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3 décembre 2014 3 03 /12 /décembre /2014 19:44

 

 

 

 

Tu te rappelles que je suis engagé dans l’écriture d’un roman ? Mais si ! On en a déjà parlé. J’essaye de tenir la moyenne d’une page écrite par jour depuis le 01/09/14. Ça se passe pas mal mais je constate qu’écrire dans cette perspective à long terme est vraiment très différent du format « nouvelle », dont j’ai plus l’habitude. J’ai l’impression que pour tenir debout sur plusieurs centaines de page, une histoire doit être soutenue par une architecture beaucoup plus solide qu’un texte court, notamment en ce qui concerne sa chronologie, ses à-côté, sa cohérence interne...

 

Mais peut-être ai-je en la matière des exigences qui n’ont pas lieu d’être ? Après tout, quand le Petit Chaperon Rouge va voir sa mère-grand, on ne sait pas vraiment si c’est un jour de semaine ou férié, au printemps ou en été. Si je te demandais en combien de temps se déroulent Peau d’Âne, Cendrillon, La Belle au Bois Dormant, tu dirais quoi ? Une semaine ? Un mois ? Un an ? Plusieurs années ? Les trois petits cochons mangent-ils casher ? On s’en fout.

 

On s’en fout, parce que les textes courts sont des textes « de situation ». Les scènes succèdent aux scènes pour faire passer l’histoire par ses étapes obligées, en laissant de côté tout ce qui est inutile, y compris les précisions chronologique. D’ailleurs, tout ça est très bien résumé dans la formule : « Il était une fois ». On comprends bien que « Il était une fois, un mardi » ça n’ajoute rien d’utile pour le conte.

 

Pour les textes courts, le narrateur use et abuse volontiers des formules vagues : Plus tard, longtemps après, un beau jour etc. sans que ça dérange personne, après tout, on n’est pas dans la réalité, alors que les héros dorment de temps en temps ou pas, qu’ils sacrifient aux nécessités du quotidien ou pas, que leur compte courant soit à découvert ou pas, et qu’on leur servent du poisson le soir alors qu’ils en ont eut à la cafêt à midi ou pas, on s’en tape.

 

Mais on ne s’en tape plus quand on veut faire vraisemblable et c’est là que j’en suis. La vraisemblance me semble reposer sur un « assaisonnement » de détails, de précisions, dont on pourra d’autant mieux saupoudrer le récit que l’auteur aura eu soin de se raconter l’histoire au plus précis, au plus juste et bref, qu’il aura eu le soin, d’abord pour lui, d’entrer dans les détails.

 

Or, et c’est là que j’en suis également, je m’aperçois en écrivant ma fameuse page tous les jours en moyenne, que l’histoire, oui, je l’ai, du début à la fin, mais dans les grandes lignes. Autrement dit, je me la suis bien racontée, mais sur le mode « Il était une fois ». Du coup, j’arrête pas de buter, trébucher (pour mieux rebondir mon enfant) sur, sur, sur, des détails, mais qui impliquent que j’aille plonger dans les profondeurs voir comment tout ça tient ensemble (ou pas) pour pouvoir, une fois remonté à l’air libre et passé la tête hors de la surface de la page blanche, faire en sorte que ces détails soient cohérents entre eux et qu’ils « aillent ».

 

Alors bon, ce n’est pas « Dune » non plus - qui reste à mes yeux, inégalé en matière de construction d’un univers cohérent dans ses moindres aspects -  mais quand même. Les auteurs, les bons, les vrais, les grands, les autres, passent-ils par ce travail avant même de commencer d’écrire ? Aucune idée, mais perso, je m’amuse encore bien à me surprendre, les doigts en l’air, me demandant ce que tel ou tel autre personnage peut faire, précisément, après la scène que je viens de lui écrire.

 

 

commentaires

mélanie 21/12/2014 18:50


ben alors faignasse, il arrive quand c't' article ?

Jimidi 23/12/2014 13:09



Rhôôôô mais dis donc ! Pi d'abord, je suis malade (oui, bon, une "simple" crève, mais ça fait deux coup sur coup.) Je vais chercher quelques photos, à jeter en pâture. Ça fait moins grossir que
le foie gras.


 



Elsa Saône 21/12/2014 10:26


Jte préfère chez moi en vrai que là bas derrière le blog 

Jimidi 23/12/2014 13:11



Pareil, mais en fait, y'a pas à choisir. On peut avoir les deux ! 



Elsa Saône 17/12/2014 10:05


Quelqu'un a vu Jimidi ces temps ci ? Nan parce que rien depuis le 3 décembre...il nous avait habitué à mieux 

Jimidi 19/12/2014 19:46



Hé, ho ! Je sors de chez toi. Peux pas être partout à la fois ! Hi hi ! 


 



Jeanpaul 05/12/2014 17:59


Je le vois également ainsi : un max de boulot de documentation, des détails cohérents, un liant sur lequel chemine guillerette la fiction. En tous les cas, bravo JM.

Jimidi 08/12/2014 12:35



Merci pour les encouragements. Pour les bravo, hum, on va peut-être attendre que ce soit écrit ? (six pages de plus, ce dimanche. Chuis en avance.) 



br'1 04/12/2014 23:06


Bon, moi j'ai mis 6 mois à écrire un 1er mouvement de quatuor qui dure 4'18. Je ne me vois pas écrire une ligne par jour, l'inspiration est trop fluctuante.


Tu ne fais pas de souscription? Pour te mettre la pression genre: oups les gens ont payé faut que j'assure?

Jimidi 08/12/2014 12:36



Ne diminue pas ton mérite : tu écrivais quatre partitions en même temps, si j'ai bien compris. (Souscription et pression : non. Pas la peine d'en rajouter.) 



Laure 04/12/2014 13:45


Bravo 


Je vois ce que tu veux dire. Mais je ne sais pas si les détails comptent autant sauf pour une histoire de science fiction, peut être, parce qu'on ne pourra se raccrocher à aucun vécu et aucun
détail de notre univers actuel ?


Je pense que c'est le style qui fait une oeuvre. La personnalité Et l'affirmation de celui qui écrit, son besoin absolu de nous emmener.


Je te félicite


Pour ma part au bout d'une quarantaine de pages j'ai eu l'impression d'avoir déja bouclé mon propos donc je me suis demandé ce que je voulais vraiment dire, au fond, et je pense tout recommencer
retricoter autrement


Il faut dire aussi qu'un très bon livre n'a pas non plus besoin de 200 pages. Pas du tout.


 

Jimidi 08/12/2014 12:39



C'est justement une histoire de "science fiction", ou plutôt d'anticipation d'ailleurs, puisque ça se passe dans 200 ans. 


(Tout à fait d'accord pour le reste : le texte peut imposer son format, qui n'est pas nécessairement fleuve.)



Lou de Libellus 04/12/2014 08:49


Tu comprends pourquoi je ne dépasse pas les deux ou trois pages, les grands jours.


Dune, oui, Tolkien, moi non plus.

Jimidi 04/12/2014 13:07



Oui, je comprends pouquoi je ne dépassais pas non plus deux ou trois pages, les bonnes semaines. 



Elsa Saône 04/12/2014 08:36


C'est bien ! Continues !

Jimidi 04/12/2014 13:06



C'est bien. Je continue. 



mélanie 03/12/2014 22:11


Quand j'aurai appris à lire, je vous l'achèterai.

Jimidi 04/12/2014 13:06



Oui, voilà. Et quand j'aurai appris à écrire, je vous le dédicacerai. 



Tmor 03/12/2014 20:39


Pleins de belles choses à toi pour cette aventure.

Jimidi 04/12/2014 13:05



Merci. C'est vrai que tu connais l'exercice. 



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