de quoi amortir tout le reste de votre production, même si elle passe à la poubelle après trois mois en librairie.

 

Donc ? Donc on lira avec beaucoup de circonspection cette page du Monde Magazine, en se souvenant que les gros éditeurs ne cessent à la fois de geindre ET de faire leurs choux gras avec de « gros coups ». On se souviendra aussi utilement que tous les livres ne se valent pas et qu’au final, il revient quand même aux lecteurs d’en faire ou non des succès.

 

 Le paradoxe du livre - Le Monde magazine du 20 nov-copie-3

 

 

 

LE PARADOXE DU LIVRE

LA SAISON DES PRIX LITTÉRAIRES S'ACHÈVE DOUCEMENT après les triomphes de Michel Houellebecq, Goncourt, et Virginie Despentes, Renaudot. Des succès de librairie assurés. Pourtant, les Français lisent de moins en moins. D'après l'enquête du ministère de la culture sur les « pratiques culturelles des Français à l'ère numérique 1997-2008 », 53 % d'entre eux déclarent lire 'peu ou pas du tout. Quant à ceux qui lisent, ils lisent moins. Influencés par la sortie des nouveautés, ils sont plus nombreux à lire de façon occasionnelle et délaissent les « fonds de catalogue » des éditeurs qui peinent à trouver leur place dans les rayons. Selon Françoise Benhamou, économiste et professeure à l'université Paris-XIII, «le marché du livre est victime d'une logique de zapping généralisé: les éditeurs multiplient les nouveaus et les détaillants font tourner leurs livres de plus en plus vite». Le nombre de nouveautés augmente ainsi chaque année (+ 10,3 % de 2006 à 2009), mais le tirage moyen par titre baisse sensiblement (- 22,1 % en 2009), permettant de préserver les marges des professionnels du secteur. Stratégie gagnante? Selon Ipsos Media CT, les ventes de nouveaux titres ont progressé de 16 % au premier semestre 2010.

        Charlotte Hoang-Bitar

 

Le paradoxe du livre - Le Monde magazine du 20 novembre 201

 

  Le paradoxe du livre - Le Monde magazine du 20 nov-copie-1

 

Le paradoxe du livre - Le Monde magazine du 20 nov-copie-2

commentaires

JO TOURTIT 10/01/2011 15:22



Il serait dommage que tu ne vois que le film ! Bien que bon, il est une piètre transcription du bouquin où les réflexions (dans le sens de "pensées") pertinentes et amusantes des deux
protagonistes : l'adolescente et la concierge, ne sont pas "traduites" par la caméra ni par les acteurs et ne le pourraient pas ...



JO TOURTIT 09/01/2011 19:57



Je pense que la télé à détrôner la lecture. En ce qui me concerne, j'ai encore la chance d'être bien conseillée par une nana de mon âge qui lit beaucoup et me conseille les meilleurs titres du
moment. Je lis le livre d'un bout à l'autre si j'accroche dès le début, sinon je l'abandonne dès les premières pages ....


Je trouve qu'un livre est là pour nous procurer des sensations agréables ou nous transporter par le style de l'auteur. Je prends comme exemple ce titre que j'ai beaucoup aimé : "L'élégance du
hérisson" de Muriel Barbery. J'ai adoré la vie de cette concierge qui se cachait d'être une intello .....


 


 



Jimidi 10/01/2011 13:37



J'ai très envie de le lire, ou de voir le film... Pour le reste, arrêter la lecture d'un livre qui vous tombe de toute façon des mains, est un "droit imprescriptible du lecteur" tel qu'énoncé par
Daniel Pennac et avec lequel je suis tout à fait d'accord.



Mélanie 06/01/2011 08:55



Fort intéressant.



Jimidi 06/01/2011 11:56



Merci, la remercia-t-il à tout hasard, ne sachant pas si elle évoquait l'article qu'il avait écrit ou les chiffres qui n'étaient pas de lui.



Jimidi 05/01/2011 11:30



Extrait des chiffres auxquels j'ai renvoyé par un lien :


LE POIDS DES PRINCIPAUX SECTEURS en 2008 dans les ventes des éditeurs


source : SNE, enquete de branche, echantillon
2008*


 






 




chiffre d'affaires




ex. vendus


 






Romans




25%




26%






Jeunesse




12%




17%






Loisirs, vie pratique, tourisme, régionalisme




13%




11%






Dictionnaires et encyclopédies


dont Encyclopédies en fascicules 6%
7%




8%










Jimidi 06/01/2011 11:54



Rhô  le scandale ! Les trois quart de mon tableau ont été bouffés !



Hara Kiri 05/01/2011 00:01



Il serait assez facile d'expliquer l'augmentation du nombre de livres publiés si l'on peut s'assurer que l'étude prend en compte les livres édités à compte
d'auteur voire même ceux édités en autoédition, du moment qu'un dépot légal a été fait auprès de la BNF.


Etant donné qu'avec le succès d'Internet les éditeurs à compte d'auteur se multiplient (forcément, puisqu'ils n'ont pas à engager de frais, c'est l'auteur
qui paye pour être publié), le nombre de livres publiés se multiplie également. Pour s'en assurer, il suffit de surfer un petit peu, outre les "imprimeurs" qui se contentent d'imprimer ce
qu'on leur donne et d'imprimer au coup par coup (comme lulu.com ou thebookedition.com), le nombre d'éditeurs à compte d'auteur est assez impressionnant. Si on rajoute tous les petits éditeurs, on
en arrive à un nombre fou et donc à une profusion de titres sortis chaque année.


Le paradoxe, je sais où il est, dans le fait que le ministère de la culture se désole que les français lisent moins mais ne fait rien pour aider les éditeurs
(les petits, ceux qui en ont besoin). Plus du tout d'aide pour l'essor de la culture, mais pire encore, le gouvernement agit comme s'il voulait étouffer les petits éditeurs qui vivent aussi à
travers le net en ayant supprimé, à La Poste, les tarifs réservés aux livres (alors que ceux qui sont prévus pour les magazines existent toujours). Du coup, avec des frais de port prohibitifs,
difficile d'inciter les gens à acheter des livres sur le net.


Pour ce qui est du coût du livre, certes, Jimidi, tu peux sortir un Scribulations chez toi à 4 euros, mais parce que tu ne considères que les frais
d'impression. Mais quand tu comptes l'huile de coude pour la maquette, la correction, la mise en page, la création de la couverture et autre, le coût de revient réel est bien plus élevé.
Cependant, étant donné que les gros éditeurs font imprimer par dizaines de milliers d'exemplaires, les coûts d'impression unitaires sont bien plus faibles pour eux que les tiens et de ce
fait, ceux qui réussissent des coups médiatiques se font des testicules en or massif.


Pour ma part, bien que je lise encore beaucoup sur l'ordinateur (blogs, articles, nouvelles, mes propres écrits et ceux des autres, etc...), j'ai décidé
de me remettre à la lecture papier (décidemment, rien ne remplacera cela). Je suis en ce moment en train de me faire la totale des oeuvres de Jean-Christophe Grangé (j'avais adoré "les rivières
pourpres" encore plus que le film dont je suis fan) en lisant en ce moment "Miserere" en attendant de lire "Le vol des cigognes", "La ligne noire", "le serment des limbes " et "l'empire des
loups".


Maintenant, pour ceux et celles que cet article a donné envie de lire, n'hésitez pas à acheter "Wan & Ted" et "Chaîne de vies" sur www.oxymoron-editions.com



Jimidi 05/01/2011 10:52



Je ne suis pas aussi sûr que toi que l'auto et la micro édition compte pour beaucoup dans la prolifération de livres, mais c'est juste une impression, si j'ose dire, vu qu'une des
caractéristiques du monde de l'édition, c'est son opacité. On sait à dix unité près le nombre d'entrée de chaque film et ce qu'il a rapporté, mais pour les livres (il est vrai plus nombreux) :
bernique. Exemple perso : Gallimard était tenu par contrat de m'informer chaque année du nombre d'exemplaire de "Zones d'ombre" vendus. Il l'a fait la première année, puis plus rien. D'ailleurs,
toi et moi sommes bien placés pour constater qu'il faut pratiquement menacer les gens d'une arme pour qu'ils achête nos livres ! Hi hi !


 


(Plus tard) J'ai voulu en avoir le coeur net et j'ai trouvé ça :


http://www.centrenationaldulivre.fr/IMG/pdf/Chiffres-cles_2008-2009.pdf où tu trouveras (vers le début)
que oui, les nouveaux livres sont ceux compté au niveau du dépot légal. Le reste du document est assez intéressant...



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