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21 mai 2015 4 21 /05 /mai /2015 15:05

J’habite dans la rue où je travaille. Conséquence directe : je ne me sers quasi pas de ma voiture en semaine. J’effectue tous mes déplacements à Villefranche à pied. Si je dois aller à Lyon, je prends l’autoroute (payante) à vitesse modérée, puis je me gare au parking en entrée de ville et je prends le métro. Mon appartement est dans un immeuble collectif et chacun de ses radiateurs est muni d’un compteur de calories, ce qui permet de ne payer que ce qu’on consomme. A notre demande, toutes les fenêtres ont été changées par des huisseries neuves, munies de double vitrage. Toutes nos ampoules sont à économie d’énergie. Quand je veux me laver les mains, je vais à la salle de bain, où l’eau est chaude immédiatement, plutôt qu’à l’évier où il faut attendre un bon vingt secondes qu’elle arrive. Si j’ai néanmoins besoin d’eau chaude à l’évier, je fais couler dans un arrosoir (le chat adore ça) le temps qu’elle arrive. Cette eau sert à arroser les plantes. Pendant qu’on est dans la flotte, restons-y : Quand je change l’eau des poissons (j’ai deux gros aquariums), je stocke la vieille dans des bidons et elle sert également à arroser les plantes. J’ai beaucoup de plantes. Je ne prends plus qu’une douche tous les deux jours. Les jours sans, c’est lavabo. Dans l'un et l'autre cas : savon de Marseille. J’adapte le volume de flotte de la chasse d’eau à ce qui est à évacuer. Je fume : pour ce qui est des particules fines, ce n’est pas terrible, mais du coup, j’ai de fortes chances de débarrasser le plancher avant d’épuiser mon régime retraite. Nous recyclons ce qui peut l’être en le déposant dans la poubelle verte, qui chez nous est jaune, mais comme la place rouge était blanche, on s'y retrouve. Je fais le jardin, amendé au compost que j’achète en vrac à la déchetterie (0,10€ le kilo) et arrosé à l’eau de pluie. Il est quasi en permaculture, ce qui permet à la fois d’économiser l’eau, les ressources du sol et d’éviter les traitement phytosanitaires. J’en profite pour dire que le truc des coquilles d’œuf contre la cloque du pêcher, c’est une blague. Je récupère mes épluchures et autres trucs compostables, y compris la litière des chats, qui est d’origine végétale. La revue aux destinées desquelles je préside est imprimée sur du papier issue de forêt gérées de façon responsable et les auteurs que je publie sont en très grande partie bio-dégradables, à part, peut-être, quelques couronnes dentaires et une ou deux prothèses de hanche. Qu’est ce que je fais d’autre, pour la planète ? Je ne regarde pas TF1, mais ça, c’est plutôt pour ma santé mentale. J’achète des fringues quand il me tombe un œil, je ne mange pas de Nutella (jamais aimé ça). Je recycle les blouses en intissé de l’hôpital (tenue anti-microbes exigée avant d’aller voir ma brune) en géotextile, pour les jardinières, les bacs à plante, bac à compost etc.

Mais si je te dis tout ça, c’est pas pour me faire particulièrement mousser. C’est exactement le contraire. J’ai la faiblesse de croire que dans ce registre là, je suis quelqu’un de très ordinaire et j’ai la même faiblesse de croire que toi, toi et même toi, tu pourrais reprendre largement cette liste à ton compte.

Or - suis bien mon raisonnement - si je fais tout ça, si les gens que je connais, qui passent par ici et repasseront par là le font, les gens qu’ils connaissent le font aussi. On doit donc être un sacré paquet pour qui, le modèle libéral et son ahurissante « relance de l’économie par la croissance, et de la croissance par la consommation » suscite plus d'incompréhension et d'exaspération que d'enthousiasme non ?

Attends, c’est pas fini. Dans les gens qui connaissent des gens qui connaissent des gens qui trient leur déchet et qui, grosso modo, font comme moi ce qu’ils peuvent en matière d’éco-citoyenneté, si ça se trouve, il y a aussi des publicitaires, des politiques, des responsables, des décideurs, tous chargés de communication, tous la bouche pleine de ce credo suicidaire.

Mais alors, la question se pose : À qui espèrent-ils vendre leur blabla ? À toi et moi ? Je ne vois pas comment. C’est à dire que je ne vois pas comment je pourrais à la fois essayer d’économiser la ressource tout en gaspillant plus. A eux ? Je ne vois pas non plus. Leur situation de responsabilité, leur visibilité médiatique les oblige à un minima de comportement éco-citoyen. Alors qui ? Qui, actuellement, dispose à la fois d’assez de fric pour bourrer le caddie et d’assez d’aveuglement pour croire que, ce faisant, il sauve nos emplois et le monde libre. Qui ?

Published by Jimidi
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commentaires

Elsa 23/05/2015 14:35

En voilà une bonne question !
Cela dit, je doute que "qui a assez de fric ?" soit une bonne question. Autour de moi, des gens qui n'ont pas beaucoup d'argent font pourtant leurs courses dans des grandes enseignes en profitant de ce qu'ils croient être des promos. C'est bien que le marketing fonctionne.
J'ai aussi l'impression de faire ce que je peux en matière d'écologie, mais dans mes proches je passe pour une extra terrestre. Certains que je connais ne font même pas le tri sélectif...

cat 22/05/2015 10:15

Mélanie

Jimidi 22/05/2015 13:36

Mais oui ! J'aurais dû m'en douter. En plus du reste, elle est donc le pivot, le centre, le point de convergence, l'alpha et l’oméga de toute l'économie libérale mondiale ! Brave petite !

Lou de Libellus 21/05/2015 19:25

Tu es venu parfait dans un monde imparfait, mais tout cela change, prions ensemble saint Manuel qui donne le change.

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