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24 septembre 2014 3 24 /09 /septembre /2014 14:18

 

   

  Lettrine (T tentacule)u ne t'es jamais demandé pourquoi des blogs comme « Netkulture », ou plus modestement comme le mien, s’étaient lancés dans l’accumulation patiente d’objets improbables ? J’ai bien peur que non. Comme tout bon internaute – ascendant bourrin - tu cherches ta dose quotidienne de surprise, d’amusement, de quoi éveiller ta curiosité, de quoi remplir les longues heures qui te séparent encore, hélas, de la diffusion du prochain épisode de Dr House, Desperate housewife, Nouvelle star, Les experts, Pékin express, rayez la mention inutile. Y’a rien à rayer ? Ah ouais, d’accord…

 

Tu tombes chez nous, ou chez d’autres sur la balayette de chiotte turbo, le dentifrice musical, ou, pour piocher dans la complainte du progrès de Boris Vian, tu t'extasies sur la tourniquette pour faire la vinaigrette, les draps qui chauffent, le pistolet à gaufre, le tabouret à glace, le chasse-filous, le ratatine ordure, l’efface-poussière, le chauffe-savates, le canon à patates, l’éventre-tomate, l’écorche poulet mais ne te demande pas quelle nécessité a bien pu pousser Boris Vian puis à sa suite nous, pauvres forçats de la blogosphère, à rechercher ces objets impensables auxquels il a bien fallu que quelqu’un pense ?

 

T'amuser ? Non mais tu penses vraiment que depuis le 17 octobre 2005, sur Netkulture, Tonton n’a rien d’autre à foutre que d’essayer de t'arracher un sourire ? Moi, non, c’est pas pareil, mes cinq enfants, mes deux boulots, ma revue littéraire de 200 pages et l’écriture me laissent effectivement de tels loisirs qu’il faut bien que je m’occupe, sinon j’ai tendance à bouffer les coussins. Mais lui ? et d’autres d’ailleurs… Il ne t'est pas venu à l’idée qu’il devait-y avoir dans cette quête quelque chose d’intime et de brûlant ? Une urgence ? Une mission ?

 

Ben si. Il y a. t'es assis là ? Je peux y aller ? Il s’agit de prouver l’existence des mondes parallèles. Rien moins. Maintenant que je l’ai dit, explicitement, je suis sûr que la vérité de cet énoncé éclaire d’un jour nouveau la litanie d’objets que nous t'avons présentée. Confusément, tu te dutey de quelque chose. Il te semblait bien qu’autant d’objets délirants ne pouvaient pas tous venir de notre continuum. Certains avaient un peu, beaucoup, passionnément l’air d’avoir été conçus dans un environnement où ce que nous appelons ici le « sens commun » n’était pas basé tout à fait sur les mêmes fondamentaux. Je peux affirmer désormais sans risque, puisque j’ai la preuve, que certains de ces objets, n’ont ni été conçus ni fabriqué « ici » mais dans un monde parallèle au nôtre, puis importés et revendus à des prix très supérieurs à leur valeur de départ, l’étrangeté dont leur passage les a paré, leur conférant alors une valeur ajoutée permettant de substantiels bénéfices. Imaginez qu’un lot de petites cuillères ou de mouchoirs jetables soit à mourir de rire, chez « eux » ! Imaginez le prix qu'on pourrait tirer d’un simple jeu d’échec dans un monde ou tout est rond ! Ou d’un tire-bouchon dans un monde ou l’on visse en sens inverse de chez nous ! Je ne développe pas, chacun comprendra aisément qu’en passant d’un monde à un autre, chaque objet a de bonne chance de voir sa valeur marchande confortablement multipliée. Vous pouvez reposer votre belle mère, la viande faisandée, ça passe pas.

 

Me connaissant, tu te doutes bien que j’ai trouvé la preuve de ce trafic dans le catalogue « L’objet du mois ». Tout laissait à penser jusque là, dans les précédents catalogues, que les objets proposés à la vente « ici » avaient fait l’objet d’une sélection préalable rigoureuse. À quoi bon, par exemple, nous proposer un purificateur d’hélium alors que nous respirons un mélange azote-oxygène ?

 

Inutile de te précipiter sur ton catalogue « L’objet du mois » tu ne trouveras rien. Je vais te montrer la preuve et il est probable que même le nez dessus, personne ne verra rien. Sauf Tonton bien sûr, mais lui n’est humain que par sa mère. Je te donne un indice ? La preuve ne réside pas dans l’objet lui-même, dont il est probable qu’on puisse effectivement trouver un usage pratique « ici ». Arrivé à ce stade, la personne chargée de la sélection des objets pour le catalogue doit un peu respirer. Non parce que le dernier à avoir fait une boulette dans la sélection s’est trouvé exilé sur un monde où Sarkozy menaçait de revenir au pouvoir. Je te dis pas le cauchemar ! 

 

Bon, allez, je te montre :

 

Cle-anglaise-d-un-autre-monde.jpg

 

 

Ah, tu vois que tu vois rien ! On a une sorte de clé à molette sans molette, adaptée semble-il au serrage et desserrage d’écrous varié, et alors ? Alors la preuve est dans l’écrou, justement. Un examen attentif des écrous proposés sur la photo ne laisse aucun doute sur le fait qu’ils ne PEUVENT PAS venir d’ « ici », leur trou est ovale. Eh oui ! ça n’a l’air de rien, un trou ovale au lieu d’être rond et c’est bien cette bénignité – mais si ça existe – qui explique que la photo « en situation » soit passée à trav. Mais réfléchis une seconde. Un écrou à trou ovale suppose un boulon de section ovale, et comment veux-tu que ça tourne ? La forme de la clé n’a rien à voir là dedans. Cet objet viens donc à l’évidence de « là-bas ».

 

Tiens ? Je me demande si je ne vais pas prendre contact avec cette entreprise d’import-export. Avec toute la pub que je leur fais, y’aurait peut-être moyen de négocier un passage. Si ça se trouve, « là-bas », Bashung n’est pas mort…

 

 

 

 

Made in mondes parallèles

 

 

lit-de-camp.jpg

 

 

 

Lettrine (U Thierry Vendôme)ne fois admis que les trouvailles présentées par « L’objet du mois » viennent pour la plupart d’un monde parallèle, la menace diffuse qui semble émaner de l’ensemble du catalogue se fait presque supportable. Nos lecteurs fidèles – je pense bien sûr à l’étourdissante Mélanie (de Tours), (d’ailleurs je pense jour et nuit à l’étourdissante Mélanie (de Tours)) – nos lecteurs fidèles donc, se souviennent d’une précédente note dans laquelle j'établissais la PREUVE que certains articles vendus par « L’objet du mois » n’avaient pu être conçus dans notre monde.

 

Certes, de ce point de vue, le lit de camp d’aujourd’hui peut laisser planer un doute. Ici - je veux dire dans la réalité spatio-temporelle où toi et moi sommes coincés encore quelques temps - si j’en crois ma longue expérience du camping, on monte la tente puis on installe le couchage à l’intérieur. L’objet du mois nous propose d’installer le lit, puis de monter la tente par-dessus. 

 

Admettons. Admettons qu’il puisse y avoir des circonstances où tu partes en camping sans tente, ou qu’elle ait fondu, ou qu’elle soit coincée dans la zone de fret, je sais pas moi… Te ne comptes quand même pas sur moi pour imaginez tes catastrophes personnelles ? Mais bon, tu es au milieu de nulle part, tu as traîné ce putain d’enfoiré de lit de 19 kg jusque là, tu te le déplies tranquille, les arceaux, la toile et tu es confort pour pleurer ta mère en attendant les secours, en espérant qu’ils ne meurent pas de rire à la vue de ton – hûm – lit. Admettons.

 

C’est l’usage en intérieur qui me pose question. Cette partie de l’argumentaire me fait penser que ce lit a dû être conçu pour des gens dont les tentacules n’étaient pas tout à fait organisés comme les nôtres. Si je comprends bien, c’est un monde dans lequel une petite averse de grenouilles peut se déclancher inopinément dans ta chambre au milieu de la nuit ? C’est ça ? Je dis « grenouilles » pour rester dans le connu - on se rapportera utilement à l’article de Wikipédia sur le sujet – mais sachant que l’objet immédiatement proposé dans le catalogue sous notre lit pliant est une POMPE A VENIN (11,50€) on peut commencer d’avoir peur.

 

—      Il fait quoi comme temps chéri ?

—      Attends, je sors un pseudopode… Tarentules.

—      Encore !

 

 

 

Ici Londres

 

radio-a-manivelle.jpg

 

 

Lettrine (P Ourgang Corry Kooy) Le carnet de Jimidi

 

 

arfois, les indices restent discret par lesquels certains articles vendus chez « L’objet du mois » signent indiscutablement leur origine parallèle. Tiens, cette bête radio à manivelle par exemple. Perso, j’ai déjà une lampe de poche à manivelle dont je suis très content. Voyant cette radio, je me dis que c’est une idée lumineuse. Comme ça, quand la troisième guerre mondiale aura été déclarée, je pourrai capter Chérie, chérrriiiiiiie FM sous les décombres. Ok, ça suppose que Chérie FM ne soit pas également sous les décombres. Ça suppose aussi que j’ai pensé à emporter cette radio avant de me prendre une bombe atomique dans la gueule, auquel cas, la radio serait, elle, dans les décombres pendant que je serais dessous.  Mais bon, admettons que cette troisième guerre mondiale se passe normalement, en tournant ma petite manivelle, je pourrais écouter la voix de la France pendant des mois, sans craindre de tomber en panne de jus.

 

C’est dans la dernière partie de l’argumentaire de notre radio que se cache l’indiscutable indice made in "True is out there" : « Prise casque – Sortie électrique DC avec câble de raccordement fourni. » Y’a rien qui t’alerte ? Tu ne fais donc aucune différence entre une entrée et une sortie, c’est ça ? C’est vrai que pour une porte, par exemple, il n’y a en général pas de différence. Mais s’agissant d’électronique, on distingue nettement ce qui entre de ce qui sort. Et si tu avais idée de brancher ta radio sur le secteur pour soulager la manivelle, tu voudrais faire ENTRER du courant dans l’engin, pour l’alimenter, non ?

 

Or là, c’est une sortie.

 

C’est un monde un peu en avance sur nous, mais terrible, sur lequel nous avons, hélas ! déjà eu des vues. « Ils » nous avaient envoyé une chaise électrique. C’est un monde dans lequel, comme dans le nôtre, les consommateurs sont de plus en plus mis à contribution pour effectuer eux-mêmes les tâches anciennement dévolues à des gens dont ça constituait le travail. C’est un monde où, comme dans le nôtre, on est prié de pousser son wagonnet dans des galeries creusées à même les denrées, puis de les passer soi-même au scanner avant de les payer, mais c’est un monde où il faut probablement que les consommateurs déchargent les camions et rangent les produits en réserve avant d’avoir le droit d’accéder au magasin. Un monde dans lequel les caddies ont une serpillière à l’avant si ça se trouve. C’est un monde dans lequel une heure avant le début des programmes télé du soir, chaque membre de la famille est prié de tourner sa manivelle, pour fournir du courant à l’ensemble de la nation. Un monde dans lequel chaque appareil électrique est muni d’une manivelle puis relié au secteur, non pour pomper du jus, mais en injecter. Un monde dans lequel chaque siège est muni d’un pédalier, y compris dans les transports en commun. Tout le monde de ce monde est pour : non seulement ça participe à l’effort national, mais cette énergie est propre et son mode de production permet de lutter contre la sédentarité citadine, génératrice de maladies cardio-vasculaires et d’activité sexuelle à visées non reproductrices.

 

Ou alors, mais je n’ose y penser, cette radio à manivelle est un objet bien de chez nous et bien prévu pour la troisième guerre mondiale, après laquelle nous seront chacun poliment, mais fermement priés de fournir du courant à Chérie FM.

 

Faudrait pas me pousser beaucoup pour que je passe sur France Musique moi…

 

(Les trois articles : y'a cinq ans) 

 

commentaires

Jeanpaul 24/09/2014 18:17


Concernant la lampe dynamo, la sortie électrique est prévue pour alimenter ta lampe de poche en cas de bris de manivelle.

Jimidi 27/09/2014 10:33



Gnnn ? 



Martine27 24/09/2014 16:14


ou l’on visse en sens inverse de chez nous : Mince je viens d'un monde parallèle, ben oui, nous
autres gauchers avons une tendance certaine à visser dans le mauvais sens !!!

Jimidi 27/09/2014 10:32



Te concernant, voilà qui tend à confirmer mes soupçons... Mouahahah ! 



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